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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Simone de Beauvoir, figure de l’imposture qui perdure

Simone de Beauvoir, figure de l’imposture qui perdure

 

Ce qui anime les imposteurs n’est pas la défense des opprimé·e·s de toute sorte, mais celle de leur ego, ainsi que de leur propre classe et de ses privilèges.

"J’étais entrée dans un monde de relations complexes qui entraînaient des imbroglios lamentables, des calculs minables, de constants mensonges entre lesquels ils veillaient attentivement à ne pas s’embrouiller. J’ai découvert que Simone de Beauvoir puisait dans ses classes de jeunes filles une chair fraîche à laquelle elle goûtait avant de la refiler, ou faut-il le dire plus grossièrement, de la rabattre sur Sartre.(…) Leur perversité était soigneusement cachée sous les dehors bonasses de Sartre et les apparences de sérieux et d’austérité du Castor. En fait, ils rejouaient avec vulgarité le modèle littéraire des Liaisons dangereuses".1

 

Bianca Lamblin ajoute que Simone de Beauvoir « s’était arrangée pour que Deirdre Beir [sa biographe] n’entre pas en contact avec moi, de façon à demeurer la seule source d’information sur notre histoire commune. »2

Simone de Beauvoir fut exclue de l’Éducation nationale en 1943 après une plainte pour détournement de mineure portée par la mère de l’une de ses victimes, qui estimait aussi que Beauvoir servait de rabatteuse pour Sartre. (Après quoi Sartre, qui récupéra pour lui-même le poste d’un professeur qui avait refusé de signer pour garantir qu’il n’était pas juif, trouva à Beauvoir un emploi de chroniqueuse à Radio Vichy, où elle causa de music-hall à côté de programmes comme La milice vous parle). Il est reconnu, d’après ce qu’elle-même et d’autres en témoignent, que Beauvoir s’est soumise aux conditions de Sartre quant à leur vie de couple – et qu’intellectuellement, elle s’est soumise aussi à ses idées, le suivant docilement au cours des années. Cette femme et romancière froide, qui n’aimait pas les enfants, qui n’aimait pas les animaux, qui ne touchait pas au produits laitiers, qui croyait à une séparation radicale entre l’humain et le naturel, a développé dans Le Deuxième sexe une vision d’épouvante du corps féminin, de la grossesse, de l’enfantement, de la maternité. À propos de la grossesse et de l’accouchement s’enchaînent sous sa plume sans grâce les « problèmes », l’ « angoissant », le « singulièrement effrayant », les « terreurs », la « maudite », la « mutilation », l’ « impotence », la femme « jouet de forces obscures… ballottée, violentée », le « martyre », l’ « instrument souffrant, torturé »… Tandis que celles qui aiment la maternité sont qualifiées de « pondeuses » qui « cherchent avidement la possibilité d’aliéner leur liberté » de femme « aliénée dans son corps et dans sa dignité sociale »… Selon elle « dans le sein maternel, l’enfant est injustifié », il est « un polype né de sa chair et étranger à sa chair » qui « va s’engraisser en elle », elle qui est « la proie de l’espèce », comparée aux « autres femelles mammifères » et autres « femelles domestiques », « déformée, enlaidie » par la grossesse. Bref, « celles qui traversent le plus facilement l’épreuve de la grossesse, ce sont d’une part les matrones totalement vouées à leur fonction de pondeuse, d’autre part les femmes viriles qui ne se fascinent pas sur les aventures de leur corps. »3

C’est ainsi que la volonté de libérer les femmes se change sous nos yeux en manifestation d’une peur panique puritaine du corps des femmes, une gynophobie que les mâles religieux de toutes les religions réunies ne sauraient dépasser. Toujours selon Beauvoir, une fois l’enfant né la femme « est stupéfaite de l’indifférence avec laquelle elle l’accueille » et une fois sorties de l’hôpital beaucoup « commencent à le regarder comme un fardeau ». Autant dire que « l’allaitement ne leur apporte aucune joie, au contraire, elles redoutent d’abîmer leur poitrine ; c’est avec rancune qu’elles sentent leurs seins crevassés, leurs glandes douloureuses ; la bouche de l’enfant les blesse ; il leur semble qu’il aspire leurs forces, leur vie, leur bonheur. Il leur inflige une dure servitude et il ne fait plus partie d’elles : il apparaît comme un tyran ; elles regardent avec hostilité ce petit individu étranger qui menace leur chair, leur liberté, leur moi tout entier. » Il y en a encore des pages, jusqu’à la « haine déclarée » et les « mauvais traitements » pour les pires cas – mais selon elle les mères ordinaires sont incestueuses, sadiques, dominatrices…4 Certes de telles mères existent, mais Beauvoir s’aveugle en ne faisant pas le lien entre le dégoût du corps féminin qu’elle exhibe elle-même et ses conséquences sur la maternité. C’est ainsi qu’une intellectuelle pour le moins gravement névrosée a engagé pour des décennies le féminisme dans une voie d’épouvante qui continue à montrer sa nuisance aujourd’hui. À parler de ce qu’elle ne connaissait pas, Beauvoir a, comme les prêtres sur la sexualité, engagé celles et ceux qui la suivent dans l’erreur absolue, d’autant plus dramatique qu’elle concerne le rapport à l’enfant.

Son féminisme, seul domaine de pensée qui lui fut propre (et non un suivisme de Sartre) exprime et véhicule en vérité une haine et un mépris des femmes qui s’illustre également dans son existence, semée des multiples viols mentaux imposés à des jeunes filles et jeunes femmes dont elle fit des jouets sexuels pour elle et pour Sartre – tout en niant toujours sa bisexualité. Tant d’aliénation pour une chantre de la libération des femmes répugne d’autant plus que l’imposture demeure assez rarement admise.

Michel Onfray y revient :

"La publication des lettres en 1990 montre l’envers du décor : une Simone de Beauvoir méchante, envieuse, manipulatrice, calculatrice, intrigante, mesquine, hypocrite, menteuse. (…) À la rentrée scolaire 1937, Bianca Lamblin a seize ans ; Beauvoir vingt-neuf ; Sartre, trente-deux. Beauvoir porte de fausses nattes et de petits cols blancs qui, dans la chambre, se révèlent des plastrons postiches. Elle fait cours pour les meilleures élèves et montre un mépris cinglant pour les autres. (…) Beauvoir entretient des relations sexuelles avec sa jeune élève, puis elle l’envoie dans les bras de Sartre (…) la jeune fille a dix-sept ans, Sartre trente-trois. (…) Sartre conduit sa jeune victime dans un hôtel où il lui dit : « La femme de chambre de l’hôtel va être bien étonnée, car hier j’ai déjà pris la virginité d’une jeune fille. » (…) Lorsque Sartre rompt avec Bianca, qui est juive, nous sommes en 1940, dans la France de Vichy qui, nul ne l’ignore, déporte les juifs dans les camps de la mort. Beauvoir écrit de la jeune victime qu’elle « hésite entre le camp de concentration et le suicide (…) Je me suis réjouie de votre rupture. » (…) Bianca Lamblin découvre, lors de la parution de la correspondance, que Beauvoir recourt aux poncifs antisémites pour parler d’elle. (…) Ce couple prétendument libre fut un assemblage machiste d’un Sartre douloureusement subi par Simone de Beauvoir. »"5

 

Quant à Shlomo Sand, il raconte que, après que Bianca, née Bienenfeld, avait été obligée de se réfugier en « zone libre » pour se cacher dans le Vercors,

 

"les deux mandarins ne prêtèrent aucune attention à leur ex-petite amante pendant les quatre années d’Occupation : pas le moindre message, le moindre télégramme, le moindre appel téléphonique ne parvint à celle qui avait dû s’enfuir, à cause de son origine. Lorsque le couple s’est rendu en vacances dans le sud, pendant des congés scolaires, il n’a pas cherché non plus à s’enquérir de sa situation. Les discussions ardentes dans les cafés de Saint-Germain-des-Prés, sur l’authenticité et l’existentialisme, ne leur ont pas laissé le temps de manifester de l’intérêt pour le danger existentiel vécu par l’amante abandonnée et persécutée, et dont le grand-père et la tante ont été assassinés dans les camps. (…) Le fait que l’intellectuelle qui avait signé un texte attestant qu’elle était « aryenne » ait agi de façon si désinvolte et inhumaine envers son ancienne amante qui, contrairement à elle, ne pouvait pas se déclarer de race pure, fit définitivement voler en éclats le reliquat d’estime intellectuelle et morale que j’avais longtemps conservé pour mes héros parisiens".6 

 

Bernard-Henri Lévy, lui, prenant le parti du couple germanopratin, écrit dans son Siècle de Sartre  : « Sartre baise avec Bianca mais c’est avec le Castor qu’il jouit. » (Il veut parler de leurs échanges épistolaires). Puis, racontant qu’un jour leur jeune amante leur annonce à tous deux qu’elle est enceinte, il commente l’épisode ainsi : « c’est, pour l’un comme pour l’autre, la chose la plus répugnante, et, sans doute aussi, la plus comique qui puisse arriver à un corps de femme. »7 Hommes ou femmes, les imposteurs, manipulateurs pleins de leur sentiment de supériorité, s’entendent. Ce qui les anime n’est ni la défense des femmes ni celle des opprimés de toute sorte, mais celle de leur propre classe et de ses privilèges. De leur ego. C’est toujours vrai, cela se passe tous les jours, partout.

 

1 Bianca LAMBLIN, Mémoires d’une jeune fille dérangée, Paris, Balland, 1993, p. 11

2 Ibid., p. 15

3 Simone de BEAUVOIR, Le Deuxième sexe, Paris, Gallimard, coll. NRF, 1949 ; Paris, Gallimard, coll. Folio Essais, t.2, n°38, 2003, p. 345 sq

4 Simone de BEAUVOIR, Le Deuxième sexe, op.cit., p. 360 sq

5 Michel ONFRAY, Les consciences réfractaires. Contre-histoire de la philosophie, t. 9, Paris, Grasset, 2013, chap.7

6 Shlomo SAND, La fin de l’intellectuel français ? De Zola à Houellebecq, Paris, La Découverte, 2016, chap. « Autoportrait de mandarins »

7 Bernard-Henri LÉVY, Le Siècle de Sartre, Paris, Grasset, 2000, chap.1

 

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54 réactions à cet article    


  • Raymond75 14 mars 17:48

    Il ne reste pas grand chose d’elle aujourd’hui ...


    • Alina Reyes Alina Reyes 14 mars 18:16

      @Raymond75
      L’année dernière, raconte le Canard enchaîné, Marlène Schiappa, « présente au consulat de New York le 13 mars, a évoqué devant quelques-uns les femmes qui symbolisent la France : "Hier, Simone de Beauvoir, aujourd’hui Brigitte Macron" »

      Comique mais représentant bien l’idolâtrie de Beauvoir aujourd’hui encore, il suffit de voir l’actualité la concernant : https://www.google.com/search?q=simone+de+beauvoir&client=firefox-b-d&source=lnms&tbm=nws&sa=X&ved=0ahUKEwjlvpvgkILhAhVRxIUKHdi7CN4Q_AUIECgD&biw=1222&bih=600


    • velosolex velosolex 15 mars 22:04

      @Alina Reyes
      Ca ne vous ai pas venu à l’esprit que le canard se foutait non pas de la gueule de la vénérable Simone, enseignée à Harvard et classique du genre, mais de la pauvre Brigitte

      Comique, donc, mais de la façon que vous l’entrevoyez !

      C’est ce qu’on appelle de l’humour du deuxième sexe au second degré

      Question Marlène, préférez la Dietrich, à la Shiappa.
      Shiappa photo non plus !


    • Clocel Clocel 14 mars 17:53

      Onfray avait mis le paquet pour déboulonner le mythe, je ne sais pas si c’est encore dispo sur le web, mais c’était sa période saignante ! (Il sortait de Freud, je crois me souvenir).

      « Sartre et Beauvoir (Jean-Paul et Simone de) : « Les célèbres Thénardier des lettres » »

      Philippe Muray



      • Arthur S Arthur S 14 mars 18:14

        Elle n’aurait pas renié #balancetonporc : c’était un avant-goût de la LGBT et de l’oblitération du social par le sociétal

        combien se sont fourvoyés sur des fausses pistes ? même Boris Vian et Queneau, alors...


        • Alina Reyes Alina Reyes 14 mars 18:18

          @Arthur S
          Mais si, elle l’aurait complètement renié. Elle était au service de son « porc ». Et jusqu’à la fin elle a nié sa bisexualité, vécue comme honteuse.


        • keiser keiser 15 mars 10:18

          @Arthur S

          Le Bison Ravi se moquait gentiment de Jean Sol Partre qui se prenait un peu trop au sérieux et qui ruinait Chick l’ami ingénieur de Collin.( L’écumes des ... )


        • cétacose2 14 mars 20:34

          Chaque décennie nous offre le privilège d’admirer un couple idéal ,hier c’était Sartre .Beauvoir ,aujourd’hui c’est BHL . Arielle Dombasle......


          • Alina Reyes Alina Reyes 14 mars 20:55

            @cétacose2
            BHL politiquement fait plus de mal que Sartre, mais je n’ai pas l’impression qu’Arielle Dombasle ait fait ou fasse grand mal.


          • keiser keiser 15 mars 11:40

            @Alina Reyes

            L’entarté :

            La mère Beauvoir pour fiancée
            Ç’aurait bien plu à l’entarté
            Mais il semble qu’il se soit maqué
            Avec une petite bien mieux roulée
            Poupée Barbie bien allumée
            Mais non, j’ai pas dit déjantée
            Malgré ses cheveux peroxydés
            L’est plus sympa que son Simplet

            Renaud


          • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 12:24

            @keiser
            Un jour j’ai entendu Arielle Dombasle dire qu’il fallait à la femme, dans un couple, espérer être au moins la préférée des femmes de son mari.

            C’est ainsi que se passaient les choses dans le couple Sartre-Beauvoir, un couple qui fonctionnait, comme le dit leur amie Henriette Nizan, à la façon de la polygamie musulmane.

            Beauvoir s’était offusquée de la liberté sexuelle du couple Nizan : ils s’aimaient, ils faisaient entre eux tout ce que le désir les conduisait à faire, alors que dans la bourgeoisie catholique de Beauvoir les femmes respectables ne se livraient pas à ce genre de libertés et laissaient le soin à d’autres femmes, genre prostituées, contenter leur mari.

            Misère ordinaire de l’hypocrite bourgeoisie, qui perdure derrière les masques de l’humanisme et du féminisme.


          • fborion 15 mars 16:31

            @Alina Reyes Pas sûr ! Sartre bénéficiait et bénéficie encore d’une aura qui dépasse la plupart des autres penseurs. Il est une référence académique pour beaucoup, contrairement à un Camus par exemple. Mais les deux (Sartre et BHL) semblent avoir la prétention de distribuer les bons et les mauvais points...


          • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 16:38

            @fborion
            Sartre a écrit au moins un bon livre, Les mots ; je n’en dirai pas autant de BHL ni de Beauvoir.


          • alanhorus alanhorus 15 mars 08:13

            C’est du propre, il avait plus ou moins avoué sous la torture de son esprit qu’il avait les mains sales.

            J’ai appris que raymond aron et lui se sont succèdes dans d’étranges postes en Allemagne avant guerre, aussi on peut s’interroger sur les véritables postes qu’ils y tenaient, étais-ce en réalité pour quelque tavistock ou autre société secrète qui travaillaient sur des œuvres occultes du type protocolaires ?

            Une vaste duperie ça ne s’improvise pas il parait.

            http://y-a-s.over-blog.fr/article-deboulonnons-sartre-122575192.html

            Sa pièce les mouches joués sous la collaboration pose aussi question, car l’origine ethnique de sartre est connue.

            https://www.lettres-it-be.fr/2017/08/20/lumi%C3%A8re-sur-jean-paul-sartre-et-la-collaboration/

            le secret de la franc-maçonnerie : c’est une secte sexuelle.

            https://www.youtube.com/watch?v=zFqHCeAJ0so


            • alanhorus alanhorus 15 mars 09:03

              https://fr.wikipedia.org/wiki/Apologie_de_la_p%C3%A9dophilie
              Des pétitions contre la majorité sexuelle sont publiées en France. La plus célèbre, publiée dans Le Monde du 26 janvier 1977, et relayée également par Libération, concerne « l’affaire de Versailles » : trois hommes ont alors comparu devant la cour d’assises de Versailles pour « attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de 15 ans », ce qui à l’époque était qualifié comme un crime, et pour avoir pris en photo leurs « partenaires ». Leurs trois ans de détention préventive suscitent une pétition de soutien, signée par diverses personnalités publiques : le texte affirme que les enfants n’ont subi « aucune violence », et qu’ils étaient « consentants », ajoutant : « Si une fille de 13 ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ? » et « trois ans pour des baisers et des caresses, ça suffit »4. Parmi les signataires figurent Louis Aragon, Francis Ponge, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze, André Glucksmann, Guy Hocquenghem, Bernard Kouchner, Jack Lang, Gabriel Matzneff, Catherine Millet, Jean-Paul Sartre, René Schérer et Philippe Sollers (ce dernier déclarera plus tard ne pas s’en souvenir, ajoutant : « Il y avait tellement de pétitions. On signait presque automatiquement. »4 – bien qu’il ait publié aux éditions Julliard Les moins de seize ans de Gabriel Matzneff dans la collection Idée fixe de Jacques Chancel en 1975).
              https://www.paris-normandie.fr/loisirs/flaubert-etait-il-franc-macon-l-auteur-rouennais-olivier-roney-publie-le-3e-tome-de-son-enquete-LC14526728
              « Dans un courrier, alors qu’il est en conflit avec la franc-maçonnerie de l’époque, celle-ci le qualifie de traître ! On n’est traître que de son clan ! Et puis j’ai découvert récemment que Jean-Paul Sartre, dans ses écrits, a lui-même évoqué Flaubert comme franc-maçon ! »


            • Pale Rider Pale Rider 15 mars 10:04

              Merci pour cet article courageux. On voit que ne datent pas d’aujourd’hui les gens qui ont le talent de nous vendre leurs maladies et de faire commerce de leurs perversions, que ce soit en litté/rature, en philosophie, en art pictural ou musical, etc.

              Etant de tendance Camus (il avait aussi ses problèmes, bien moins sordides, mais n’en tirait aucune gloire ; voir La Chute), je mesure encore plus le contraste entre lui et Sartre/Beauvoir. L’exclusion germanopratine de Camus a été une bonne nouvelle. Et on voit bien aujourd’hui qui a triomphé dans la durée.


              • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 10:33

                @Pale Rider
                En fait on se retrouve là devant ce que je dénonçais dans mon article précédent, la non-concordance des actes et de la parole. Ce que vendaient Beauvoir et Sartre, c’était la libération de la femme et de l’homme. Ce qu’ils faisaient, c’était d’abuser de jeunes femmes : tout le contraire de ce qu’ils vendaient.

                C’est le problème d’un certain clergé intellectuel (illustré notamment par des architectes comme Le Corbusier ou Aillaud dans mon article précédent) qui comme le clergé catholique prêche la bonne parole alors qu’en fait, sans le dire, de façon cachée, hypocritement, ils abusent les gens.

                Nous avons le même problème avec les politiques, et tout particulièrement avec Macron, élu sur un rideau de com’ cachant son incompétence dont nous voyons les résultats : démolition de la France vendue en morceaux et destruction des libertés publiques. Le pire du libéralisme associé au pire de l’étatisme. Nous sommes devenus l’un des pires régimes européens, et encore plus mal lotis que les Américains avec Trump.


              • Albert123 15 mars 10:14

                « La publication des lettres en 1990 montre l’envers du décor : une Simone de Beauvoir méchante, envieuse, manipulatrice, calculatrice, intrigante, mesquine, hypocrite, menteuse. »


                une féministe en fait


                • julius 1ER 15 mars 10:43

                  « les français doivent savoir » dixit Bourdin !!!

                  après il s’agit de faire la part de choses, on peut constater le manque d’empathie des 2 amants vis à vis de leur « victime » dixit Onfray... Sand utilise le mot ex-amante chaque mot a un sens surtout si l’on veut démolir une icone ???

                  il est clair que lorsque l’on a 17/ 18/ 19 ans, avoir des rapports sexuels avec des personnes plus âgées n’a rien de victimaire, (selon moi)c’est plutôt le contraire on peut vivre çà comme une quête émancipatrice, une libération perdre sa virginité (fille ou garçon ) n ’a pas le même poids selon ses croyances ou ses visions du devenir et avec des personnes plus matures cela peut avoir un côté rassurant !!!

                  dans cette histoire la vraie faute, si faute il y a est le manque d’empathie pour cette jeune fille de la part des 2 protagonistes surtout du fait qu’elle était juive donc encore plus exposée aux affres des pouvoirs totalitaires en place à cette époque !!!

                  alors faut-il rejeter l’Oeuvre de ces 2 célébrités à cause du fait qu’ils avaient une morale à géométrie variable ???? 

                  d ’ailleurs on se pose la même question avec Céline avec des données complètement différentes même si il y a un contexte similaire cad celui-d’avant et pendant la seconde guerre mondiale !!!

                  et puis le cas d’Adolphe H ..... faut-il oui ou non laisser paraître« Mein Kampf »

                  sans vouloir faire de prosélytisme ??????

                  pas simple tout cela tant au niveau des questions et des réponses à apporter d’ailleurs s’il fallait faire un lien avec l’actu du jour ... ce serait le cas Castaner coupable d’avoir été en « boîte » la veille de la manif des Gj’s entre 23h 30 et 2 h du matin .... 350 commentaires sur Yahoo et tous pratiquement à charge contre lui !!!

                  le pauvre aurait été « tondu » en 1945 pour légèreté dans son comportement , mais cette moralisation de masse est beaucoup plus insidieuse et nauséabonde qu’il n’y parait car tous les condamneurs ne sont pas blancs comme neige loin s’en faut et l’anonymat aide beaucoup les« corbeaux » !!!


                  • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 12:11

                    @julius 1ER
                    Je vous renvoie au témoignage de la jeune fille en question, Bianca Lamblin, placé en tête de mon article.


                  • cevennevive cevennevive 15 mars 10:51

                    Alina, bonjour,

                    Très bon article dont je rejoins complètement l’opinion et la pensée !

                    Je me suis laissé abuser, durant mes études adolescentes, par les écrits de Simone de Beauvoir (un peu moins par Sartre que je trouvais lourd).

                    Puis, au fil des ans, j’ai trouvé les principes du « deuxième sexe » aberrants et faux, montés au pinacle par un féminisme naissant et rigide que je n’ai jamais pratiqué.

                    J’ai préféré, et de loin, l’ouvrage « ainsi soit-elle », de Benoîte Groult, plus vrai et touchant, sans fioritures littéraires ni anathèmes.

                    Merci et bien à vous.


                    • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 12:14

                      @cevennevive
                      Oui, malheureusement nous sommes obligées d’enfoncer encore le clou car Beauvoir continue à illusionner beaucoup de gens et à donner à certains féminismes un caractère qui va contre la liberté des femmes.


                    • velosolex velosolex 15 mars 14:53

                      @cevennevive
                      A vrai dire je me suis fait abuser par pas mal d’auteurs, même pas en dépit de mon propre grés, contrairement à Richard Virenque. Je ne les renie pas. Ils correspondaient à un âge, à une époque, m’ont permis de voir plus loin. J’ai aimé Simone, platoniquement s’entend, tout comme Platon, et Plotin. J’apprécie moins les potins, les témoignages de seconde main, de ceux qui veulent régler leurs comptes. Elle m’a parfois irrité, quand elle faisait sa gouvernante, ou sa prof émérite, desséchée et désincarnée, vacharde et sectaire.
                      Je l’attaque quand on la met sur un piédestal, et je la défend quand on l’enfonce. Comment expliquer ça ? Je dirais qu’elle avait du chien. Sûrement qu’il y a autre chose. On aime et on déteste les gens pour de mauvaises raisons. Alors qu’il n’y a que le cœur, et le chien, encore.
                      J’ai pensé à elle quand je me suis promené dans les Monnedières, l’endroit où elle était née, où elle aimait marchait.
                      Quelqu’un qui marche me plait d’emblée, me ramène de la sympathie. Comme Rousseau par exemple, qui finit par gonfler quand même, dans le deuxième livre des confessions, alors que le premier vous envoie en l’air, quand il est vagabond, et devient l’amant d’une comtesse, son gentil. Madame de Warens, ça me revient. 
                      C’était l’époque de sa jeunesse. La grande affaire quand même, pour tous. On ne finit pas de broder dessus.... Il serait devenu fou et gâteux plus tôt s’il avait moins marché.
                      Difficile de mettre le deuxième sexe au rebut. Ca a marqué le siècle. Moins con que le petit livre rouge, la grande marche arrière. Un peu timbrée elle même sur le communisme, comme Sartre d’ailleurs. Fallait laisser son intelligence au vestiaire du parti, contre une carte. Facile à dire après le match, c’est vrai.
                      J’ai aimé aussi« les mandarins », même si je pressentais des mensonges flagrants, la storytelling. Mais il y a ceux qu’on adore entendre des demi mensonges, et les apôtres de la vérité et de la vertu qu’ont trouve insupportables…... Mais enfin même quand on lit « la route » de Kerouac, on sait qu’il fait dans la gonflette. Faut lire « sur ma route », de la copine de Cassidy, qui nous explique qui faisait le ménage, et torchait les gosses, pendant que ces messieurs s’arsouillaient et courraient la gueuse.
                      Tous les écrivains sont des menteurs. Mais la vérité est chiante. Alors on comprend mieux leur démarche quand on aime pas les antiseptiques.. J’arrête là. Ah, j’oubliais un livre pas très connu qui m’avait épaté : « Tous les hommes sont mortels »....La preuve que les femmes aussi. 


                    • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 15:05

                      @velosolex
                      Dire « tous les écrivains sont des menteurs » c’est comme dire « tous les politiques sont des pourris ».

                      Il y a, surtout en France, des écrivains qui font commerce de leur fausse vie fausse au sens où ils font passer pour réalité ce qui est fiction, et au sens où ils instrumentalisent la littérature pour briller personnellement et artificiellement.

                      Et il y a des écrivains qui font leur travail honnêtement, travail qui consiste à chercher à dire la vérité de l’humain.


                    • velosolex velosolex 15 mars 15:26

                      @Alina Reyes
                      Toute forme d’art est un mensonge, pour mieux cerner la vérité.
                      Un peu comme un oiseau de proie qui fait des figures autour de sa victime.

                      L’art réaliste, c’est une utopie, un vrai mensonge, sous prétexte de vérité. Ca nous donne l’art socialiste. On reprochait à Cendrars de ne pas avoir pris peut être le transsibérien.

                      Il n’en disait rien, n’affirmait pas, ne démentait pas non plus ; mais vous disait qu’il importa peu qu’il l’ai pris ou non, car l’important était d’avoir embarqué les lecteurs sur les ailes de l’ange, dans ce formidable poème qui continue à éblouir des adolescents. 

                      Alors bien sûr il y a les contrôleurs, ceux qui ont des visas, des preuves, et qui vous proposent des crottes stériles, leurs mémoires authentiques ; chacun est libre de choisir. 
                      La vérité de l’humain n’est pas du tangible, mais de l’ineffable. 


                    • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 16:05

                      @velosolex
                      Toute forme d’art est une recherche de la vérité.
                      Vous confondez véracité et vérité.
                      L’idée de vérité vous fait peur, je vois smiley Comme à tous les curés.


                    • velosolex velosolex 15 mars 17:38

                      @Alina Reyes
                      Il y a manifestement un mur de verre entre nous. 

                      Me faire traiter de curé, par une concierge , s’échauffant de ragots, est dans la logique des choses. 


                    • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 17:46

                      @velosolex
                      Qui êtes-vous ? caché derrière votre vélosolex
                      Vous voyez bien que vous avez peur, très peur, de la vérité, qui ne vous sied guère il est vrai : http://journal.alinareyes.net/2019/03/14/sollers-plagiaire-et-autres-illusionnaires/


                    • velosolex velosolex 15 mars 19:02

                      @Alina Reyes
                      J’ai en fait moi aussi un particule : De Vélosolex.
                      Mais je l’ai abandonné par simplicité prolétarienne. 
                      Je descend d’une branche Harley Davidson, prestigieuse famille de bikers, un pseudo qui aurait amélioré mon ego, et derrière lequel j’aurais pu me cacher plus facilement, en faisant forte impression sur les foules, une fois incliné sur ma béquille.
                      Une Harley est en effet plus épaisse que ce pauvre velosolex, dont les imbéciles rient facilement.
                      Combien de fois cette pauvre Beauvoir à t’elle du entendre : En voiture Simone ! .. ?...
                      Combien de fois s’est t’on moqué de mon misérable pseudo deux temps ?
                      Justement, c’est un indice précieux, comme le zouave du pont de l’alma pour la montée des eaux. Simone, je suis sûr serait d’accord avec moi. Il faut laisser aux foules un objet de médisance, afin de voir qui croche dedans. 
                      Les pécheurs appellent cela la chasse au leurre.
                      De quoi parlions nous, au fait, au delà de la solexine, et des belles collines.
                      Ah oui de la vérité, toute nue, comme celle des statues blanches et antiques du parc.
                      Du vent qui soulève l’esprit.
                      Des chiures de pigeons sur leurs belles épaules rondes. 


                    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 mars 19:43

                      @velosolex

                      "Difficile de mettre le deuxième sexe au rebut....

                      Bien inutile, dailleurs.  Pourquoi ne pas avouer que les évangiles et les ukases d’une génération finissent toujours avec le temps par apparaitre comme des lubies et des toquades... et qu’on finit par les dénoncer comme des insignifiances.  Ce que faisaient Sartre et Beauvoir, le font aujourd’hui — comme à cette époque — plein de gens bien ordinaires. Il devient seulement plus ridicules de s’en dédouaner en évoquant des monstres sacrés qui n’ont plus rien de sacré.... et dont meme la monstruosite semble bien timide...

                      PJCA.


                    • Olivier 15 mars 12:04

                      Encore une icône du progressisme qui se révèle creuse et boursouflée.

                      Le modèle en la matière est Voltaire, le premier intellectuel de gauche, publiciste des idées nouvelles et qui a été encensé jusqu’au délire malgré une oeuvre minuscule (faite de petits romans genre Candide et de pièces de théâtre injouables). Il a en fait servi de drapeau dans le combat contre les valeurs traditionnelles. Sartre et Beauvoir ont été exactement dans la même situation.


                      • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 12:25

                        @Olivier
                        Tout à fait.


                      • velosolex velosolex 15 mars 15:16

                        @Olivier
                        Bon...ON rigole….Je pense qu’elle serait assez flattée de se voir comparée à Voltaire. Comme on dit en bretagne. « Imbécile qui se tait passe pour un sage… »
                        Même si vous dites que c’est un auteur de seconde main, et même de troisième. Ce qui en dit davantage sur vous que sur lui, et sur elle. 
                        Le parallèle, c’est l’engagement incontestable. Voltaire ne s’engagea pas dans la défense des Callas, une affaire pourrie, où il risquait gros, pour passer chez Ruquier, ou un quelconque rigolo. 
                        Voltaire, un auteur qui n’attend plus personne, même pas votre autorisation, pour être consacré, et universel.
                        « Voltaire le premier intellectuel de gauche »,...
                        Pourquoi ne pas mettre dans le camp des dangereux gauchistes, Shakespeare, Diogène, etc...et Socrate, cet emmerdeur à qui ont fit boire la ciguë...
                        Pour mémoire, la gauche n’existait pas à l’époque de Voltaire.
                        Ces notions contemporaines de droite et de gauche n’existaient pas à l’époque des lumières.
                        Ne pas confondre lumières, donc, et électricité
                        Ces notions de gauche et de droite sont venues de la place que tenaient dans l’assemblée constituante, clergé et noblesse, d’un coté, et de l’autre tiers état. 
                        La littérature est une chose, l’histoire en est une autre, et le bidonnage encore une autre


                      • Olivier 18 mars 22:19

                        @velosolex

                        Avant de vouloir jouer les esprits forts, on se donne la peine de lire l’article, et surtout de le comprendre. Par « de gauche » (le terme n’est en effet apparu qu’en 1789) j’entends un contestataire des valeurs traditionnelles et qui est surtout connu par là, beaucoup plus que par son oeuvre, des plus modestes en ce qui concerne Voltaire. Il s’agissait en fait d’un agent d’influence intellectuel et politique soutenu par la franc-maçonnerie, modèle que l’on a beaucoup retrouvé par la suite.
                        Cherchez pas à comprendre, c’est un peu trop compliqué pour vous...


                      • Sparker Sparker 15 mars 12:06

                        J’ai pas tout lu De Beauvoir, mais il me semble avoir lu la description de tourments que je retrouve dans beaucoup de personnes de type féminin ainsi que des shémas comportementaux. Cela me semble toujours d’actualité et assez juste. Quelle que soit l’oeuvre il y a toujours un prisme, l’objectivité pure ne nous est pas (encore) accessible. Certes il y a la description de la femme mammifère qui subit et je suis d’accord mais il y aussi la femme « être » libérée de sa condition reproductrice et pouvant accéder comme l’homme à la transcendance de sa condition, là est la véritable égalité selon De Beauvoir et je la partage. L’égalité des sexes est dans leur essence non dans leur fonction. Je ne suis pas sur que tout le monde ai compris cela et, bien sur, hors de ce contexte intellectuel les écrits pourrait paraître épouvantable.

                        Si vous n’allez pas au bout des choses, les réactionnaires conservateurs vous rattraperont toujours pour vous soumettre, sois belle, pond et tais toi.

                        Et la libération de l’homme, j’y aspire grandement...mais ce sera certainement trop tard pour moi...car s’il fallait parler de notre condition il y aurait du grain à moudre, je n’ai pas le talent de De Beauvoir, dommage.

                        Après je ne connais pas leur vie « privée » mais je sais que dans ma jeunesse j’ai du faire des conneries aussi qui pourrait être condamnable à distance et personne n’est parfait, enfin je ne connais pas la gravité des faits si c’est le cas.


                        • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 12:29

                          @Sparker
                          Juste un petit détail : en français on ne dit pas la particule quand on dit un nom à particule sans le précéder du prénom. (Dans le cas de De Gaulle, le De fait partie du nom, avec une majuscule, c’est différent). Il faut donc dire tout simplement : Beauvoir.


                        • JC_Lavau JC_Lavau 15 mars 12:36

                          @Alina Reyes. Ou de pas beau à voir.


                        • Alina Reyes Alina Reyes 15 mars 13:12

                          @JC_Lavau
                          « voir » dans un nom vient souvent de l’ancien français pour « vrai », et non du verbe voir


                        • JC_Lavau JC_Lavau 15 mars 13:18

                          @Alina Reyes. Exception pour les monosyllabiques : de Broglie.
                          Pas évident car l’origine Broglia piémontaise est inconnue des français, et que les toponymes Breuil d’origine gauloise ne sont pas mentalement raccordés.


                        • sylvain 15 mars 13:33

                          @Sparker
                          cette theorie me parait bien manichéenne . Avoir des enfants, être belle et se taire me paraissent être 3 choses assez indépendantes . On peut avoir des enfants et être belle ou non, et se taire ou non .
                          Certaines femmes adorent avoir des enfants, et même être enceinte et accoucher, certains hommes aiment être pères ou plus généralement s’occuper des enfants, d’autres non .
                          Que cela fasse horreur à Beauvoir parait assez évident au vu de ses écrits, faire de ce rejet une théorie du féminisme et présenter la maternité comme une destruction de la femme me semble très égocentrique, en faire une doctrine de pensée me semble tout aussi privateur de liberté que les autres doctrines sur ce que la femme devrait être

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