@Dzan
Bonjour Dzan,
Votre remarque est pertinente, parce qu’elle touche un vrai problème :
on a tellement délocalisé que certains produits n’existent plus du tout en France.
Mais justement, la taxation des petits colis n’a pas pour but de “punir” un pays ou un vendeur :
elle vise à restaurer un minimum de loyauté dans une situation devenue absurde.
Je vous réponds point par point :
1. “Bezos ne sera pas sanctionné” → Faux : Amazon est directement concerné
Amazon France, Amazon Logistics, Amazon EU…
Toutes leurs importations sont déclarées en douane.
Donc :
-
les colis envoyés depuis l’étranger sont taxés,
-
les produits expédiés par des vendeurs non-UE via Amazon sont taxés,
-
Amazon doit payer la contribution importatrice quand ses volumes dépassent 5 % de son CA (ce qui est le cas partout).
C’est l’un des rares dispositifs qui touche à la fois :
✔ les petits vendeurs étrangers,
✔ les plateformes mondiales,
✔ et les grandes enseignes françaises si elles importent à outrance.
**2. “Certains produits ne sont fabriqués que là-bas.”
Exact — mais le but n’est pas d’interdire l’importation.**
Pour les produits non fabriqués en France, le Plan Dubois prévoit une exemption totale.
Exemples :
– café, cacao, thé, avocats,
– électronique spécialisée,
– textiles très techniques,
– certains jouets,
– métaux rares.
👉 Ils ne sont pas taxés, car il serait absurde de taxer ce que nous ne produisons pas.
La taxe ne s’applique que là où il existe une concurrence directe injuste.
**3. “Ou alors mettre les salariés français au même salaire que les asiatiques.”
Justement : NON.**
Le but n’est pas de baisser les salaires en France.
Le but est que les produits importés reflètent enfin leur coût réel :
-
coût écologique,
-
coût social,
-
coût logistique,
-
coût carbone,
-
coût de dumping.
Aujourd’hui, un produit étranger arrive en France à un prix artificiellement bas, uniquement parce que :
-
pas les mêmes normes,
-
pas les mêmes lois sociales,
-
pas les mêmes contraintes,
-
aucune taxe sur les externalités.
Résultat :
nos producteurs ferment, et nous devenons dépendants.
La taxe Dubois fait exactement l’inverse :
👉 elle stoppe la destruction du tissu productif,
👉 elle ne touche pas le consommateur,
👉 elle redistribue 100 % aux producteurs français.
**4. “Ça ne changera rien, tout est délocalisé.”
Si. Dès qu’on arrête la concurrence déloyale, la relocalisation redevient rentable.**
Aujourd’hui, un producteur français peut être compétitif si :
-
l’importation concurrente prend +8 % à l’entrée,
-
+2 % si empreinte carbone excessive,
-
-
→ À ce moment-là, le produit français reprend de la place en rayon.
→ Et quand les volumes reviennent, les usines rouvrent.
→ Et quand les usines rouvrent, les prix baissent.
C’est exactement ce qu’ont fait :
– les USA avec les semi-conducteurs,
– l’Allemagne avec l’industrie lourde,
– la Corée du Sud avec l’acier,
– et la Chine avec tout.
Aucun pays ne se réindustrialise sans protection intelligente.
Conclusion
La taxe sur les petits colis n’est pas une punition.
C’est une remise à niveau :
-
le consommateur ne paie pas plus,
-
les entreprises qui délocalisent paient leur vraie facture,
-
les producteurs français sont enfin soutenus,
-
et la relocalisation devient possible… sans appauvrir les Français.
C’est l’un des piliers du Plan Dubois :
rendre la mondialisation loyale, sans punir les ménages ni casser le pouvoir d’achat.