• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Fiscalité du juste effort : comment le Plan Dubois rapporte 25 milliards (...)

Fiscalité du juste effort : comment le Plan Dubois rapporte 25 milliards d’euros par an à la France sans pénaliser les Français

Les nouvelles contributions du Plan Dubois — sur les commandes en ligne, les importations à bas coût et les profits étrangers — rapportent près de 25 milliards d’euros par an à la France. Ces mesures ne pèsent ni sur les ménages, ni sur les entreprises nationales : elles rétablissent simplement la loyauté économique en faisant contribuer ceux qui profitaient du pays sans y participer..

 

Contribution et Ajustement de Compétitivité

Pour une économie équitable, numérique et souveraine

I. Contexte et objectifs

La mondialisation et le commerce en ligne ont profondément modifié la structure de la production et de la consommation.
Deux phénomènes majeurs déséquilibrent aujourd’hui notre économie :

  1. La dématérialisation du commerce (achats en ligne) échappe en grande partie aux mécanismes fiscaux classiques.

  2. La concurrence extra-européenne fondée sur des coûts de fabrication anormalement faibles fragilise nos filières industrielles.

Afin de rétablir la justice fiscale et la loyauté économique, deux contributions complémentaires sont proposées :

  • Une Contribution sur les Commandes en Ligne (CCL) pour financer la transition numérique et sociale.

  • Un Ajustement de Compétitivité aux Frontières (ACF) pour protéger la production française et européenne.

II. La Contribution sur les Commandes en Ligne (CCL)

1. Principe

La CCL frappe à 1 % toutes les ventes de biens et services commandés via Internet, quel que soit le lieu du vendeur, à l’exception :

  • des produits essentiels (alimentation, santé, éducation) ;

  • des micro-vendeurs (CA e-commerce < 50 000 € / an).

La taxe est collectée au moment du paiement par les prestataires de services de paiement (PSP) et reversée mensuellement à l’administration fiscale.

2. Objectifs

  • Restaurer l’équité entre commerce en ligne et commerce de proximité.

  • Financer les infrastructures publiques locales et la transition numérique.

  • Soutenir l’emploi et la formation dans les territoires.
     

3. Chiffrage

Indicateur

Valeur 2024

Hypothèse

Résultat

Chiffre d’affaires e-commerce France

160 Md€

– 20 % exonérations

128 Md€ taxable

Taux de CCL

1 %

 

1,28 Md€ / an

4. Répartition des recettes

Affectation

%

Montant annuel estimé

Fonds infrastructures locales et transports

50 %

640 M€

Chèque numérique / inclusion sociale

30 %

384 M€

Formation et reconversion professionnelle

20 %

256 M€

Total annuel

100 %

≈ 1,28 Md€

5. Variante micro-colis

Les colis importés hors UE de faible valeur (0 à 150 €) sont soumis à une taxe forfaitaire simplifiée :

Valeur du colis

Taxe unitaire

Mode de collecte

0 – 10 €

0,10 €

prélèvement au paiement

10 – 30 €

0,50 €

idem

30 – 100 €

1,00 €

idem

100 – 150 €

2,00 €

idem

Recettes estimées : 450 millions de colis × 0,50 € ≈ 225 millions € / an
→ Recettes totales CCL élargie : ≈ 1,5 milliard €/an

III. L’Ajustement de Compétitivité aux Frontières (ACF)

1. Principe

L’ACF est une taxe modulable appliquée aux produits fabriqués hors Union européenne et en concurrence directe avec la production française.
Elle corrige les différences de coût de fabrication liées aux normes sociales et environnementales.

Formule :
ACF = α × (CR_UE – C_imp)
avec

  • CR_UE = coût de fabrication médian en UE,

  • C_imp = coût de fabrication estimé du produit importé,

  • α = 70 % (part d’ajustement), plafonné à 20 % du prix importé.

2. Champ d’application

Produits concernés : textile, électroménager, mobilier, outillage, mécanique, automobile, etc.
Produits exclus : biens médicaux, équipements éducatifs, pays les moins avancés (PMA).

3. Collecte

  • Application automatique par les douanes au moment du dédouanement.

  • Intégration aux systèmes Delta G / ICS2.

  • Transparence publique des taux par code douanier.
     

4. Chiffrage

Étape

Base estimée

Taux effectif moyen

Recettes

Importations manufacturées hors UE

250 Md€

   

Part “en concurrence directe”

100 Md€

   

Couverture réelle (exemptions, plafond)

80 Md€

15 %

12 Md€ / an

Scénario prudent (évitement + PMA)

56 Md€

15 %

8,4 Md€ / an

Fourchette de rendement annuel : 8 à 12 milliards €.

5. Affectation proposée

Destination

%

Montant estimé

Fonds de modernisation industrielle

50 %

4 à 6 Md€

Réduction ciblée des charges de production

30 %

2,5 à 3,5 Md€

Recherche, innovation, formation

20 %

1,5 à 2,5 Md€

Total

100 %

8 – 12 Md€

6. Impacts macroéconomiques

Indicateur

Variation estimée

Commentaire

Coût des importations ciblées

+5 à +8 %

inflation globale +0,1 pt

Emplois industriels sauvegardés / recréés

+50 000 à +80 000

sur 5 ans

Recettes budgétaires nouvelles

+8 à +12 Md€

structurelles

Impact conso moyenne

neutre

produits essentiels exclus

IV. Résumé global

Taxe

Base taxable

Taux moyen

Recettes nettes / an

Objectif

CCL (commandes en ligne)

128 Md€

1 %

1,3 Md€

Financer infrastructures et inclusion numérique

CCL micro-colis

450 M colis

0,5 €/colis

0,2–0,3 Md€

Équité logistique / e-commerce étranger

ACF (ajustement frontières)

80–100 Md€

15 %

8–12 Md€

Protection industrielle / compétitivité

Total combiné

   

≈ 10 Md€ / an

Auto-financement partiel du Rapport Dubois

V. Philosophie du dispositif

Ces deux taxes ne sont pas des sanctions : ce sont des instruments d’équité.

  • La CCL responsabilise le numérique : “chaque clic doit contribuer”.

  • L’ACF rétablit la loyauté mondiale : “aucun produit ne doit tuer un emploi français pour des raisons de dumping social”.

Elles traduisent la morale économique du Rapport Dubois :

La France n’a pas vocation à se fermer, mais à se défendre loyalement.
Le commerce doit redevenir un échange juste, non une course à la baisse des coûts.

VI. Projection sur 10 ans

Année

Recettes cumulées (Md€)

Emplois industriels protégés

Part du PIB soutenue

2026

10,5

50 000

+0,1 %

2028

21,0

60 000

+0,2 %

2030

31,5

70 000

+0,25 %

2035

52,0

80 000

+0,3 %

Cumul 10 ans : 100 milliards € de recettes nouvelles,
réinjectées dans l’emploi, la formation et la modernisation industrielle.

Conclusion

La combinaison CCL + ACF constitue un pilier financier et moral du Rapport Dubois.
Elle incarne la France du juste effort : chaque transaction contribue, chaque produit importé doit refléter son vrai coût.
Ce système permet de réconcilier le numérique et l’industrie, le consommateur et le producteur, le local et le global.

2. Levier de rentrée économique réelle pour le pays

1. Objectif : que chaque euro prélevé fasse revenir 3 à 5 € dans l’économie française

Le rendement fiscal direct (≈ 10 milliards €/an) est important,
mais le vrai gain vient du rééquilibrage des flux commerciaux et du réinvestissement ciblé.

Chaque taxe agit sur une fuite différente :

  • la CCL agit sur la fuite numérique (importations dématérialisées et logistique étrangère) ;

  • l’ACF agit sur la fuite industrielle (importations physiques sous-coûtées).

2. Effet retour de la CCL (commerce en ligne)

a) Rééquilibrage du commerce local

  • Aujourd’hui, environ 25 % des achats en ligne en France proviennent de plateformes étrangères.

  • Le prélèvement de 1 % (≈ 1,3 Md €) augmente le coût marginal de ces plateformes sans affecter le commerce français.

  • Résultat attendu : 1 à 1,5 point de transfert du commerce étranger vers le commerce national → +1,6 Md € d’activité locale.

b) Réinvestissement public

Sur 1,3 Md € de recettes :

  • 50 % réinvestis dans les infrastructures locales → effet multiplicateur public moyen 1,8 → +1,2 Md € de PIB.

  • 30 % (chèques numériques, inclusion) → stimule la demande intérieure : +0,3 Md €.

→ Total effet “rentrée France” : environ 3 milliards €/an, soit plus du double des recettes.

3. Effet retour de l’ACF (industrie et production)

a) Substitution importations / production nationale

Les importations ciblées (≈ 100 Md €) deviennent 5–8 % plus chères.
→ Si seulement 10 % de ces volumes se substituent à des productions françaises ou européennes,
cela représente 10 Md € de chiffre d’affaires industriel rapatrié.
Avec un taux de valeur ajoutée moyen de 40 %, cela crée 4 Md € de PIB supplémentaire et environ 60 000 emplois directs.

b) Réinvestissement des recettes

8–12 Md € de recettes ACF, dont :

  • 50 % (fonds modernisation industrielle) → effet multiplicateur estimé : 1,6 → +6 à 10 Md € de PIB.

  • 30 % (baisse de charges) → compétitivité accrue des entreprises françaises : +3 Md € de marges réinvesties.

  • 20 % (formation/innovation) → effets différés, mais +0,5 à 1 Md € de gain annuel de productivité.

→ Total effet “rentrée France” : environ 12 à 15 milliards €/an.

4. Synthèse des retombées économiques

Dispositif

Recettes fiscales (Md €)

Rentrée économique nette (Md €)

Emplois créés / préservés

CCL (e-commerce)

1,3

+3,0

+10 000 à 15 000

CCL micro-colis

0,2

+0,4

+2 000

ACF (frontières)

8 – 12

+12 – 15

+60 000 – 80 000

Total annuel

≈ 10

≈ 18 – 22

≈ 80 000 – 100 000

Effet multiplicateur global : chaque euro de taxe génère 1,8 € à 2,2 € d’activité en France.

5. Impact macroéconomique consolidé (sur 10 ans)

Année

Recettes fiscales cumulées (Md €)

Activité réinjectée (Md €)

Emplois cumulés

Part du PIB national

2026

10

18

80 000

+0,2 %

2028

20

40

100 000

+0,4 %

2030

30

65

120 000

+0,6 %

2035

55

110

140 000

+0,9 %

6. Conclusion

Les deux contributions ne sont pas de simples taxes, mais des instruments de rentrée de valeur :

  • elles captent des flux qui échappaient au budget national ;

  • elles redéploient ces fonds dans l’industrie, la formation et les infrastructures françaises ;

  • elles rétablissent une concurrence équitable et stimulent la production intérieure.

En résumé :
≈ 10 milliards € de recettes fiscales → 20 milliards € de valeur ajoutée produite en France chaque année.

Chaque clic et chaque importation deviennent un acte de reconstruction nationale.

3. Taxation des Profits Étrangers : Pour une France juste et souveraine

I. Préambule : quand la France travaille pour les autres

Depuis vingt ans, la mondialisation numérique et financière a transformé la France en marché rentable plutôt qu’en territoire productif.
Des entreprises étrangères y génèrent des profits massifs — grâce à nos consommateurs, à nos infrastructures et à notre stabilité juridique — sans y contribuer à la hauteur de leur présence économique réelle.

Nos routes, nos réseaux, nos universités et nos citoyens créent de la valeur que d’autres encaissent.
C’est une forme de rente invisible, tolérée par habitude, mais devenue intenable.

Le Rapport Dubois propose d’y mettre fin.

II. Les cinq abus majeurs

Domaine

Nature de l’abus

Exemple concret

Montant estimé échappant à la France / an

1. Numérique

Revenus d’utilisateurs français déclarés à l’étranger

Google, Meta, TikTok, Netflix

2–3 Md€

2. Tourisme & location

Revenus de biens situés en France mais encaissés à l’étranger

Airbnb, Booking

1–2 Md€

3. Logistique & transport

Sociétés étrangères utilisant nos routes sans fiscalité nationale

Transporteurs, plateformes logistiques

2–3 Md€

4. Capitaux & dividendes

Flux financiers vers des paradis fiscaux

Fonds étrangers, holdings luxembourgeoises

5–8 Md€

5. Immobilier & patrimoine

Détention indirecte de biens français via sociétés étrangères

Résidences de luxe, hôtels particuliers

1–2 Md€

Total

   

≈ 15 à 18 Md€ / an

III. Philosophie du dispositif

Ces mesures ne visent aucun pays ni aucune entreprise en particulier.
Elles visent à restaurer un principe d’équité universelle :

“Les profits réalisés en France doivent contribuer à la France.”

Ce n’est ni du protectionnisme, ni une taxe punitive — c’est un ajustement de justice économique.

IV. Les cinq contributions du Rapport Dubois

1. Redevance de Présence Numérique (RPN)

Principe :
Toute entreprise numérique étrangère (hors UE) réalisant un chiffre d’affaires > 50 M€ en France s’acquitte d’une redevance de 3 % sur ses revenus français.

Assiette : publicité, abonnements, ventes d’applications, données utilisateurs.
Collecte : direction générale des finances publiques via les prestataires de paiement.
Produit attendu : 3 milliards € / an.

Finalité : financer la cybersécurité et la souveraineté numérique françaises.

2. Contribution Logistique et Touristique Étrangère (CLTE)

Principe :
Les plateformes de location, de livraison ou de transport étrangères paient une contribution proportionnelle à leur chiffre d’affaires en France :

Secteur

Taux proposé

Rendement estimé

Plateformes touristiques (Airbnb, Booking, etc.)

2 %

1,5 Md€

Transporteurs et livraisons transfrontalières

0,5 % sur CA

2,5 Md€

Total CLTE

 

≈ 4 Md€ / an

Affectation : financement des infrastructures locales, des routes et du logement social.

3. Retenue à la Source sur les Flux Sortants (RSFS)

Principe :
Toute entreprise française versant des dividendes, redevances ou intérêts à une entité étrangère est tenue à une retenue minimale de 15 %,
sauf preuve d’imposition équivalente dans le pays de destination.

Objectif : empêcher le transfert artificiel de bénéfices vers des paradis fiscaux.

Produit attendu : 5 à 8 milliards € / an.

Effet collatéral : incitation forte à réinvestir les bénéfices en France.

4. Contribution sur l’Immobilier de Luxe Étranger (CILE)

Principe :
Tout bien immobilier de valeur vénale > 3 millions €, détenu via une société étrangère, est soumis à une contribution annuelle de 0,5 % de sa valeur.

Produit attendu : 1,5 milliard € / an.

Affectation : financement du logement intermédiaire et de la rénovation patrimoniale.

5. Redevance sur l’Utilisation des Données Françaises (RUDF)

Principe :
Toute entreprise étrangère exploitant des données d’utilisateurs français (profilage, publicité ciblée, IA) verse une redevance annuelle de 0,20 € par utilisateur actif français.

Produit attendu : 0,5 milliard € / an.

Effet symbolique : reconnaissance que la donnée est une ressource nationale.

V. Synthèse chiffrée

Contribution

Rendement annuel estimé

Objectif principal

Redevance de présence numérique (RPN)

3,0 Md€

Souveraineté numérique

Logistique & tourisme (CLTE)

4,0 Md€

Infrastructures et logement

Retenue sur flux sortants (RSFS)

6,0 Md€

Réinvestissement domestique

Immobilier de luxe (CILE)

1,5 Md€

Rénovation et cohésion territoriale

Données personnelles (RUDF)

0,5 Md€

Valorisation du capital immatériel

Total

≈ 15 milliards € / an

 

VI. Impact économique

Indicateur

Variation attendue

Commentaire

Recettes publiques

+15 Md€/an

Structurelles et pérennes

Réinvestissement en France

+10 Md€/an

Grâce à la RSFS

Emplois indirects créés

+60 000

Dans le bâtiment, tourisme, numérique

Effet inflation

+0,1 %

Très faible, produits essentiels exclus

Impact sur balance courante

+0,3 % du PIB

Moins de fuite de capitaux

VII. Cadre juridique et compatibilité internationale

Ces mesures respectent les engagements de la France :

  • Principe de non-discrimination commerciale : les taux sont identiques pour tout acteur exerçant en France, qu’il soit français ou étranger.

  • Conventions fiscales : la retenue à la source ne viole aucun traité dès lors qu’elle est compensable dans le pays de destination.

  • Règlement européen : la France notifiera ces mesures comme “instruments correctifs de distorsion de marché”, analogues au mécanisme carbone (CBAM).

VIII. Affectation stratégique des recettes

Secteur

Part des recettes

Montant annuel

Fonds de réindustrialisation

40 %

6 Md€

Transition énergétique et logement

25 %

3,7 Md€

Cybersécurité et innovation numérique

15 %

2,2 Md€

Formation et emploi

10 %

1,5 Md€

Réserve budgétaire / désendettement

10 %

1,5 Md€

Total

100 %

≈ 15 Md€ / an

IX. Vision : la souveraineté par la justice

La taxation des profits étrangers n’est pas un repli :
C'est un retour à la loyauté dans l’échange économique.

“La France n’est pas un marché ouvert sans mémoire.
Elle est un territoire de civilisation, où la richesse doit nourrir le bien commun.”

Ces contributions sont le signe d’un réveil souverain :
Chaque acteur, qu’il soit français ou étranger, participe à hauteur de ce qu’il reçoit du pays.

X. Conclusion

Le Rapport Dubois fait de la fiscalité un outil de dignité nationale.
En taxant équitablement les profits étrangers, la France :

  • restaure son autonomie budgétaire ;

  • protège ses travailleurs et ses entreprises ;

  • et réaffirme qu’aucune prospérité durable ne se construit sur l’injustice.

 


Moyenne des avis sur cet article :  1.29/5   (17 votes)




Réagissez à l'article

26 réactions à cet article    


  • Dzan 15 novembre 2025 10:27

    La taxation des petits colis...
    Vaste rigolade. On trouveras les mêmes produits chez Bezos, 4 fois plus cher.
    Mais lui, ne sera pas sanctionné.

    Certains produits ne sont fabriqués que là-bas. TOUT à été DELOCALISE ;

    Ou alors mettre les salariés français au même salaire que les asiatiques.


    • Marc Alain Dubois Marc Alain Dubois 15 novembre 2025 13:52

      @Dzan

      Bonjour Dzan,
      Votre remarque est pertinente, parce qu’elle touche un vrai problème :
      on a tellement délocalisé que certains produits n’existent plus du tout en France.

      Mais justement, la taxation des petits colis n’a pas pour but de “punir” un pays ou un vendeur :
      elle vise à restaurer un minimum de loyauté dans une situation devenue absurde.

      Je vous réponds point par point :

      1. “Bezos ne sera pas sanctionné” → Faux : Amazon est directement concerné

      Amazon France, Amazon Logistics, Amazon EU…
      Toutes leurs importations sont déclarées en douane.
      Donc :

      • les colis envoyés depuis l’étranger sont taxés,

      • les produits expédiés par des vendeurs non-UE via Amazon sont taxés,

      • Amazon doit payer la contribution importatrice quand ses volumes dépassent 5 % de son CA (ce qui est le cas partout).

      C’est l’un des rares dispositifs qui touche à la fois :
      ✔ les petits vendeurs étrangers,
      ✔ les plateformes mondiales,
      ✔ et les grandes enseignes françaises si elles importent à outrance.

      **2. “Certains produits ne sont fabriqués que là-bas.”

      Exact — mais le but n’est pas d’interdire l’importation.**

      Pour les produits non fabriqués en France, le Plan Dubois prévoit une exemption totale.

      Exemples :
      – café, cacao, thé, avocats,
      – électronique spécialisée,
      – textiles très techniques,
      – certains jouets,
      – métaux rares.

      &#128073; Ils ne sont pas taxés, car il serait absurde de taxer ce que nous ne produisons pas.

      La taxe ne s’applique que là où il existe une concurrence directe injuste.

      **3. “Ou alors mettre les salariés français au même salaire que les asiatiques.”

      Justement : NON.**

      Le but n’est pas de baisser les salaires en France.
      Le but est que les produits importés reflètent enfin leur coût réel :

      • coût écologique,

      • coût social,

      • coût logistique,

      • coût carbone,

      • coût de dumping.

      Aujourd’hui, un produit étranger arrive en France à un prix artificiellement bas, uniquement parce que :

      • pas les mêmes normes,

      • pas les mêmes lois sociales,

      • pas les mêmes contraintes,

      • aucune taxe sur les externalités.

      Résultat :
      nos producteurs ferment, et nous devenons dépendants.

      La taxe Dubois fait exactement l’inverse :
      &#128073; elle stoppe la destruction du tissu productif,
      &#128073; elle ne touche pas le consommateur,
      &#128073; elle redistribue 100 % aux producteurs français.

      **4. “Ça ne changera rien, tout est délocalisé.”

      Si. Dès qu’on arrête la concurrence déloyale, la relocalisation redevient rentable.**

      Aujourd’hui, un producteur français peut être compétitif si :

      • l’importation concurrente prend +8 % à l’entrée,

      • +2 % si empreinte carbone excessive,

        • contribution importateur sur les grandes enseignes,

        • interdiction de répercuter sur le prix final.

      → À ce moment-là, le produit français reprend de la place en rayon.
      → Et quand les volumes reviennent, les usines rouvrent.
      → Et quand les usines rouvrent, les prix baissent.

      C’est exactement ce qu’ont fait :
      – les USA avec les semi-conducteurs,
      – l’Allemagne avec l’industrie lourde,
      – la Corée du Sud avec l’acier,
      – et la Chine avec tout.

      Aucun pays ne se réindustrialise sans protection intelligente.

      Conclusion

      La taxe sur les petits colis n’est pas une punition.
      C’est une remise à niveau :

      • le consommateur ne paie pas plus,

      • les entreprises qui délocalisent paient leur vraie facture,

      • les producteurs français sont enfin soutenus,

      • et la relocalisation devient possible… sans appauvrir les Français.

      C’est l’un des piliers du Plan Dubois :
      rendre la mondialisation loyale, sans punir les ménages ni casser le pouvoir d’achat.


    • pasglop 15 novembre 2025 10:37

      @Marc Alain Dubois

      Quelles que soient les qualités de votre projet, comment faites-vous pour passer outre les lobbies écrasants des multinationales et leur bras armé, l’Union Européenne ?

      Au-delà de l’arithmétique, et même si une majorité qualifiée suffisante était potentiellement mobilisable, il existe des phénomènes qui peuvent jouer défavorablement : l’idéologie inoxydable du libre-échange, les intérêts privés des membres de la gouvernance européenne et la corruption.


      • Marc Alain Dubois Marc Alain Dubois 15 novembre 2025 13:59

        @pasglop

        Bonjour pasglop,
        C’est une vraie question, et j’y réponds sans détour :
        un plan économique n’a de sens que s’il peut résister aux lobbies, aux multinationales et à la machine européenne.
        Je ne suis pas naïf et je n’écris pas un plan “hors du monde” — le rapport de force est intégré dans la méthode.

        Voici comment :

        1. L’Union européenne n’est pas immuable : elle recule quand un État tient bon

        Contrairement à ce qu’on croit, l’UE n’est pas un bloc monolithique.
        Elle s’est déjà pliée devant :

        • l’Allemagne (Nord Stream, budgets hors limites, aides d’État massives),

        • la France (déficit, règles budgétaires, énergie nucléaire),

        • la Hongrie et la Pologne (migrations, justice),

        • l’Italie (règles bancaires).

        Un État ferme, cohérent et résolu peut imposer des exceptions, faire modifier les règles, ou créer un “accord dérogatoire”.

        La clé n’est pas Bruxelles :
        c’est la solidité de la position française.

        2. Le Plan Dubois ne demande aucune autorisation de Bruxelles pour ses mesures principales

        Les quatre leviers du plan sont totalement compatibles avec les traités :

         Réductions de dépenses

        intégralement nationales

         Fiscalité sur les profits étrangers

        compatible si elle est non discriminatoire (elle l’est)

        TVA modulée selon l’empreinte carbone

        compatible avec le mécanisme carbone de l’UE

        Fonds souverains, OAT Populaires

        totalement souverains

        Taxe sur les importations concurrentes

        conforme à l’OMC si elle repose sur des critères environnementaux (c’est le cas)

        Bruxelles peut protester,
        mais ne peut pas juridiquement l’interdire.

        3. Le seul moyen de vaincre les lobbies : s’appuyer sur les citoyens

        Une multinationale n’a qu’une force :
        sa capacité à faire pression dans l’ombre.

        Un gouvernement, lui, a une force que les lobbies n’auront jamais :
        l’appui public, s’il parle franchement aux citoyens.

        Qu’un gouvernement dise publiquement :

        « Nous avons deux choix :
        — continuer à laisser Amazon, Shein ou Meta contourner nos règles,
        — ou rétablir l’équité pour protéger nos emplois.
        Voici les chiffres : voilà ce que ça nous coûte. »

        Et les lobbies reculent immédiatement, car ils perdent la bataille de l’opinion.

        4. L’Europe du “libre-échange inoxydable” est déjà en train d’éclater

        Vous avez raison de pointer l’idéologie du libre-échange.
        Mais elle est déjà en train de mourir :

        • Taxe carbone aux frontières (CBAM)

        • Nationalisme industriel allemand

        • Protectionnisme américain (IRA)

        • Relocalisations massives en Europe

        • Crise énergétique de 2022

        • Rupture des chaînes mondiales

        Nous sommes au début d’un nouveau cycle :
        réindustrialisation, souveraineté, circuits courts.

        Le Plan Dubois s’inscrit dans ce mouvement.

        5. Enfin : rien n’est possible si on attend Bruxelles.

        Tout est possible si on agit d’abord et qu’on négocie après.**

        Regardez l’Allemagne :
        elle a imposé 200 milliards d’aides d’État pour son énergie en pleine crise.
        Bruxelles a protesté… puis a validé.

        Pourquoi ?
        Parce que l’Allemagne a osé décider avant de demander l’autorisation.

        C’est ce que la France doit retrouver :
        non pas la rupture,
        mais l’audace d’un pays souverain dans ses choix économiques.

        Conclusion

        Vous avez raison : les lobbies existent, Bruxelles bloque parfois, et la corruption affaiblit les États.
        Mais le Plan Dubois n’est pas un rêve naïf — il est construit précisément pour fonctionner dans un environnement hostile, en jouant sur :

        • la légalité existante,

        • la marge souveraine nationale,

        • la pression de l’opinion,

        • et les rapports de force internes à l’UE.

        Et surtout :
        rien dans le Plan Dubois ne dépend d’une autorisation préalable de Bruxelles.

        C’est la différence entre un slogan…
        et un plan.


      • mmbbb 16 novembre 2025 09:45

        @Marc Alain Dubois ’ 1. L’Union européenne n’est pas immuable : elle recule quand un État tient bon’

        Il est vrai que les politiques francais ont su âprement défendre les intérêts francais nos industries !

        On a pu le constater lorsqu un cadre d Alsthom a ete incarcéré aux USA , Rire 

        On peut le constater avec le Mercosur , ou cette Europe dirigée par U V Leyen a une politque libérale alors que nos tartufes politiques francais s emeuvent du sort de nos agriculteurs .

        Voir aussi la politique de soutien à l Ukraine ou les produits agricoles  malgre les accords mettent la pression sur la production francaise 

        Et les terres agricoles ukrainniennes sont la proie des intérêts étrangers .


        Pour que notre pays recouvre son industrie , il faudrait au préalable revoir la politique energetique 

        Politique energetique sabordé par les ecolos ou cette « transition energétique » a fait augmenté le cout de l electricité .

        Et une France normative , ou l impôt les prélèvements obligatoires les plus eleves obèrent cette reprise .

        Un ingénieur a intérêt a allé voir d autres cieux C est ce qui se passe avec l IA 

        et ce qui se passe avec les PME PMI rachetées par les etrangers 

        une France pillée voir l essai de Carayon les etats prédateurs .


        et pour quelle production en France, l electronique grand public , nous ne pouvons plus avoir la prétention de concurrencer le chinois par exemple XIAOMI 

        Thomson ecran LCD, Goupil micro ordinateur ect ect n ont pus supporter cette concurrence .

         " 

        • Rupture des chaînes mondiales " 

          Dubois ne connait rien a l economie contemporaine ,

          Exemple la HI FI , un constructeur d enceintes connectées intègrent la partie electronique ( un cout supplementaire si l electronique etait produite en France en sachant que les composants : resistances condensateurs DAC ou diverses puces ne sont plus fabriqués en France ) est d origine chinoise en l occurrence .

          L économie c est avant tout du réel , une méconnaissance de ces analystes ,

        On l a vu lors de l approvisionnement des masques lors du COVID 



        Parce que l’Allemagne a osé décider avant de demander l’autorisation." 

        Depuis l arrête du 05 05 2025 de la seconde chambre de la Cour constitutionnelle fédérale allemande, qui concerne la politique de quantitative easing menée par la BCE pour soutenir l’économie de la zone euro,

        Cette décision inédite adoptée à une écrasante majorité est pour le directeur de l’Institut Jacques-Delors de Berlin, Henrik Enderlein, « un désastre du point de vue de l’intégration européenne »59. Elle vient créer un affrontement sans précédent entre le droit allemand et le droit de l’Union européenne.


        Resume du rapport de J C ZARKA conférencier et cet arrêté est  presque passe inaperçu dans nos média , il faut préserver l image « du couple franco allemand » .
        Il y a eut un précédent et les allemands c est désormais " deutschland  FIRST " .

        Donc l Allemagne fait ce qu elle veut .


        Conclusion tant que nos politiques n auront pas de vision claire et seront attachés plus a leur carrière ( un Marleix est l exception ) qu a l intérêt général et tant que nous serons dans des débats stériles sans remettre en cause nos problèmes structurels et établir une politique efficience de la dépense publique , nous pataugerons .



      • pasglop 16 novembre 2025 09:45

        @Marc Alain Dubois
        La Cour Constitutionnelle de Karlsruhe a montré à plusieurs reprises qu’elle plaçait la primauté du droit Allemand sur les directives Européennes mais c’est l’Allemagne, l’état pivot.
        Evidemment, ça a créé des précédents (mais pas de jurisprudence à ma connaissance) pour d’autres états Européens. 
        Sauf erreur, la France s’est jusqu’à présent illustrée par une obéissance sans faille aux traités et leurs conséquences légales, sauf quand elle n’en avait pas les moyens ce qui s’est soldé par des amendes, au moins de principe.

        Reste à invoquer l’émergence d’une génération politique qui cessera de se cacher derrière son petit doigt et d’un PE qui soit autre chose, globalement, qu’uns chambre d’enregistrement.


      • mmbbb 16 novembre 2025 10:01

        @pasglop on peut esperer  d autant plus que les ténors des partis politiques dominants ne remettent pas en cause sinon mentent par omission en nous faisant accroire que cette Europe peut etre changée de l intérieur .


      • Marc Alain Dubois Marc Alain Dubois 16 novembre 2025 10:09

        @mmbbb

        Merci pour votre contribution très argumentée. Vous soulevez des points importants, et je partage plusieurs de vos constats : perte industrielle, naïveté stratégique, énergie mal gérée, ingénieurs qui quittent le pays… Rien de tout cela n’est contestable.

        Mais permettez-moi quelques clarifications, car le Plan Dubois n’ignore absolument pas ces réalités. Au contraire, il est construit précisément à partir de ce diagnostic, que vous résumez d’ailleurs très bien.

        1. Oui, l’Europe avance quand on ose tenir tête.
        Vous citez l’affaire Alstom, le Mercosur, l’Ukraine : tout cela montre que la France n’a pas défendu ses intérêts.
        Mais ce n’est pas une fatalité : l’Allemagne, elle, impose sa ligne — y compris en contredisant ouvertement la BCE.
        Cela prouve que l’Union n’est pas immuable, et que tout dépend du courage politique des États membres.

        2. Oui, nos chaînes d’approvisionnement sont dépendantes de l’Asie.
        Personne ne relancera demain matin une filière complète de condensateurs ou de DAC en France. Le Plan Dubois ne propose pas ce genre d’illusions.
        Mais cela n’empêche pas une relocalisation intelligente, partielle, ciblée, réaliste : agroalimentaire, batteries, transformation locale, robotique simple, textile technique, santé.
        La souveraineté, ce n’est pas tout produire chez nous : c’est réduire la vulnérabilité.

        3. L’énergie : vous avez raison sur toute la ligne.
        Sans énergie compétitive, aucune industrie ne reviendra.
        C’est pour cela que le Plan Dubois prévoit :
        – la relance du nucléaire (EPR2),
        – des prix stabilisés à la baisse,
        – des réseaux modernisés,
        – une transition sans punir les ménages.

        4. Oui, l’impôt tue la compétitivité si on le place au mauvais endroit.
        Il ne s’agit pas de « tout baisser », mais de :
        → alléger les charges productives,
        → taxer équitablement les profits étrangers,
        → supprimer les niches inefficaces,
        → simplifier et rationaliser.
        C’est tout l’objet du pilier fiscal du plan.

        5. La “rupture des chaînes mondiales” n’est pas un slogan : c’est un fait.
        Depuis 2019, tout s’est reconfiguré : semi-conducteurs, médicaments, énergie, transport.
        La France doit profiter de ce réalignement historique, pas le subir.

        6. Sur l’Allemagne : vous avez encore raison.
        L’arrêt du 5 mai a démontré que l’Allemagne défend d’abord son intérêt national.
        Cela prouve simplement qu’un État souverain peut imposer sa ligne à l’Union quand il tient bon.

        7. Sur la vision politique : c’est bien le cœur du problème.
        Sans vision, sans cohérence, sans courage, la France continuera à tourner en rond.
        C’est pour cela que j’ai écrit le Plan Dubois : apporter un cadre clair, chiffré, réaliste, cohérent.

        8. Et permettez-moi une précision essentielle.
        Le Plan Dubois est un travail très dense : 728 pages d’analyses, de tableaux, de simulations, de propositions concrètes.
        Je ne peux évidemment pas tout exposer en un article — ni même en cinq.
        Je n’en suis qu’au début de la présentation, article après article, pour que chacun puisse suivre le raisonnement sans être noyé.

        La suite arrive, et elle couvrira tous ces sujets.
        Il faut simplement laisser le temps d’exposer les choses avec clarté.

        Conclusion
        Nous sommes d’accord sur l’essentiel : si on ne redresse pas nos structures, notre énergie, notre souveraineté et notre compétitivité, rien ne changera.
        Le Plan Dubois propose précisément l’inverse : une méthode, des chiffres, une trajectoire.
        Ni dogme, ni théorie : du concret.

        Merci encore pour la qualité de votre commentaire — il éclaire parfaitement le contexte dans lequel ce travail prend tout son sens.


      • Eric F Eric F 17 novembre 2025 19:36

        Le fait que la France ait jusqu’ici « cédé » aux instances de l’UE, ça vient aussi qu’elle achète ainsi ...le fait d’avoir d’aussi gros déficits.

        Donc un gouvernement déterminé à restaurer l’équilibre budgétaire pourrait inverser le deal : « nous prenons des dérogations et mettons en oeuvre des clauses d’exception afin de rentrer dans les clous des engagements (annuel <3% PIB, total <60% PIB) » [non pas pour les beaux yeux de l’UE, mais parce que la dette devient insoutenable] 
        Et bien sur, il faudra rétablir la primauté de la constitution, comme en Allemagne, donc cela ne pourra pas être le fait d’un gouvernement eurolibéral (verts, PS, macronie, droite classique).


      • exocet exocet 15 novembre 2025 19:25

        Dubois dont on fait les pipes...


        • Marc Alain Dubois Marc Alain Dubois 15 novembre 2025 19:40

          @exocet

          Merci Exocet,
          malgré la gravité du sujet et l’urgence de la situation, un peu d’humour fait toujours du bien.
          Et pour être honnête, cela fait soixante ans qu’on me la ressort, celle-là !
          Alors merci pour la blague — elle m’a fait sourire.
          Si vous avez aussi une remarque sur le fond du plan, je suis preneur.

          Et puisqu’on parle de sourire…
          mon prochain article m’en arrachera beaucoup moins :
          “La France sous tutelle en 2030 ? Le prix de l’inaction !”
          Un sujet moins drôle, mais absolument essentiel.


        • Eric F Eric F 17 novembre 2025 19:38

          @Marc Alain Dubois
          vous pourriez prendre le slogan « du bois dont on fait les héros du zéros déficit »


        • lestran 16 novembre 2025 08:14

          Nos dirigeants bienveillants écrivent à leur peuple.

          Lettre ouverte à notre chère population

          Chers concitoyens,
          Nous vous avons entendus. À la lumière des faits et après mûre réflexion dans nos cercles les plus éclairés...nous reconnaissons sans peine avoir été, oui, les architectes du désastre.
          C’était même, osons le dire, un chef‑d’œuvre de dérégulation. Une performance économique audacieuse qui, certes, a démantelé quelques emplois, mais qui, en toute modestie, a créé une richesse phénoménale… ailleurs.

          Cependant, chers amis, notre lucidité n’a d’égale que votre devoir. Nous avons compris, et c’est bien là l’essentiel. Vous, en revanche, n’avez pas encore intégré cette vérité simple : tout grand chef‑d’œuvre nécessite une maintenance coûteuse. Et c’est là que vous entrez en scène.

          Notre cynisme, notre arrogance et notre légèreté passée ne sont pas des fautes à réparer, mais des fondations à consolider. Et si vous devez payer, encore et toujours, pour cela, ce n’est pas une punition.
          Voyez‑y plutôt une thérapie par l’effort. Une contribution active et financière à la relance de votre confiance… en nous.

          En vous demandant de financer les conséquences de nos propres décisions, nous vous offrons une rare leçon de résilience économique. Vous ne payez pas notre cynisme ; vous financez votre rééducation au bon sens.
          Souvenez‑vous : c’est dur, c’est injuste, mais c’est, in fine, pour votre bien. C’est le prix de votre survie dans le monde que nous avons si brillamment façonné.

          Avec toute notre gratitude anticipée,
          Le Directoire lucide

          (Ainsi va le monde, En ce royaume-là, quand le désastre frappe aux parois, les fautes des Grands sont si bien arrangées qu’elles se nourrissent de ceux qu’elles ont affamés)



          • Marc Alain Dubois Marc Alain Dubois 16 novembre 2025 09:01

            @lestran

            Lestran,
            merci pour ce texte à la fois brillant et cinglant.
            Vous décrivez avec un humour noir très juste ce que beaucoup ressentent : un pays où l’on demande aux citoyens d’assumer les conséquences d’erreurs qu’ils n’ont jamais commises.

            Votre “Directoire lucide” pourrait presque être prononcé — mot pour mot — par une partie de ceux qui ont conduit la France là où elle est aujourd’hui. Et c’est précisément pour rompre avec cette logique que j’ai écrit le Plan Dubois.

            Dans ma démarche, il n’est pas question de faire payer aux Français les fautes des élites, mais au contraire de leur rendre ce qui leur appartient, en rapatriant :
            – les intérêts de la dette vers l’épargne nationale,
            – les profits captés par les multinationales,
            – la valeur perdue à cause du dumping fiscal et social,
            – et les marges englouties dans le gaspillage public.

            Le Plan Dubois n’est pas une “thérapie punitive”, c’est une méthode pour sortir justement du cycle absurde que vous décrivez si bien.

            Votre texte sera cité dans mon prochain article, car il résume parfaitement pourquoi nous devons changer de modèle :
            pour que le fardeau ne repose plus sur ceux qui ont déjà tout donné, mais sur ceux qui ont si longtemps profité sans jamais contribuer.


          • Louis 17 novembre 2025 11:24

            à l’auteur. je n’ai pas lu la totalité de votre article, je suis un petit peu vieux et je me fatigue vite . je voudrais avoir votre avis sur un problème. Vaut- il mieux acheter un véhicule chinois honteusement vendu à un prix de dumping financé par le gouvernement chinois sans droit de douane ou acheter un véhicule français bénéficiant de différentes aides au cours du processus de production sous forme de diverses exonérations , et autres aides comme aides à l’installation par exemple et à l’achat par le consommateur final ?.

            Notons quand même que dans le premier cas c’est le gouvernement chinois qui paie en partie ma voiture .Pour l’achat de la voiture française c’est l’impôt qui finance mon achat et ça provoque de l’inflation par la hausse des couts . Quelle conclusion tirez vous ?


            • Marc Alain Dubois Marc Alain Dubois 17 novembre 2025 11:43

              @Louis

              Bonjour Louis,
              Votre question est excellente, mais elle pose deux situations qui ne sont pas comparables.

              1. Un véhicule chinois vendu à prix de dumping, cela signifie :
                – subventions massives de l’État chinois,
                – salaires très bas,
                – normes environnementales moins strictes,
                – aucune contribution au financement de nos routes, de nos services publics, ni de notre industrie.

                Sur le papier, c’est « l’État chinois qui paye une partie de votre voiture ».
                En réalité, c’est un modèle qui détruit lentement notre appareil productif et notre souveraineté.

              2. Un véhicule français avec aides publiques, ce n’est pas du dumping :
                – ce sont des ajustements encadrés,
                – destinés à maintenir l’emploi,
                – dans un marché où tous les grands pays soutiennent leurs industries.

                Et ces aides ne sont pas inflationnistes en soi : l’inflation actuelle vient surtout de l’énergie, de la logistique et des taux.

              La conclusion, dans le cadre du Plan Dubois, est simple :
              il faut un mécanisme compensatoire qui neutralise le dumping étranger pour que le consommateur français ne soit pas pénalisé lorsqu’il soutient la production nationale.

              C’est exactement l’objectif de la taxe compensatoire mixte que je propose :
              – 0 euro de plus pour les familles,
              – mais un rééquilibrage des conditions de concurrence.

              Ce n’est donc pas un choix entre « voiture chinoise pas chère » ou « voiture française inflationniste ».
              C’est un choix entre :
              une économie dépendante,
              – ou une économie souveraine, où les règles sont les mêmes pour tout le monde.


            • Louis 17 novembre 2025 13:06

              @Marc Alain Dubois
              c’est l’état chinois qui paie en partie la voiture et depuis le temps que la chine vend à perte (dumping) elle devrait être ruinée .la politique douanière à pour seul effet de protéger les investissements des tondeurs de coupons en faisant raquer le pékin ; et pour l’emploi traversez la rue .


            • Eric F Eric F 17 novembre 2025 19:52

              @Louis
              La Chine ne vend pas durablement à perte, le bénéfice commercial sur les filières où elle est devenue prépondérante finance les autres filières dont elle achète des parts de marché afin d’y devenir prépondérante.

              Et elle « dumpe » aussi le cours de sa monnaie au moins deux fois sous évaluée, à quoi s’ajoute le cout incroyablement faible du transport maritime intercontinental du fait de l’effet de masse. 

              On est d’accord que pour le consommateur individuel, indépendamment de toute autre considération que le « prix », c’est bénéfique. Mais c’est collectivement désastreux.

              Relocaliser passera par la frugalité. La législation est à revoir, par exemple autoriser la fabrication de petites bagnoles thermiques économiques et dépouillées, sans caméra de recul ou autre nouvelles normes, fabriquées à moins de 1000 km du point de vente. Ben oui, l’esprit de la deudeuche et quatrelle, mais modernisé smiley


            • Durand Durand 18 novembre 2025 07:23

              @Eric F

              Il ne faut pas oublier que c’est le crédit bancaire facilité qui permet à tout un chacun d’acheter une voiture avec d’aussi luxueuses que non-indispensables prestations et dont l’obsolescence programmée pérennise le business juteux des constructeurs comme celui des banquiers…

              Techniquement, il est évident que l’on pourrait facilement construire des voitures réparables et “modernisables“ (évolutives) à l’infini*, dans un esprit non-pas tant de frugalité punitive, que de décroissance heureuse… Mais il s’agit-là de décisions qui ne peuvent être prises qu’au niveau de l’Etat…, encore faudra-t-il qu’il soit souverain !

              * – notamment l’emploi massif des alliages d’aluminium pour réduire la masse…

              ..


            • Eric F Eric F 18 novembre 2025 10:32

              @Durand
              Le crédit à tout va conduit à de la surconsommation jetable, mais il pourrait être reciblé vers une économie relocalisée et soutenable (taux bonifiés). 

              Mais pour un changement du mode de production/consommation, il faut sortir de la doctrine du marché mondialisé déréglementé, et revenir à du volontarisme d’état (ou à deux niveau : protectionnisme sélectif et actions coordonnées au niveau européen, localisme au niveau état). 

              Les eurocrates actuellement ajoutent des couches de contraintes sur la production intérieure, et ouvrent les portes aux importations par des accords de libre échange. Bon, il y a quelques frémissements de protection, mais très loin du compte, on est le déversoir des surplus de l’usine du monde Chine & co.  


            • Louis 18 novembre 2025 11:03

              @Eric F

              « Relocaliser passera » .là vous écrivez au futur alors qu’il faudrait écrire au conditionnel .un bon retour en arrière comme le voudrait Trump avec votre 2cv..il y a 600 milliards que l’allemande veut envoyer en Amérique, avec cette somme il y a de quoi créer de nouvelle branches industrielles mais c’est mieux de sacrifier les populations d’Europe. 


            • Durand Durand 18 novembre 2025 15:51

              @Eric F

              « protectionnisme sélectif et actions coordonnées au niveau européen »…, je n’y crois pas un seul instant puisque l’UE est précisément une Europe des lobbys, qui se goinfrent sur la dérégulation…

              Pour le reste, d’accord.

              ..


            • lestran 18 novembre 2025 08:33

              Allez, un clin d’œil (avec le sourire, bien sûr).

              « Rapatrier les intérêts, récupérer les profits, corriger le dumping »… c’est beau comme un bébé tout neuf.

              Sauf que… quand on taxe les commandes en ligne à 1 %, devinez qui passe à la caisse ? Pas les serveurs d’Amazon, eux ne pleureront pas dans leur code source. Non, c’est Mauricette, qui se croyait maligne en commandant dix paires de chaussettes pour le prix d’une au BHV.

              La « contribution de compétitivité » de 15 % sur les produits chinois ? On imagine déjà Xi Jinping envoyant un chèque à Bercy, avec un petit mot doux : « Pour la France, bisou ! ». En réalité, c’est notre grille-pain , conçu ici mais fabriqué là-bas, qui verra son prix grimper gentiment.

              Le mal est profond, et nos fesses pas prêtes de sortir des orties. Un plan de « justice économique » qui ne pèserait « ni sur les ménages, ni sur les entreprises nationales » ? La réalité, elle, reste aussi têtue qu’un Breton sous la pluie : les multinationales répercuteront leurs taxes sur… nous. Les plateformes numériques factureront leurs « redevances de présence » à… nous. Et l’inflation, patiente et gloutonne, grignotera le reste.

              Alors oui, on va « récupérer » 25 milliards. En vidant notre poche gauche pour remplir la poche droite de Bercy, avec au passage la petite commission d’usage qui va avec pour frais de gestion de l’État.

              Il ne s’agit pas « de faire payer aux Français les fautes des élites » ? Après quarante ans de cadeaux fiscaux, de niches dorées et d’étourderies autour de l’évasion fiscale, « rétablir la loyauté » ? oups...trop tard : le train est parti et on court derrière avec nos sabots.

              Car pendant que les élites banquetaient à coups de caviar fiscal et de déductions au champagne, voilà qu’on découvre qu’Alibaba ne paie pas assez d’impôts ! Panique : une taxe, sur les achats en ligne. Ceux de qui, déjà ? Ah oui… Maurice.

              Punir les méchants sans toucher aux gentils. Dans la vraie vie, on appelle ça un conte de fées. Ou de la politique-fiction. Même combat, finalement.

              Les orties, mes amis, on y est jusqu’au cou. Faut-il les fertiliser avec nos impôts pour qu’elles poussent encore plus haut ?

              Mais bon, au moins, elles seront françaises, nos orties. C’est déjà ça… cocorico.

              (Et malgré ce petit clin d’œil (oui, la critique est facile), je tiens à vous féliciter sincèrement pour votre travail colossal. Tenter de rééquilibrer la fiscalité à l’ère de la mondialisation, c’est un peu comme dompter un ouragan avec une cuillère en bois : ça demande une énergie folle et beaucoup de courage . Bravo pour cette démarche de fond, même si la route est semée d’embûches… et d’orties ! Un grand merci pour cette contribution au débat, qui a le mérite d’exister et de faire cogiter. )


              • Eric F Eric F 18 novembre 2025 10:52

                @lestran
                Oui, forcément la fin de la corne d’abondance des produits chinois détaxés, payés avec les chèques et primes d’assistance de l’état, ça impactera les Français. 
                Mais les 10 paires de chaussettes de pacotille dans votre exemple ne servent qu’une fois, alors qu’une bonne paire qui passe dix fois en machine fait le job. 
                Et puis, il y a plein de gadgets inutiles dont on peut se passer, le frigo connecté qu’on peut régler à distance, le coffre de la voiture qui s’ouvre quand on approche, etc. on peut s’en passer sans réduire pour autant son train de vie de manière drastique.
                Idem l’énergie, ainsi on nous montre à la télé une brave femme qui se plaint de ne pouvoir payer son chauffage, mais elle est en débardeur dans son appartement en plein hivers (authentique), on peut chauffer à 18° avec un pull, et 16° dans la chambre avec une couverture supplémentaire (encore un truc de vieux, nous dira-t-on)
                Donc moins de gaspillage et recentrage sur l’essentiel, pour les deux éco- : -nomies et -logie. (économies publiques, objet de l’article, et économies privées)


              • lestran 19 novembre 2025 06:53

                @Eric F

                « Mais les 10 paires de chaussettes de pacotille dans votre exemple ne servent qu’une fois, alors qu’une bonne paire qui passe dix fois en machine fait le job. » 


                Maurice ne sait pas si les chaussettes du BHV sont solides , il n’en a jamais acheté là-bas. Mais ce qu’il sait, c’est que ses 10 paires de chaussettes renforcées (pas du genre à poser pour une étiquette «  fabriqué en France  », mais plutôt à bosser dur ‘Made in Chantier’ tiennent sacrément bien la route. De bons petits soldats.
                Elles passent leurs journées dans des chaussures de sécurité sur les chantiers, et leurs nuits dans le panier pour la machine à laver à la fin de la semaine. Prix ? Environ 10 euros les 10 paires. Résistance  ? Testées à la sueur des pieds.

                Chaque semaine, Maurice en lave cinq paires. Parce que oui, quand on bosse avec des chaussures de sécurité, on transpire aussi des pieds. Et comme il n’a pas de sèche-linge (ni de majordome pour étendre), il garde les cinq autres au sec pour la semaine suivante. Organisation de haut vol !

                Alors bon, vu son salaire, Maurice ne «  philosophe  » pas trop sur la fibre textile ou la noblesse du tricot. Il met ses chaussettes, il bosse, il les lave. Et il recommence.

                Mais parfois, en pliant sa pile de chaussettes propres, il se dit qu’au fond… c’est peut-être ça, le luxe. (sourire)


              • Corcovado 19 novembre 2025 09:27

                Dire qu’on ne cesse de nous mettre des incompétents au poste de ministre des finances alors qu’on a Dubois sous la main.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité

https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://simseam.ft.uns.ac.id/https://sipil.ft.uns.ac.id/slot gacorhttps://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/slot gacorhttps://akperstg.ac.id/https://fisip.uisu.ac.id/https://web.pn-sidrap.go.id/
https://hormon-osteoporosezentrum.de/judi bolahttps://saopaulodeolivenca.am.gov.br/slot gacor