@Sigismond
« Le 1er septembre, le groupe parlementaire communiste
réuni sous la présidence de Thorez décide de voter les crédits de
guerre pour réagir à l’agression allemande contre la Pologne. »
Le PCF approuve le gouvernement de droite de 1939 de faire la
guerre à Hitler dans le sillage de l’Angleterre, nonobstant le
terrible souvenir de 14-18. C’est donc une attitude patriotique qui
vaut celle des autres partis.
Et dans la suite de cette attitude, « le 3 septembre 1939,
Thorez répond à l’ordre de mobilisation ».
« Le parti communiste est interdit le 26 septembre » et les
députés et sénateurs sont chassés du Parlement. Quelle est la
raison ? L’URSS a envoyé son armée récupérer les territoires pris
à l’empire russe par le traité de Brest-Litovsk.
Une parenthèse sur ce traité : le peuple russe en 1917 ne voulait
plus la guerre et le front était complètement désorganisé par les
désertions. Des bandes armées complètement ensauvagées semaient
la terreur à l’intérieur du pays. Les bolcheviks avaient pris
l’engagement solennel de mettre fin à la guerre (et de réduire les
bandes armées) à n’importe quel prix territorial, s’ils prenaient
le pouvoir et c’est ce qu’ils ont fait.
Trotsky, extrêmement intelligent (beaucoup plus que Staline),
très bon joueur d’échecs, savait qu’il fallait parfois faire
reculer ses pièces pour ensuite mieux gagner la partie. Il avait
bien l’intention de récupérer les territoires cédés
officiellement en 1918 mais déjà occupés par les Allemands, dans
l’avenir. Pour l’instant, la première préoccupation était pour lui
d’installer le communisme dans son immense pays, rural et attardé.
Donc l’URSS récupère 21 ans après les territoires de l’empire.
Déclare-t-elle la guerre pour autant à l’Angleterre et à sa
suivante, la France ? Non bien sûr !
L’Angleterre entre-t-elle en guerre contre l’URSS ? Que nenni !
Pourtant le gouvernement de droite français saute sur l’occasion
pour interdire le PC considéré comme « le parti de Moscou »,
un cinquième colonne, décidé à poignarder la France dans le dos
pendant son combat contre l’Allemagne nazie ! C’est d’une totale
mauvaise foi !
A-t-on interdit les partis fascistes qui proclamaient leur
sympathie pour l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie ainsi que leur
admiration pour Hitler ?
Ah ben non ! Vous plaisantez ! On n’interdit pas les amis !
Bien entendu, le secrétaire général d’un parti interdit ne va
pas rester benoîtement dans sa caserne !
Son arrestation par ce gouvernement n’est qu’une question de
jours, voire d’heures.
Thorez, qui n’est pas très futé, ne comprends pas que le
gouvernement « républicain » de son pays se comporte comme
un dictateur à la faveur de l’état de guerre et qu’il est son
ennemi.
« Le secrétaire de l’IC, Dimitrov envoie un télégramme enjoignant au secrétaire général du parti français
de déserter. » On dirait maintenant qu’il est « exfiltré »,
de gré ou de force, vers Moscou.
Quand je dis qu’il aurait été livré aux nazis, qui l’auraient
exigé en juin 1940, je m’appuie sur l’exemple d’autres hommes
politiques français livrés à l’ennemi, le plus célèbre étant
Léon Blum, mais il aussi Édouard Daladier, le généralissime
Gamelin, Guy La Chambre, Paul Reynaud, Georges Mandel.
Et il est absolument certain qu’il y aurait été traité
différemment que l’ancien chef de gouvernement connu du monde
entier, en particulier des USA et de personnalités essentiellement
de droite.
On pourra penser au sort de Jean Moulin pour avoir une idée de ce
qu’il serait advenu de lui dans les griffes de la Gestapo.