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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Folle Journée de Nantes : Beethoven en entrée, plat et dessert

Folle Journée de Nantes : Beethoven en entrée, plat et dessert

Cette année 2020 est, sur toute la planète, marquée par le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven, sans doute le plus grand des compositeurs de Musique classique avec Bach et Mozart. Un événement que La Folle Journée de Nantes se devait de commémorer de façon spectaculaire. C’est donc à ce génie allemand que les organisateurs ont décidé de consacrer la presque totalité de la programmation de la 26e édition de ce festival hors normes...

Si l’on en croit les prévisionnistes de Météo-France, c’est un temps maussade arrosé d’averses qui attend les amateurs de musique classique dans la belle ville de Nantes pour la 26e édition de La Folle Journée. Pas de quoi décourager les mélomanes, qu’il s’agisse d’habitués pour lesquels ce rendez-vous est devenu incontournable au fil des ans, ou de béotiens venus se plonger pour la première fois dans cette ambiance festivalière à nulle autre pareille.

Organisée depuis plus d’un quart de siècle dans l’ancienne capitale du Duché de Bretagne, La Folle Journée se déroulera cette année du mercredi 29 janvier au dimanche 2 février, principalement dans les salles de la Cité des Congrès de Nantes, mais aussi, pour quelques concerts, dans le cadre du Lieu Unique, l’ancienne biscuiterie LU transformée depuis des années en espace culturel et récréatif très apprécié.

René Martin, directeur artistique du festival, et les organisateurs, placés sous la houlette de Joëlle Kérivin – directrice générale du festival –, proposeront au public 271 concerts interprétés, pour la grande majorité d’entre eux, par des formations et des artistes de renommée internationale. Figurent également au programme 22 conférences données par des musicologues et des historiens de renom, ainsi qu’une trentaine de prestations musicales gratuites dans la Grande Halle de la Cité des Congrès. Une Grand Halle d’où seront également données en direct plusieurs émissions de France Musique, dont l’incontournable Carrefour de Lodéon.

Exception faite de quelques très rares œuvres – notamment de Haydn et Mozart –, la quasi-totalité du programme musical de La Folle Journée 2020 sera consacrée à Beethoven. Une évidence en ce millésime anniversaire exceptionnel au cours duquel les œuvres du compositeur allemand sont d’ores et déjà, et seront tout au long de l’année, mises à l’honneur sur tous les continents et interprétées par les plus prestigieuses formations et les plus grands solistes.

À Nantes, les amoureux de Beethoven auront accès à l’intégrale de son répertoire pour piano, à l’intégrale de sa musique de chambre (des sonates pour piano et violon aux œuvres pour vents en passant par les trios, quatuors et quintettes), à l’intégrale de ses concertos et, bien sûr, à l’intégrale de ses symphonies, ainsi qu’à la majeure partie de ses œuvres chorales et de ses Lieder. Sans compter quelques-unes des plus belles adaptations, transcriptions et variations réalisées par des compositeurs de très grand talent tels Czerny, Hummel et Mahler, pour ne citer qu’eux. Jamais un tel programme centré sur un compositeur n’avait été mis sur pied ! 

Lors de l’édition 2019 de La Folle Journée, 132 000 billets ont été vendus pour un taux de remplissage de 95 %. Nul doute que, cette année encore, le succès sera, une fois de plus, au rendez-vous nantais, eu égard à l’immense admiration que suscite le génie du compositeur rhénan, tant auprès du public que des musiciens, conquis par l’audace créatrice de cet homme qu’une terrible surdité a privé de l’écoute de la plupart de ses chefs d’œuvre. Un public qui, à Nantes, est infiniment plus varié que celui des prestigieuses salles de concert de Berlin, Londres, New York, Paris ou Vienne. Ce n’est pas là le moindre charme de La Folle Journée.

Satisfaire les attentes du public est, depuis la première édition du festival en 1995, un objectif constant des organisateurs qui, aujourd’hui comme hier, ont à cœur de faire entendre « des œuvres portées par la plus haute exigence artistique », souligne Johanna Rolland, la maire de Nantes. Désireux de faire découvrir la musique classique au plus grand nombre, les organisateurs se sont tout particulièrement attachés à mettre en place une politique tarifaire spécialement adaptée pour favoriser l’accès du festival aux scolaires et aux personnes handicapées. Comme chaque année, des milliers de place à tarif très réduit leur seront délivrées. Les personnes éligibles aux minimas sociaux ainsi que les jeunes de moins de 26 ans bénéficieront en outre d’une remise de 50 % sur les billets.

René Martin définit Beethoven comme « l’un des plus grands génies de la civilisation occidentale ». Une opinion très largement partagée par les amateurs de musique classique. Et tous ceux qui auront la chance d’entendre ses œuvres à Nantes, de la sonate « Le printemps » à la célébrissime 9e symphonie, en passant par le trio « L’archiduc » ou le grandiose concerto « L’empereur  », pourront mesurer à quel point cet homme a, malgré ses souffrances physiques et ses tourments psychologiques, profondément marqué, non seulement l’histoire de la Musique et la Culture européenne, mais aussi l’Humanité dans ce qu’elle a de plus élevé. 

Lien : le site de La Folle Journée

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46 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 27 janvier 10:11

    Thanks for this article. LVB is the GOAT.


    • Fergus Fergus 27 janvier 11:29

      Bonjour, Laconique

      J’avoue ne pas comprendre.


    • Laconique Laconique 27 janvier 11:53

      @Fergus


      « Merci pour cet article. Ludwig Van Beethoven est le Greatest Of All Time. »


      J’ai particulièrement apprécié la conclusion de votre article. Beethoven, par les souffrances qu’il dut endurer et le message qui ressort de sa production, est en effet un des rares compositeurs qui a su transcender les limites de son art, qui parle à tout le monde, comme en témoigne son influence dans des disciplines autres que la sienne (le cinéma avec Kubrick et Orange Mécanique, la littérature avec Romain Rolland et Jean-Christophe, et bien d’autres).


    • Fergus Fergus 27 janvier 12:00

      Bonjour, Laconique

      « un des rares compositeurs qui a su transcender les limites de son art, qui parle à tout le monde »

      Je partage totalement votre opinion.
      Merci à vous !


    • Fanny 27 janvier 14:26

      Les alcooliques anonymes, les LGBT et durs de l’oreille (j’en suis) reconnaissants.


      • Fergus Fergus 27 janvier 14:42

        Bonjour, Fanny

        Une reconnaissance à Beethoven qui transcende tous les groupes humains...


      • laertes laertes 27 janvier 14:32

        Je suis désolé mais l’oeuvre de Beethoven est très inégale. Ses meilleures performances reste les sonates pour piano qui restent imbattables. Ses concertos sont assez répétitifs sur le plan mélodique et n’ ont pas la tension de certaines de ses symphonies comme la 5e pour la 9e qui est de loin la meilleure symphonie jamais écrite. La symphonie héroïque est un foutoir. Ses quatuors à cordes sont loin de valoir ceux de Mozart. Idem pour l’opéra. Beethoven ne sait pas composer des opéras. Pour évaluer la différence de capacité entre Beethoven et Bach , il n’y a qu’à écouter les variations de diabelli de Beethoven et après les variations Goldberg de Bach ! Quel gouffre !! Et pas à l’avantage de Beethoven. Et puis Beethoven a de grandes difficultés a terminé ses œuvre. Il va répéter ad nauseum des accords conclusifs peu convaincant et très loin du matériau que constitue le corps de l’ œuvre. En cela il est l’opposé de Mozart qui lui et tu était un génie de la conclusion, la clôture. 2 + Beethoven ce n’est pas un compositeur ou l’auditeur est actif. Il impose à l’auditeur son parcours d’une manière autoritaire mais souvent délicieuse. Bien sûr il est très au-dessus du médiocre Haydn et du plus médiocre encore Schubert.


        • Fergus Fergus 27 janvier 14:41

          Bonjour, laertes

          « l’oeuvre de Beethoven est très inégale »

          Inégale, sans doute, mais citez-moi un compositeur qui n’ait pas été un tant soit peu inégal.

          « Ses meilleures performances reste les sonates pour piano qui restent imbattables »

          Eh bien, voyez-vous, en ce qui me concerne, ce sont ses symphonies et ses concertos que je place au dessus du reste de sa production. Comme quoi les goûts et les couleurs... (cela dit, d’accord avec vous sur les quatuors).

          « médiocre Haydn »*

          Houlà, nous n’allons pas être d’accord. Haydn est un géant que je place tout de suite derrière le trio que j’ai cité dans le chapeau de l’article. 

          Quant à Schubert, je vous accorde que l’on peu sans hésiter le qualifier d’« inégal », tantôt génial, tantôt ennuyeux. En mieux toutefois que Chopin.


        • Pierre 27 janvier 15:48

          @laertes
          Eh ben ! Beethoven est un grand innovateur contrairement à Mozart, autre génie par ailleurs, et cela dans la quasi totalité de son oeuvre, sonates, concertos, quatuors, symphonies (la troisième en particulier par son art du développement). Il a été tellement énorme qu’il a impressionné le monde musical pendant longtemps, à tel point par exemple que Brahms pétochait de faire du ludwig au rabais et que beaucoup d’autres comme Bruckner, Wagner lui vouaient une grande dévotion. Quant à Schubert et en particulier Haydn, on est très loin de la médiocrité. Cela dit, il est regrettable que tout tourne (en rond !) autour des seuls grands noms connus du public (pour l’attirer en grand nombre sans doute) alors que tant d’autres (Casella, Rott, etc..) mériteraient de tels hommages.


        • Fergus Fergus 27 janvier 16:07

          Bonjour, Pierre

          Très largement d’accord avec vous.

          Pour ce qui est de la symphonie Héroïque, j’ai consacré un article (cf. Lien en d’article) à ce monument qui a constitué une étape majeure dans l’histoire de la musique.

          Vous avez raison, nombre de compositeurs importants sont trop peu joués. Je pense par exemple à Stamitz, Gossec, Bortniansky, Pleyel, Hummel, Lalo, Saint-Saens, etc.


        • Fanny 27 janvier 16:42

          @laertes
          « Et puis Beethoven a de grandes difficultés a terminé ses œuvre »

          Vous allez peut-être m’éclairer sur ce qui est pour moi très mystérieux : pourquoi des représentants des nouvelles générations, souvent très instruits par ailleurs, confondent si souvent l’infinitif er et le COD é ??? D’où ça vient ? De l’EDUCNAT ?


        • Fanny 27 janvier 17:09

          @laertes
          « du plus médiocre encore Schubert »

          On sent l’intellectuel, l’analyste qui parle de Musique comme on traite de la Bourse.

          Il y a d’autres approches, en particulier celles du cœur et de la mémoire inconsciente.

          Qu’est-ce qui reste après 30 ans, 50 ans et qui revient sans cesse à la conscience, sans crier gare ?

          Pour moi c’est une Fantaisie de Schubert pour piano à quatre mains (D940), plus que n’importe quelle sonate pour piano de Beethoven.

          Mon cerveau est peut-être « médiocre », comme Schubert, mais c’est une médiocrité bien aimable.



        • Fergus Fergus 27 janvier 17:17

          @ Fanny

          Et le fantastique piano trio op. 100. Et la version piano et violoncelle de Ständchen. Pour ne citer que ces deux chefs d’oeuvre...



        • Fergus Fergus 27 janvier 18:44

          @ Fanny

          Merci pour le lien, la sonate arpeggione fait partie de mes oeuvres favorites.


        • laertes laertes 28 janvier 14:53

          @Pierre c’est marrant cette histoire d’innovation car en fait Haydn et Beethoven sont tous deux des novateurs et l’un a été le maître de l’autre. Mais être novateur ne veut pas dire être un grand compositeur, je suis désolé. Je persiste est un compositeur moyen qui a très peu d’idées musicales. Lorsque Mozart a composé c’est fameux quatuors dédié à Haydn qui a créé le genre, Haydn à tout de suite vu le gouffre qui le séparait de Mozart. Il a d’ailleurs dit au père de Mozart : je tiens à votre fils comme le plus grand compositeur de notre époque et certainement de celle à venir. Quand on écoute la Création de Haydn composée après la flûte enchantée de Mozart on voit l’abîme qui sépare les 2 compositeurs. Haydn n’arrive pas à tenir compte des leçons de la flûte enchantée pour la simple raison qu’il ne peut pas. À l’âge de 20 ans Mozart avait dépassé depuis longtemps Haydn. Il faut remarquer aussi que Mozart n’a pas du tout été impressionné par Beethoven. Beethoven n’arrivera jamais à atteindre le niveau de Mozart dans les quatuors ou dans les opéras car là aussi il n’y arrive pas. Beethoven est essentiellement un compositeur de tension et c’est là que réside son principal génie. Aucun compositeur ne peut à partir d’un thème apporter une telle tension qui enchaîne l’auditeur et emporte dans un tourbillon dont il ne peut sortir. Il me fait penser mais il est meilleur à certaines ouvertures de Rossini. Non désolé pour moi Beethoven qui est de très loin supérieur à Haydn est en général un compositeur inférieur à Mozart ou à Bach.


        • laertes laertes 28 janvier 15:05

          @Fanny ce que vous dites je suis désolé n’a aucun sens. La musique et l’expression de l’émotion par excellence mais elle est aussi une technique et un art qu’il faut maîtriser et améliorer. L’écoute de la musique contrairement à ce que l’on croit ce n’est pas quelque chose de passif. Bernstein disait avec raison qu’il fallait écouter la musique en connaissant les bases de son fonctionnement et en se concentrant sur le caractère du thème ou des thèmes et la structure de la musique afin que l’émotion soit encore plus complexe et plus forte. Dire que la musique n’a rien à voir avec l’intelligence n’a pas de sens. Je vous conseille d’écouter l’une des musiques les plus intelligente qui soit à savoir les variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach. Vous y découvrirez une structure sans faille complexe diversifier quasi mathématiques et donnant une émotion au-delà de toute expression. Personnellement je trouve que Schubert est l’un des compositeurs qui a le moins d’idées musicales de l’époque de Beethoven. Ses thèmes sont pauvres, prévisibles ou larmoyants. Et il les répète ad nauseum. Le pire et je crois ses lieder. Il n’y a aucune inventivité ni tension dans sa musique à part l’idée musicale qui peut être intéressante mais qui perd toute sa puissance émotionnelle à cause de son usure jusqu’à la corde par le peu créatif imaginatif Schubert. Mendelssohn est du même tonneau.


        • laertes laertes 28 janvier 15:16

          @Fanny je ne vois pas le rapport entre l’incapacité chronique de Beethoven à conclure et la grammaire française. C’est comme dans la vie il y a des gens qui savent dire au revoir et d’autres qui ne le savent pas. Mozart est le plus grand compositeur dans les au revoir. Par des astuces simples mais toujours précise comme des rayons laser il sait par instinct comment conclure en lien avec le matériau précédent de manière parfaite. Et quand on l’écoute on se dit que c’était facile mets que cela ne pouvait pas être autrement ce qui veut dire qu’en fait c’était extrêmement difficile sauf pour un génie tel que Mozart.


        • laertes laertes 28 janvier 15:31

          @Fergus vous plaisantez Fergus ! Schubert plus grand que Chopin ? Je suis désolée d’être un tantinet arrogant mais je crois que vous avez encore des choses à apprendre en ce qui concerne la musique. Schubert est resté quasiment constant dans sa « moyenneté ». Pourquoi ? Parce qu’il ne sais pas faire des progrès contrairement à un Beethoven un Mozart ( le Speedy Gonzales de l’apprentissage et du progrès dans l’art de la musique) ou un Bach. Haydn est du même tonneau. Quand on écoute sa musique que ce soit ses quatuors où ses symphonies on est saisi par la légèreté de l’architecture rigoureuse mais aussi par le peu de consistance de la puissance émotionnelle de sa musique. Elle en devient très artificielle. Haydn n’a fait que peu de progrès pendant toutes ces années de composition alors que Mozart à en 2, 3 ans fait autant de progrès qu’Haydn en 20 ans ! En 1789 Mozart s’est lancer dans l’étude de l’ œuvre de Bach pour y découvrir quelque chose de nouveau. Et il a dit « c’est encore dans ce vieux maître que l’on trouve quelque chose de puissant et de nouveau ».


        • Pierre 28 janvier 15:33

          @laertes
           Beethoven a intimité tout le monde sauf peut-être Chopin et surtout vous ! Mozart mérite vos hommages mais Haydn a eu une grande force créatrice et a dominé la symphonie, le quatuor et l’oratorio, pour ce dernier domaine, seul le Requiem rivalisant. Peu importe finalement, vous adorez Mozart et c’est très bien...


        • laertes laertes 28 janvier 15:51

          @Pierre Beethoven a intimidé tout le monde parce que sa musique est faite d’intimidation. Il n’est pas donné à tout le monde d’intimider par la musique. Mais désolé pierre , je ne suis pas d’accord avec vous concernant Haydn. Écoutez attentivement sa musique et vous verrez que malgré sa structure sans faille elle contient une impuissance intrinsèque émotionnelle qui est du à l’incapacité de Haydn de faire correspondre sa connaissance étonnante de la structure musicale avec le matériau émotionnelle requis. Vous parlez avec raison des oratorios où sa puissance ou plutôt son impuissance se révèle le plus remarquablement. Dans ce domaine Haendel lui est largement supérieur. Quant à mon amour de Mozart il ne vient pas comme par hasard mais par une étude attentive et par études j’entends écoute, de ses oeuvres , je veux bien sûr parler de celle des dernières années. Si vous êtes un amateur d’opéra et d’opéra de Mozart je vous conseille de lire le livre extraordinaire de Jean-Victor hocquard sur les derniers opéra de Mozart. Il est fait une analyse exhaustive de la dynamique des thèmes employé de l’incroyable théâtralisation non seulement de l’action mais aussi de la pensée des personnages par la musique.


        • Fergus Fergus 28 janvier 15:59

          Bonjour, laertes

          « Je suis désolée d’être un tantinet arrogant mais je crois que vous avez encore des choses à apprendre en ce qui concerne la musique »

          La musique classique, je la connais pour avoir écouté des milliers de vinyles et de CD, et pour avoir assisté à des centaines de concerts. Je maintiens ce que j’ai écrit plus haut, et aucun de vos arguments ne fera changer la perception que j’ai des compositeurs et de leurs oeuvres. Un goût qui s’est forgé au long de plusieurs décennies et de milliers d’heures d’écoute sans a priori.


        • laertes laertes 28 janvier 16:11

          @Fergus on peut avoir écouté des dizaines 2 milliers de disques et être un fanatique de concerts et cependant utiliser sans arrêt la même conception ou technique d’ écoute. L’écoute de la musique et une technique que l’on doit sans arrêt améliorer. C’est ce qui différencie l’auditeur passif ou moins passif de l’ auditeur actif qui attend ce qui va arriver exactement en tenant compte de ce qui a précédé. Si cela vous intéresse et si vous ne l’avez pas déjà lu je vous conseille le livre de Léonard Bernstein : la question sans réponse. Les livres d’Oliver Sachs ,grand mélomane neurologue maintenant décédé, sur la musique sont aussi très instructifs.


        • laertes laertes 28 janvier 16:15

          @Fergus j’ajouterai que j’entends par auditeur passif un auditeur qui sait un événement musical le touche mais sans avoir de retour sur le pourquoi. Et c’est en sachant le pourquoi qui le transformera en un auditeur actif et multipliera son plaisir quant à la perception globale de l’événement en question.


        • Fanny 28 janvier 23:25

          @laertes
          « Personnellement je trouve que Schubert est l’un des compositeurs qui a le moins d’idées musicales de l’époque de Beethoven. Ses thèmes sont pauvres, prévisibles ou larmoyants. Et il les répète ad nauseum. Le pire et je crois ses lieder. Il n’y a aucune inventivité ni tension dans sa musique à part l’idée musicale qui peut être intéressante mais qui perd toute sa puissance émotionnelle à cause de son usure jusqu’à la corde par le peu créatif imaginatif Schubert. Mendelssohn est du même tonneau. »

          Je ne reconnais rien de Schubert dans vos propos. Ses thèmes sont superbes et connus de tous. Qui n’a pas la truite en tête ?

          Quant à Mendelssohn, il se trouve que j’ai étudié son concerto pour violon autrefois, ainsi qu’un concerto de Mozart (K ???). Celui de Mendelssohn m’a paru plus poétique, moins « automatique »- genre belle machine en marche - que celui de Mozart. Les trois concertos pour violon Beethoven/Brahms/Tchaïkovski sont écrasants, celui de Mendelssohn est poétique, cf. le 2 ème mvt.

          Avec vos discours savants et vos jugements péremptoires, vous êtes bon pour postuler à France Musique -)


        • Fergus Fergus 28 janvier 23:34

          Bonsoir, Fanny

          Le concerto pour violon op. 64 de Mendelssohn est une oeuvre magnifique, considérée à juste titre, tant par les solistes que par les mélomanes, comme l’un des plus grands concertos écrits pour cet instrument. La cantilène qui ouvre le 1er mouvement est une pure merveille.


        • Fergus Fergus 28 janvier 23:47

          Bonsoir, laertes

          Entrer dans la connaissance de la technique musicale est sans doute enrichissant pour une partie des amateurs de musique, mais certainement pas pour la majorité d’entre eux. Pour une raison simple : fouiller la technique et écouter les musicologues les plus pointus disséquer les oeuvres, c’est perdre sa spontanéité d’écoute, et même courir le risque de polluer ses émotions. Il fut un temps où Mozart était snobé pour ses mélodies « trop faciles » par des experts. Et Vivaldi était lui aussi considéré de manière condescendante au début du 20e siècle par des sommités musicales. Dans les deux cas, c’était absurde. 

          Personnellement, je fais souvent un parallèle entre la musique et la peinture. Or, dans cette dernière, c’est également l’émotion qui prime sur la connaissance de la technique.


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 29 janvier 00:02

          @Fergus

          Bonsoir. Vous oubliez qu’une bonne partie des amateurs sont des joueurs...et les questions d’harmonie les touche . Impossible pour moi de m’en foutre, bien au contraire tant c’est intéressant.


        • Monokochkoi Karukera42 29 janvier 00:38

          @Aita Pea Pea

          Hey Lopette, sachant qu’Etchebest aurait de toute façon pas pu venir dans le troquet désigné qu’est fermé, est-ce que je pousse jusqu’au grand Théâtre dans son resto ?

          T’as 1 mn pour me dire koi, sans piège, mais en devant te souvenir que si j’y craque 10€, c’est 1/3 de mon budget total (et même pas puisque c’est pire je suis à - 1500€ sur mon compte en banque).

          Je me devrais partant si tu me truandes de te soulager par tout moyen utile de 1/3 du tien le moment choisi !

          Et 2/3 du SIEN si j’aurais du y aller malgré ton conseil défavorable !

          Tschuss/bisous


        • Fergus Fergus 29 janvier 08:19

          Bonjour, Aita Pea Pea

          « Vous oubliez qu’une bonne partie des amateurs sont des joueurs »

          En musique classique, très peu d’amateurs de ce genre ont eux-mêmes une formation d’instrumentiste.

          « au contraire tant c’est intéressant »

          En effet, mais pour une minorité de ces amateurs. Les musicologues modernes eux-mêmes  comme j’ai pu le constater personnellement lors d’échanges  sont conscients de cette dichotomie. 

          A noter qu’à La Folle Journée, on peut rencontrer des experts de la musique lors des conférences qui sont données chaque année. Or, les rencontres de ce type  je parle des musicologues, pas des historiens n’attirent chaque année qu’un millier de personnes, soit une infime minorité des participants de cet événement.


        • laertes laertes 31 janvier 16:45

          @Fergus je ne suis absolument pas d’accord avec vous. La spontanéité en matière d’écoute musical est une pure fiction. Je vais vous donner un exemple précis. Un accord dissonant est en lui-même spontanément déplaisant, pourtant si cet accord intervient à un moment adéquat dans la continuité temporel il est jouissif. Disséquer des œuvres musicalement parlant (pas dans le style de France musique ou ils plaquent des clichés) est un enrichissement qui augmente la jouissance de l’écoute. C’est en fait comme un texte littéraire. Il n’y a pas de spontanéité dans l’émotion que procure par exemple un passage merveilleux de Guerre et Paix de Tolstoï. C’est une analyse des liens et de la construction des phrases qui fait que l’émotion et incroyable et juste qui ouvre des perspectives de découverte de la possibilité de décrire des émotions. Fanny les mélodies de Schubert sont jolies mais il ne sais quoi en faire si bien que toute leur beauté s’évanouit avec le temps comme une rose. C’est un compositeur qui epuise l’auditeur et le déçoit constamment. Quand à Mendelssohn sa musique revelle un travail de traitement insuffisant avec des transitions pauvres et des mélodies facile mais indigentes. Rien à voir avec un Brahms par exemple.


        • laertes laertes 31 janvier 16:51

          @Fergus quand as la peinture Fergus, il est impossible de connaître la technique du peintre et c’est la particularité de cet art. Mais l’analyse de la composition de l’œuvre de l’emploi des couleurs, des thèmes, des contrastes augmente considérablement l’émotion que l’on peut ressentir devant un tableau.


        • laertes laertes 31 janvier 17:23

          @Fanny Ah, la truite de Schubert. !! Écouter attentivement ce quintette. Vous constaterez plusieurs choses : c’est d’abord une mélodie populaire ( dans le sens de peuple, folklore) qui n’est pas émotionnellement en elle-même extraordinaire. Mais le traitement qu’en fait Schubert est absolument catastrophique. Par manque de capacité variationnelle il va instiller à l’auditeur une sensation d’usure et d’ennui. Mais le pire qu’il a fait dans ses méfaits c’est la 9e symphonie et le voyage d’hiver, le fameux (pourquoi ? Un mystère !) lied. S’il fallait donner des notes sur la capacité de variation sur un thème à Schubert, Beethoven et Bach, Schubert aurait zéro, Beethoven 6 mets 8 et 9 dans la 5e et la 9e symphonie et Bach........10/10.


        • Fergus Fergus 31 janvier 22:45

          Bonsoir, laertes

          Je crois que nous ne sommes pas faits pour nous entendre. Je considère par exemple que la symphonie n°9 de Schubert est un pur chef d’oeuvre, notamment pour ses deux premiers mouvements, si parfaitement aboutis. Quant au quintette La truite, c’est une oeuvre d’une très grande qualité à mes oreilles.

          « Disséquer des œuvres musicalement parlant (...) est un enrichissement qui augmente la jouissance de l’écoute »

          Cela peut être en effet intéressant, mais je ne crois pas que, dans la plupart des cas, cela débouche sur un plaisir d’écoute accru. A ce propos, je reviens de La Folle Journée où j’ai passé 3 jours. Et je peux vous dire que le taux de remplissage des concerts a été exceptionnel. Seules les conférences de musicologie ont été quelque peu boudées, et ce n’est pas un hasard comme j’ai pu le constater en discutant avec des habitués de cet événement musical : la grande majorité des personnes veut s’en tenir aux impressions, aux émotions suscitées par la seule force de l’oeuvre !

          Sur les dissonances, je ne suis pas non plus d’accord : il n’est pas besoin d’explication pour que le mélomane en perçoive la pertinence. Et si tel n’est pas le cas, ce n’est pas une explication qui le fera changer d’avis. Cela me rappelle en peinture les oeuvres d’un dénommé Dufour qui peint toujours des personnages sans visage, ce qui est une forme de dissonance appliquée à la peinture. Or, l’on a beau expliquer ce parti pris de l’artiste en disant que seule la silhouette a de l’importance aux yeux du peintre, cela ne change rien : ceux qui appréciaient continuent d’apprécier, et ceux qui rejetaient continuent de rejeter.

          A propos de peinture, désolé, mais si, l’on peut disséquer les tableaux comme l’on dissèque les oeuvres musicales. Je ne parle évidemment pas des miens (par exemple mon avatar, peint en 1999) car je serais incapable d’expliquer quelle technique j’ai utilisée ! smiley


        • laertes laertes 1er février 14:38

          @Fergus ce n’est pas moi qui dit que disséquer, c’est par disséquer on entend analyser, la musique apporte un enrichissement émotionnel accru, c’est Léonard Bernstein, le chef d’orchestre connu est le compositeur de West side story qui reste pour moi l’un des plus grands opéras du 20e siècle. C’est en lisant son livre et après bien d’autres sur le même sujet que j’ai pu expérimenter la véracité sur moi-même de ce qu’il disait. Je suis désolé mets la peinture et la musique sont à la fois différentes dans le sens où l’une masque la technique et l’autre la révèle et semblable dans le sens de la composition des couleurs et des contrastes. Oui c’est vrai nous sommes très loin l’un de l’autre en ce qui concerne Schubert. Je trouve la 9e de Schubert l’une des pire symphonie qui est jamais été composé à son époque. Même des symphonies de Haydn son meilleures. Si les gens délaissent les discours sur l’analyse de la musique c’est uniquement par paresse intellectuelle. Les auditeurs aiment retrouver leurs émotions en se fermant à toute possibilité de changement qui pourrait justement leur ouvrir des champs d’émotion beaucoup plus vaste et intense. Et je ne fais pas exception à la règle loin de là.


        • laertes laertes 1er février 14:46

          @Fergus re-bonjour Fergus J’ai relu votre premier post où vous me demandiez de citer un compositeur dont les œuvre ne sont pas inégales. Je peux vous en citer un : Johann Sebastian Bach.


        • laertes laertes 1er février 15:04

          @Aita Pea Pea bonjour Personnellement je ne trouve qu’il y a aucun lien entre le fait de jouer un instrument est la capacité d’écouter de la musique et de l’apprécier. Beaucoup d’instrumentistes sont des mélomanes médiocres. J’ai écouté beaucoup d’interviews, 2 chanteurs, d’instrumentistes et j’étais surpris de voir que souvent mais pas toujours bien sûr ils avaient une vision peu inventive et étroite de l’ œuvre qu’il interprétait. Surprenant n’est-ce pas ?


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er février 15:09

          @laertes

          Oui . On en revient toujours àBach .


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er février 15:14

          @laertes

          Le professionnalisme demande une certaine mécanique...


        • Kylo REN 42 Chaussette42 1er février 16:04

          @Aita Pea Pea

          Mouais, Vivaldi, Les 4 saisons, sur une seule œuvre certes, mais inégalé/inégalable !

          Sinon pendant ce temps-là, sur notre ch’tite planète ->

          https://twitter.com/shawford/status/1223622498480271362


        • Fergus Fergus 1er février 16:37

          Bonjour, laertes

          « Je peux vous en citer un : Johann Sebastian Bach. »

          En êtes-vous si sûr ? Les suites françaises pour clavecin sont pourtant bel et bien des compositions plutôt agréables à écouter mais assez quelconques au plan de l’écriture musicale.

          C’est oublier également que Bach s’est fréquemment auto-plagié, principalement pour ses cantates, faute de temps ou d’inspiration suffisante. 
          Bach qui a également transcrit  notamment pour le clavecin  nombre de concertos de Marcello, Telemann, Torelli ou Vivaldi.

          Cela n’enlève rien au fait que Bach est un géant pour lequel j’éprouve une immense admiration. 
          A l’égal de Beethoven et Mozart ! smiley



        • laertes laertes 1er février 17:09

          @Fergus vous n’avez pas dû bien écouter les suites française pour clavecin de Bach , désolé ! Réécouter les activement et vous constaterez qu’elle contienne un mécanisme infernal et absolument incroyable de variation toujours juste et une complexité bien cachée derrière une apparente simplicité. Bach est un compositeur démoniaque. Ce que vous dites sur l’auto plagiat et tout à fait exact était très pratiquée à l’époque , non seulement l’auto plagiat mets le plagiat des autres compositeurs. Mais certains compositeurs peuvent à partir d’auto plagiat composer des œuvre monstrueuses inégalée. C’est le cas chez Bach qui a mis 20 ans pour composer la messe en si mineur en utilisant plein de matériel de ses cantates où œuvres profane antérieur. Cet autoplagiat à donné la plus grande messe jamais écrites de l’histoire de la musique.


        • laertes laertes 1er février 17:19

          @Fergus la musique de Bach est totalement différente de la musique de Mozart et de Beethoven. C’est Cioran je crois qui a le mieux décrit Bach : « s’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach c’est dieu car quand on écoute Bach , Dieu d’un seul coup se met à exister ». Bach est un compositeur spécifiquement féminin, et c’est Debussy qu’il indique bien : « ce qui émeut chez Bach , c’est bien sûr la structure de sa musique mais surtout la délicieuse sinuosité de ses courbes » Mozart contrairement à la fausse appellation du divin Mozart et intrinsèquement celui qui décrit le plus justement les émotions humaines. Il n’a aucun rival et certainement pas Beethoven. Beethoven est un compositeur d’idées. Mais c’est le traitement qu’il fait de sa musique qui le rend unique. Mais désolé pour moi il reste inférieur à Bach ou Mozart.


        • Fanny 27 janvier 16:13

          Propos contenant potentiellement sa dose de dynamite.

          Blanc suprématiste ? Raciste ? Décliniste ?

          Si « Musique classique » désigne pour l’auteur de l’article une forme particulière de musique strictement occidentale, dont l’apogée se situe quelque part entre les XVIIème et XIXème siècle, le propos reste acceptable.

          Auquel cas on ne retiendra que le caractère décliniste du propos, comme si notre civilisation chrétienne occidentale avait connu son apogée il deux ou trois siècle, et déclinait depuis sans avoir rien produit de « très grand » (comme BBM). J’en serais assez d’accord, en ajoutant que le sommet de l’art pictural occidental a été atteint (pour moi) avec Edouard Manet fin XIXème. Donc BBMM : Bach, Beethoven, Mozart, Manet.

          Mais il y a plus grave si « Musique classique » est entendu par l’auteur comme production musicale de l’homme en général. C’est ce qui m’est arrivé au cours d’un voyage touristique en Chine. Après un concert de musique chinoise, j’eus l’imprudence de me lancer dans un discours sur la supériorité de la musique classique occidentale sur la musique chinoise, en faisant observer que les Chinois jouent Mozart dans leurs conservatoires, et pas le symétrique. Que n’avais je pas proféré, j’ai été immédiatement repris de volée par une intellectuelle française (sans doute « de gauche progressiste multiculturaliste ») qui m’a qualifié de tous les noms d’oiseau : suprématiste, raciste (fasciste était au bout de sa langue).

          Déclin, décadence, cela ne relève pas encore du pénal. Raciste, suprématiste, si, et c’est la XVIIème chambre correctionnelle qui traite.

          A l’auteur : à vous de préciser votre acception de « Musique classique » (au risque de vous prendre du zonzon).


          • Fanny 27 janvier 16:19

            @Fanny
            A ajouter en tête du commentaire ci-dessus (propos dont il est question) :

             « Beethoven, sans doute le plus grand des compositeurs de Musique classique avec Bach et Mozart »


          • Fergus Fergus 27 janvier 17:29

            @ Fanny

            Je ne crois pas qu’il faille voir du « suprémacisme » dans la dénomination « musique classique ». Ce n’est d’ailleurs considéré nulle part comme tel sur la planète. Il s’agit là d’une convention de langage entrée dans la langue culturelle, et d’autant plus admise que les formes d’écriture qui s’en revendiquent ont essaimé partout dans le monde. Ce qui n’a pas été le cas des musiques « classiques » arabes ou asiatiques qui n’ont pas réussi à s’imposer ailleurs que sur leurs continents d’origine.

            On peut donc en conclure que les oreilles non occidentales sont accessibles à la culture musicale classique occidentale alors que l’inverse semble ne pas être vrai. Dès lors, peut-on parler d’« ostracisme » ? Non, évidemment pas. Si tel était le cas  en prenant l’exemple du Japon —, ni la cuisine nippone, ni le cinéma japonais, ni les mangas ne connaîtraient un tel succès sur la planète !

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