@cric
Autrefois, comme
vous dites, il y avait au grand maximum un cancre par classe...
Mais non !!! Il y
avait comme maintenant une courbe de Gauss pour le niveau des élèves.
Sans compter que beaucoup de parents des classes populaires ne
voyaient pas l’intérêt des études et se désintéressaient des
résultats scolaires de leurs enfants, attendant qu’ils aient l’âge
pour quitter l’école, apprendre sur le tas un métier d’ouvrier ...
et ramènent une paie à la maison !
Souvent dans les
campagnes où vivaient 30% de la population en 1939, beaucoup
devenaient ouvriers agricoles. Activité pour laquelle aucune
capacité intellectuelle était requise ...
Autrefois,tout le
monde savait lire, compter, écrire correctement en quittant
l’école primaire...
Absolument pas !
C’est une pure légende !
Il faut dire que,
dans les campagnes en particulier, du fait de l’absence de transport
scolaire et de la non-mixité des écoles, les instituteurs devaient
gérer des classes uniques comprenant des enfants de 5 ans à 12 ans
(puis 14 après la Libération et l’application du programme de la
Résistance) et comprenant jusqu’à quarante élèves (oui, bien
qu’exceptionnel ce chiffre à été atteint après le "baby
boom" d’après guerre).
Il aurait fallu un
cours particulier pour la SE, le CP, le CE1, le CE, le CM1, le CM2,
les FE (fin d’études), avec dans chaque division des élèves de
niveau différent. On imagine bien que c’était mission impossible.
et souvent les grandes filles de FE s’occupaient - avec ravissement-
des SE et des CP, pour ces derniers en les faisant lire
individuellement.
Naturellement, cet
abandon des élèves n’avaient pas lieu dans les classes de lycées
urbains et bourgeois où les enfants entraient en onzième,
équivalent du CP, et sortaient après la terminale ... s’ils
n’avaient pas été exclus en route.
Autrefois, le
simple brevet et souvent même le simple certificat d’étude
primaire était d’un niveau supérieur au bac actuel (en
connaissance et culture générale) ...
Au CEPE, les
problèmes d’arithmétique « réalistes » étaient complexes
à résoudre d’autant plus qu’on n’avait pas recours à l’algèbre
élémentaire.
Comme ils ne
figurent plus au programme actuel autrement plus vaste pour les
élèves de quatrième et de troisième actuels, ces énoncés
alambiqués de marchands de pommes de terre les désarçonnent.
Mais eux sont
capables de résoudre des problèmes d’algèbre et de géométrie qui
auraient fait sécher les élèves du même âge des écoles
primaires d’autrefois.
Sur le niveau de
culture générale, vous êtes aussi victime de la "rosification
du passé"
On imagine bien que
des élèves quittant l’école à douze ou même quatorze ans ne
pouvaient pas avoir le même niveau de culture classique que les
élèves d’aujourd’hui qui ont des professeurs spécialisés en
français, en histoire-géographie, en sciences qui les instruisent
jusqu’à dix-huit ou dix-neufs ans !
Savoir le noms des
départements, les préfectures et les sous-préfectures, le noms des
fleuves et de leurs affluents, fondamental autrefois ne sont pas d’un
grand intérêt pour qui sait lire une carte ... sur son smartphone !
Les élèves qui
réussissaient le brevet d’autrefois faisaient déjà partie d’une
élite ayant eu accès au vu de leurs résultats à l’enseignement
secondaire. ce qui suppose aussi un milieu familial ayant conscience
de l’importance des études pour devenir employé « peinard »
et non ouvrier à la dure peine
Autrefois, tous
les enseignants corrigeaient les devoirs, et vérifiaient les cahiers
de leurs élèves...
C’est encore faux
!!! J’ai la chance de disposer de la feuille d’un cahier d’élève
datant de 1883 qui a été conservée ... pour y faire des comptes
bien plus tard.
Le garçon qui
tenait ce cahier a été premier du canton au certificat d’études
l’année suivante, ce qui n’était pas donné à tout le monde. Eh
bien, cette feuille de cahier est émaillée de fautes d’orthographe
(y compris en copiant la leçon de morale) ... qui n’ont pas été
corrigée par le maître !
Je regrette beaucoup
de ne pas pouvoir vous en envoyer une télécopie ...