Quelles sont
les sources de la campagne russophobe en Occident ? Bonne question.
Il y a d’abord
Obama déclarant que son premier ennemi est la Russie. Pas Daesh, pas la Chine,
pas l’immigration illégale mexicaine mais la Russie, qui n’a jamais attaqué ni
menacé les USA. Pourquoi ?
De multiples
raisons.
La première et
sans doute principale raison est militaire. La Russie est aujourd’hui la seule
puissance qui pourrait annihiler les USA par des frappes atomiques. On peut
comprendre que la 1ère puissance mondiale et gendarme du monde n’apprécie
pas. On ne menace pas un gendarme. Une grande part de symbolique dans cette
attitude, d’où les efforts des USA pour se doter du pouvoir d’une première
frappe sans réplique. Et la réponse de la Russie se dotant d’une force de
réplique plus ou moins automatique. Tout cela est assez dangereux, et bien
entendu occulté par nos médias. Les USA considèrent qu’ils peuvent frapper de
façon préventive, c’est leur doctrine qui, associée à un pouvoir de première
frappe sans réplique, leur permettrait de se couronner maîtres du monde sans
contestation. Il y a des campagnes au Congrès des USA pour supprimer ce point
de doctrine, jugé trop dangereux.
En second
rang, je placerais la culture. Quelque
chose ne colle pas entre la culture anglo-saxonne protestante et la culture
slave orthodoxe. Ces deux cultures n’ont pas la même perception du sens de
notre passage sur terre. Les Etats-Unis, champions de la création de biens
matériels dédiés au confort de notre passage sur terre, ne comprennent pas l’attitude
quelque peu jemenfoutiste des Russes à ce sujet. Quand on passe la frontière
entre un pays de culture occidentale (l’Estonie par exemple) et la Russie, on
comprend tout de suite la différence entre ces deux approches. Sylvain Tesson, je crois, en a parlé dans un
de ses livres. En poussant un peu, on pourrait dire qu’il y a une touche de
clochardisation dans l’approche russe, difficilement compréhensible par un
Occidental, qui considère qu’il doit au moins dominer le « clochard ».
Mais celui-ci ne se laisse pas faire, et qui plus est se permet de montrer les
dents quand on le chatouille !
La Russie est le plus vaste pays du monde,
avec une population relativement
modeste. C’est injuste, diront certains, surtout ceux qui ont les moyens de
déplacer les frontières. Hillary Clinton avait déclaré, je crois, que la
Sibérie est à tout le monde. C’est le côté cow-boy des USA, se déplaçant vers l’Ouest
(ou l’Est) à la recherche d’une nouvelle frontière.
Enfin, il y
a le mouvement néo-con, animé par des membres de la communauté juive
américaine. Ce mouvement a joué un rôle majeur dans la politique étrangère
américaine ces dernières décennies (Irak). Aborder ce sujet est évidemment
prendre le risque d’être insulté comme antisémite, c’est quasi automatique.
Mais en se limitant aux faits, on constate que les intellectuels juifs ont joué
un rôle de premier plan dans l’édification de l’idéologie communiste. Que la Révolution d’Octobre a été en partie animée
par la communauté juive russe (Poutine a cité 80 à 85% de cadres juifs lors d’un
discours devant le Grand Rabin de Moscou, remerciant cette communauté de son apport
à la Russie). La période stalinienne fut terrible pour tout le monde, y compris
les Juifs de Russie qui en ont beaucoup souffert, malgré leur forte présence
parmi les cadres du régime. Enfin, il y eut le départ massif des Juifs de
Russie dans les années 70. Une histoire triste, tragique au fond, qui signe un
double échec, l’échec de l’intégration de la communauté juive en Russie (très
mal engagée sous le Tzarisme, mais le régime soviétique aurait dû corriger
cela), et l’échec de l’expérience communiste qui s’achève par le divorce entre
la Russie et sa communauté juive. La Russie y perd beaucoup, la communauté
juive russe attachée à sa culture russe également (cf. les communautés russes
en Israël, à NY). Ce divorce, associé à
l’importance de la communauté juive américaine, permet de comprendre la
violence des campagnes russophobes orchestrées aux Etats-Unis, et la reprise de
ces campagnes en France, chez les idiots utiles que nous sommes devenus.