Coucou, le revoilou
notre chevalier blanc chargé de bouter les Sarrasins hors de
France.
Passant d’une évaluation dont on ne nous dira pas
d’où elle sort, qui est censée mesurer le nombre d’Italiens
retournés au pays natal au départ de leur terre d’accueil, les
USA et cela au tournant du XXe siècle, il en extrapole son rêve
intime : voir la France se purger de la partie de la population
qui lui pèse le plus.
Comparaison n’est
pas raison mais qu’importent les dizaines d’années passées
depuis cet épisode, il en tire une valeur d’édification mais qui
édifie surtout sur ses arrière-pensées qui, derrière les réfugiés
de guerre, veut surtout condamner au retour les réfugiés
économiques et en priorité à l’intérieur de ceux-ci les
Musulmans.
Il est vrai qu’à
l’époque les USA construisaient une grande nation et avaient
besoin de main d’œuvre
et que la France aujourd’hui n’en finit pas de ruminer sur son
déclin et semble incapable de se rêver un avenir.
C’est la
différence avec l’Allemagne qui a tout de suite vu le potentiel
futur pour sa machine économique qui risquait à bref délai de se
gripper faute d’officiants.
On ne lui prêchera
pas le devoir de solidarité mais un peu de décence serait bienvenu
pour rendre hommage au courage de ces gens qui ont affronté mille
morts pour parvenir à ce qu’ils pensent être un havre de paix.
C’est évident que
ceux qui ont dû quitter leur pays en guerre n’aspirent qu’à une
chose retourner dans leurs meubles et immeubles ou ce qu’il en
reste, c’est d’ailleurs le mouvement que l’on observe en
Jordanie ou au Liban ( en Turquie, il semblerait qu’ils en soient
dissuadés, leur niveau de formation pouvant utilement s’employer
dans les projets de développement de cet état ) où des milliers de
personnes ont déjà fait ou s’apprêtent à prendre le chemin du
retour pour retomber dans les griffes du méchant.
Toujours expert dans
l’art de dire les choses censées plaire à cette frange du
lectorat qui se lève le matin encore pleine de cette hargne qui
l’accompagnait en se couchant et qui est donc tributaire de sa
bile échauffée, notre grand penseur résout les problèmes
migratoires un peu comme la chasse d’eau évacue les déjections
avec un volontarisme qui ferait froid dans le dos s’il avait une
chance de voir le jour.
Ainsi il remigre les personnes à double
nationalité sans d’ailleurs se demander le moins du monde si ce
fait du prince trouverait un écho favorable chez le destinataire de
la patate chaude qui peut très bien procéder au retour à
l’envoyeur, perspective pourtant bien probable que notre
colonisateur toujours pas repenti ne parvient même pas à envisager
tant dans ses délires le pouvoir de la France est encore impérial.
Donc la solution,
c’est au fond de pourchasser les croyants musulmans en les
interdisant de cadre communautaire pour faire ensemble leurs
dévotions : il ignore sans doute ( mais non il le sait
parfaitement ) que le Musulman n’a pas nécessairement besoin d’une
mosquée et qu’un tapis de prière et une boussole pour l’orienter suffisent à
créer un cadre à sa foi.
Mettre des entraves
de toute nature à la construction de lieux du culte ( même
souterrains ils nuiraient à l’environnement ) lui semble une
nécessité absolue
Il a d’ailleurs
une vision de la tradition qui est assez élastique : la
minijupe au ras du bonbon en fait partie mais pas la longue robe
noire que l’on peut pourtant découvrir sur des photos anciennes de bonnes chrétiennes. Ne parlons pas du voile qui n’a disparu de
nos campagnes que depuis un demi-siècle et dont certaines
paroissiennes se couvrent encore la tête lors d’offices religieux
catholiques ou orthodoxes, ce voile qui symbolise pour lui
l’islamisation comme les boucheries hallal dont personne n’est pourtant obligé de pousser la porte.
Au nom de la culture
française qui s’est toujours alimentée aux influences
extérieures, c’est ce qui fait son universalisme, il s’oppose à
un pseudo-multiculturalisme qui ferait tache dans la vision
harmonieuse qu’il a de la société : essentiellement celui
qui le dérange, c’est le plus divers et au fond ( pour lui qui
aime les statistiques ) le moins profondément enraciné, l’Islam
dont toutes les déclinaisons se résument pour lui à une seule :
le salafisme qui l’empêche de dormir et lui fait faire de mauvais
rêves où les charcuteries au porc seraient interdites par un
méchant imam dans les rayons des enseignes de grande consommation.
Qu’importe si on
n’en a jamais autant consommé, l’essentiel est de convaincre que
tout ça va disparaître.