Ce ne sont pas les
entraves mises par la Turquie à la liberté de circulation sur son
territoire et donc de sortie du pays des personnes réfugiées qui
curieusement choquent l’auteur de l’article et pourtant c’est bien
là, dans ces entraves, que réside l’abomination dans laquelle la
Turquie à accepté de se complaire.
Ce qui révulse l’auteur de
l’article, c’est le fait que pour faire le job la Turquie réclame rétribution et compensations diverses de la part de l’UE, des
compensations et une rétribution qui tardent à se concrétiser :
la prostituée veut être payée du soulagement qu’elle apporte...
Il serait, ma foi !
tellement plus confortable pour les esprits spécieux qu’on pût
critiquer la Turquie pour avoir transformé son territoire en camp de
concentration derrière un rideau de fer dont il serait quasi
impossible de s’évader, une situation idéale qui à la fois donnerait aux pays européens l’occasion de belles déclarations sur les Droits de l’homme et les préserverait de l’ inconvénient d’avoir à respecter leur
signature donc la parole donnée concernant le droit d’accueil des
réfugiés.
La solidarité avec les opprimés a d’autant plus de
chances d’être claironnée qu’on ne risque pas d’avoir à la
manifester par des actes.
Alors, oui ! en
choisissant de se défausser sur la Turquie de la protection de ses
frontières, l’UE doit accepter de remplir sa part du marché. C’était le deal et il n’y a pas chantage quand un des partenaires demande son respect.
Madame Merkel quant
à elle a bien rempli sa fonction régalienne de procurer aux
industriels allemands une grande partie de la main d’œuvre bon marché nécessaire à l’avenir de leurs entreprises et le fait que cela contrarie certains esprits bloqués en Allemagne qui s’imaginent pouvoir vivre de
leurs rentes sans assurer la production de richesses n’a au fond
aucune importance pour le patronat allemand : les chiens
aboient et la caravane passe.
L’indignité est
dans la fermeture des frontières de l’Europe aux réfugiés et pas
dans le fait que la Turquie pourrait de nouveau rouvrir les vannes (
après tout la Turquie qui héberge 2 millions de réfugiés sur son
sol quand quelques milliers mettent la France sens dessus dessous, on
pourrait même dire sans dessous dessus) n’a pas encore procédé à
des expulsions massives : voilà qui fournirait de la vraie matière
à l’auteur de l’article.