« Comment ne pas adhérer à cette belle vision du
travail parlementaire, centrée sur l’intime conviction qu’il appartient à
chaque député, tant au sein des commissions que dans l’hémicycle, de défendre les intérêts du peuple de France ? »
Ceci est la vision idéalisée
d’un but qui ne sera jamais atteint. La raison de cette impossibilité tient au fait
qu’un concept tel qu’ « intérêts
du peuple de France », ou « intérêt général », qu’affectionne Etienne
Chouard, ne recouvre rien d’autres qu’un catalogue d’intentions varièes, certaines
incompatibles entre elles, auxquelles il ne suffit pas d’apporter des réponses « chèvres
et choux » pour contenter tout le monde.
A elle seule, la question du
« Plus d’Europe, moins d’Europe », du « Plus de soiuveraineté nationale –
Moins de souveraineté nationale » introduit un clivage énorme. Et puis il y
a ceux qui croient que les hommes ont vocation à la fraternité et à la solidarité universelles,
tandis que d’autres pensent qu’ils sont condamnés à la concurrence et à l’affrontement.
Cela induit des « intérêts
du peuple de France » différents, voire divergents. Sans compter que,
dans la réalité, il y a certainement plusieurs peuples de France, qui n’ont pas
tous envie de vivre ensemble. La fuite des « Blancs » (white flight) des quartiers où se concentrent de plus en plus d’issus de l’immigration,
n’est pas une légende urbaine.