Dans la tête de Vladimir Poutine
Petit coup de chatGPT sur l’auteur de « Dans la tête de
VP ».
Michel Eltchaninoff, petit-fils d’un pope orthodoxe
théologien, normalien, agrégé/docteur en philosophie, est le fils d’un militant
antisoviétique radical (très déterminé et courageux, ayant transmis lui-même toute
sorte de littérature religieuse en URSS) aujourd’hui disparu.
Michel Elltchaninoff est frère d’une cardiologue réputée et primée (Hélène
Eltchaninoff) et d’une ingénieure générale (sacrée fratrie de 7 enfants,
parfaitement intégrée en France, 3ème génération, tout en gardant un lien fort avec la Russie, la
langue principalement).
Michel Eltchaninoff est l’un des rares connaisseur français des
philosophes russes. Il étudie dans son bouquin « Dans la tête de VP » leur
influence sur la pensée de Poutine. De ce fait, il est souvent sollicité par la
TV.
Sa position est radicalement pro-ukrainienne et occidentatliste
d’une façon générale, qu’il parvient à dissimuler dans cette interview en
prenant de la hauteur savante « philosophique ». Dans la scission
occidentaliste/slavopjhiles, il est clairement du côté occidentaliste contre « l’obscurité »
slavophile antimondialiste, antioccidentale et un rien fascisante (VP est
nettement slavophile), ce qui ne l’empêche pas d’être un peu spécialisé sur
Dostoïevsky (cf. ses conférences sur le grand Fedor, plutôt slavophile lui).
Il appartient à cette branche de l’immigration russe en France
(3ème génération) pour qui la Russie est l’éternelle victime
(victimation très mode chez nous). Victime de l’URSS d’abord puis victime de
Poutine aujourd’hui. Rattachée au
Patriarcat de Constantinople (comme la nouvelle église ukrainienne-OTAN), son
église est radicalement opposée au Patriarcat de Moscou, dite proche du FSB.
Que penser de son interview à « la vie des idées »
(Collège de France) ? La question posée est : Poutine a-t-il une
doctrine, au-delà de la nostalgie de la puissance passée de l’Empire (de l’Urss). Question pertinente.
La première réponse de ME est très bien, factuelle, sans les
chichis poutinophobes habituels. La description de l’évolution conservatrice et
anti-occidentale de Poutine est correcte (sans bien sûr évoquer le rôle de l’Occident
dans cette évolution, ce ne serait pas politiquement correct). Le néo-slavophilisme de VP est bien vu.
Ses digressions sur l’unité/diversité de la Fédération de Russie,
puissance eurasiatique multiculturelle, et de l’option verticale du pouvoir
choisie par Poutine est assez juste. Les forces centripètes/centrifuges s’opposent
dans la Fédération russe, depuis longtemps (Tolstoï en Tchétchénie). Son
jugement sur l’Europe décadente, un peu sataniste (la modernité), qui disparaît,
qui s’est perdue, lui appartient.
Cette interview, qui date de 2015, s’interroge à la fin sur
la solidité du soutien des Russes à la politique de Poutine, vu les
conséquences économiques. La réponse, on la connaît : dix ans plus tard,
on en est au 19ème paquet de sanctions, et la Russie avance en
Ukraine avec le soutien des Russes.
Mais dans l’ensemble, cet article bien documenté et honnête,
décrit assez bien la réalité. A ma grande surprise car je croyais ME violemment
antipoutine, ce qui ne ressort pas aussi clairement dans cette interview. La réponse à la 1ère question est claire : oui, Poutine a une idéologie qui n’est pas que la nostalgie de la puissance passée. Son idéologie, c’est d’abord la russité, la patrie.
Pour ce qui me concerne, c’est assez simple : on (l’oligarchie,
mais pas que) essaye de faire disparaître la France (la noyer dans l’UE, dans
la mondialisation, l’immigration, la course aux valeurs destructrices de la
société …). Poutine au contraire cherche à promouvoir la Russie et ses valeurs
ancestrales, traditionnelles, nationales.
Ce choc entre les « fascistes » et les « modernistes
satanistes mondialistes » se déroule actuellement aux USA ( meurtre de
Kirk). Dans quel sens va tourner l’Europe ? Va-t-elle suivre les USA (et
donc Poutine) ? Ce serait amusant. Bardella en néo-Poutine (mêmes origines hors de la classe dominante, même soutien populaire).