l’émotion ?
Petit cours de manipulation :
L’émotion est une composante de
l’espèce humaine qui nourrit le caractère factice des sociétés,
et plusieurs techniques de manipulation exploitent l’affect produit
pour contrôler des individus ou des groupes en paralysant leur
réflexion et neutraliser leur esprit critique pour les pousser à
réagir sous l’impulsion émotive plutôt que de raisonner et
d’agir devant une situation.
La « stratégie de l’émotion »
est employée pour établir un canal qui oblige la personne à
dépendre de l’influence exercée sur son inconscient, et dans ce
but, toutes les émotions sont bonnes à éveiller tant qu’elles
contribuent devant des situations à maintenir l’individu ou la
masse dans une « passivité réflexive ».
L’objectif est de s’opposer à ce
que les autres se fassent leur propre conception de la réalité. Il
faut les empêcher de mener des analyses critiques dénuées de toute
émotivité sur les faits. C’est une technique très utilisée dans
les domaines où les notions de liberté de choisir, liberté de
penser ou le libre arbitre sont des enjeux cruciaux, à savoir la
politique et le marketing.
En ce qui concerne la gestion des
affaires d’une « communauté », la stratégie de l’émotion
représente une arme utilisée aussi bien par les gouvernants que par
leurs détracteurs. Elle est mise à l’œuvre pour les projets de
formatage de la pensée populaire. Les acteurs politiques sont les
plus conscients de la facilité à obtenir une réaction voulue d’un
individu en jouant sur son affectivité.
Les médias dont les réseaux sociaux
représentent la dernière forme, mais non la moindre, sont utilisés
pour faire écran sur les questions de gestion et de gouvernance pour
plonger la masse dans une grande marée émotive. C’est aussi un
moyen pour éloigner les regards du peuple de l’incapacité
éventuelle des acteurs du système. Dans un système politique
présenté comme « démocratique », la stratégie de
l’émotion (qui intègre la fabrication de la peur) représente la
seule ressource pour venir à bout de l’esprit de révolte et
éviter toute perturbation due aux analyses critiques poussées. Le
vote « barrage » en fait partie.
Les politiciens font en sorte que la
population ne manque pas de sa dose d’émotivité pour qu’elle ne
vienne pas fourrer son nez dans leurs affaires.
En marketing, l’émotion est utilisée
par la publicité pour assurer la promotion du produit non pas sur
une présentation pragmatique, mais affective positive (joie,
bonheur, paix…) ou négative (peur, tristesse, chagrin…) La vente
est une affaire d’émotion. Il suffit de connaître le besoin
émotionnel du consommateur et le tour est joué. Encore faut-il
disposer d’un minimum de discernement.
Avec les nouvelles technologies, une
publicité émotionnelle peut toucher des centaines de personnes en
quelques heures et générer des ventes. Les réseaux sociaux sont en
passe de devenir le média le plus efficace. Même si la télévision
reste le leader du marché.
Côté politiciens, c’est la composante
« peur » qui est le levier le plus important en dramatisant
une situation afin de se proposer comme celui qui détient la
solution.
Dans tous les cas, l’humain se
retrouve dans un état très peu éloigné de celui d’un animal
conditionné : il se retrouve inconsciemment privé de ses facultés
réflexives, tel un zombie pour ses bourreaux.