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Commentaire de Luniterre

sur Dans quelle cohérence allons-nous vivre ?


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Luniterre Luniterre 6 février 2025 12:08

@Marc Dugois @Hervé Hum

Les bases élémentaires, suite (4/4) :

En décrivant le processus de formation de la plus-value, Marx distingue donc les deux formes essentielles que prend le capital, au cours de ce processus, et au cours du développement du capitalisme industriel, en général.

Ce sont d’une part, la masse salariale, qui constitue le capital variable, et de l’autre le capital fixe, constitué essentiellement par les moyens techniques matériels de la production, et principalement, les machines.

Et de plus, pour Marx, donc, n’est productive de plus-value que la masse des salaires directement engagés dans le processus productif industriel. Il n’exclut pas que d’autres secteurs d’activité puissent être rentabilisés en termes de plus-value, mais il est clair que pour son époque ce phénomène est tout à fait marginal et peu significatif en termes d’expansion du capital proprement dite.

Ce qui est déjà évident à son époque, également, c’est que les phases d’expansion de la société industrielle moderne sont nécessairement très inégales selon les pays et les régions du monde.

Ce qui amène à une double constatation, concernant la capacité du capital à compenser la baisse tendancielle du taux de profit.

D’une part, il s’agit d’exporter les capitaux vers les pays où le développement industriel n’a pas encore atteint son optimum en termes d’extraction de plus-value, et d’autre part, de tenter de rentabiliser les nouveaux secteurs d’activité qui apparaissent avec la tertiarisation des sociétés sur le déclin, en termes de développement industriel, et qui se transforment donc essentiellement en sociétés de services.

Mais la tendance à l’automatisation et à la robotisation de la production, qui contracte la plus-value industrielle, se reproduit également dans les services.

De sorte que le cycle de contraction de la masse de plus-value extraite, en proportion de la masse du capital investi, s’il peut être freiné, ne peut pas être arrêté ni réellement contrecarré.

C’est donc l’ensemble des sociétés industrielles modernes qui suivent ce cycle d’industrialisation-tertiarisation.

Pour autant, cela n’arrête donc en rien le développement des forces productives, ni leur développement technologique vers toujours plus d’automatisation et de robotisation.

Avec le développement technologique des forces productives modernes, ce qui continue à croître, c’est donc essentiellement la masse du capital fixe. Elle croît donc en masse absolue, et aussi et surtout, en vitesse de renouvellement, contrainte par la vitesse de renouvellement des technologies productives modernes.

Or de cette masse de capital fixe n’est donc pas extraite une seule goutte de plus-value. Pour autant, c’est bien de l’expansion continue de cette masse, et même, de façon encore bien plus déterminante, de la vitesse de son renouvellement, que dépend le contrôle des marchés, sans lequel la domination du capital n’existe pas.

Telle est la première différence essentielle entre l’époque de Marx et la nôtre.

Les quatre autres à suivre sur Ciel de France :

« Cinq différences essentielles entre l’époque de Marx et la nôtre »

http://cieldefrance.eklablog.com/cinq-differences-essentielles-entre-l-epoque-de-marx-et-la-notre-a214412243 

Luniterre


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