« Derrière le discours policé sur la « cooptation », il faut entendre une réalité plus crue : celle d’un système où l’accès à l’emploi dépend de qui vous connaissez. On ne peut pas dire que c’est truqué, mais il s’agit clairement d’un système fondé sur la confiance »
Non, ce n’est pas du tout basé sur la confiance. C’est un système basé sur la lâcheté, l’absence totale de morale. Et c’est bien ce que l’on veut généraliser : des travailleurs sans aucune morale. Pour faire carrière, il faut être anti-social : très à l’aise et agréable en apparence, égoïste au plus au point dans les faits.
J’étais sur le marché du travail (après études d’ingénieur et service militaire) début juin 1995. J’ai trouvé (pas dans ma branche) en février 1998, pour faire ce que j’appelle de la bureaucratie privée. J’ai enchaîné assurance, paye, banque et j’ai fini par démissionner (et je ne regrette pas du tout).
Notre société cherche à détruire ce qui a fait la force de la France : une solidarité, une certaine égalité. Maintenant, il faut être lâche, égoïste, et faire partie d’un réseau (religion, mafia d’école, cercle d’amis, famille). C’est à l’anti-thèse de l’esprit français de la Révolution. C’est la France qu’on détruit et c’est méthodique (ce n’est pas fait au hasard). J’ai moi-même décidé (dès 25 ans) que je n’aurai pas d’enfants dans ce système, mais rassurez-vous, il y en a plein qui en font pour être aidés (à moins de 25 ans on peut toucher des aides alors que seuls, on a droit à rien). Donc on favorise les lâches et les irresponsables. C’est bien une destruction.
Pour moi, ça a commencé en 1973 (début du chômage en France : perte de souveraineté monétaire, le choc pétrolier a bon dos) et ça s’est accéléré en 1993 (début du chômage des ingénieurs : après la chute du bloc soviétique, la France était parmi les nouveaux pays à abattre pour diverses raisons qui sont méthodiquement éliminées).
De manière globale, si des études de plus de 20 ans ne permettent pas de vivre décemment et sans dépression, alors notre « civilisation » est un échec. J’aurais nettement préféré commencer à travailler plus tôt et progresser au travail. Dans la nature on ne cherchait pas de travail, nos parents nous apprenaient ce qui était indispensable pour vivre, et on commençait à participer progressivement à la vie du groupe. Pourquoi avoir cassé ça ? Pour soumettre, en masse dans un système de plus en plus oppressif. Le chômage et la séparation études / travail remplace les guerres d’autrefois.
Je pourrais ajouter un frère suicidé à 24 ans (insertion également très difficile dans le monde du travail malgré une licence) et une sœur très certainement morte suite au vaccin Covid à 52 ans (après un parcours professionnel également très compliqué). Voilà la France d’aujourd’hui : on prend les jeunes de bonne volonté, et on les détruit sauf s’ils sont lâches et irresponsables, alors là c’est tapis rouge.