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Commentaire de C BARRATIER

sur La guerre scolaire : les Rouges contre les Chouans


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 C BARRATIER C BARRATIER 25 mars 18:28

On ne parlait pas de chouans dans mon Ardèche natale où je fus instituteur. Le curé n’était pas méchant, mais prêchait contre l’école du diable !J’avais le soutien des parents d’élèves, mon épouse et moi ne sommes jamais allés à l’église que pour les enterrements. On nous surveillait. L’école catholique perdit des élèves devant le succès des miens au certificat d’études (une seule classe dans la commune, donc la classe unique, mixte). Et puis nous avions le soutien de la Fédération des Oeuvres laïques..qui me prêta un projecteur de films 16mm que nous faisions venir en franchise postale. Le samedi soir, la salle de classe devenait salle de cinéma. Des parents d’élèves de l’école privée du village voisin venaient car à l’époque il n’y avait pas la télévision, et voir de grands films (« Madame Miniver, la symphonie pastorale, la valse dans l’ombre... ») était extraordinaire, la plupart des spectateurs n’étaient jamais allés au cinéma.J’utilisais aussi le projecteur pour des films scolaires correspondant aux programmes. Après le film, nous dansions, un habitant avait un accordéon. C’est avec les gens du pays que j’appris la bourrée et la mazurka !

Nous avions une coopérative scolaire, et les entrées au cinéma très bon marché, la vente de bonbons et caramels, la kermesse en juin, nous permirent d’aller avec deux école voisines à Paris avec un petit autocar, le réseau des Fédérations des Oeuvres laïques nous permettait un hébergement très bon marché. Ce qui émerveilla les plus jeunes ce fut l’achat dans la rue de glaces ! 3 jours à Paris, le musée de l’homme impressionnant, Vincennes et l’immense ménagerie, le Trocadéro avec la Tour Eiffel et surtout l’aquarium avec même un requin ! Dans nos ruisseaux ardéchois il n’y avait que les truites (en abondance).

Nous parrainions (toujours par les bonnes adresses de la FOL) une école en Vendée(correspondance scolaire, les élèves des deux écoles s’envoyaient, groupées, des lettres et des dessins). Nous avions pu « subventionner » cette école vendéenne, à classe unique comme la notre.

Voilà comment les élèves sont venus à l’école communale publique de plus en plus nombreux.


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