Le lien entre la dynamique globale des groupes d’animaux et
le comportement des individus qui le composent est une question à laquelle n’échappe
pas sapiens sapiens (qui s’est auto-proclamé « sage »).
Dans un banc
de poissons ou une volée d’étourneaux, le changement de direction d’un ou
plusieurs individus conduit le plus souvent à un changement de trajectoire de
l’ensemble du groupe. Chez les moutons, on observe une alternance entre des
comportements de dispersion lente et de regroupement rapide. Or, le déplacement
rapide d’un mouton vers ses congénères déclenche une réponse en cascade d’un
sous-ensemble du troupeau. Le mouton se déplace rapidement vers le centre du
groupe et entraîne ses voisins dans son sillage. Le troupeau se regroupe ensuite
rapidement.
Ce comportement d’imitation permet de minimiser le temps de
regroupement en cas de danger tout en « maximisant » la surface broutée par
les animaux pendant la phase d’expansion (ce qui limite la compétition pour les
ressources entre les individus). Le but inconscient de l’espèce est d’être le
plus réactif possible en cas de danger, pour manger sans être mangé.
Le problème de sapiens sapiens, c’est que, même si le regard de certains de ses représentants peut le laisser penser, ce n’est pas un ovin, il n’est pas herbivore, il ne broute pas et ses prédateurs
sont ses congénères. Du coup, ce comportement atavique est contre-productif, sinon suicidaire.