Toutes
les vérités ne sont pas bonnes à entendre, surtout quand elles
heurtent l’idée que nous avons de nous-mêmes. C’est ainsi que
nous préférons ignorer qu’avant toutes opinions, croyances et
autres considérations, l’homme est un consommateur*. Il est même
permis de se demander si porté par cet insatiable besoin d’améliorer
sa condition et celle de sa descendance – ce qui le distingue des autres espèces animales – l’homme met l’économie
au service de sa vie ou sa vie au service de l’économie. N’est-il
pas curieux d’observer à ce sujet que les sociétés structurées,
depuis celles des fourmis ou des abeilles jusqu’à celle des
humains, sont moins organisées dans l’intérêt et le respect de
la vie que dans le souci d’augmenter constamment leur richesse ?
C’est
en tout cas ce qui explique que l’homme soit le premier prédateur
de la planète, avec pour corollaire le mercantilisme et ce qui peut
en résulter chez certains, en termes de vénalité, sous tous les régimes. Et ceci n’est pas
l’apanage des riches. Les besoins des hommes sont inversement proportionnels à la
richesse de chacun. Qui sont en effet, ceux qui ont le plus à
demander à la vie, sinon ceux qu’un sort aveugle a fait naître
nécessiteux ? Qui sont ceux que les hasards de leur naissance
les ayant condamnés à être des consommateurs a minimum, ont pour ambition majeure de le devenir davantage ?
C’est
ce “toujours plus” qui conduit l’homme, depuis qu’il existe,
à chercher et cultiver une richesse arrachée sans discernement à
la planète qui l’abrite. Mais il faut penser que c’est cet
appétit qui a valu à l’humanité entière le progrès et
l’amélioration moyenne de sa condition au cours des siècles, quel que
soit le prix payé par son habitat qu’est la Terre.
Trop
facile de “cracher dans la soupe” – avec pour seul résultat
qu’elle en devienne immangeable pour tous – en s’imaginant
qu’il suffise de gémir sur son propre sort, et pour se donner
bonne conscience, de compatir à celui de plus pauvre que soi ;
le comble étant de se plaindre en s’identifiant aux plus miséreux,
tout en encourageant la prolifération d’une espèce dont les
pauvres (relatifs) se reproduisent 6 fois comme les riches.