On peut trouver sympathique l’initiative de Michel Onfray,
l’édition de son magazine « Front Populaire » mais on
est bien contraint de constater qu’elle plaît surtout aux milieux
d’Extrême-droite et ce compagnonnage mérite qu’on s’attache à
en trouver les causes.
On doit bien
constater qu’Onfray a fait un virage à 180 degrés s’imprégnant
de la vague anti-islam qui sert d’exutoire à certains pour
manifester leur incompréhension du monde ( c’est assez curieux de prétendre combattre le communaurisme en l’occurrence musulman sans prendre le temps d’en analyser les causes et d’en déterminer les premiers responsables, ceux qu’on ne veut pas nommer car alors la honte s’abattrait sur nous-mêmes )
Nul doute que ses prises
de position somme toute récentes et qui contredisent certains de ses
jugements passés aient des répercussions sonnantes et trébuchantes
pour la viabilité de sa revue, c’est le moins qu’on puisse lui
souhaiter.
Un nouveau lieu d’échanges est toujours un bienfait de
la providence même si l’on peut craindre de voir s’y étaler les
mêmes jugements approximatifs que l’on voit fleurir un peu
partout.
Mais loin de moi l’idée de dénier à Onfray le
droit de changer d’avis quand on a été comme lui, semble-t-il,
dans l’erreur mais rien non plus n’est plus dangereux que les
nouveaux convertis obligés à la surenchère permanente.
Il sera au demeurant
instructif de mesurer au-delà de l’emballement des premiers temps
l’impact réel de cette initiative sur un plan politique :
va-t-elle bousculer la hiérarchie actuelle des valeurs ( même si ce
mot s’adapte mal à des personnalités comme Macron ou Le Pen ) et
faire surgir de nouvelles figures que certains appellent de leurs
vœux
comme le général de Villiers dont le nom est souvent cité pour
rameuter la nation et à qui je prédis, s’il se laissait attirer
dans ce guêpier, un destin aussi cocasse que celui du général
Boulanger ?
N’est pas De
Gaulle qui veut et s’être opposé à Macron ( peut-être pour de
bonnes raisons ) ne fait pas de vous un homme d’état comme le fait
de lancer sa revue le 18 juin a sans doute une charge symbolique mais
ne fait pas de Onfray un acteur déterminant du nouveau monde qui
tarde à naître mais est plus nécessaire que jamais.
Ce courant aura peut-être
pendant un certain temps les couleurs et l’odeur du souverainisme
mais il ne sera jamais qu’un succédané maladroit de cette doctrine
dépassée par les réalités avec lesquelles de gré ou de force
nous sommes conviés à vivre parce que c’est l’évolution du
monde contre laquelle on ne peut rien mais que l’on doit
s’efforcer de rendre supportable.