@Aristide : Les immigrés de Barcelone vous répondent :
« La déclaration du « Sindicato Popular De Vendedores Ambulantes de Barcelona (Syndicat populaire des vendeurs ambulants de Barcelone) et de l’ « Espacio del Inmigrante Raval » (Espace des migrants de Raval, une organisation indépendante) dans le contexte du vote du 1er octobre 2017 :
« Face à la situation des derniers jours en Catalogne, en tant que «
Syndicat populaire des vendeurs ambulants » et de « l’Espace des
migrants », nous condamnons la violation des droits et des libertés du
peuple catalan.
Nous réclamons le droit des peuples à décider de leur avenir, droit qui ne doit pas être nié et encore moins persécuté.
Nous étendons notre solidarité aux personnes et aux collectifs et
organisations qui ont été de ceux qui ont toujours lutté pour le droit à
l’autodétermination, depuis le bas de la société.
Nous voyons
bien ce qui est en train de se passer, et bien que personne ne nous ait
rien demandé ou invité à faire partie de ce moment historique, en tant
que migrants, nous nous sommes auto-invités ; nous sommes habitués à ce
que les gens pensent que nous ne savons rien, que nous ne comprenons
rien, que nous ne sommes pas des citoyens, que nous ne votons pas, et
donc que nous ne comprenons pas la politique, mais ils ont tort, nous
nous battons et résistons à ce gouvernement espagnol colonial et raciste
depuis des années.
Depuis des décennies, des siècles, ils nous
ont déclaré leur guerre d’extermination et pourtant nous sommes là,
encore en vie. Pour nous, migrants, il est évident que nous sommes là
pour rester, bien qu’ils nous menacent, nous emprisonnent ou nous tuent,
parce que si quelqu’un doit quitter ce pays, ce sont ceux qui sont au
sommet, les corrompus, les dirigeants.
Aujourd’hui, le
gouvernement montre son véritable visage et son ambition en Catalogne,
celui de la violence, de la répression et de l’autoritarisme, ils
veulent semer la peur dans les cœurs catalans. Ils pensent qu’ils
peuvent attaquer, menacer, effrayer et piétiner la dignité de ces
personnes défendant leur terre, sans aucune résistance. Ils croient
qu’avec des matraques et des policiers, ils peuvent changer leur
conscience politique.
Depuis notre arrivée en Catalogne, nous avons
vu deux visages : celui d’une Catalogne rebelle, populaire et digne qui
se bat pour son droit à décider de son avenir.
À ceux-là, nous
vous disons que nous nous sentons invités, encouragés et enthousiasmés
par ce que vous faites en ce moment, et espérons qu’il existera une
opportunité de créer des lieux de participation où nous aurons tous
notre place, sans racisme ni exclusion.
Nous aimerions que cette
nouvelle république potentielle en plus d’être légalement et
juridiquement dissociée de l’Espagne, se sépare également de son esprit
et de sa mentalité coloniale et raciste.
Que ce qui est en train
de se construire soit construit par le bas de la société, pour modifier
l’ordre juridique, social et politique, pour un autre ordre plus juste,
humain et inclusif, car dans une Catalogne construite par le haut de la
société, avec les mêmes dirigeants, peu de choses changeront pour nous
autres, les pauvres, les éternels oubliés, ceux de la société d’en bas.
Mais nous connaissons également l’autre visage de la Catalogne, celui
de la Catalogne coloniale et raciste qui nous exclut, nous persécute et
nous punit d’avoir une autre couleur de peau, une autre langue, une
autre religion, une autre façon de penser.
C’est pourquoi nous
nous devons d’affirmer que nous avons une mémoire et que nous n’oublions
pas, que nous ne soutenons ni le gouvernement espagnol ni le
gouvernement catalan régional (Generalitat) parce que ces deux
gouvernements ont pour nous le même visage ; ils rivalisent pour voir qui
chasse, emprisonne ou expulse le plus de migrants. Ils sont en
compétition pour savoir qui érige le plus de murs, le plus de lois, le
plus de normes et de règles qui empêchent de vivre dignement.
Nous croyons également que cette situation ne peut être résolue par la
loi ou devant un tribunal, nos corps sont la matière parfaite de la
machinerie « illégalisante », nous savons que les droits sont gagnés dans
la rue.
Enfin, nous croyons, mais nous pouvons nous tromper, que
la situation est susceptible de devenir plus difficile, l’État espagnol
prépare la répression avec ses policiers dans les rues et, par
expérience, nous savons que la répression affecte les couches les plus
basses de la société, les militants, les pauvres, les exclus et les
migrants. Pour cette raison nous appelons tous les migrants, avec ou
sans papiers, à faire preuve de solidarité dans cette lutte digne et
rebelle.
Nous vous demandons de résister, de se rebeller, de dire
non à la répression, de dire non à la persécution, de dire non à la
prison, de dire non à la violence, loin de laquelle nous cherchons le
droit de décider de notre avenir.
P.S : si personne n’impriment
vos bulletins de vote, nous les imprimerons pour vous, car ils ne
peuvent plus nous rendre illégaux, nous avons été faits illégaux,
criminels il y a longtemps, et nous n’avons plus peur. »
- Lien vers le post facebook du 3/10/2017 de BLMUK – Black Lives Matter UK : https://www.facebook.com/BLMUK/posts/870687239746920
- Lien vers la déclaration originale en espagnol des organisations barcelonaises du 29/09/2017 :
https://www.facebook.com/SindicatoPopulardeVendedoresAmbulantes/posts/689411 407928167
Traduction en français par Amélie Koulanda