@eric
-Ni plus ni moins que de leur laideur, de
leur culture, de leur intelligence ou de leurs habitudes culinaires.
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Non, non, non !
Il
ne faut pas tout mélanger.
Commençons
déjà par distinguer ce que nous héritons de la nature et ce que nous héritons
de la culture.
Ce
que nous héritons de la nature relève de l’inné et s’impose à nous, on n’y peut
rien. Un enfant peut hériter d’une maladie ou d’une malformation de ses parents,
il n’y a rien à faire c’est un fait que la société peut néanmoins tenter de
compenser de façon collective du mieux qu’elle peut (ex : allocation si
cette personne est dans l’incapacité de gagner sa vie à cause de son
handicap ).
L’héritage
de biens matériels, c’est totalement différent, c’est un principe qui résulte
de nos choix politiques qui sont conventionnels et relatifs.
On
ne peut pas justifier l’héritage d’un bien matériel alors qu’il s’agit de choix
facultatifs sous prétexte que l’on hérite également des caractéristiques
biologiques de ses parents alors qu’il s’agit là de quelque chose qui dépasse
nos choix et qui s’impose à nous.
Pourquoi
faire le choix de l’héritage matériel ? Là est la question …
Le
principal argument de Bakounine pour contester l’héritage matériel relève du
principe de responsabilité individuelle : elle échoit à tout être humain en
tant qu’individu et elle implique l’heureuse
rétribution de celui qui a fait ce qu’il faut et mérite d’en recevoir le juste
bénéfice qui lui revient personnellement à la mesure de ses talents et efforts
bien dirigés mais aussi qu’on accepte d’avance de payer le prix de ses erreurs
ou d’un éventuel échec.
Selon ce principe qui veut qu’une personne est responsable de ce qu’elle a fait, on ne peut
la condamner parce que son grand père est pédophile. Tout le monde s’en
indignerait. Inversement, une personne mérite ce qu’elle a gagné, on ne peut
pas décerner des honneurs de pères en fils, si un homme mérite les honneurs de
la collectivité pour avoir sauvé des vies, son fils n’a pas à hériter de ses
honneurs alors qu’il n’a pas accomplit les mêmes actes.
La question de l’héritage se pose aussi en ces termes : est-il juste que la
collectivité fasse le choix qu’une personne doive payer les dettes de ses
parents alors qu’elle n’en est en rien responsable ? Pourquoi doit-elle en
payer les conséquences ? Selon cette logique, est-il juste de faire le
choix qu’un enfant hérite des biens matériels de ses parents alors qu’il n’a en
rien participé à constituer ce patrimoine ?
Quant au patrimoine culturel, c’est autre chose : la collectivité
peut faire le choix de tenter de tendre vers un état tel que l’instruction
publique offre à tous les enfants, quels que soient leurs milieux social, le
patrimoine culturel de la nation. On a connu en France, surtout du temps ou la
méritocratie républicaine fonctionnait encore à plein régime, des fils d’ouvriers
ou de paysans avec une culture considérable.
Je ne dis pas que je suis d’accord avec Bakounine mais je me reconnais
dans son éthique , et c’est peut être paradoxalement parce que je suis chrétien et que le christianisme a inscrit la notion de responsabilité propre au plus profond des
âmes nécessairement individuelle, en rendant chaque croyant d’abord responsable
de son salut personnel et comptable de ses péchés devant Dieu.