Votre commentaire est très intéressant.
Par malade mental, j’entendais quelqu’un
qui n’est pas autonome, qui a besoin des autres pour pour pouvoir
vivre, qui n’est pas dans la réalité. J’aurais du préciser ce
point.
Dans ce cas là, il est impossible pour cette
personne d’organiser et de planifier un crime. Ce type de malade est
d’ailleurs souvent non violent, contrairement à l’idée qu’on peut
en avoir, et si violence il y a, elle est souvent tournée contre
lui-même.
Après, il y a le cas des
psychopathes qui effectivement peuvent théoriquement organiser et
penser un crime. Mais si l’on prend le cas de Francis Heaulme par
exemple, on se rend compte que ses crimes étaient souvent commis de
manière opportuniste et de façon impulsive. Ses crimes n’étaient
pas organisés ni prémédités. Il s’agissait plus d’une pulsion
de l’instant.
Vous
écrivez : « Les pathologies mentales sont variées, mais le
fait d’être un malade ne vous coupe pas de l’humanité, et ne
fait pas forcément de vous quelqu’un d’impulsif, obéissant à
une voix, à un délire impérieux. »
Je ne suis pas en accord
avec vous. Etre malade mental vous coupe de l’humanité qui vous
entoure. Vous vivez dans une réalité qui vous est propre. Les
malades mentaux sont d’ailleurs considérés comme irresponsables en
cas de crime. Ils ne sont pas considérés comme étant des personnes
responsables. Ce qui ne veut aucunement dire que nous devrions nous
comporter de manière inhumaine avec des malades mentaux, bien au
contraire.
Eh oui il est vrai qu’il
y a 50 ans ces pseudo terroristes, qui ne sont en fin de compte que
des assassins, et devraient être présentés comme tels, seraient
peut-être partis en Inde ou à Katmandou. Et finalement ceux qui
l’ont fait il y a 50 ans ont eu peut-être eu raison. En tout cas la
démarche était nettement plus sympathique.
En aucun cas je ne
considère les assassins qui ont commis ces crimes ignobles comme des
malades mentaux. Plutôt comme des personnes qui vivent dans une
fantasmagorie de la réalité, dans un déni des autres, dans un
désir morbide de mourir, dans l’illusion d’être des combattants,
qui se crée leur propre réalité tout en étant conscient de la
réalité existante.
Car cet article ne traite
pas uniquement du suicide mais tend à essayer de comprendre une
démarche, une situation dans laquelle s’effectue une rencontre entre
une organisation implacable et structurée et des personnes dont le
seul but est de mourir tout en tuant le maximum de gens.
Et j’aime beaucoup votre
dernier paragraphe que je retranscris en intégralité :
« J’oubliais que
le thème était le suicide. Oui, mais dans une volonté de catharsis
et d’élévation post morten qui exclut la notion de suicide
classique. Je parlerais ici plutôt de conduite ordalique,
conditionné par des experts en munitions, au propre et au figuré,
exploitant détresse et psychopathie pour en faire le cocktail qu’on
connait, à leur propre profit. »