@Hervé Hum
Ce que vous dîtes est très juste. S’il n’y a pas de débat
contradictoire, il n’y a pas de débat.
Quant à « il ne
pourrait pas y avoir de divergences allant jusqu’à s’entretuer au sein
d’une même religion, alors même qu’il me semble qu’il est clairement écrit dans
le Coran qu’il est interdit de tuer un autre croyant. »
Bien sûr, cela peut
aller jusqu’à s’entretuer, mais pour les êtres restés encore moyenâgeux ne
voulant qu’eux aient raison. Et cela fait partie de la nature humaine qui n’est
pas évolutive par elle-même mais par la force des choses qui viennent changer
sa nature.
Pour que vous ayez une
idée, prenez les Chrétiens d’antan, ils utilisaient le bûcher pour
brûler ceux qui osent remettre en question l’ordre clérical de l’Église. Il a
fallu les événements historiques pendant des siècles pour que cet ordre disparaisse.
De même l’ordre des rois de France, la peine capitale par pendaison, décapitation,
etc., a suivi jusqu’au XXe siècle où dans de nombreux pays chrétiens, cette
peine a été abolie. Donc il y a le progrès historique et celui-ci vient aussi
des causes finales.
N’oublions pas que nous
sommes humains et animaux au même titre que des animaux. L’être humain peut tuer
pour ses intérêts, et s’il ne tue pas c’est qu’il est empêché par des lois.
Venons aux Musulmans, les
autorités des pays souvent utilisent le Coran, et prêchent des peines de 14
siècles pour imposer leur pouvoir. Par exemple, la décapitation, la
lapidation, etc., alors que le contexte ne peut s’appliquer aujourd’hui. Sinon
comment expliquer que les islamistes prônent de se conformer à la lettre de l’islam,
et d’autres pays musulmans n’appliquent pas la décapitation, la main coupé, etc.
D’ailleurs, rares sont les pays qui l’appliquent.
Et là encore c’est en
rapport avec les causes finales. Le problème n’est pas que les pays
musulmans sont encore arriérés et appliquent des peines dépassées par l’histoire
pour rester au pouvoir, mais parce qu’ils sont utiles à la marche de l’histoire.
Ce ne sont pas les
pouvoirs musulmans qui sont coupables et donc fautifs en restant dans cet état
de fait dépassé, mais parce qu’ils doivent l’être, et ils sont nécessaires aux causes
finales.
Comme je vous l’ai dit,
nous ne commandons pas notre destinée. Nous sommes causés, tant en corps qu’en
esprit. Nous ne nous commandons pas. On croit qu’on se commande, mais dans la
vraie réalité, une réalité qui nous transcende, nous ne sommes pas nous, on
croit être seulement nous. Et nous faisons sans prendre conscience que nous
sommes régis par des causes finales.
Et c’est la raison pour
laquelle je vous ai dit que le principe de causalité est insuffisant pour
expliquer tout ce qui a trait aux événements causaux et à leurs effets sui
generis.
Je vous donne un seul
exemple et celui-ci a cours aujourd’hui. En Afghanistan, les Talibans sont
aujourd’hui victorieux, ils ont mis pour ainsi dire en déroute la plus grande
armée du monde. Évidemment, ils n’ont pas vaincu l’armée américaine pour la
raison très simple : si les États-Unis avaient voulu effacer de la carte l’Afghanistan,
ils l’auraient fait dans moins d’une heure.
Mais une telle option n’est pas possible, et vous comprenez pourquoi.
Mais il demrure que les forces américaines ont été humiliés par une armée de
talibans, en fait de ruraux s’appuyant sur le Coran, et l’application de l’Islam.
Mais, dans le processus
causal, il ne faut pas penser que ce qui arrive est en fait une victoire sur
les États-Unis, et que cette victoire est tout pour les Talibans. En réalité, l’état
des Talibans tels qu’ils sont, d’origine rurale, radicalisée, prônant l’Islam
pur et dur est nécessaire à la marche de l’humanité.
Pendant près de 20 ans,
les États-Unis n’ont pas cessé de bombarder le peuple afghan tuant par milliers
des innocents (enfants, femmes, vieillards, hommes…). Est-ce- juste ? Non,
bien sûr. Mais les États-Unis sont venus en Afghanistan pour leurs intérêts, et
ce pays est une sorte de rempart contre la Chine. Et cela sous-entend les
gisements de pétrole et le pétrodollar.
Mais il y a les causes
finales, l’Amérique a trouvé chez une petite frange de la société afghane un
repoussoir, les Talibans, à leurs stratégies. Et les Talibans ont réussi. En
fait ce ne sont pas eux qui ont réussi, mais la marche de l’histoire qui relève
en tout point aux causes finales.
Mais si les Talibans
ont réussi, aujourd’hui, ils sont déjà confrontés à un combat qui va
inévitablement montrer que les Causes finales vont encore les surprendre. Les Talibans,
par leurs excès moyenâgeux, sont nécessaires aux causes finales dans le sens qu’ils
vont déteindre négativement sur tous les régimes musulmans radicaux. Le progrès
est inévitable pour l’ensemble des peuples du monde. On ne peut pas museler les
peuples par n’importe quel pouvoir qu’il vient du dogme religieux ou idéologique.
Toute religion prône la lutte contre le mal, mais pour les pouvoirs humains,
le premier objectif est de perdurer dans le pouvoir, mais c’est oublier les causes
finales qui sont là. Et par elles que l’histoire de l’humanité est en marche.
Et elle l’est depuis la nuit des temps.
Voilà, je vous ai donné
un petit aperçu sur les causes finales qui transcendent le principe de
causalité. Ce principe pris seul n’apporte que ce qui est sans pour autant voir
la suite et l’avant de la suite. J’espère que vous comprenez ce processus
universel, Hervé.