Allez, un clin d’œil (avec le sourire, bien sûr).
« Rapatrier les intérêts, récupérer les profits, corriger le dumping »… c’est beau comme un bébé tout neuf.
Sauf que… quand on taxe les commandes en ligne à 1 %, devinez qui passe à la caisse ? Pas les serveurs d’Amazon, eux ne pleureront pas dans leur code source. Non, c’est Mauricette, qui se croyait maligne en commandant dix paires de chaussettes pour le prix d’une au BHV.
La « contribution de compétitivité » de 15 % sur les produits chinois ? On imagine déjà Xi Jinping envoyant un chèque à Bercy, avec un petit mot doux : « Pour la France, bisou ! ». En réalité, c’est notre grille-pain , conçu ici mais fabriqué là-bas, qui verra son prix grimper gentiment.
Le mal est profond, et nos fesses pas prêtes de sortir des orties. Un plan de « justice économique » qui ne pèserait « ni sur les ménages, ni sur les entreprises nationales » ? La réalité, elle, reste aussi têtue qu’un Breton sous la pluie : les multinationales répercuteront leurs taxes sur… nous. Les plateformes numériques factureront leurs « redevances de présence » à… nous. Et l’inflation, patiente et gloutonne, grignotera le reste.
Alors oui, on va « récupérer » 25 milliards. En vidant notre poche gauche pour remplir la poche droite de Bercy, avec au passage la petite commission d’usage qui va avec pour frais de gestion de l’État.
Il ne s’agit pas « de faire payer aux Français les fautes des élites » ? Après quarante ans de cadeaux fiscaux, de niches dorées et d’étourderies autour de l’évasion fiscale, « rétablir la loyauté » ? oups...trop tard : le train est parti et on court derrière avec nos sabots.
Car pendant que les élites banquetaient à coups de caviar fiscal et de déductions au champagne, voilà qu’on découvre qu’Alibaba ne paie pas assez d’impôts ! Panique : une taxe, sur les achats en ligne. Ceux de qui, déjà ? Ah oui… Maurice.
Punir les méchants sans toucher aux gentils. Dans la vraie vie, on appelle ça un conte de fées. Ou de la politique-fiction. Même combat, finalement.
Les orties, mes amis, on y est jusqu’au cou. Faut-il les fertiliser avec nos impôts pour qu’elles poussent encore plus haut ?
Mais bon, au moins, elles seront françaises, nos orties. C’est déjà ça… cocorico.
(Et malgré ce petit clin d’œil (oui, la critique est facile), je tiens à vous féliciter sincèrement pour votre travail colossal. Tenter de rééquilibrer la fiscalité à l’ère de la mondialisation, c’est un peu comme dompter un ouragan avec une cuillère en bois : ça demande une énergie folle et beaucoup de courage . Bravo pour cette démarche de fond, même si la route est semée d’embûches… et d’orties ! Un grand merci pour cette contribution au débat, qui a le mérite d’exister et de faire cogiter. )