Les « Panama Papers »sont un moyen de chantage idéal
Une vraie fuite de
données d’un cabinet d’avocats au Panama serait très intéressante.
Beaucoup de gens riches et/ou des politiciens cachent de l’argent dans
les sociétés fictives que ces firmes panaméennes fournissent. Mais les
« fuites »
actuelles de données, diffusées, à grand renfort de publicité, par
plusieurs empires de presse qui soutiennent l’OTAN et par une
« Organisation non gouvernementale « financée par le gouvernement
américain, ont simplement pour but inavouable de salir des personnalités
que l’empire américain n’aime pas. Elles offrent aussi une belle
opportunité d’en faire chanter d’autres en promettant de ne pas publier
des informations en échange d’une faveur puis d’une autre....
Le Sueddeutsche
affirme que les données « fuitées » concernent quelques 214 000
sociétés fictives et 14 000 clients de Mossak Fonseca. Il y a sûrement
beaucoup de boue cachée là-dedans. Combien de sénateurs des Etats-Unis
sont impliqués dans ces sociétés ? Quels politiciens de l’Union
Européenne ? Quelles sont les grandes banques de Wall Street et les
fonds spéculatifs qui se cachent au Panama ? Oh pardon. Le Sueddeutsche
et ses partenaires ne répondront pas à ces questions. Voici comment ils
« analysent » les données :
Les
journalistes ont réuni des listes des politiciens importants, de
criminels internationaux, d’athlètes professionnels bien connus, etc. Le
traitement numérique a permis de rechercher ensuite si des noms de ces
listes figuraient dans les fuites. La liste « scandale des dons au
parti » contenait 130 noms, et la liste des sanctions de l’ONU plus de
600. En quelques minutes, le puissant algorithme de recherche a comparé
les listes avec les 11,5 millions de documents.
Pour
chaque nom trouvé, un processus de recherche détaillé a été lancé au
moyen des questions suivantes : quel est le rôle de cette personne dans
le réseau des entreprises ? D’où vient l’argent ? Où va-t-il ? La
structure est-elle légale ?
En d’autres termes, le
Sueddeutsche a pris des listes de criminels célèbres, de personnalités
et d’organisations connues que les Etasuniens n’aiment pas et a vérifié
s’ils étaient dans les données « fuitées ». Les résultats obtenus ont
ensuite été évalués. Comme résultat, il y a l’éternel retour annuel de la campagne de diffamation
contre le président russe Vladimir Poutine, qui n’est pas même
mentionné dans les données de Mossak Fonseca, des accusations contre
diverses personnes de la fédération de football de la FIFA, fort
détestée des États-Unis, et la mention de quelques autres mécréants de
moindre importance.
Il n’y a rien sur aucun Etasunien, rien du tout, ni sur aucun politicien important de l’OTAN. La « victime » le plus politique est bizarrement,
à ce jour, le premier ministre de l’Islande, Sigmundur David
Gunnlaugsson, qui, possédait avec sa femme, une des sociétés fictives.
Il n’y a aucune preuve que la propriété ou que l’argent détenu par cette
société soient illégaux. Alors, que faut-il déduire de tout ceci ?
Comme l’écrit
l’ancien ambassadeur britannique, Craig Murray, pour comprendre le sens
(s’il y en a un) de tout ça, il faut se pencher sur ce qui est caché
par les organisations qui gèrent la « fuite » :
Le
filtrage des informations de Mossack Fonseca par les médias est le
reflet direct de l’agenda gouvernemental occidental. Bien qu’ils soient
leurs principaux clients. aucune grande société occidentale, aucun
milliardaire occidental n’est mentionné parmi ceux qui ont utilisé les
services de Mossack Fonseca, Et le Guardian se dépêche de les rassurer
en disant que « la plus grande partie des informations fuitées ne sera
pas divulguée ».
A quoi
vous attendiez-vous ? La fuite est gérée par un organisme qui porte le
nom grandiose, mais qui prête à rire quand on connait l’oiseau, de
« Consortium international des journalistes d’investigation ». Il est
entièrement financé et géré par le Centre des États-Unis pour
l’intégrité publique. Leurs bailleurs de fonds comprennent :
La fondation Ford
La fondation Carnegie
La fondation de la famille Rockefeller
La Fondation W K Kellogg
La Fondation pour une société ouverte (Soros)
Le Consortium International des journalistes d’investigation (ICIJ) fait partie du Projet de rapport sur le crime organisé et la corruption (OCCRP) qui est financé par le gouvernement américain à travers l’USAID.
La « fuite » consiste en
un ensemble de données sélectionnées par des organisations amies des
Etats-Unis à partir d’une base de données, probablement obtenue par les
services secrets américains, qui contient sans aucun doute beaucoup
d’informations fort compromettantes sur des personnes et des
organisations « occidentales ».
La publication d’informations triées sur le volet à partir des données « fuitées » a deux objectifs :
Elle salit divers « ennemis de l’empire », même si c’est seulement par
personne interposée comme les présidents Poutine et Assad.
Elle prévient d’autres personnalités, celles qui figurent dans la base
de données, mais dont les noms n’ont pas encore été révélés, que les
Etats-Unis ou leurs « partenaires médiatiques » peuvent, à tout moment,
exposer leur linge sale en public. C’est donc un moyen de chantage
idéal.
La « fuite » des
« Panama Papers » a été orchestrée par une petite coterie pour
incriminer quelques personnes et quelques organisations qui ne plaisent
pas aux Etats-Unis. Cela permet aussi de montrer les « instruments de
torture » dont ils disposent aux personnes qui ont fait affaires avec
Mossak Fonseca, mais dont les noms n’ont pas (encore) été publiés. Ces
personnalités sont maintenant entre les mains de ceux qui contrôlent la
base de données. Elles devront faire ce qu’on leur dit, sinon…
Moon of Alabama
Traduction : Dominique Muselet
source : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7027