@SilentArrow
Il est un peu court de résumer la présence française au Niger — ou ailleurs — à une simple logistique de « butin ». Vous semblez oublier qu’après les indépendances, la France a versé des milliards au titre de l’aide publique au développement. Ce sont ces fonds qui ont permis aux gouvernements locaux de fonctionner et, trop souvent hélas, à leurs dirigeants d’amasser des fortunes colossales.
À partir du moment où un pays est indépendant, il est souverain. La France n’avait plus la responsabilité de tracer chaque route ou de bâtir chaque école ; c’était le rôle des chefs d’État africains, gracieusement financés par Paris pour le faire. Si cet argent a fini dans des comptes en Suisse plutôt que dans des infrastructures civiles au Niger, la responsabilité est partagée, mais elle n’est certainement pas uniquement française.
Quant au Niger, réduire l’action française aux seules mines d’uranium est une contre-vérité. Les projets de développement rural, de santé publique et d’éducation financés par l’AFD (Agence Française de Développement) se comptent par centaines depuis 1960. La différence avec Poutine ? La France a tenté de construire un État, quand Moscou se contente aujourd’hui de protéger des putschistes en échange d’un accès direct aux ressources. L’indépendance, c’est aussi assumer ce que l’on a fait de l’aide reçue au lieu de toujours pointer du doigt l’ancien colonisateur.