@Nicole Cheverney
Le sens de
l’histoire n’existe pas, écrivez-vous.
Vous rendez-vous compte
qu’en écrivant une telle aberration vous faites litière de votre
propre raisonnement et que vous niez les apports des millénaires passés,
la culture latine mâtinée d’hellénisme qui s’est substituée
par la force au vieux droit gaulois ou celte, le christianisme qui a
succédé par le fait du prince au paganisme, les Lumières qui se sont affranchies du droit canon et de l’absolutisme royal ?
Et je ne vous ferez
pas l’injure de vous infliger les lieux communs habituels sur
l’apport de la civilisation arabe grâce à quoi on a redécouvert
Aristote dans un environnement de ténèbres qui est un peu
aujourd’hui l’environnement de tous ceux, indigènes ou
d’importation, qui se replient sur eux-mêmes et qui, si l’on n’y prend garde, seront les vecteurs d’un chaos dont sortira pourtant ( car à la tempête succède le temps de l’apaisement )une France nouvelle, différente mais qui aura intégré le meilleur comme elle en a toujours réussi la synthèse dans ce passé que vous mythifiez.
Il n’y a pas d’exemple historique où la régression ( le retour en arrière ) a perduré.
Au moyen-âge barbare , obscurantiste a succédé la Renaissance. à la restauration a succédé la république et elle est toujours vaillante....
Que vous le veuillez
ou non, il y a nécessairement osmose entre les différentes
composantes d’une société, ce fut et ce sera toujours le cas.
Plusieurs cultures
ont toujours coexisté au sein d’une nation aussi diverse que la
France même avant les grandes périodes d’immigration recensées.
Car enfin les Francs
qui ont donné son nom à la France étaient des Germains qui
venaient des confins de la Vistule et les différentes et heureuses
caractéristiques ethniques que l’on rencontre sur le territoire
démontrent assez le métissage de la nation et les apports
migratoires au nord comme au sud.
Le principe de laïcité n’est
pas inhérent au christianisme ( par principe pour un croyant la
parole de Dieu est supérieure à celle de l’homme sinon il n’est
plus croyant ), il a visé à le parasiter comme le gui parasite le
chêne et peut l’étouffer dans son développement.
Le combat pour une
laïcisation de la société était rendu d’autant plus nécessaire
que le clergé s’affichait ouvertement contre les institutions
républicaines et contrecarrait par la violence de ses prêches le
développement de l’idée républicaine.
Il suffit de se
remémorer les difficultés rencontrées dans les régions rurales
par la fin du monopole de la diffusion du savoir par l’église avec
l’instruction publique obligatoire dans les écoles de la
république.
Pour autant le fait
historique est en France suffisamment singulier à l’échelle du
monde ( y compris occidental ) pour transiger sur son application
mais dans l’esprit de 1905 où le religieux n’empiète pas sur
les conditions de la vie en commun sans être pour autant banni de
l’espace comme quelques esprits sectaires rêvent de le voir
surtout pour les Musulmans.
Il y a des cornettes
dont on veut bien aujourd’hui s’accommoder mais des voiles qui
donnent de l’urticaire.
Pour autant on peut
reconnaître à certains signes un refus d’intégration ou du moins
légitimement l’interpréter comme tel.