@Sylvain Rakotoarison
Bien que je sois pas souvent d´accord pour certains de vos articles, mais pour celui-ci, bravo. Lorsqu´on fait bien, il faut féliciter, bravo. Votre article interpelle la société, car il n´est pas normal que dans cette société dans laquelle nous vivons aujourd´hui, on meurt de froid en France, c´est un scandale, et écrire un article comme celui-ci, c´est le rôle d´un vrai intellectuel. L´intellectuel, n´est pas celui qui est bardé de diplomes, mais d´une personne qui voit les problèmes qui gènent le bon fonctionnement de la société et qui interpelle cette société pour réagir positivement.
Je vous prie de trouver ici une reflexion de l´Abbé Pierre qui résume ce que vous avez écris, ce que nous vivons aujourd´hui et qui nous interpelle chacun á réagir.
L´Abbé Pierre dit ceci :
Pour que les plus souffrants soient en premiers servis, toute la
société des hommes, de la commune á l´univers, a besioin constamment
d´être harcelée, non pas d´abord du dehors par quelque contrainte
d´autorité, mais d´abord du dedans d´elle même par la contagion, par le
défi de quelques-uns venus les uns de la lassitude de trop avoir, les
autres de la lassitude de manquer de trop de tout, unis dans un travail
communautaire assurant leur vie, mettant leur gain au service des
souffrants et pouvant ainsi debout, libres et forts, á tout instant,
redire á quiconque :" Et toi pour ceux qui souffrent, dans ta vie privée
dans ta vie civique, que fais-tu ?"
Les sociétés ne sont jamais malades de rien d´autre que du dédain des
souffrants. toute anarchie, comme toute tyrannie, toute corruption et
tout abandon, toute aggression aussi, de quoi tout cela naît-il , sinon,
soit de l´idolâtrie que les forts ont d´eux mêmes, soit du désespoir
dont le mépris ou l´exploitation qui les accablent soulèvent les
faibles ?
Et devenus les maîtres, les faibles, d´hier, comment ne
deviendraient-ils pas á leur tour des bourreaux si ne leur est pas,
aussitôt la puissance venue entre les mains, redire la loi : "Sers
premier le plus souffrant« , ce qui n´est rien d´autre que » aimer comme
soi même le prochain" ?
" Dans les paroxysmes d´incohérences par lesquels, de temps á autre,
passe l´histoire humaine, á force de dérobade devant cette loi, sa loi,
des moments viennent oú ce n´est plus ni de reformes, ni de revolutions,
qu´il est besoin, mais de renaissance.
Renaitre. Repartir de la source. Rompre avec le fratras des conventions oú se camouflent les faussetés
Mais ca, renaitre, ce n´est pas d´abord action de masse, mais actes
de personnes, une á une, chacune seule et toute frêle, face á soi-même,
et face á l´éternel Amour, et face á l´universel appel de cet Amour qui
est quelqu´un et qui veut ces libres adhésions de quelques-uns jusqu´á
l´absolu, pour que s´accomplisse au bout du compte l´unité de tous,
seuls s´excluants ceux qui, délibérément, éblouis par leurs seul
orgueil, auront préféré l´obstination dans l´illusion de leur moi á la
communion du don de soi.
C´est en définitive, toujours, mais plus que jamais au long de ces
temps de crises violentes de l´univers, dans le mystérieux sanctuaire de
l´âme de quelques uns, que se joue, chaque jour, le destin des
multitudes.Dans l´âme de ceux qu´attire l´appel. Dans l´âme de ceux qui
diront« me voici »
Pour un temps ou peut êre pour, soit d´un coup, soit par étapes, pour toute la vie.