L’article voit juste sur un point qui compte : la Crimée et le Donbass sont vitaux pour la survie de la Russie, pour son statut de puissance majeure. L’Ukraine n’est pas vitale pour les USA.
En toute logique, celle de la terreur nucléaire, il y aura une modification des frontières de l’Ukraine en faveur de la Russie.
Cela interviendra bientôt ou après encore des mois et des années de guerre, et encore des centaines de milliers de morts ukrainiens et russes (merci l’UE), après possiblement un début de confrontation directe UE-Russie et un stop mis par les USA pour les raisons développées par l’article.
Cette vision du futur peut être contredite par un doute sur la solidité de la Russie, son unité, sa capacité à monter et négocier aux extrêmes (comme Khrouchtchev face à Kennedy).
C’est ce doute qu’exprime Kaja Kallas visant un éclatement de la Russie (prolonger la guerre en Ukraine pour faire éclater la Russie et atteindre cette « défaite stratégique de la Russie », but ultime de l’UE).
Kaja Kallas oublie un acteur de ce conflit, aujourd’hui en arrière-plan dans le conflit ukrainien : la Chine. Soit celle-ci calcule la disparition de la Russie comme lui étant favorable, avec l’annexion de la Sibérie en sa faveur à la clé. Soit elle juge la défaite de la Russie face à l’Occident comme un risque pour elle-même. Je crois plutôt à cette dernière hypothèse.
Je crains que la « défaite stratégique » dont parle l’UE ne soit pas tout à fait celle dont elle rêve.