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Accueil du site > Culture & Loisirs > La pâle pierre de tes ongles...

La pâle pierre de tes ongles...

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"Je suis affamé de ton rire de cascade, et de tes mains couleur de grenier furieux, oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles, je veux manger ta peau comme une amande intacte."

Voilà une belle déclaration d'amour que l'on doit au poète chilien Pablo Néruda, dans son ouvrage intitulé La Centaine d'amour...
 

"L'ongle" ! On perçoit, là, un mot si ordinaire et si familier qu'on n'y prête plus attention : surface transparente et translucide, l'ongle au bout des doigts révèle des teintes ombrées de roses....

Ce nom entre, même, dans des expressions familières : "se battre, bec et ongles... connaître, savoir jusqu'au bout des ongles".

L'ongle se pare, parfois, de vernis colorés. Le mot suggère, à la fois, la légèreté et la dureté de cette partie du corps : la voyelle nasalisée "on" nous fait voir une sorte d'évanescence, la gutturale "g" restitue la force de l'ongle.

Les ongles qui finissent les doigts s'ornent de lunules d'opales, de jolies teintes nuancées de roses.

Le mot vient d'une formation de diminutif "ungula", issue du nom latin "unguis", "l'ongle."

Diminutif à valeur hypocoristique, ce terme comporte, anciennement, une nuance affective.

Comment ne pas admirer ces petites surfaces translucides au bout des doigts ? Elles ressemblent à des pierres précieuses...

D'ailleurs, ce nom a, aussi, des origines grecques, plus lointaines : "onux", en grec, désigne "l'ongle", mais aussi, une pierre précieuse, "l'onyx", avec laquelle les grecs fabriquaient des boîtes à parfums ou des vases à boire.

L'onyx était très utilisé dans l'antiquité... Avec ses couleurs nuancées de verts, de roses, rouilles, bruns, blancs, l'onyx offre une variété de pierres aux glacis de lumières...

Ongle et pierre précieuse sont, ainsi, associées.

Belle étymologie pour ce nom issu du latin et du grec, belle origine puisque ce mot nous fait, encore, remonter aux sources de notre langue !

Hésiode, Eschyle, Xénophon utilisaient ce terme et il nous est parvenu, par l'intermédiaire du latin, avec des modifications phonétiques.

J'aime ce mot simple, "l'ongle", qui nous vient de l'antiquité, dont on ne soupçonne pas l'ancienneté.

Terme plein d'élégance, l'onyx nous fait, aussi, voir un monde de pierres précieuses brillantes, lumineuses, éclatantes !

L'onyx s'orne de lignes sinueuses, de sillons harmonieux, de vagues éblouissantes, sur des fonds de roses et de rouges... Les pierres s'illuminent de reflets, renvoient la lumière, la répercutent...

Le terme "onyx", avec le "i" grec, la consonne "x" révèle une sorte de rareté précieuse.

L'ongle et l'onyx se rejoignent par une forme d'élégance, de finesse, de douceur.

 

L'ongle et l'onyx se signalent, aussi, par leur résistance et leur dureté : l'ongle qui finit le doigt permet de griffer, de s'agripper.

A la fois utile et plein d'agréments, l'ongle nous séduit par ses teintes douces et nuancées, par sa solidité.

Il renvoie la lumière, brille, se teinte de lueurs de roses qui évoquent l'aurore....

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Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2015/06/la-pale-pierre-de-tes-ongles.html

 


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40 réactions à cet article    


  • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 19 juin 16:58

    Commenter une traduction en insistant sur la fonction poétique de la phonétique est totalement absurde.

    Il est bon d’avoir de bonnes transpositions d’une œuvre poétique écrite dans une autre langue pour se faire une idée de ce que doivent être certains chefs-d’œuvre, mais la « magie des mots » disparait, quel que soit le talant du traducteur.

    C’est à peu près aussi différent que d’être pris dans une tempête pour rentrer au port et regarder la vidéo de cet exploit.

    D’autant plus que les caractéristique de la poésie hispanisante sont très éloignées de celles de la poésie francophone. Toute la force du rythme et des accentuations qui font la musique de ces poésies disparait.


    • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 19 juin 17:04

      @Séraphin Lampion

      pourquoi ne pas chanter le opéras italiens en français, pendant qu’on y est ?



    • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 19 juin 17:34

      @Séraphin Lampion

       

      « Quelle belle chose qu’une journée ensoleillée

      Un air saint après la tempête

      Avec l’air frais tout parait déjà en fête

      Quelle belle chose qu’une journée ensoleillée

      Mais il n’y a pas un soleil aussi beau qu’aujourd’hui

       

      O mon soleil

      Je suis face à toi

      O soleil O mon soleil

      Je suis face à toi

      Je suis face à toi »

       

      Vous avez remarqué les fricatives et les gutturales évocatrices de la riviera ?


    • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 19 juin 17:35

      @Loatse

      oui, ben justement, parlons-en...


    • rosemar rosemar 19 juin 17:49

      @Séraphin Lampion

      Je ne fais que commenter les sonorités du mot « ongle », car c’est une analyse du mot français, si vous avez bien lu, ainsi que de ses origines, et de son étymologie...


    • rosemar rosemar 19 juin 17:59

      @Séraphin Lampion

      La belle citation est un prétexte, un point de départ...


    • rosemar rosemar 19 juin 18:45

      @Séraphin Lampion

      Dans le texte original :

      « tengo hambre de la pálida piedra de tus uñas, »


    • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 20 juin 11:56

      @rosemar

      c’est comme si vous faisiez des gloses sur l’accent du « deep south » de John Wayne dans un film sur la guerre de sécession où il serait doublé par un acteur marseillais dans la version française.


    • Decouz 19 juin 18:04

      Je ne comprends pas que la plupart des éditions de poésie étrangère ne donnent pas en parallèle le texte original, même lorsque je ne maitrise pas la langue, la musique est fondamentale, je ne lis pas dans ce cas-là.

      Il y avait la collection « Orphée » des éditions « La Différence », mais cette maison a eu des problèmes financiers et je ne vois plus de nouvelles traductions en poésie depuis longtemps, il reste les anciennes éditions, souvent en solde.

      A noter : les sonnets de Shakespeare traduits exactement dans la forme de sonnets français par Jean Malaplate (Livre de Poche), avec le texte original.


      • Gollum Gollum 19 juin 18:42

        @Decouz

        À propos d’Orphée j’ai pu trouver les sonnets à Orphée de Rilke en bilingue chez Seuil collection Points.

        Je ne sais pas si vous avez vraiment raison dans votre constat j’ai pu trouver quand même des bilingues assez facilement mais je ne suis pas un spécialiste.

        Pour info : William Blake et Virgile.

        Mais bon on a d’excellents poètes de langue française.


      • rosemar rosemar 19 juin 18:43

        @Decouz

        Voici l’original et la traduction :

        j’ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,
        sans manger je vais par les rues, et je me tais,
        sans le soutien du pain, et dès l’aube hors de moi
        je cherche dans le jour le bruit d’eau de tes pas.

        je suis affamé de ton rire de cascade,
        et de tes mains couleur de grenier furieux,
        oui, j’ai faim de la pâle pierre de tes ongles,
        je veux manger ta peau comme une amande intacte,
        et le rayon détruit au feu de ta beauté,

        je veux manger le nez maître du fier visage,
        je veux manger l’ombre fugace de tes cils,
        j’ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule

        et je te cherche, et je cherche ton coeur brûlant
        comme un puma dans le désert de Quitratúe.

        ***

        Tengo hambre de tu boca, de tu voz, de tu pelo,
        y por las caltes voy sin nutrirme, callado,
        no me sostiene el pan, el alba me desquicia,
        busco el sonido líquido de tus pies en el día.

        Estoy hambriento de tu risa resbalada,
        de tus manos color defuriosogranero,
        tengo hambre de la pálida piedra de tus uñas,
        quiero comer tu piel como una intacta almendra.

        Quiero comer el rayo quemado en tu hermosura,
        la nariz soberana del arrogante rostro,
        quiero comer la sombra fugaz de tus pestañas

        y hambriento vengo y voy olfateando el crepúsculo
        buscándote, buscando tu corazón caliente
        como un puma en la soledad de Quitratúe.

        (Pablo Neruda)




      • troletbuse troletbuse 19 juin 19:47

        @rosemar
        Pour les paroles du poeme :
        Ca a pas du vous arriver souvent ou même pas du tout.
        Vraiment triste. Je vous vois bien en grenouille de bénitier. On voit le résultat.


      • rosemar rosemar 19 juin 21:42

        @troletbuse

        Vous connaissez ?

        https://youtu.be/OKIEPfMvO0I


      • troletbuse troletbuse 19 juin 22:04

        @rosemar
        Le son est execrable, j’ai arrêté.
        Vaut mieux écouter du Boby Lapointe qui était aussi un matheux


      • rosemar rosemar 19 juin 23:24

        @troletbuse

        Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre...


      • troletbuse troletbuse 19 juin 23:43

        @rosemar
        Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
        Ces 2 affirmations vous sont applicables.
        C’est encore une de vos pirouettes.
        Je préfère Pink Floid et pas un gratouilleux qui chante mal. Aucun intérêt. Vous croyez tous les fakes de nos merdias. Vous n’allez pas plus loin. Trop fatigant ?
        Pour vous, c’est l’évangile.
        Bien-pensante par paresse et soumission.


      • troletbuse troletbuse 19 juin 23:46

        @rosemar
        Allez retournez dans la piscine. .


      • troletbuse troletbuse 19 juin 20:20

        Et pour votre prochain article, parlez nous du peintre de Arthur Rimbaud



        • troletbuse troletbuse 19 juin 21:47

          @rosemar
          Bien sur on va les croire.
          Exactement comme : Micron n’a confondu la Guyane avec une île. Ca devait encore être une métaphore. smiley
          Comme Fergus, toujours prête à défendre Tarlouzette.



        • troletbuse troletbuse 19 juin 22:05

          @Iris
          Celle là, elle a fait le tour du monde comme la claque.


        • troletbuse troletbuse 21 juin 12:48

          @rosemar
          Et la branlée de votre champion Micron aux régionales, c’est une métaphore ?  smiley


        • Jeekes Jeekes 19 juin 21:36

          ’’tes mains couleur de grenier furieux’’

           

           

          Elle est bonne celle-là. C’est clair qu’il faut être un vrai pouet-pouet pour en sortir une pareille.

           

          Bon, assez rigolé. Ho, la rose-marie, toi qui cause le grec et le latin dans le texte (entre autres conneries dont tu as le secret), vas-y, splike-nous à quoi ça ressemble une couleur de grenier furieux.

           

          La vache, j’en frémis d’avance.

          Déjà, un grenier, hein ? Mais pas n’importe quel grenier.

          Nan, un grenier furieux !

          Là ça en jette. On sent tout de suite l’intellect supérieur.

          Faut bien une kônasse pour s’extasier...

           

          Après, OK, le grenier il est furieux, bon, on a comprit.

          Mais de quelle couleur que cétykilé, le grenier ?

           

          Paske d’habitude, quand on monte dans un grenier, c’est pas sa couleur qui nous saute d’abord aux yeux.La poussière, les toiles d’araignées...

          Juste comme celles qui obscurcissent les facultés de rose-marie ?

          M’enfin, le mec il en rajoute une couche, il a faim de :

           

          ’’la pâle pierre de tes ongles’’

           

          De la pierre ? Moi qui croyais que c’était de la kératine.

          Passons...

          Quoique :

           

          ’’je veux manger ta peau comme une amande intacte’’

           

          Allez, on a touché le fond.

          J’avoue que bouffer une amande pourrie...

           

          Et v’la-t-y pas que la rose-marie se répand. Même qu’elle en a le slip comme un chiffon de vidange.

          Faut dire que y’a des nasales, des gutturales, tout ce qu’il faut pour la faire se pâmer, la nombrilo-centrée !

           

          Allo, docteur ?

           


          • rosemar rosemar 19 juin 21:45

            @Jeekes

            C’est de la poésie !


          • troletbuse troletbuse 19 juin 21:48

            @Jeekes
            la rose-marie, toi qui cause le grec et le latin

            Exactement comme le peintre Arthur Rimbaud  smiley


          • troletbuse troletbuse 19 juin 21:53

            @troletbuse
            Je ne pense pas que le peintre Arthur Rimbaud se soit rendu sur l’île de la Guyane pour y peindre ses poèmes.. smiley


          • troletbuse troletbuse 19 juin 21:54

            @troletbuse
            Je me demande si il lui a bouffé l’ognon  smiley


          • Jeekes Jeekes 19 juin 21:55

            @rosemar
             
            ’’C’est de la poésie !’’
             
            Ouais et ça c’est de l’art :
             
            https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cyj5Rgr
             
            Je subodore qu’en bonne bobo-débilo-crétino tu t’extasies devant la création du maitre. Peut-être t’en es-tu offerte une boite ?
             



          • phan 19 juin 22:54

            @troletbuse
            et Arthur John Rambo avait la botte de Staline ... 


          • amiaplacidus amiaplacidus 20 juin 14:50

            @Jeekes

            C’est effectivement un maître d’avoir réussi à vendre de la merdre au prix de l’or.

            L’imbécilité des bobos n’a pas de limite.



          • troletbuse troletbuse 19 juin 21:42

            Vous devriez déménager près de chez Fergus. Vous faites partie tous deux des propagandistes de la LREMie. Vous ne faites que des déclarations péremptoires et de mauvaise foi. Et quand vous êtes embarassés par une question, bien que vous perdiez pied,

            vous avez piscine.Si bien que Fergus en a fait construire une chez lui car il y allait trop souvent.. Ainsi vous pourrez prendre vos bains mais pas ensemble vu que Fergus est marié et il ne mange pas de ce pain là. Et il ne voudrait pas qu’on fasse du complotisme contre lui. Comme Fergus sait tout sur tout, vous pourrez écrire 2 articles par jour. smiley


            • Jeekes Jeekes 19 juin 21:48

              @troletbuse
               
               ’’vous pourrez écrire 2 articles par jour’’
               
               Nan mais ça va pas la tête ?
               
              Entre na-boum le conteur (croyant) sachant conter, la rosemarde, le rat-ko-to-lèche-fion qui nous en chient déjà à la chaine, tu veux pas qu’on se farcisse en plus les daubes à fergougousse ?
              Pourquoi pas du grounichou, du panda ou du spartacul pendant que tu y es ?
               
              GASP !
               
               smiley
               


            • troletbuse troletbuse 19 juin 21:50

              @Jeekes
              Oui mais Na boum n’est pas du même côté que les autres olibrius que tu cites. smiley


            • lisca lisca 21 juin 06:37

              Je suis allée chercher l’original en espagnol :

              Extrait de : Sonnet 11 du recueil Cien sonetos de amor de Pablo Neruda

              , à l’eau de rosamar

              Estoy hambriento de tu risa resbalada,

              De tus manos color de furioso granero,

              Tengo hambre de la pálida piedra de tus uñas,

              Quiero comer tu piel como una intacta almendra.


              Je me risque à traduire :

              J’ai faim de ton rire en cascade, de tes mains pareilles aux blés échevelés dans la grange

              J’ai faim de tes ongles d’opale

              Et, comme on croque une amande entière, je veux te déguster la peau.


              Le grenier furieux, c’est un peu dadaïque, les ongles de pierre, c’est plutôt inquiétant. La femme ainsi décrite, c’est Marlène Schiappa statufiée ?

              Quant aux ongles, mot français célébré par rosamar, ils ne sont pas toujours roses ni blancs. Souvent en deuil, ils peuvent faire saigner. Leur sonorité un peu rude (dame, il servent à griffer et gratter) n’a rien à voir avec celle de « uña », terme espagnol plus mignonnet.

              Bref la poésie, c’est délicat, comme diraient Pablo Neruda et son interprète, Assurancetourix à l’eau de rosamare.



              • rosemar rosemar 21 juin 09:09

                @lisca

                Merci pour la jolie traduction, façon Leconte de Lisle... « piedra », c’est bien « la pierre » ?


              • lisca lisca 21 juin 13:22

                @rosemar
                Oui, piedra, c’est pierre ; ici dans le sens de gemme, puisque pâle. On pense à l’opale.


              • lisca lisca 21 juin 06:38

                correction de la coquille :

                Cien sonetos de amor de Pablo Neruda

                Estoy hambriento de tu risa resbalada,

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