@Amaury
Je ne peux qu’être
d’accord avec la critique de ces journées gadgets dont le nombre
ne cesse de pulluler, dont le seul impact est de se donner bonne
conscience à peu de frais et sans rien faire de concret. Je le suis
également sur un caritatif dont les structures ne sont que la
nouvelle mouture des « dames patronnesses », ont le coeur
aussi sec, à la différence toutefois qu’une majorité des
bénévoles qui font tourner ces structures le font avec coeur et
sont touchées par la situation des personnes qu’elles tentent
d’aider.
Pour avoir discuté
avec une bénévole de l’association de chien d’aveugle fondée
par Arletty, ceux qui ont de l’argent donnent rarement, évidemment
il y a des exceptions qui confirment la règle, ce sont
majoritairement ceux qui ont peu qui donnent, peu évidemment, ils
n’ont pas les moyens mais sur le peu qu’ils ont ils donnent un
peu.
Par contre votre
postulat de départ sur la pauvreté est à priori faux, bien que je ne doute
pas que vous le croyez sincèrement, parce que nous sommes
conditionnés à penser ainsi, que c’est une croyance
collective et ce n’est pas la seule qui soit dénuée de fondement.
La pauvreté
n’est pas inhérente à la « condition humaine » elle
est une construction sociale des sociétés d’asservissement
appelées « civilisations » pour lui donner un vernis de
vertu et d’évolution. Depuis l’antiquité nous somme une société
d’asservissement.
Ce qui caractérise
(entre autre et très schématiquement, voire caricaturalemen) la
structure de ce type de société est qu’une minorité en fantasme
de toute-puissance et d’immortalité, met la majorité de ses
concitoyens en coupe réglée, les considère comme du bétail, les
spolie de leur usage des biens communs, dont elle s’attribue la
propriété exclusive, et de leur droit à décider de leur
existence. Il faut beaucoup de pauvres, avec volant de miséreux pour
permettre à la caste dirigeante d’assouvir ses fantasmes, qui ne
le sont jamais, l’avidité étant un tonneau des danaïdes.
Richesse et pauvreté
sont les deux faces d’un même concept. Pour se sentir toujours
plus puissants, il y a 2 moyens. L’un les guerres impériales,
coloniales, etc. pour augmenter le nombre de personnes sous leur
coupe, c’est toujours en-cours même si l’on prétend parer de
vertu ces actes d’agression criminels en « guerres
humanitaires » sauf que les peuples concernés en font les
frais (Irak, Lybie et Syrie pour les plus récents) avec de plus des
systèmes genre Francafrique, que la France n’est pas la seule à
mettre en oeuvre. L’autre paupériser davantage la population pour
augmenter l’écart de revenu, mise en œuvre depuis un bon moment
en France et ailleurs … les ultra-riches sont de plus en plus
riches ce qui va de pair avec une paupérisation accrue des
populations.
Il ne faut pas
confondre culture et civilisation, bien que nous ayons déjà
détruits une partie d’entre elles, il y a autant de cultures et
sociétés humaines différentes que de peuples. Et nombre de ceux
qui n’ont pas créé de civilisation (pas tous, on peut être un
peuple psychopathique sans pour autant créer de civilisation)
considère l’accumulation de possession et l’avidité de pouvoir
comme relevant de la folie ou de la nuisance, bien conscients que
ceux qui sont mus par elles, nuisent à l’intérêt général et au
bien-vivre de la communauté. Le mépris dans lequel la majorité des
« civilisés » (et ce n’est pas un procès d’intention
à votre égard, je ne connais pas le regard que vous portez sur ces
peuples) tiennent les peuples indigènes, empêche de voir que cette
croyance n’est qu’une croyance et la conséquence d’un
comportement pathologique cultivé depuis l’antiquité.
Citation d’Alex
Etcitty du peuple navajo, ami de l’écrivain Tony Hillerman dont
les romans policiers se situent en territoire Navajo : « On m’a
appris que c’était une chose juste de posséder ce que l’on a. Mais
si on commence à avoir trop, cela montre que l’on ne se préoccupe
pas des siens comme on le devrait. Si l’on devient riche, c’est que
l’on a pris des choses qui appartiennent à d’autres. Prononcer les
mots « Navajo riche » revient à dire « eau sèche ». »
Je trouve la
citation particulièrement parlante, mais les navajos ne sont pas un
cas isolé, et ce n’est pas un hasard si la seule tentative
actuelle d’expérimentation d’une autre société, d’une autre
gouvernance, à l’échelle d’un territoire, le zapatisme est mise
en œuvre par des peuples indigènes.
Je répète que l’avidité de
possession, de pouvoir et la cupidité, ne sont pas des tares
inhérentes à l’humanité, mais des tares cultivées par un
certain type de société, et ne pas en prendre conscience est le
plus sûr moyen de ne jamais aller vers une société plus saine,
parce que pour corriger un problème, il faut en diagnostiquer les
causes réelles, sinon on continue à le creuser tout en prétendant
travailler à le résoudre, et ceci pouvant être fait en toute bonne
foi.
Il ne s’agit pas
de supprimer les riches pour rendre tout le monde pauvre comme le
hurlent certains, ou de répartir la misère, mais de comprendre la
réalité que recouvre le double concept de richesse/pauvreté,
comprendre que le premier ne va pas sans le second, que c’est un
cercle vicieux, une spirale infernale.
Je ne peux pas
développer dans un commentaire. Je ferais un parallèle. Quand vous
avez faim ou soif, le fait d’étancher cette faim ou cette soif, en
mangeant ou en buvant de l’eau, procure un bien-être, un sentiment
de satiété. Un boulimique ne connaît pas la satiété, et la
boulimie est bien considérée comme un trouble pathologique, ou
résultant dans certains cas d’un dysfonctionnement biologique …
il ne viendrait à l’idée de personne de sensé de prétendre
qu’être boulimique est être supérieur et de valoriser et
cultiver cette pathologie à l’échelle d’une société. C’est
pourtant ce que l’on fait avec l’avidité de possession, apanage
autrefois de la seule oligarchie, et la base du consumérisme actuel.
Mais ce que vous croyez vouloir et croyez qu’il vous manque pour
être heureux, une fois acquis ne vous apporte aucun sentiment de
satiété, aucune réelle satisfaction, et vous voulez autre chose,
parce que le manque que vous ressentez vous ne l’avez pas
diagnostiqué et vous ne le pourrez pas tant que vous croyez
sincèrement que c’est l’accumulation de possession qui peut le
combler. De même que le boulimique (dont la boulimie n’est pas
d’origine biologique) n’entend pas son corps lui dire c’est
assez et que ce n’est pas l’absorption de nourriture qui comblera
ta sensation de manque, celui enfermé dans la spirale du
consumérisme ou de l’avidité de possession, n’entend pas son
âme (à prendre au sens religieux du terme, je sais vous êtes
croyant mais ce n’est pas mon cas, l’âme est pour moi l’énergie
vitale qui anime, la partie intangible de l’être indissociable de
sa partie tangible corporelle et ne fait qu’un avec elle) lui dire
stop, ce n’est pas ça qui comblera ta sensation de manque.
J’espère que vous
ne prendrez pas ce long commentaire comme une attaque personnelle.
Vous ne faites pas mystère du milieu dans lequel vous êtes né et
auquel vous appartenez. Je n’aime pas ce milieu mais je ne suis pas
sectaire. Je vous reconnais un certain esprit critique par rapport à
votre milieu, je pense que vous n’allez pas au fond des choses,
mais c’est un reproche que je pourrais faire à la majorité de mes
semblables.
Par ailleurs comme
d’autres auteurs sur Avox, vous ne méritez pas de servir de tête
de turc à certains, dont l’occupation principale semble être de
cracher sur les autres, et systématiquement sur certains en
particulier, quoi qu’ils disent, sans avoir quoi que ce soit à
dire ou à argumenter sur le sujet de l’article, parfois on se
demande même s’ils ont pris la peine de le lire ! Je trouve
ça navrant et fait que le fil des commentaires sur Avox ressemble de
plus en plus à la poubelle de ceux des articles des médias
mainstream. Ce n’était pas comme ça au début.
J’ai fait assez
long j’arrête … sincères salutations.