@jakem
4 et fin : Le mirage parisien des « métiers en tension »
La note relève par ailleurs qu’une naturalisation ne suffit pas à combler entièrement l’écart pour les nationalités extra-européennes. Si la différence de taux d’emploi entre Français natifs et Français par acquisition d’origine européenne est marginale (2 à 5 points), elle demeure importante chez les extra-Européens, parfois supérieure à 15 points, y compris après naturalisation.
Dans le dernier volet, l’étude s’intéresse à la contribution réelle de l’immigration aux secteurs en pénurie de main-d’œuvre, les fameux « métiers en tension ». L’OID souligne un profond déséquilibre géographique entre l’Île-de-France et le reste du pays. Dans la région parisienne, 66% des employés de restauration, par exemple, sont nés étrangers, contre seulement 21% ailleurs. Même écart pour les ouvriers non qualifiés du second œuvre du bâtiment : 59 % en Île-de-France contre 19 % dans les autres régions françaises. Concentrés majoritairement à Paris, responsables politiques et journalistes « semblent souvent considérer que “l’immigration de travail” serait la seule solution pour pallier les besoins en recrutement de ces métiers », suggère la note. « Cette vision centrée sur l’agglomération parisienne offre un miroir déformant d’une réalité beaucoup plus nuancée à l’échelle nationale, où la majeure partie des salariés de ces professions demeurent des Français de naissance. »