Pour une fois vous tentez de faire une sorte de synthèse qui s’éloigne, disons , de vos répétitions habituelles, pour rester courtois. Le constat est dans l’ensemble assez juste mais votre interprétation de cette réalité en fait une sorte de « déviance » par rapport à une « norme ancienne » qui aurait pu, et donc aurait du, perdurer. Or le monde et la société évoluent inévitablement avec le « progrès » technologique, et si ce n’est pas pour le mieux, effectivement, en termes de conséquences humaines et sociologiques, nous devons néanmoins comprendre le sens et les causes de cette évolution, dans tous ses aspects, tant positifs que négatifs, en essayant, évidemment, de réduire, voire même d’éliminer, si possible, les facteurs négatifs.
On ne peut pas se contenter de vitupérer en campant sur les supposées « hauteurs du passé », qui sont précisément « passées » et constituent donc un « point de vue » plutôt chimérique que réellement « élevé », et donc en contemplant seulement avec mépris la réalité contemporaine, aussi méprisable soit elle, effectivement, actuellement, par ses conséquences humaines désastreuses à tous points de vue.
Que ça nous plaise ou non, de toute façon, à moins de faire tourner en arrière la roue du progrès scientifique et technologique, une attitude aussi réactionnaire que vaine et puérile, on ne reviendra pas à une situation telle que :
« L’université était pendant deux siècles, le lieu où quelques sachants particulièrement remarquables, enseignaient à une infime minorité de la population, choisie par un baccalauréat qui éliminait 97 % des lycéens qui eux-mêmes avaient été préalablement sélectionnés comme pouvant être éventuellement plus utiles en ne produisant pas directement eux-mêmes mais en faisant mieux produire les autres. »
>>> faire « mieux produire les autres » implique qu’il y ait encore de l’emploi réellement productif pour ces « autres », alors que la société moderne est déjà « tertiarisée », c’est à dire, pour l’essentiel « improductive », en termes d’emplois, à plus de 80% ! Et l’évolution technologique va évidemment encore réduire cette proportion de « travailleurs productifs »...
« Nous en avons fait une usine à gaz où une armée mexicaine de professeurs au talent douteux mais généralement très contents d’eux-memes, maintient dans l’improductivité pendant des années la quasi-totalité de la population qui y apprend qu’elle est trop intelligente pour produire, qu’elle a tout compris et qu’on va la payer très cher pour exhiber sa nullité. »
>>> assez juste, au fond, mais l’éducation nationale s’est « adaptée » à une société « tertiarisée » où l’on ne demande aux gens que de remplir des tâches de « services » sans trop réfléchir, et surtout, sans poser trop de questions !
« Chacun sait bien que ce qu’il a appris pendant ses « études » ne lui sert quasiment à rien si ce n’est à éviter le ridicule d’être agriculteur, ouvrier ou artisan sans penser une seconde que ce sont pourtant quasiment les seuls à être utiles. »
>>> effectivement la société actuelle repose essentiellement sur une production robotisée, automatisée, et veux oublier que cela n’a été rendu possible que par le travail accumulé des générations précédentes, et qui n’est plus, pour l’essentiel, qu’un sujet d’histoire, derrière lequel la minorité productive encore opérationnelle vit donc « cachée ».
L’ « oubli » est méthodique et organisé par une minorité de parasites banco-centralistes qui s’est accaparé cet héritage au nom de ses « investissements financiers », en réalité devenus essentiellement spéculatifs, pour la plupart, reposant précisément sur le cycle de la dette et du renouvellement du capital fixe (FBCF), objet de spéculation financière, et non de développement humain et social.
C’est une déviance systémique entièrement imputable à la classe dominante banco-centraliste et effectivement à l’ensemble de la classe politique qui lui est totalement asservie, mais donc pas réellement imputable à la population dans sa majorité, habituée à être « confiante » malgré tout, dans la classe dominante, même si effectivement cette « confiance » est obtenue par des procédés manipulatoires que vous dénoncez assez justement par ailleurs.
Le syndrome du « mougeon » est certes le syndrome d’une maladie collective, mais la responsabilité essentielle en incombe à ceux qui l’ont délibérément propagée et non à ses victimes, comme vous semblez l’insinuer au départ de votre texte.
Récent et tout à fait connexe sur le thème :
Branko Milanovic, encore un pseudo-« marxiste » au secours « idéologique » du banco-centralisme
https://cieldefrance.eklablog.com/2026/07/branko-milanovic-encore-un-pseudo-marxiste-au-secours-ideologique-du-banco-centralisme.html
Luniterre