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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Marion du Faouët : héroïne ou bandit en jupon ?

Marion du Faouët : héroïne ou bandit en jupon ?

Née en 1717 dans une chaumière de Porz-en-haie, un hameau proche du Faouët (Morbihan), Marie Tromel est promise, comme toutes les gamines de sa condition, à une existence de dénuement dans une Bretagne régulièrement frappée par les épisodes de disette. Comment soupçonner que sommeille en elle la flamboyante Marion du Faouët, un personnage de légende dont la mémoire est encore très vive en Bretagne ?

JPEG Félicien Tromel est un journalier agricole aux revenus dérisoires et irréguliers. Son épouse Hélène, née Kerneau, tente, quant à elle, de vendre sur les marchés et lors des pardons de modestes produits de mercerie qu’elle confectionne elle-même. C’est dans ce foyer précaire, caractérisé par une économie de survie à la limite de l’indigence, que naît le 6 mai 1717 la petite Marie Louise Tromel, troisième enfant du couple.

Félicien décédé, Hèlène épouse en secondes noces Jean Le Bihan et le suit avec ses enfants dans le hameau de Kerhoël à Persquen, près de Guéméné. Marie est âgée de 10 ans. Les années passent. La fillette, poussée par la nécessité, prend l’habitude de mendier à l’église et sur les marchés, à l’instar de nombreux autres enfants pauvres. Le cas échéant, elle commet également de petits vols à l’étalage lorsque l’occasion se présente. Les années passant, Marion s’enhardit : profitant de la cohue, elle se risque à détrousser les bourgeois quand leur bourse est mal protégée.

Marie a-t-elle des scrupules à agir ainsi ? Nul ne le sait, mais une chose est sûre : l’adolescente, désormais une belle jeune fille à la chevelure flamboyante, a décidé qu’elle ne connaîtrait pas la vie misérable de ses parents. Sa vie bascule en 1735. Cette année-là, elle rencontre Henry Pezron, un personnage de trois ans son aîné, en rupture de l’aristocratiee et plus connu dans le pays sous le surnom de Hanvigen. Lorsqu’il ne trouve pas à s’embaucher sur un chantier forestier avec quelques amis bûcherons, le jeune homme partage son temps entre les menus larcins et les parties de cartes truquées. Marion suit Pezron et ses amis puis, très vite, devient sa compagne. On parlera même d'un mariage secret sans certitude qu'il ait existé.

Le temps passant, Marion doit se rendre à l’évidence : une vie honnête est décidément impuissante, dans la Bretagne du 18e siècle, à nourrir correctement les journaliers et les domestiques occasionnelles. De fait, une majorité d’entre eux est maintenue dans un état proche de la misère. Nourris de pain rustique et de soupes claires où flotte rarement un bout de lard, ces pauvres gens sont le plus souvent vêtus d’habits rapiécés et chaussés de rudimentaires sabots. Quant à leur maison, c’est en général une masure de pisé au sol de terre battue couverte d’un mauvais chaume, et le mobilier y est réduit au strict nécessaire.

C’est Marion qui convainc ses compagnons de se lancer dans des embuscades perpétrées sur les chemins à l’encontre de négociants en déplacement ou de paysans de retour de foire, la bourse plus ou moins bien garnie. La bande agit sur des renseignements glanés ici et là sur les marchés ou dans les auberges. À ce jeu, la jeune femme n’est pas la plus maladroite. Il est vrai qu’elle use à merveille de son charme et de sa chevelure flamboyante pour délier les langues. Pour le plus dam des naïfs ou des concupiscents, stupéfaits de retrouver dans la cavalière en habits d’homme qui les dépouille avec ses affidés la belle créature en corsage de velours et jupe de ratine qui leur a tiré si habilement tiré les vers du nez.

Peu à peu, la réputation de la belle rousse grandit dans le sud de la Bretagne. Devenue chef de bande, on la nomme ici Marion du Faouët, là Marie Finefont, autrement dit Marie la rusée. Un surnom qui lui va comme un gant : habile à dénicher les affaires, la jeune femme sait également se concilier les faveurs de l’opinion, faisant ici des dons aux indigents à l’occasion des pardons, se refusant là à dépouiller des personnes du voisinage de son lieu de résidence. Marion évite en outre de voler des personnages trop haut placés dans la hiérarchie sociale car elle sait que la riposte judiciaire serait immédiate et conduite avec la plus grande rigueur. Outre le fait que Marion se refuse à tout crime de sang, elle fait preuve d’une étonnante singularité en délivrant à ses victimes un « intersigne », une sorte de sauf-conduit qui leur permet de circuler durant un an sans crainte d’être à nouveau dépouillées par des membres de la Compagnie Finefont.

Marquée au fer rouge

En 1743, Henri Pezron est arrêté en compagnie de quelques membres de la bande. Qu’à cela ne tienne, Marie les fait évader après quelques mois de prison et renforce le nombre des affidés de la « Compagnie Finefont ». Celle-ci compte désormais des dizaines de membres, répartis en différents lieux de la Bretagne sud, de la région de Quimper à celle de Vannes en passant par le pays de Carhaix. Le trouble à l’ordre public étant devenu par trop manifeste, du fait notamment de la popularité croissante de la bande, les autorités organisent résolument la traque.

Celle-ci se révèle longue et difficile, mais en 1746, Marion et Henry sont arrêtés avec deux de leurs complices non loin de Guéméné. S’ensuit un procès à Hennebont dont le verdict se veut exemplaire. Il l’est : les quatre brigands sont condamnés à être pendus. Il était toutefois possible à cette époque de faire appel d’une peine de mort, moyennant quoi les quatre condamnés sont transférés à Rennes pour y être rejugés. Pour protéger Marion, Henry Pezron assume la majeure partie des griefs retenus par la Justice. En conséquence de quoi, sa condamnation à mort est confirmée tandis que les deux comparses sont relaxés. Quant à Marion, probablement sauvée de la peine capitale par son état de mère*, elle est fouettée poitrine nue en place publique puis marquée au fer rouge du « V » des voleurs.

En mars 1747, après que son compagnon Hanvigen ait été pendu, Marion n’est plus tout à fait la même. De retour sans son pays du Faouët malgré l’interdiction qui la frappe, elle n’en reprend pas moins ses activités de brigandage à la tête de la Compagnie Finefont. Mais le temps a tourné et la population est d’autant plus fatiguée des exactions de ces malandrins qu’ils sont désormais voués aux gémonies par les prêtres, jusque-là restés sur une prudente réserve. De nouveau arrêtée en 1748, Marion réussit contre toute attente à amadouer les juges et à ressortir libre du tribunal de Vannes pour élever ce petit dernier né, dit-on, la nuit même de son arrestation à Auray.

Libre une nouvelle fois, Marion reprend ses activités délictueuses dans un climat de plus en plus lourd. Reprise à Poullaouen en 1752 puis évadée à Quimper où elle a été transférée, la flamboyante rousse fait ce qu’elle sait le mieux faire : diriger les brigands de sa compagnie en multipliant les victimes. Malheureusement pour elle, les pouvoirs publics, bien déterminés à mettre un point final à l’aventure de Marion, la poursuivent avec détermination de cache en cache. Sans résultat. Et c’est lors d’un banal contrôle pour vagabondage que la maréchaussée lui met la main dessus dans la ville de Nantes. Pas de chance pour elle, un bourgeois de Gourin qu’elle a personnellement escroqué la reconnaît formellement.

Transférée à Quimper, Marion ne s’en tire pas cette fois-ci : accusée du forfait commis sur l’homme de Gourin ainsi que de nombreux autres méfaits, elle est condamnée à subir, quelques années après Henri Pezron, le même sort que son compagnon. Le 2 août 1755, la détenue est amenée en place publique, tout près de la cathédrale Saint-Corentin, à la Tour-du-Châtel où ont lieu les exécutions capitales. Là, Marion se retrouve face à son bourreau, un dénommé Jacques Gloaer qui l’a préalablement soumise à la question en lui infligeant en vain de terribles brûlures aux jambes sans obtenir le moindre aveu.

Pendue au gibet dressé pour l’occasion, Marion meurt à l’âge de 38 ans. Ironie du sort, elle échappe à l’ultime humiliation : sa dépouille n’est pas, comme le veut la tradition de justice royale, suspendue aux fourches patibulaires du Mont Frugy, cette colline qui domine la ville, afin d’y servir d’exemple aux délinquants en devenir, et accessoirement de nourriture pour les corvidés. Ironie de l’histoire, le code ne prévoit en effet pas le cas d’une brigande de son espèce. Au petit matin, le corps de Marion du Faouët est dépendu puis jeté dans l’anonymat d’une fosse commune.

Une brigande au grand cœur

Corentin et Joseph Tromel, frère et neveu de Marion, tous deux membres de la Compagnie Finefont, seront ensuite exécutés en place des Lices à Rennes. D’autres affidés de Marion du Faouët connaîtront le même sort ou seront envoyés aux galères. Quant à René-Gabriel de Robien, issu d’une illustre famille de la noblesse bretonne et apparenté à l’ancien président du Parlement de Bretagne, il échappe à la mort malgré sa participation aux activités délictueuses de la Compagnie : sur lettre de cachet du roi Louis XV, il est interné dans la Maison de force de la Charité de Saint-Jean de Dieu à Pontorson.

Marion du Faouët a-t-elle été une héroïne ? Au sens romanesque du terme, incontestablement. Et c’est cela que le peuple de Bretagne a gardé en mémoire, en idéalisant une aventurière qui n’a, dans les faits, rien eu d’un Robin des Bois en jupe. Intelligente et rusée, Marion a su contenir les penchants à la violence de certains membres de la Compagnie Finefont. Et si elle a fait preuve, lors de pardons notamment, de compassion envers les si nombreux nécessiteux de l’époque, c’est plus pour protéger sa troupe en s’en faisant des alliés hostiles à la maréchaussée que par charité chrétienne ou grandeur d’âme. Mais le fait est là : transmis de génération en génération, le récit des exploits de Marion du Faouët s’est progressivement paré d’une aura de brigande au grand cœur, une amie du peuple habile à défier l’autorité.

En cela, la belle rousse rejoint d’autres brigands, également auréolés d’une image positive dans la tradition populaire. Parmi les plus connus figurent Louis-Dominique Cartouche (1693-1721), célèbre brigand parisien, et Louis Mandrin (1725-1755), le plus audacieux des contrebandiers du Dauphiné. Tous deux sont morts roués vifs, le premier en place de Grève à Paris, le second sur la place des Clercs à Valence. Moins connu au plan national, Jean Gourinchas (1811-1895), dit Burgou, a, quant à lui, fait sa « carrière » dans le Limousin où il bénéficie encore de nos jours d’une image de Robin des Bois comparable à celle de Marion du Faouët.

Malgré les turpitudes judiciaires qui l’ont conduite au gibet, Marion du Faouët est honorée par de nombreuses communes. On retrouve en effet son nom dans la voirie de Betton, Carhaix, Concarneau, Lécousse (agglomération de Fougères), Quimper, Rennes et Séné (agglomération de Vannes), pour ne citer que celles-ci. Une résidence locative Marion du Faouët a même été inaugurée récemment à Poulfranc par Vannes Golfe Habitat. Mieux encore : à Rennes, c’est une Maison de Quartier et une Crèche familiale municipale qui portent le nom de la brigande à la chevelure de cuivre. Rien de tel en revanche au pays natal de Marie Tromel, mais un ensemble vocal qui lui rend hommage : la chorale Marion du Faouët.

On le voit, près de trois siècles après sa naissance, le souvenir de la rebelle aux cheveux roux reste vif en Bretagne, et nulle remise en question ne saurait ternir la légende qui s’est forgée autour de cette personnalité hors normes. À cet égard, Marion n’est pas desservie par les livres qui lui ont été consacrés, le plus souvent sous la forme de romans épiques. Bien au contraire, ceux de Catherine Borgella, Marion du Faouët, brigande et rebelle (Robert Laffont 1997 et Pocket 1999), et Margot Bruyère, Marion du Faouët ou la révolte des gueux (Oskar Jeunesse 2008), destiné aux adolescents, font de Marie Finefont une héroïne attachante bien loin de l’image que l’on pourrait avoir d’une délinquante multirécidiviste.

Un téléfilm en deux parties, réalisé par Michel Favart, a également été consacré en 1997 à l’existence aventureuse de Marie Tromel, avec l’actrice Carole Richert dans le rôle-titre : Marion du Faouët. Côté musique, divers musiciens ont été inspirés par les aventures de la belle Bretonne rousse, et notamment le groupe Tri Yann qui nous donne à écouter la Complainte de Marion du Faouët :

« Mercière le jour, la nuit brigande, / Quérant fortune en grands chemins, / Rousse égérie menant ta bande, / Sans jamais de sang sur les mains », ainsi fut Marion du Faouët, la plus fameuse chef de bande que la France ait connue. 

* En dépit de sa vie aventureuse, Marion Tromel a élevé quatre enfants

Illustration : Lowenael (son site)

À lire également, en rapport avec l’histoire de la Bretagne :

1386 : un jugement de Dieu emblématique

Un duel légendaire : Du Guesclin contre Cantorbery

Un affrontement mémorable : le Combat des Trente

 

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59 réactions à cet article    



    • Fergus Fergus 6 septembre 2016 09:20

      Bonjour, Jean-Pierre Llabrés

      « légende vraie », bel oxymore !

      Je ne suis pas sûr qu’Henry Pezron soit tombé amoureux de Marion Tromel après l’avoir vue se baigner nue dans un étang. Ce genre de détail relève évidemment du roman. smiley

      Merci pour ce lien sur l’article du Quimpérois Voris, alias Taverne. N’étant pas encore sur AgoraVox, je n’avais pas eu connaissance de cet article de 2007.


    • chantecler chantecler 6 septembre 2016 09:43

      @Fergus
      Souvenirs , souvenirs y compris de certain personnage aujourd’hui disparu d’Agx !  smiley
      Ach ! Vanité ....


    • Fergus Fergus 6 septembre 2016 10:11

      Bonjour, Chantecler

      Taverne n’a pas disparu. Après un temps de silence, il est revenu récemment avec une série d’articles sur la psychologie.


    • pemile pemile 6 septembre 2016 13:06

      @Fergus "Merci pour ce lien sur l’article du Quimpérois Voris, alias Taverne. N’étant pas encore sur AgoraVox, je n’avais pas eu connaissance de cet article de 2007."

      Vous y avez quand même posté en 2009 :

      Je m’apprêtais à écrire un article sur Marion du Faouët (un personnage qui m’intéresse depuis fort longtemps) lorsque je me suis aperçu que le sujet avait déjà été traité sur AgoraVox avant mon arrivée sur ce site. Je renonce donc à ce projet

       smiley

      Pour les gamins du coin, c’est toute les histoires du « trésor » caché de Marion, qui font fantasmer !


    • chantecler chantecler 6 septembre 2016 13:30

      @Fergus
      Mais Fergus , je ne pensais pas à notre poète , mais à un autre plutôt envahissant que tu n’as probablement pas connu !
      En relisant les commentaires sur le lien ,comme je l’ai retrouvé ,machine à remonter le temps , tu réaliseras sans doute , surtout si tu apprends qu’en jetant l’éponge et en quittant agx , qui a été extrêmement patient à son égard , mais c’était les débuts , ledit individu après toutes les provocs mégalos, a fait retirer tous ses commentaires , et je t’assure il en avait atteint un bon record ... ! ,
      T’as pas connu , c’est de « l’histoire » , mais bah , tu t’en remettras !
      PS : Taverne « t’éclairera » s’il le souhaite !
      Cdt à tous deux !


    • Fergus Fergus 6 septembre 2016 13:51

      Bonjour, pemile

      Merci d’avoir corrigé ma mémoire défaillante. j’avais complètement oublié l’article de Voris/Taverne. Et il est vrai que cela fait des années que je voulais écrire sur Marion du Faouët. le commentaire en question date d’ailleurs de 2009.

      Eh oui, le trésor caché de Marion fait fantasmer, notamment du côté de Huelgoat. Pas autant toutefois que celui de Rennes-le-Château.

      Cela dit, même chez moi lorsque j’habitais dans le Finistère, il était question d’un trésor possiblement sur le terrain où était bâtie ma maison, une fermette du 18e siècle, ancienne dépendance d’un château ayant appartenu au corsaire morlaisien Charles Cornic. Un souterrain reliant ce château à une autre propriété de Cornic sur la baie de Morlaix aurait servi de cache... J’ai remué pas mal de terre sur les 3000 m² du terrain, notamment après qu’une douzaine d’arbres aient été abattus par une tempête, mais le bilan a été maigre : de vieux outils rouillés, et pas même une pipe d’écume sculptée comme l’un de mes voisins. smiley


    • Paul Leleu 6 septembre 2016 16:39

      @Fergus

      finalement, c’est la loi de la cité... ! smiley


      aujourd’hui Marion s’appelerait Leïla et son compagnon Rachid, et la « complicité » d’une partie du ’peuple" soulèverait l’indignation du Front National et des Bretons à Bonnet-Rouge. 


      Chacun en tirera les leçons qu’il veut... 

    • Fergus Fergus 6 septembre 2016 17:42

      Bonjour, Paul Leleu

      « Chacun en tirera les leçons qu’il veut...  »

      Absolument. Cela dit, les hommages rendus à Marion du Faouët se retrouvent aussi bien dans des municipalités de gauche que de droite, ce qui est rarement le cas pour des « héroïnes » aussi clivantes par leur personnalité et leurs activités.


    • Paul Leleu 6 septembre 2016 18:17

      @Fergus


      cela tend à prouver qu’elle n’est pas si clivante que cela... non ? 

      La municipalité PS de Paris n’est même pas capable de rendre hommage aux dizaines de milliers de parisiens fusillés les troupes versaillaises en 1871... ça doit être trop clivant... 

    • Fergus Fergus 6 septembre 2016 18:47

      @ Paul Leleu

      Le silence officiel des autorités socialistes de Paris sur ces massacres est en effet particulièrement choquant.


    • fred.foyn 6 septembre 2016 09:17

      mouais...j’ai jamais eu beaucoup d’estime pour les voleurs, même en jupon... !


      • Fergus Fergus 6 septembre 2016 09:32

        Bonjour, fred.foyn

        Moi non plus, je vous rassure.

        En  l’occurrence, c’est le contraste entre l’exigence de sécurité et la reconnaissance officielle de la personnalité de Marion du Faouët par de nombreuses municipalités qui étonne.

        A la décharge de la jeune femme, il faut savoir que la Régence puis le règne de Louis XV ont été marqués en Bretagne par de terribles disettes, pour ne pas dire famines. Une période caractérisée par la présence de milliers de mendiants et de chemineaux, souvent traqués par les autorités et parfois marqués au fer rouge du « M » de mendiants. Ajoutez à cela le climat social lourd qui, dans le sud Bretagne, a durablement suivi la décapitation du marquis de Pont-Calleck, et vous porterez peut-être un regard plus indulgent sur les agissements de la Compagnie Finefont.



      • chantecler chantecler 6 septembre 2016 13:37

        @Fergus
        Curieux !
        Marion me fait penser , en bien plus sympathique , aux Le Pen .
        Mais j’étais plus du coté de Robin des bois que du Shérif de Nottingham ,ou du Prince Jean , le calculateur cupide , accroc du pouvoir...
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Robin_des_Bois


      • Fergus Fergus 6 septembre 2016 17:44

        @ chantecler

        J’ai du mal à voir en Marion du Faouët une Marine de La Trinité. D’autant que la première nommée était, paraît-il, fort jolie ! smiley


      • chantecler chantecler 6 septembre 2016 19:32

        @Fergus
        Décidément j’ai du mal à m’exprimer aujourd’hui .
        fatigue , chaleur ?
        "J’ai du mal à voir en Marion du Faouët une Marine de La Trinité. D’autant que la première nommée était, paraît-il, fort jolie ! 
        Pareil !
        à Marine je lui laisse la Jeanne d’Arc !
        Mais par pure bonté d’âme .


      • Etbendidon 6 septembre 2016 09:50

        Et la légende continue

        Avec Marion de la Trinité (sur Mer) plus connue sous le nom de Marine Le Pen

        Fille du corsaire Jean Marie Le Borgne elle veut détrousser les socialos et les ripoublicains qui se gavent sur le dos du bon peuple  

        Elle a été marquée au fer des 3 couleurs bleu-blanc-rouge

        Au palais du bon roi hollandouille il se murmure que le chevalier Arnaud de Montebourg serait tombé amoureux d’elle mais il doit se défier de deux autres prétendants, le duc de Macron et le marquis de la Merluche qui sont prêt à ferrailler pour obtenir les faveurs de la belle insoumise.

        A moins que le sinistre Sarko de la tétine à chouchen ne les empoisonnent tous ?


        • Fergus Fergus 6 septembre 2016 10:14

          Bonjour, Etbendidon

          Amusant ! smiley

          Gageons que la présidentielle, avec ses avant-premières de novembre et janvier, le sera tout autant. Dans le genre Atrides... smiley 


        • Aristide Aristide 6 septembre 2016 10:58
          Je sais qu’il est de bon ton de construire un roman national pour rafraîchir nos dictateurs, nos généraux sanguinaires, .. et les faire passer pour des sauveurs de la France. Quelques candidats souhaitent cela en remplaçant la « réalité historique » par une vision romancée qui pourrait servir à redorer notre image. Comme quoi, les communicants sévissent jusque là.

          Sur cette voleuse criminelle, détroussant avec ses sbires tous et toutes, riches et moins riches , pauvres et très pauvres, et à l’occasion user de cette spécialité des détrousseurs de grand chemins, la chauffe. Les pieds mis sur les braises pour faire avouer les caches du maigre magot. A lire des sources moins dithyrambiques, on apprend qu’elle était une chef d’une bande d’assassins, rançonneurs, pratiquant une violence extrême sur tous ceux qui lui résistaient.

          C’est vrai que l’on pourrait apprendre autre chose que cette vision romancée par une antithèse plus objective et surement plus proche de la réalité. 

          • Fergus Fergus 6 septembre 2016 11:57

            Bonjour, Aristide

            « Voleuse », oui, « criminelle », non : Marion du Faouët a toujours été rigoureuse sur ce plan dans la conduite de ses hommes.

            « tous et toutes » et a fortiori « pauvres et très pauvres », non plus : les cibles de la Compagnie Finefont étaient des marchands et des paysans aisés ayant fait de juteuses affaires sur les foires et les marchés, jamais des gens précaires. Quant aux « riches », ils étaient en général escortés lors de leurs déplacements, et s’en prendre à eux eût risqué de décupler le zèle de la maréchaussée, d’où la prudence de Marion à leur égard.

            « Les pieds mis sur les braises pour faire avouer les caches du maigre magot » : oui, les « chauffeurs » ont existé, notamment dans le nord de la France, mais jamais à ma connaissance la Compagnie Finefont n’a eu recours à ce genre de torture.

            « à lire des sources moins dithyrambiques, on apprend qu’elle était une chef d’une bande d’assassins, rançonneurs, pratiquant une violence extrême sur tous ceux qui lui résistaient. »

            Quelles sources ? Certes, le bouquin de Jean Lorédan, publié en 1910, porte un regard nettement moins complaisant que celui des romanciers et romancières qui l’ont suivi, mais je ne me souviens pas qu’il ait fait état de crimes commis directement par Marion du Faouët et les affidés dont elle avait le contrôle immédiat.

            En réalité, je ne cherche pas à me faire un défenseur inconditionnel de Marion du Faouët, et c’est pourquoi je m’étonne de l’honneur qui lui est fait, sous différentes formes, par de nombreuses communes de Bretagne. Mais si j’en crois les débats qui ont lieu, notamment à Rennes, lorsqu’ont été baptisées l’allée Marion du Faouët et la Maison de quartier éponyme, le passé de délinquante de l’intéressée n’a pas été jugé rédhibitoire par les conseillers municipaux, ce qui n’eût pas manqué d’être le cas s’il s’était agi d’une criminelle.


          • Aristide Aristide 6 septembre 2016 13:04

            @Fergus

            Extrait d’un document sur cette Robin des bois bretonne


            Comme le remarque très justement M. Lorédan, Marion et ses associés n’arrêtent pas les diligences, les seigneurs en voyage, ni même les bourgeois ; ils s’attaquent aux petites gens sans défense et exercent leur malfaisante industrie dans les marchés, les foires et les pardons. 

            CQFD

            La seule excuse à votre relatif aveuglement tient surement à ce romantisme du bandit redresseur de tort, sauveur du pauvre et vengeur de l’opprimé, ... en plus bretonne, impossible autant que de dire que Napoléon était un dictateur à un corse.

            Mais malheureusement, la réalité est tout autre ... bien basse et souvent révélatrice de son temps. Une époque d’une violence assez évidente, où la vie ne vaut que quelques sous.

          • Fergus Fergus 6 septembre 2016 13:21

            @ Aristide

            Je connais ce texte d’Henri Sée. Or, il se trouve que j’ai lu - en diagonale, je l’avoue car tous ses aspects du bouquin ne m’intéressaient pas - le livre de Jean Lorédan consacré à « La grande misère et les voleurs au XVIIIe siècle », et je ne parviens pas à la même conclusion que M. Sée dans la mesure où Loredan a manifestement appuyé ses dires sur des actes de procédure judiciaire à charge contre Marion du Faouët. Bref, pas forcément beaucoup plus crédibles que la lecture - desdits actes de procédure - qu’en ont faite, de manière romancée, les auteurs qui ont également écrit sur Marion du Faouët.

            « votre relatif aveuglement tient surement à ce romantisme du bandit redresseur de tort, sauveur du pauvre et vengeur de l’opprimé »

            Je ne suis absolument pas sur cette ligne, et encore une fois je m’étonne que tant de communes - de gauche comme de droite ! - aient fait à une brigande de grand chemin autant d’honneurs dans la toponymie de leur voirie ou l’appellation de bâtiments et services municipaux. A aucun moment, je n’ai tenté de faire passer Marion du Faouët pour une redresseuse de torts au service des opprimés. Prétendre le contraire est faux et manipulateur.


          • pemile pemile 6 septembre 2016 13:25

            @Aristide

            Le livre de Jean Lorédan est disponible à la BNF

            http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k5821955v/f14.item.r=.langFR


          • pemile pemile 6 septembre 2016 13:35

            @Fergus « Loredan a manifestement appuyé ses dires sur des actes de procédure judiciaire à charge contre Marion du Faouët »

            Je confirme, le regard de Lorédan sur le bas peuple, à peine humain, n’en fait pas un personnage très sympathique !


          • Aristide Aristide 6 septembre 2016 15:42

            @Fergus


            C’est un débat de vrais historiens qui pourrait nous donner une approche de la vérité, enfin quoique. Il est tout de même étonnant que vous compariez la lecture d’un historien, même si sa lecture des actes est contestable, avec l’interprétation assez spécieuse de romanciers qui voulait en faire l’icone d’une Bretagne intrépide et égalitaire, icone qu’elle est devenue à vous entendre.

            Vous pouvez effectivement croire que l’image flatteuse de cette héroïne bretonne est réelle. Si en plus des gens de gauche ou de droite tous bretonnant s’en servent pour nommer des rues, des places peut être même une prison, il faut pas hésiter à y voir une incontestable confirmation de sa belle oeuvre humaniste. 

            Je crois que tous ces bandits, tous plus aptes à s’attaquer au faible qu’au fort, ne doivent pas être bien loin de ceux de maintenant et d’hier. Ici attaquant une vieille pour quelques euros, ailleurs dévalisant un fourgon en tirant dans le tas, prenant des directeurs de banque en otage pour avoir les codes de coffre, ... enfin de vrais lâches qui n’ont aucun respect de la vie.

            Il y a un vrai romantisme derrière cette relative mansuétude dont bénéficient les bandits qui s’attaquent à tout ceux qui représentent le pouvoir. A une autre époque, la bande à Bonot, a fait aussi rêver tous les anars qui voyaient dans leurs méfaits le rétablissement d’une justice sociale bafoué. Mais c’était un rêve, confronté à la réalité, le portrait de ces assassins perd de son lustre pour laisser la place à de vrais salopards incapables de respecter la vie des autres, assassinant sur les routes des voyageurs pour leur voler leur bagnole, tirant sur le moindre flic qui passe, trucidant l’employé de banque, ...

            Mais bon, visiblement vous voulez tellement croire à la « sainteté laïque et bretonnante » de cette personne que je sens bien que je fais appel à un bon sens qui ne peut être entendu en la matière.

            PS : Manipulateur ! Non, mais simplement faisant passer cette bande de détrousseurs de pauvres gens pour une bande qui ne s’attaque qu’aux bourgeois. Bourgeois, il suffit de dire le mot pour excuser ...

          • Fergus Fergus 6 septembre 2016 17:07

            @ Aristide

            Je sais que vous adorez me chercher des poux dans la tête, et c’est une nouvelle fois ce que vous faites. Tant mieux si cela vous fait du bien ! smiley smiley smiley

            « Il est tout de même étonnant que vous compariez la lecture d’un historien, même si sa lecture des actes est contestable, avec l’interprétation assez spécieuse de romanciers »

            Je ne les compare en rien. J’ai lu les uns, et j’ai lu les autres. Et si je n’accorde pas beaucoup de crédit à nombres d’épisodes romanesques rapportés par les romanciers, je suis également très circonspect - pour les mêmes motifs que Pemile - avec les écrits de Lorédan sur le sujet. C’est pourquoi, n’étant pas historien, je me suis limité à un récit assez neutre sans chercher à lui donner un tour romanesque, et a fortiori romantique. 

            « icone qu’elle est devenue à vous entendre »

            « Icone » est un mot excessif, mais le fait est que Marion du Faouët bénéficie, ne vous en déplaise, d’une image de Robin des Bois au féminin dans une grande partie de la Bretagne. Les exemples que j’ai donnés - et il y en a d’autres - démontrent que c’est une réalité dans la région. Et ce n’est pas un hasard si le livre de Margot Bruyère se trouve quasiment dans toutes les sections junior des bibliothèques bretonnes. On le trouve même dans des bibliothèques d’école ici et là. N’étant pas breton, j’en ai été moi-même très étonné en m’installant dans cette région, mais je n’y peux rien, pas plus que vous !

            « visiblement vous voulez tellement croire à la « sainteté laïque et bretonnante » de cette personne » 

            Personnellement, je ne considère pas le moins du monde Marion du Faouët comme un modèle, et il ne me serait certainement pas venu à l’esprit de l’honorer d’une quelconque manière. Ce propos est par conséquent délibérément malveillant !

            « une bande qui ne s’attaque qu’aux bourgeois. Bourgeois, il suffit de dire le mot pour excuser »

            Voilà un commentaire à forte connotation politique, Hélas ! pour vous, je n’ai à aucun moment parlé de « bourgeois », mais de « négociants en déplacement ou de paysans de retour de foire ». Votre post-scriptum n’est rien d’autre qu’une attaque personnelle d’autant plus déconnectée de la réalité que je n’ai jamais été un soutien du concept de « lutte des classes ».


          • Fergus Fergus 6 septembre 2016 17:09

            @ pemile

            Le livre de Lorédan est également disponible dans les médiathèques de Rennes (Les champs libres) et de Dinan où je réside. Mais je présume qu’il l’est dans toutes bibliothèques des villes de Bretagne.


          • pemile pemile 6 septembre 2016 19:03

            @Fergus

            Vous oubliez de citer Liv’Editions, petit éditeur local, installé rue Portz-en-Haie, au Faouët !

            Pour le livre de Margot Bruyère, vous ne citez que Oskar Edition 2008, alors que Liv’Editions l’a publié en 1996

            Ils ont aussi réédité en 1995, le roman d’Yvonne Chauffin, La Marion du Faouët publié en 1960, et
            le livre-document réalisé par Jean Lorédan enrichi par les travaux de Catherine Borgella, Marion du Faouët et ses associés, en 1995

            http://www.liv-editions.com//


          • Fergus Fergus 6 septembre 2016 19:08

            @ pemile

            Merci pour ces précisions.

            Pour ce qui est du livre d’Yvonne Chauffin, je me suis aperçu trop tard que j’avais oublié de le citer.

            Bonne soirée.


          • Aristide Aristide 6 septembre 2016 19:52

            @Fergus

            C’est bizarre cette obsession de n’obtenir que de gentils commentaires. allons je donne une opinion assez simple sur un mythe construit de toute pièce et présenté par vous comme une indiscutable vérité historique.


            Mais bon, vous devriez vous relire, « elle se risque à détrousser les bourgeois  » en début de votre article.

            PS : Fin pour moi compte tenu que la moindre remarque est prise comme une attaque personnelle.

          • Fergus Fergus 6 septembre 2016 20:08

            @ Aristide

            Je ne recherche pas de « gentils commentaires », je déteste que l’on déforme mes propos ou que l’on caricature ce que j’ai voulu exprimer. Ce que vous avez fait à différentes reprises ici.

            « un mythe construit de toute pièce »

            « Mythe », sans doute en partie, je vous l’accorde bien volontiers. « Construit de toutes pièces », certainement pas. A cet égard, lisez le livre d’Yvonne Chauffin, rappelé à juste titre par Pemile. Or, il n’est pas bâti sur la seule imagination de l’écrivaine : celle-ci a étudié des centaines de documents d’époque pour écrire son livre.

            « elle se risque à détrousser les bourgeois » 

            En effet, j’ai écrit cette phrase, mais elle ne concernait pas les activités de la Compagnie Finefont, elle se référait à la jeunesse de Marion et à quelques vols commis sur les marchés durant son adolescence. De là à voir dans ces quelques mots une signification politique, c’est carrément grotesque !!!

            « Fin pour moi »

            Pour moi également. Je vous souhaite une excellente soirée !


          • pemile pemile 6 septembre 2016 20:08

            @Aristide « Fin pour moi compte tenu que la moindre remarque est prise comme une attaque personnelle »

            A la lecture du fil, il est plutot évident que c’est votre mauvaise foi, vos exagérations et vos simplifications qui peuvent apparaitre comme une attaque personnelle !

            Pour notre région, Marion reste une figure emblématique du peuple des campagnes, le symbole de la révolte, du courage et de l’audace, sans être une sainte, cela vous pose un problème ?


          • Robert Lavigue Robert Lavigue 6 septembre 2016 23:17

            @pemile

            Vous êtes bien sévère avec Lorédan.
            Certes, c’est un historien bourgeois comme la IIIe République en a beaucoup produit. Ce n’est pas pour rien qu’il a été publié par la Librairie Académique Perrin.

            Mais, il a aussi les qualités de ces historiens.... Un peu besogneux... Il cite longuement ses sources... Il se méfie des prétendues traditions orales... Il n’a guère de sympathie pour la canaille, mais pas plus pour l’ancien Régime.

            C’est surtout grâce à lui que Marion du Faouët est autre chose qu’un de ces personnages folkloriques qui font les délices des romanciers régionalistes.


          • Robert Lavigue Robert Lavigue 6 septembre 2016 23:33

            @Aristide

            Il y a un vrai romantisme derrière cette relative mansuétude dont bénéficient les bandits qui s’attaquent à tout ceux qui représentent le pouvoir.

            On pourrait aussi citer François Villon et sa complicité avec les coquillards (vers 1455, ça ne nous rajeunit pas) et plus près de nous la branche lyonnaise d’Action Directe...


          • Fergus Fergus 7 septembre 2016 08:51

            Bonjour, Robert Lavigue

            Notons que Marion du Faouët s’est bien gardée d’attaquer « ceux qui représentent le pouvoir », ou même ceux qui en étaient proches. Ce qui dénotait de sa part une indéniable lucidité.


          • Aristide Aristide 6 septembre 2016 13:25

            Ajot:J’ai trouvé un PDF d’un livre : Grande Misère et Voleurs au XVIIIe siècle qui relate en détail les exploits, la capture et la fin de cette chef de bande. Vous y trouverez surement de quoi vous faire une idée beaucoup plus précise des actes commis par elles et ses sbires. Par exemple l’assassinat de Nicolas Guyet, les multiples bastonnades et coups laissant pour mort de pauvre gens s’opposant à la bande ou refusant de se faire détrousser.


            • Fergus Fergus 6 septembre 2016 17:38

              @ Aristide

              Merci pour ce lien sur le livre de Lorédan. Celui-là même que j’ai lu !

              Pour ce qui est du meurtre de Nicolas Gayet, de mémoire il me semble pouvoir affirmer qu’il n’est en aucun cas survenu dans le cadre des activités délictueuses de la Compagnie Finefont, mais au cours d’une rixe d’ivrognes.

              Pour ce qui est des bastonnades, oui, il y en a eu. Qui le nie ? Mais le fait est qu’elles n’ont pas empêché la légende de se construire, ce qui n’aurait pas été possible si la conduite de Marion du Faouët avait été cette d’une truande cynique, égotique et impitoyable. A cet égard, dès la fin du 19e siècle, Julien Trévédy, dans son étude consacrée à la brigande, portait un regard plutôt indulgent sur elle.


            • Robert Lavigue Robert Lavigue 6 septembre 2016 23:25

              @Fergus

              ce qui n’aurait pas été possible si la conduite de Marion du Faouët avait été cette d’une truande cynique, égotique et impitoyable.

              Visiblement, Les Bandits d’Eric HOBSBAWM ce n’est pas votre tasse de thé !!!
              http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=79

              On doit pourtant à ce marxiste britanique une des meilleures analyses de ce phénomène...


            • Fergus Fergus 7 septembre 2016 09:07

              @ Robert Lavigue

              Je connaissais grosso modo la théorie d’Hobsbawm que je partage assez largement sans toutefois penser qu’elle puisse avoir une valeur universelle. Il va de soi que c’est avec un grand intérêt que j’ai lu le lien que vous avez mis ci-dessus.

              En rapport avec les travaux de cet historien, je ne comprends toutefois pas cette phrase : « Les Bandits d’Eric HOBSBAWM ce n’est pas votre tasse de thé !!!! »

              Que la légende de Marion du Faouët s’inscrive dans le processus habituel de construction de ce que Hobsbawm nomme « les bandits au grand cœur » me semble une évidence. J’ai simplement voulu souligner que sans une empathie minimale avec la population - pour un ensemble de raisons « sociales » au sens large -, il aurait été difficile à Marion Tromel de bénéficier durablement d’un tel récit de ses exploits dans la « geste » régionale qui lui est consacrée. Le fait qu’elle ait été une femme, de surcroît belle et séduisante, a sans doute également joué un rôle. De même que la couleur de ses cheveux, le roux ayant toujours suscité de nombreux fantasmes, particulièrement dans la tradition celtique.

              Bonne journée. 


            • Robert Lavigue Robert Lavigue 7 septembre 2016 10:58

              @Fergus

              je ne comprends toutefois pas cette phrase : « Les Bandits d’Eric HOBSBAWM ce n’est pas votre tasse de thé !!!! »

              Par exemple, Hobsbawm écrit :
              L’opinion populaire a tellement besoin de héros et de champions, que, s’il ne s’en présentent pas d’authentiques, elle en fabrique.

              Laure Célérier écrit :
              Comment expliquer, à ce propos, que certains bandits, plutôt que d’autres ; aient survécu à l’oubli et soient restés dans l’esprit populaire, des héros ? Pour Hobsbawm, l’explication est claire : parce que c’est la classe dominante qui écrit et réécrit l’histoire, les héros survivent dès lors qu’ils ne sont pas seulement des héros pour les dominés, pour les illégitimes.
              https://lectures.revues.org/685

              Une autre façon d’envisager le consensus que provoque votre héroïne quand il s’agit de donner un nom à un équipement local !

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