Concernant la question de l’échelle, je suis plutôt d’
accord avec Gueguen. Il est vrai que comme le dit Alban Dousset , « les systèmes démocratiques les plus
« purs » observés sont ceux des sociétés primitives » mais il
faut se rappeler que ces communautés composées de quelques dizaines d’
individus tout au plus , régulaient strictement le flux de leur démographie :
lorsque ces communautés augmentaient en nombre , elles se divisaient car ces
primitifs avaient bien saisi qu’ avec l’ augmentation démographique apparaît très
vite une forme stratification sociale, donc une relation de
commandement-obéissance , prélude à l’ Etat centralisé : le pouvoir
devient extérieur à la communauté ,un
pouvoir extérieur et créateur de sa propre légalité qui représenterait un
risque mortel pour le groupe. C’est le passage de la communauté à la
société.
La structure
du pouvoir dépend donc fondamentalement de la taille du groupement. Dans
ces communautés primitives, la stratification sociale est quasiment nulle, le
groupe a des activités collectives, et les clivages sont fondés sur le sexe,
l’âge et les relations de parenté.
Nous ne pouvons pas décemment
penser, dans nos sociétés modernes et techniciennes fondée sur la
spécialisation du travail et des outils de production, et regroupant des
millions d’individus, à recréer un tel état.
Il y’ a l’alternative du
fédéralisme qu’Alban Dousset mentionne. Mais il faut bien se rendre compte que
par ce biais, la décentralisation est telle que les décisions prises au niveau national
dans une nation de plusieurs dizaines de millions d’individus seront lentes.
Trop lente pour être efficace, un tel système politique finirait par imploser.
Il faut donc nécessairement
une représentation gouvernementale, pouvant prendre les décisions au niveau
national le plus efficacement possible : un mode de gouvernement qui ne soit pas stricto sensu
démocratique ! On peut évidemment combiner cela avec la formule
fédéraliste : placer au centre de l’Etat un gouvernement
puissant, et à sa périphérie des organisations locales autonomes.
Si la démocratie n’est
pas réalisable dans des Etats de plusieurs millions d’individus, la
souveraineté populaire l’est ! Contrairement à la démocratie, la
souveraineté ne nécessite pas l’action permanente mais des actions ponctuelles.
Elle s’exprime fondamentalement par le pouvoir de faire les lois et avant toute
chose, par le pouvoir de faire la loi fondamentale : la constitution qui est une norme (elle n’est pas qu’un texte)
au sommet de la hiérarchie des normes, qui définit les institutions et les
relations entre les institutions ainsi que les libertés fondamentales.
Je pense que beaucoup de militants démocrates se trompent de combat, ce dont nous avons besoin, ce n’est pas d’une vraie démocratie mais d’une réelle
souveraineté populaire.