Bonsoir Christian,
Merci pour tes commentaires. N’est-ce pas que tu penses en
réfléchissant et en alignant tes mots pour me répondre. Contrairement aux
autres qui commentent sans commenter. Ce n’est pas leur faute. Ils pensent peu,
et peut-être tant mieux pour eux puisqu’ils ne sont qu’eux et surtout pensent
sans qu’ils pensent. Telle est la pensée qui pense peu.
En revanche, Christian, cela me fait plaisir que tu penses. La
première fois tu me dis « par quoi » ? « Par le fauteuil...
[...] Par la bicyclette, où nous pédalons dans la campagne, peut-être ? »
Et puis tu te ressaisis. Et cela m’a fait plaisir. Et tu me sors Descartes et
ses six méditations. Que tu appelles ça c’est de la méditation. Très juste. Je
t’en donne un extrait dans un de mes articles. « Entre liberté et destin, le libre-arbitre conscient et inconscient de
l’homme ? Une guerre nucléaire entre les USA et la Corée du Nord ? »
du 23 juin 2017, sur agovax.fr.
Descartes, dans sa Deuxième Méditation,
n’a-t-il pas écrit : « Je suis,
j’existe […] si je cessais de penser, que le cesserais en même temps d’être ou
d’exister. Je n’admets maintenant rien qui ne soit nécessairement vrai :
je ne suis donc, précisément parlant, qu’une chose qui pense, c’est-à-dire un
esprit, un entendement ou une raison, qui sont des termes dont la signification
m’était auparavant inconnue. Or je suis une chose vraie, et vraiment
existante ; mais quelle chose ? Je l’ai dit : une chose qui
pense.
Et quoi davantage ? J’exciterai encore mon
imagination, pour chercher si je ne suis point quelque chose de plus. Je ne
suis point cet assemblage de membres, que l’on appelle le corps humain ;
je ne suis point un air délié et pénétrant, répandu dans tous ces
membres ; je ne suis point un vent, un souffle, une vapeur, ni rien de
tout ce que je puis feindre et imaginer, puisque j’ai supposé que tout cela
n’était rien, et que, sans changer cette supposition, je trouve que je ne
laisse pas d’être certain que je suis quelque chose. […] Mais qu’est-ce donc
que je suis ? Une chose qui pense. Qu’est-ce qu’une chose qui pense ?
C’est-à-dire une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut,
qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent. »
Et tu dis « L’esprit, lorsqu’il s’applique à organiser les
« longues chaînes de raisons » dont parlait Descartes, est capable de
produire beaucoup de choses admirables, fort consistantes et heuristiques
du point de vue de la logique. » Je te corrige. L’esprit que je cite n’est
pas capable de produire beaucoup de choses admirables, mais te produit toi
entièrement, de ce que tu n’étais pas, tu n’avais pas existé à ton arrivée à l’existence,
et il a produit tout ce que tu as fait jusqu’à aujourd’hui, et il aura à
produire tout ce que tu auras toi, Christian, à produire, jusqu’à ta
disparition. Voilà la vraie réponse de ton esprit.
D’autre part dire, « De la
« méditation » des amateurs fumeux de méditations que vous évoquez,
et qui sont légion de nos jours, que reste-t-il une fois qu’ils ont trouvé que
la chose « quotidienne » avait assez duré pour aujourd’hui ?
Rien. » Là encore tu penses dans le faux. Tu fais fausse route. Ces
esprits qui sont légion ne pensent, ne méditent pas pour trouver des choses. Ils
cherchent à trouver ce que tu dis « rien » qui a un autre sens
à celui que tu comprends. Le rien, c’est la vacuité du monde à sa naissance. Ce
rien, c’est ce vide que nous comblons ou croyons combler alors qu’il est tout.
Ce néant duquel nous sortons et vers lequel nous retournons.
Voilà, Christian, il faut réfléchir à la « vacuité »
de l’existence, au sein de laquelle nous existons, ou nous avons préexisté
lorsque nous « passerons ». Le concept « vacuité »
dans le zen a un autre sens. Il est profond. Il est un peu cette « immensité
du monde bâtie sur rien, sur le Néant. Mais qu’est-ce que le Néant ?
Existe-il ? La « vacuité » de l’existence, c’est elle qui donne
sens à notre esprit-corps, à nos pensées, tout ce que nous faisons fait comme
si nous la remplissions. Elle est un peu notre « sol ».
Sur un autre registre, qu’est-ce que tu en sais
quand tu affirmes « On ne médite pas, en Orient, pour augmenter son
bonheur, mais pour la connaissance du pire, et ce qu’on peut tirer d’un pareil
exercice exclut même de la manière la plus radicale l’alternative malheur /
bonheur. La méditation, en ce sens, ne saurait jamais être un truc pour
augmenter le confort bourgeois, ce qu’elle est toujours chez nous, de toute
évidence. » Penses-tu qu’en Orient, on médite pour s’enrichir, pour
avoir du bonheur ? Non, on médite pour être simplement, pour avoir
simplement des pensées authentiquement humaines. Accepter notre sort d’humain,
accepter notre maladie si on est malade, accepter notre malheur si on est dans
le malheur, accepter notre misère si on est dans la misère, faire de bonnes
choses si on est dans la richesse. Le problème dans la méditation est chercher
ce pourquoi on existe et tenter de répondre le plus humainement possible, le
plus sereinement possible. Ne pas partir avec des idées préconçues.
Voilà,
Christian. Je t’ai répondu. Merci néanmoins pour ta pensée positive.