@Jonas
Les motifs ou les prétextes religieux n’ont pas le monopole du cœur, ni de l’horreur. Mais alors vous trouverez d’autres systèmes, d’autres totalitarismes à l’œuvre. Je pense bien sûr au nazisme et au soviétique, mais aussi à Pol Pot rêvant de faire émerger un homme nouveau, après les pogroms et les tueries nécessaire. Comme vous le dites bien d’ailleurs. Quand la machine folle de la mort est lancée, alors les exactions répondent aux exactions. Les horreurs que vous citez, ont été faites par les deux camps, dans les guerres de Vendée, mais infiniment plus des républicains, dont à Nantes, la mémoire des péniches des mariés de la mort persiste.... La répression des soldats du roi contre la révolte du papier timbré, en 1675 évoque des faits similaires en horreur à ceux de la guerre de 30 ans. A Rennes, les enfants étaient mis sur des broches par la soldatesque...Des faits si atroces que les archives furent détruites. Cela fait écho à l’effondrement du reich, avec une mémoire si honteuse, qu’il s’agissait de nier les faits envers et contre tout, et de détruire les preuves. Qui étudie un peu l’histoire de France est ébranlé par le déroulement d’horreurs sans nom, très répétitives..Du massacre de toute la population à Béziers par Simon de Monfort, disant à ses hommes : « Tuez les tous ! Dieu reconnaitra les siens...La religion encore semble catalyser la fureur, la bétise, le sadisme, et déculpabiliser de ses actions, l’homme devenant un chainon utile, une sorte de héros de la civilisation en devenir. Comme encore dans le nazisme, qui reprend les même thèmes purificateurs. Annah Arendt a bien analysé cette forclusion de la culpabilité, par les auteurs de crimes, dans »Eichman à Jérusalem", relevant comment l’horreur devenait permise et pouvait être vue par leurs auteurs comme une entreprise rédemptrice, pourvu que les auteurs changent leurs éléments de langage. Quand vous ne tuez plus des malades, mais que vous euthanasiez des bouches inutiles, et débiles, vous devenez un héros.
Les taches telles que les guerres de Vendée, par contre ne sont pas uniques, en terme de répressions aberrantes. On les trouve dans les guerres contre le catharisme, et les guerres de religion de façon générale. Ce qui différencie les guerres de Vendée, c’est qu’elles se passent dans un climat particulier, où la France est entourée de forces hostiles, qui veulent lui faire la peau, et remettre la famille royale sur le trône, la révolution française ayant été vécu comme un trauma par les nobles en Europe. Le roi d’Autriche avait menacé par exemple de marcher sur Paris et de passer toute la population au fil de l’épée. Il ne s’agit pas d’excuser les pogroms, et des criminels comme Carrier, commissaire de la république à Nantes, mais de les remettre dans un contexte particulier, où ce genre de personnalité pouvait sévir, sans guère de contrôle. Si la république fit des horreurs, la tendance à forcer le trait, en n’oubliant le contexte est fréquent. Ainsi la terreur, avec ses moins de 20 000 morts, bien loin des pogroms de la seconde guerre mondiale...