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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > La novlangue néolibérale, ou la rhétorique du fétichisme capitaliste

La novlangue néolibérale, ou la rhétorique du fétichisme capitaliste

Cet ouvrage d’Alain Bihr paru récemment vise, selon les propres mots de ce professeur de sociologie à l’université de Franche-Comté (1), « à établir dans quelle mesure le discours néolibéral qui règne aujourd’hui en maître dans toutes les sphères de la société, ressortit à la catégorie orwellienne de la novlangue ».

En quatrième de couverture du volume on peut lire ceci :

"Les Soviétiques avaient l’habitude de dire que la Pravda méritait bien son titre. En effet, il suffisait de la lire pour apprendre la vérité (Pravda en russe)... à condition d’en prendre le contre-pied. Le discours néolibéral qui colonise actuellement les scènes médiatiques et politiques est de la même farine. Pour entendre la vérité en l’écoutant, il suffit d’en inverser les termes, c’est ce qu’entreprend de démontrer cet ouvrage pour les concepts-clés de ce discours. Chacun d’entre eux apparaît alors soit comme un mot-valise qui passe son contraire en contrebande, soit comme un mot écran qui fait obstacle à l’usage de son contraire, soit même comme les deux à la fois. Le discours néolibéral se révèle ainsi être un nouvel avatar de cette perversion discursive pour laquelle Orwell a créé le néologisme ’novlangue’.

Dans les toutes premières pages du livre, l’auteur évoque dans ses grandes lignes le contexte général qui a vu émerger ce discours. C’est d’abord sur le plan économique, la crise structurelle dans laquelle le mode capitaliste de production est entré au niveau mondial au cours des années 70. Ce contexte se caractérise ensuite, sur le plan politique par la rupture de ce que, rétrospectivement, on a pu identifier comme le ’compromis fordiste’ (2). Ce contexte se caractérise enfin, sur un plan plus strictement idéologique, par la faillite de tous les modèles socialistes.

Sur ce dernier point, l’auteur insiste sur la faillite du ’socialisme démocratique’ c’est-à-dire de la sociale-démocratie, qui, au mieux, s’accroche encore quelquefois désespérément aux ruines institutionnelles du compromis fordiste et qui, au pire le plus souvent, a vendu son âme au diable néolibéral dont elle n’est plus que l’avatar soft."

Et, dans l’introduction toujours, l’auteur écrit : "N’oublions jamais que les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes (3). En l’occurrence, le discours néolibéral vise non seulement à justifier les politiques néolibérales en en masquant le caractère de politique de classe, cherchant à transformer et refonder l’exploitation capitaliste, mais encore à les renforcer, tant en servant de langage véhiculaire qu’en brouillant l’intelligence de leurs enjeux pour les membres des classes dominées. C’est le langage actuel des maîtres du monde".

Qui mieux que Nicolas Sarkozy illustre pour nous ces propos et use de la novlangue néolibérale, notamment lorsqu’il soutient avec aplomb et sans rire que "la pensée unique c’est celle de l’opposition" ? C’est du Orwell, non pas au second degré, mais puissance deux !

En quatrième de couverture de l’ouvrage, encore, Alain Bihr ajoute : "En renouant avec la critique marxienne du fétichisme économique, dont la fécondité théorique est ici une nouvelle fois illustrée, il est possible de mettre en évidence l’essence religieuse de ce discours. Ce dernier n’hésite pas à proposer d’immenses sacrifices humains pour assurer la survie de la marchandise, de l’argent, du capital, du marché, de la propriété privée, etc., autant de rapports sociaux réifiés et déifiés devant lesquels il se prosterne comme devant autant d’idoles barbares (...) le roundup, l’aspartame, l’agent orange, les OGM, la dioxyne... sont à ce titre, des conspirations financières et politiques contre les peuples du monde."

Ces propos ont été clairement démontrés mardi 11 mars sur Arte dans cet excellent documentaire de Marie-Monique Robin : Le Monde selon Monsanto (4) suivi d’un débat auquel participait José Bové (excellent), diffusés à la suite. Télérama écrivait dans sa présentation de l’émission : "La démonstration de M.-M. Robin permet aussi de saisir les moyens crapuleux ou retors employés par la firme pour désarmer ses opposants et obtenir des gouvernements qu’ils lui permettent d’étendre son empire."

Plutôt que parler de conspirations, personnellement, j’accuse ici les multinationales de "crimes contre l’humanité dans ces guerres qu’elles ont déclarées contre les peuples de la terre".

(1) Alain Bihr a notamment publié L’Actualité d’un archaïsme (1998), Le Crépuscule des Etats-nations (2000), La Reproduction du capital (2001) et La Préhistoire du capital (2006), tous aux éditions "Page deux".

(2) Le compromis fordiste est un accord tacite selon lequel, en échange d’un salaire relativement élevé et indexé sur la productivité du travail, les salariés sont tenus de se plier aux méthodes de production de masse, créatrices d’efficacité et de gains de productivité, qui caractérisent le fordisme.

(3) Chomsky ne dit pas autre chose, pour qui "le langage que nous manions régulièrement pour décrire les réalités de notre monde est adapté aux intérêts de Washington".

(4) Ce reportage peut être visualisé sur www.foxbghsuit.com et www.arte.tv/lemondeselonmonsanto. Voir aussi en librairie : Le Monde selon Monsanto chez Arte éditions - La Découverte, 20 euros.


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65 réactions à cet article    


  • millesime 20 mars 2008 10:56

    depuis l’éffondrement des régimes communistes, le dogme néo-libéral est le pavillon sous lequel les Etats-Unis, imités par la majorité des pays occidentaux ont décidé de défendre leurs intérêts stratégiques.

    Les deux grands mots d’ordre de ce que l’on appelle "la mondialisation" : "moins d’Etat," et "liberté des marchés" sont désormais leurs armes privilégiés pour assurer leur domination sur le reste du monde.voir le site www.syti.net

    la compétition est truquée et les pays accidentaux en position de force, recourent à toutes sortes de mesures (y compris la guerre) qui sont autant de violations déguisées de la liberté qu’ils prétendent défendre... !


    • Gazi BORAT 20 mars 2008 11:10

      A propos de Novlangue..

      "MONDIALISATION" terme si cher aux néo libéraux, n’est autre que la traduction du concept d’ INTERNATIONALISATION DU CAPITAL (moins "glamour" peut-être) cher à Karl Marx..

      CITATION

      "Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour.

      Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n’emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe.

      A la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. A la place de l’ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations.

      Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l’est pas moins des productions de l’esprit Les oeuvres intellectuelles d’une nation deviennent la propriété commune de toutes. L’étroitesse et l’exclusivisme nationaux deviennent de jour en jour plus impossibles et de la multiplicité des littératures nationales et locales naît une littérature universelle.

      Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers.

      Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elle la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image. "

      FIN de CITATION

      Toujours d’actualité...

      gAZi bORAt


    • jako jako 20 mars 2008 12:05

      C’est vrai qu’en relisant certains écrits on peut se demander s’il n’est pas né 160 ans trop tôt 


    • Gazi BORAT 20 mars 2008 12:16

      @ leon

      Bonjour,

      si l’on dépoussière un pu ce texte de quelques adjectifs ("bourgeois n’a plus guère d’écho aujourd’hui), le constat qu’opère l’extrait cité est d’une troublante actualité, notamment la partie sur la "world culture"..

      gAZi bORat


    • JL JL 20 mars 2008 12:37

       

      Gazi Borat, vous avez choisi pour posté sous cet article, un texte de Marx assez atypique. En soi, que l’on dise mondialisation ou internationalisation du capital, je ne vois là rien qui relève de la novlangue je rappelle : inversion de sens et/ou oblitération de sens.

      Ce qui selon moi dans ce texte est pertinent vis à vis de la novlangue est ceci : "" Sous peine de mort, (la bourgeoisie) force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elleS sa prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image.""

      Et ce monde à son image se fait précisément et en priorité, au travers du langage, ce que ne dit pas Marx dans votre extrait.


    • Gazi BORAT 20 mars 2008 14:06

      @ JL

      Vous avez raison, il n’y a effectivement pas là inversion de sens mais usage de synonyme.. Je n’ai pas pu résister à l’envie de citer Marx dont une phrase de L’idéologie Allemande ("la pensée dominante") figurait dans l’article..

      gAZi bORAt


    • JL JL 21 mars 2008 09:28

      @ Michel Maugis, et Gazi Borat :

      Michel Maugis, vous écrivez : ""C’est drôle que ce mot Impérialiste, n’apparaît jamais chez les gens de droite. Celui de "classe possédante" non plus, ne parlons pas de Oligarchie, elle n’existe pas pour eux. Quant aux classes, pour eux elle se détermine par le niveau de vie.""

      Je pense effectivement que si ces mots n’existe pas dans les discours dominants, en revanche ils font partie du vocabulaire des opposants : C’est probablement ce que Nicolas Sarkozy désigne par la Pensée unique. (cf. mon texte). Si bien que Pensée unique, comme libéralisme et d’autres sont des places fortes que chacun des deux camps tente de prendre et garder.

      Si dans l’esprit de Marx, internationalisation du capital ne relevait pas de la novlangue (et pour causes), mondialisation n’est-il pas un mot valise, tout comme libéralisme ?

      En relisant l’ouvrage je m’aperçois que le mot Mondialisation en bonne place (quel potache je fais !), voici ce que j’ai relevé en notes : "De l’internationalisation (p150) ... à la transnationalisation (156)… ce qui se trouve remis en cause c’est radicalement la forme internationale de la structure du monde capitaliste et par conséquent l’Etat nation lui-même en tant qu’élément de cette configuration structurelle (157)… la forme internationale de cette structure devient forme transnationale … il est impossible au capital d’unifier réellement le monde". (mais je vous renvois à a lecture, je ne saurais faire ici un bon résumé).

      Fernand Braudel dans son ouvrage "La dynamique du capitalisme" distingue deux expressions : "économie mondiale" et "économie monde" (pp 84, 85), ce que ne fait pas la novlangue. Quand G. Bush parle du monde, de la communauté internationale, il ne connaît que la partie du monde qui se plie à son économie monde dont l’Amérique est le Coeur (voir Braudel).


    • karg se 21 mars 2008 10:43

      En fait Marx n’a rien prévu puisque la mondialisation est un phénomène très ancien, l’amélioration technique et le développement de l’économie à travers la spécialisation entraine forcément échange de marchandise et de capitaux. Sans barrière politiques (comme les guerres) ce mouvement est auto-entretenu et s’accélèrent.

      Le Marxisme n’est pas une science, pas plus que le libéralisme. Le point commun entre Marx et Smith c’est d’avoir très bien décrit et critiquer leur époque, pour le reste on peut pas comparer notre société à la leur. Smith ne croyait pas aux sociétés par action, l’héritier de Marx Engels fustigé l’enbourgeoisement du prolétariat anglais qui d’après Marx aurait du être le premier à se retourner contre les capitalistes.


    • tvargentine.com lerma 20 mars 2008 11:03

      Vous citez Nicolas Sarkozy pour dénoncer le libéralisme économique

      Nicolas Sarkozy à permis que des entreprises comme AIR FRANCE en 1994 puisse se redresser et voici quelques années la société ALSTOM a été sauvé par l’intervention de Nicolas Sarkozy avec un vrai projet de développement à chaque fois

      Rien à voir avec le libéralisme bobos des socialistes au pouvoir qui ont privatisé à tout va

      Soyez un peu objectif dans vos écris

       


      • JL JL 20 mars 2008 11:16

        Cher lerma, je n’ai pas cité Sarkozy pour dénoncer le libéralisme économique, mais j’ai cité l’un de ses affirmations renversantes préférées pour illustrer ce langage orwellien dont on parle. Si vous lisez les articles, veuillez essayer en même temps de les comprendre au delàn de ce que vous voulez dire dans un réflexe pavlovien.


      • JL JL 20 mars 2008 11:27

        PS : J’ai omis de dire que cet ouvrage, au delà deson titre, est un véritable et précieux document et un outil d’analyse économique, chaque concept exploré donnant lieu à une explication pertinente et iconoclaste de son contexte, et en tous cas condensée et enrichissante. Je me suis régalé.

        Je voulais au départ faire un article qui donnerait envie de lire cet ouvrage, mais je n’ai pas su exprimer l’ampleur des informations qu’on y trouve autrement qu’en le disant platement ici.

        Que Mr Bihr me pardonne.


        • el bourrico 20 mars 2008 12:25

          Lerma + réfléchir = bug


          • pallas 20 mars 2008 12:26

            Le liberalisme c’est la liberté d’entreprendre, de crée des entreprises. Les socialistes sont la cause premiere de la destruction des entreprises a cause d’un impot trop important qui ettoufe l’economie. Les socialistes a chaque fois qu’ils sont au pouvoir augmentent les impots du contribuable, associé aux ecolo, detruisent le transport des frets, en taxant encore les entreprises, ce qui se repercutent sur le prix. Vous oubliez que Segolene Royal voulai augmenter l’impot sur le revenu, c’etait dans son discour, alors que Sarkozy l’a baissé. L’impot local, a chaque fois qu’un socialiste devient maire d’une ville, il augmente l’impot de sa collectivité et acccuse ensuite la droite. la gauche accuse toujours la droite pour ce donner une excuse et legitimé l’augmentation des impots et des taxes, ainsi qu’un pouvoir addministratif qui ettoufe le contribuable et l’investisseur. Maintenant vous pleurez que les investisseurs, les entrepreneurs, les ingenieurs s’en vont, a vous d’assumez vos choix, ne faite pas payer la droite de vos erreurs propagandistes.


            • JL JL 20 mars 2008 12:41

              Pallas vous n’avez pas compris : le sujet n’est pas le PS ou l’UMP, ne faites pas comme lerma, quoique...

              Les socialistes sont peut-être ceux qui véhiculent avec le plus de talent cette novlangue en France, tout comme les travaillistes en GB ou les démocrates aux US.


            • Gazi BORAT 20 mars 2008 14:01

              @ Philippe reneve

              A propos de Bareuzai :

              A quand un article sur le chanoine Kir ?

              Et cette petite curiosité existe-t-elle toujours : un graffiti peint en blanc sur le mur d’un hotel particulier de la Rue Jeannin, à gauche quand on se dirige vers le carrefour de la rue Berlier et proclamant :

              Vive Bucard !

              (Collaborationniste extrème qui déclara un jour : "Je n’ai qu’un ami, mon revolver !")

              gAZi bORAt


            • JL JL 20 mars 2008 14:47

              @ Philippe Renève, Parkway ne parlait peut-être pas de cet article.


            • Gazi BORAT 20 mars 2008 16:29

              @ Philippe reneve

              Ok pour le mail, dans les jours prochains. Il se trouve que j’ai habité plusieurs années à Dijon.

              gAZi bORAt


            • Gazi BORAT 20 mars 2008 16:37

              @ Philippe Reneve

              Il existe un excellent ouvrage sur le chanoine, édité localement et que l’on ne doit guère trouver que chez des bouquinistes à Dijon :

              "Le Chanoine Kir a-t-il existé ?"

              C’est un recueil des hauts faits et grandes phrases du défunt maire, écrit très peu de temps après sa mort.. Pour l’actualité du sujet : l’anniversaire de sa mort ? Un autre ecclésiastique local haut en couleurs : l’Abbé Simon dit "le curé volant" ou "le curé plongeur".

              http://www.culture-guinguette.com/photos/Baignade5.jpg

              gAZi bORAt

               


            • yasunari yasunari 21 mars 2008 09:54

              Le chanoine Kir était un social traitre de la pire espèce. Franchement, de la part de quelqu’un qui célébrait la messe au Meursault, créer un lac d’EAU, c’était déguelasse. Surtout que ce n’est pas une région ou les bon liquides font défaut...

               

              Allez, je vais aller vider mon baril de lessive aux pieds du Bareuzai et vider un pichet de blanc-pomme à la Petite Taverne...


            • yasunari yasunari 21 mars 2008 09:55

              Et Maloka, ça existe encore ?


            • Gazi BORAT 21 mars 2008 15:04

              @ Yasunari

              Vous avez connu ces dangereux compagnons de route de la Fédération Anarchiste ?

              gAZi bORAt


            • yasunari yasunari 22 mars 2008 09:49

              @Gazi

              Je les ai croisés deux ou trois fois.

              Ils m’ont fait un peu de peine lors de leur manif contre la première guerre du Golfe, au Bareuzai justement. Ils devaient être cinq... Je ne suis pas certain que les bons bourgeois qui sortaient da la fnac les aient bien différenciés de la petite bande de punks vin blanc - bière qui trainaient alors près de la fontaine.

              Ils devaient aussi être là quelques années plus tard lors de la grosse manif djembé-bordel visant à empêcher la venue du gros borgne... Celle où les poubelles du McDo ont été vidées sur les paniers à salade... Mais je n’y étais pas hein... Et puis il ya prescription...

              Ca devait être à l’époque de la révolte des prisonniers à la maison d’arrêt. Comme les échappés du mitard s’étaient réfugiés sur les toits pour caillasser les flics, les lignes de bus qui allaient à la fac avaient été détournées...

              Qu’est-ce que j’ai vieilli...


            • JL JL 20 mars 2008 14:33

              @ Didier, ""si on ne peut plus dire bourgeoisie quand on pense bourgeoisie""...

              Jamais avec cet article je n’aurais voulu susciter une telle phrase. Désolé si je n’ai pas su dire tout le bien que je pense de cet ouvrage.

              Sur les milliards "partis en fumée" : cette expression est assez novlangue en ce que, d’une part, il y des gens pour qui cette ’fumée" a bel et bien été et est toujours de la monnaie sonnante et trébuchante. Mais c’est leur identité qui est partie en fumée. Pour les autres, il faut dire qu’une grande part de cette fumée, c’était de la monnaie virtuelle, du rêve.

              D’une certaine façon, le meilleur ennemi du mal c’est le mal : espérons que ces scandales financiers à répétition inciteront les amateurs de fonds de pensions à y regarder deux fois, avant de lacher la proie de la retraite par répartition pour l’ombre de la retraite par capitalisation.


            • ZEN ZEN 20 mars 2008 16:20

              Derrière les rideaux de fumée sémantique , il importe plus que jamais d’appeller un chat , un chat...

              http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4071

              Certains économistes ont aussi un jargon qu’il serait bon de démystifier parfois, comme le fait J.Sapir ,dans :Les économistes contre la démocratie" (A.Michel)


              • ZEN ZEN 20 mars 2008 16:26

                Une analyse de la notion de fétichisme chez Marx , essentielle pour comprendre celle de marchandise , de valeur , de rapports de production (ouvrir le fichier)

                http://semimarx.free.fr/article.php3?id_article=43


              • JL JL 20 mars 2008 20:19

                 

                Merci Marcel pour ce lien qui détaille le chapitre consacré aux charges sociales. Ce texte représente 9 pages du livre qui en comporte 234, c’est vous dire la densité du travail, vu que le développement des 17 autres concepts est à l’avenant de celui-ci : aussi riches.

                Pour ceux que cela intéresse, les concepts passés au crible de la critique d’Alain Bihr sont :

                Capital humain, Charges sociales, Dette publique, Egalité, Etat, Flexibilité, Fonds de pension, Individualité, Insécurité, Libéralisation, Liberté, Marché, Mondialisation, Propriété, Réforme, Services d’intérêt général, Sociétré civile, Workfare.

                Vous dire lequel est mon préféré est assez difficile, tous sont bons, et à lire. Peut-être le Grand soir les publiera-t-il tous. L’ouvrage coûte 16 euros, si vous avez une bibliothèque municipale à proximité, surtout ne manquez pas d’en profiter.


              • ZEN ZEN 20 mars 2008 21:45

                L’exemple d’une analyse de J.Sapir :

                Sur le prétendu rôle fondateur de la notion de concurrence :

                http://www.monde-diplomatique.fr/2006/07/SAPIR/13645


              • Gazi BORAT 21 mars 2008 08:07

                @ Philippe reneve

                C’est en effet l’une des contradiction du libéralisme et la raison pour laquelle il est obligé périodiquement de faire appel au rôle régulateur des états et aux solutions keynesiennes lorsqu’arrive l’inévitable blocage.

                L’un des discours adressé au public pour la promotion des mesures libérales est aussi d’affirmer que la libre concurrence profite aux consommateurs, en oubliant d’ajouter : dans un premier temps.

                On l’a vu avec la libéralisation des telecommunications et l’arrivée de nouveaux acteurs sur ce marché. Très rapidement, lorsque le nombre d’entreprises présentes s’est révélé réduit, celles-ci se sont immédiatement entendues pour harmoniser leurs tarifs, quitte à rendre cette entente invisible à grand renforts de forfaits complexes destiner à brouiller toute évaluation ou comparaison.

                Le consommateur a finalement été le dindon de la farce... libre de choisir entre des opérateurs différents pratiquant exactement les mêmes tarifs !

                gAZi bORAt


              • Le péripate Le péripate 21 mars 2008 08:38

                Zen, à propos de l’article de Sapir.

                Concernant l’exposition que fait Sapir des différentes écoles libérales, je crois qu’il se débarrasse un peu vite d’Hayek. Il parle de néoévolutionnisme, alors qu’il s’agirait plutôt d’un préévolutionnisme, qui ne doit rien à Darwin et surtout rien à la sociobiologie. Ensuite, Sapir pense réfuter l’argument évolutionniste en arguant du fait que les préférences de chacun peuvent changer. L’argumentation est spécieuse, le climat n’est pas immuable, donc les préférences des organismes changent, et pourtant il y a évolution.

                De plus, pour Hayek, la concurrence est très loin d’être une notion centrale, c’est simplement une conséquence lointaine de la liberté. D’autant qu’il fait sienne l’intuition anti-rationaliste :

                User intelligemment de la raison dans la régulation des affaires humaines exige en premier lieu que nous nous attachions à comprendre quel est le rôle qu’elle joue en fait, et peut jouer, dans le mécanisme d’une société fondée sur la coopération de nombreux esprits distincts...... et il nous faut admettre que, même quand nous avons l’impression de la comprendre, nous pouvons encore nous tromper.

                Je fais cette remarque alors que, bien que j’opine tout à fait à une nécessaire critique du neolibéralisme et de ses mots, je pense aussi qu’il ne faut pas abandonner aux élites le concept fécond de liberté. Et la pensée d’Hayek est de la dynamite...

                 


              • ZEN ZEN 21 mars 2008 09:52

                @ Le Peripate, bonjour

                 

                Je crois que nous ne lisons pas le même Hayek, où pas avec les mêmes lunettes, ou pas le Hayek de la même époque. Les derniers écrits de cet auteur vont clairement dans le sens de libéralisme le plus outrancier, le plus dérégulé...Ceux qui se sont inspirés de lui ne se sont pas trompés : la pensée friedmanienne en est un des derniers avatars...

                Bien amicalement

                http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Hayek


              • ZEN ZEN 21 mars 2008 09:59

                @ Dup

                 

                Excellents, ces exemples de novlangue globish branchée

                On n’est pas loin de la réalité

                Je n’ai pas trouvé de sm. pour le "rire jaune"...


              • ZEN ZEN 21 mars 2008 10:01

                Com mal placé

                > La novlangue néolibérale, ou la rhétorique du fétichisme capitaliste
                par ZEN (IP:xxx.x16.143.30) le 21 mars 2008 à 09H59

                 
                @ Dup

                 

                Excellents, ces exemples de novlangue globish branchée

                On n’est pas loin de la réalité

                Je n’ai pas trouvé de sm. pour le "rire jaune"...


              • Le péripate Le péripate 21 mars 2008 10:08

                Il vaut beaucoup mieux lire dans le texte que de faire confiance à Wiki... Le texte cité vient de "La constitution de la liberté" qui est de 1960. Quant à ses rapports avec Friedman, Hayek critique la version mécaniste de la monnaie d’Irving Fisher que reprendront Friedman et les monétaristes. Friedman n’aura été qu’un allié de circonstance dans le vif débat entre Hayek et Keynes, qui étaient amis par ailleurs.

                Penser que les monétaristes ou les anarchocapitalistes prolongent Hayek est une profonde erreur.


              • ZEN ZEN 21 mars 2008 10:34

                @ Le Péripate

                Je lis aussi dans le texte...

                Nous ne lisons pas les mêmes textes.

                Existerait-t-il chez Hayek les mêmes ambiguiités que chez Rousseau, dont la lecture a donné lieu a tant d’interprétations divergentes selon le choix de textes que l’on faisait et ses propres présupposés ?


              • ZEN ZEN 21 mars 2008 10:41

                @ cambronne

                Le marxisme n’est pas une science , mais une théorie économique , innovante,éclairante , mais aussi insuffisante.

                Marx le savait et ne se reconnaissait en rien dans ceux qui allaient détourner sa pensée pour en faire un dogme d’Etat ("Je ne suis pas marxiste", disait-il , pour se prémunir contre toute récupération abusive)

                Bonne lecture du Capital !


              • Le péripate Le péripate 21 mars 2008 10:56

                Probablement de même farine, oui. Surtout si l’on pense que Hayek était partisan d’un revenu de vie sans conditions, thèse portée aujourd’hui plutôt dans la gauche alter-mondialiste.

                En tout cas, il ne faut jamais jeter le bébé avec l’eau du bain.


              • Gazi BORAT 21 mars 2008 15:27

                @ Michel Maugis

                 

                Là, vous m’épatez !

                 

                Vous professez là une vision orthodoxe que l’on ne rencontre plus guère aujourd’hui.

                 

                Je ne vous en fait ni le reproche ni la critique mais cela me fait songer que nos échanges sur Marx doivent sembler bien naïfs au regard de ceux qui avaient cours jusque dans les années soixante-dix. Une certaine culture qui s’est perdue.

                 

                Pour ma part, j’ai toujours été bien piètre théoricien. Si j’ai milité en ma jeunesse, j’étais plus porté sur l’activisme que sur les études.. mais ceci est une autre histoire..

                 

                gAZi bORAt


              • Le péripate Le péripate 23 mars 2008 23:09

                Dire que j’ai failli rater ce post de Maugis ! Et bien, ça me rappelle ma jeunesse... Du scientisme pur jus, fantastique, dans sa version de gauche authentiquement stalinienne... Incroyable...


              • JL JL 24 mars 2008 08:29

                @ Le Péripate, votre post ne manque pas d’intérêt en ce qu’il pourrait faire rebondir un débat passionnant. Pourriez-vous développer ce que vous entendez par scientisme de gauche ?

                Les idéologies, les religions, la laïcité, l’athéisme ... ne sont ni de droite ni de gauche (Amha).


              • Le péripate Le péripate 26 mars 2008 08:42

                Tout doux, Michel Maugis !

                Mais dire que Marx et Engels ont unifié la Nature (avec un N majuscule !) etc... , c’est du scientisme. Et quand à la question de savoir si ce scientisme est stalinien ou non est secondaire, mais historiquement exact. Et le scientisme, c’est une pensée pour qui la raison pure peut directement servir nos désirs sans intermédiaire et peut construire par ses propres moyens un nouveau monde, une nouvelle moralité, un nouveau droit, voire même un nouveau langage épuré. (Descartes)

                Donc ce que vous dites n’est pas plus malsain que, par exemple, la théorie du choc des civilisations, mais tout aussi inexact.

                Quand à la question de savoir si je suis de gauche, sachez que je pense que ce concept n’a de pertinence que dans le cadre parlementaire. Et donc la question de savoir que je donne mon suffrage à gauche ne dit rien sur mes appartenances, qui sont multiples, comme tout un chacun.

                Pour finir, sachez que je ne suis vieux que pour mes fils, bien loin encore de la retraite, et que si je suis susceptible de dire des conneries, je n’apprécie guere être traité d’emblée de connard, même s’il y a une petite satisfaction à voir un contradicteur s’abaisser à l’insulte et ainsi se discréditer.

                 

                 


              • Le péripate Le péripate 26 mars 2008 09:01

                @JL

                Le scientisme est une notion très générale. C’est une croyance dans le pouvoir de la raison, je cite encore Descartes, un (le ?) fondateur du scientisme "la raison pure peut directement servir nos désirs sans intermédiaire et peut construire par ses propres moyens un nouveau monde, une nouvelle moralité, un nouveau droit, voire même un nouveau langage épuré." Un nouveau langage épuré, on pourrait penser à l’esperanto par exemple. Ce qui veut dire que le scientisme ne se limite pas au champ politique. Mais, historiquement, la pensée planificatrice, une application du scientisme, a plutôt été à gauche, mais pas seulement. On peut penser à Lyssenko aussi.

                Dans la citation, il y a "construire". le scientisme est un "constructivisme", en matière politique, c’est la croyance dans le contrat social (Rousseau), la dictature du prolétariat ou la naturalisation de l’économie, la planification ou le bougisme réformiste... Difficile donc de définir un scientisme de gauche (ou de droite), si ce n’est que de constater des formes historiques du constructivisme.


              • JL JL 26 mars 2008 09:15

                @ Le péripate, assez d’accord avec ce point de vue : le scientisme serait aux constructivismes ce que le monothéisme serait aux religions (monothéistes ). Et puisque le sujet de l’article c’est la novlangue, on pourrait probablement caractériser chacun de ces constructivismes par un discours (et un vocabulaire) qui lui est propre.

                Par ailleurs, je pense aussi que dans ces domaines théoriques, on est très loin des notions de droite et de gauche, d’où mon post auquel vous avez réagi.


              • Bobby Bobby 20 août 2008 01:16

                Oui, aujourd’hui on aurait plutôt tendance à jetter le bébé et garder l’eau du bain !



                • Mr Mimose Mr Mimose 21 mars 2008 07:32

                  Il est trop tard, le capital à déja gagné. On voit de plus en plus le fossé qui se creuse entre une classe possédante et ceux qui ne possédent rien à part leur force de travail.

                  Bientot tout sera privatisé, il ne restera plus que la police et l’armée qui appartiendront à l’état.

                  L’état est déja le bras armé du capital.

                  Au brésil par exple, y’a les beaux quartiers, la plage ou il fait bon vivre, dérrière les favellas ou les pauvres y naissent et y meurent. La police à installé des check-points autour des favellas, des troupes de chocs y font des descentes pour casser les groupes de narco-traffiquants avant qu’ils ne deviennent trop puissants et puissent menacer l’ordre établi.

                  Voila ce qui nous attends en France, ça à déja commencé et ça va s’amplifier.

                  Et c’est pas nous avec nos petits posts sur internet qui allons contrer la mondialisation.

                  Bref, les carottes sont cuites.


                  • Gazi BORAT 21 mars 2008 08:13

                    à Mr Mimose

                    "Bientot tout sera privatisé, il ne restera plus que la police et l’armée qui appartiendront à l’état"

                    Pas si sûr..

                    La logique libérale s’empare de tout. Les Etats Unis, bien plus engagés que nous sur cette pente dangereuse, ont commencer à pratiquer "l’externalisation des services" et à confier une partie de la mission de leurs forces armées à des officines privées comme Blackwater.

                    Démarche qui, non seulement permet de réaliser des économies, mais aussi de se déresponsabiliser, une "bavure" devenant alors non plus une faute de l’Etat, mais un simple litige avec un sous traitant sur une question de clause non respectée d’un cahier des charges..

                    gAZi bORAt

                     


                  • masuyer masuyer 21 mars 2008 09:04

                    Bonjour Gazi,

                    pour ce qui est des "économies réalisées" dans le cas de l’utilisation d’armées privatisées, elle ne m’apparaissent pas si évidentes.

                    On peut effectivement penser que contrairement à une armée d’Etat, une armée privée ne coûte que si l’on s’en sert. Pourtant, ces coûts doivent être assumés par l’entreprise. Deux solutions s’offrent à elles :

                    - Par un puissant lobbying, s’assurer que son client, en l’occurrence l’état fédéral états-unien, soit perpétuellement en conflit.

                    - Inclure dans son prix de prestation, les périodes de travail non-productif, qui génèrent aussi des coûts.

                    Une armée nationale faisant appel à la conscription s’appuie sur du travail bénévole (en faisant appel "au devoir sacré envers la mère-patrie), ce que ne fait absolument pas une armée privée (il y a fort à parier que les appointements des Blackwater sont supérieurs aux soldes versées aux militaires des armées régulières).

                    L’avantage n’étant pas tant dans le coût que dans la souplesse et de s’abriter de toute contestation citoyenne. De plus, le "contribuable" a ainsi l’impression de ne pas supporter le coût de la guerre. Une sorte de service supplémentaire faisant la valeur ajoutée des armées privatisées


                  • masuyer masuyer 21 mars 2008 09:10

                    JL,

                    merci pour cet article.

                    La "supériorité" du modéle de propagande en vigueur dans les "démocraties d’opinion" sur celle en vigueur dans les systèmes totalitaires réside dans l’apparente impression "d’objectivité" des médias.

                    Cordialement


                  • JL JL 21 mars 2008 09:45

                    @Mazuyer, merci aussi à vous pour votre apport. Le thème que vous abordez là a été discuté dans l’article "Libéralisme et obligation militaire : paradoxe et nécessité mutuelle" de François Duran. cdt.


                  • Gazi BORAT 21 mars 2008 15:01

                    @ Masuyer

                    Personnellement, je ne pense pas non plus que l’externalisation soit la panacée universelle en matière d’économie de gestion mais c’est actuellement la mode en matière d’organisation des entreprises, et l’armée américaine suit apparemment ces modes..

                    Cela joue sur le fait qu’à chaque fin de contrat, on peut renégocier à la baisse la rémunération du sous traitant qui, fatalement au-delà d’un certain seuil, reverra lui, à la baisse, la qualité de sa prestation.

                    gAZi bORAt


                  • dup 21 mars 2008 08:35

                    savez vous qu’il existe en France des écoles de novlang dont le but est de détruire la langue Française pour la remplacer par un volapuc international . Ca fait ’bien’ , moderne’ et ’efficace’ et surtout c’est dans le plan de destruction des état nations . Accrochez vos ceintures :

                    Bénédicte, jeune businesswoman clean et cool, sortait d’un debriefing qui s’était transformé en séance de brain-storming. La file d’attente à la drive-in bank, où elle voulait donner des ordres de virement, la convainquit de recourir ultérieurement au home-banking.

                    Elle entra dans un shopping-mall où se pratiquaient le retailtainment et le marketing olfactif. Le fun-shopping ne lui déplaisait pas. Dans un grill-room, animé par le one-man-show d’un vieux rocker oublié auquel on offrait enfin un come-back, elle demanda un quick-meal. La barmaid lui apporta des mixed-grills accompagnés de pickles, de rollmops et d’un soft-drink.

                    Elle emprunta ensuite un escalator car les produits high-tech qui l’intéressaient se trouvaient à l’étage. Sur un scramble, un blister contenant un autoradio autoreverse à display digital, soldé à un prix discount et dont le design vintage lui parut très plaisant, attira son attention.

                    Un yuppie, vêtu en urbanwear au look anglais et muni d’un attaché-case, la salua. Elle reconnut un executive-man du top-management-team de son entreprise qui était parti, sans golden parachute et au grand dam du big boss, pour devenir free-lance en créant son home-business. Fort de son back-ground, et sans avoir eu besoin d’un business-angel ou de love-money, il était maintenant consultant-marketing et avait installé son home-office.

                    Elle devait prendre l’avion et se présenter au check-in en fin de nuit pour aller à un trade-show mais ne voulait pas passer la nuit dans le boarding-lounge en attendant le take-off. À l’hôtel où un tour-operator lui avait retenu un single, on ne trouva pas trace de sa réservation. Elle les soupçonna de pratiquer le surbooking. Le no-show d’un couple lui permit d’obtenir un twin.

                    Elle alluma son notebook et se brancha sur le réseau wireless de l’hôtel pour se connecter à son provider, lire ses mails, consulter une data-bank et surfer sur le Net. Elle finit la soirée en regardant un talk-show en live et un fashion-show.

                    http://www.presse-francophone.org/apfa/motdor/motdor.htm

                    si en plus on traduit cel en language sms ça peut donner à peu près ceci :

                    Bénédicte, jeune businesswoman clean et cool, sortait d ?in debriefing qui s ?étai transformé en séance 2 brain-storming. La fil d ?attente ala drive-in bank, ou ele voulais doner dè ordres de virement, la konvainquit 2 rekourir ultérieurement o home-banking

                    amusez vous à cela , mais ça fait rire jaune

                    http://glossa.fltr.ucl.ac.be/ demo/index.php?service=1&action=2&fr=/tmp/fr2sms-0.666611703652055.txt&sms=/tmp/fr2sms-0.666611703652055-tmp.biniou2.fin&compression=10

                     

                     


                    • CAMBRONNE CAMBRONNE 21 mars 2008 10:33

                      BONJOUR A TOUS

                      Magnifique article accompagné de non moins magnifiques commentaires . Pas une fausse note .

                      Marx avait fort bien analysé les choses et nous savons tous que la description des maux d’une socièté n’apporte pas forcèment les remèdes . Nous ne comptons plus les livres de toutes les couleurs expliquant ce qui ne va pas , rien qu’en France .

                      Là où cela devient plus dur c’est quand il faut trouver les remèdes et surtout les mettre en oeuvre.

                      Oui le Marxisme est une science selon Maugis , Mazuyer et quelques autres mais les marxistes sont les pires apprentis sorciers de la terre . Le Marxisme n’est pas réformable à la différence du capitalisme qui s’adapte depuis des siècles .

                      Je croyais naïvement que les horreurs et les catastrophes économiques provoquées par cette pseudo science qu’est le Marxisme feraient taire définitivement ses derniers défenseurs , hélas il n’en est rien .

                       

                      Vive la république quand même .

                       


                      • ZEN ZEN 21 mars 2008 10:42

                        @Cambronne

                        Mdr ! encore mal placée..La réponse est plus haut


                      • Gazi BORAT 21 mars 2008 14:55

                        @ Cambronne

                         

                        "La description des mots d’une société n’apporte pas forcément les remèdes"

                         

                        Et oui.. c’est malheureusement exact, tant en économie qu’en médecine..

                         

                        A noter que Marx se préoccupa plus du descriptif que de la mise en application. Par contre, on peut le créditer, dans sa vision du Parti Communiste, de la paternité des partis modernes de masse qui allaient suivre après.

                         

                        Lénine, par contre, s’est lui, beaucoup plus préoccupé de la mise en application et de l’organisation du passage vers le socialisme..

                         

                        Je compare souvent Marx à Freud.

                         

                        Sigmund Freud a réalisé comme Marx un énorme de travail de description et de compréhension mais la psychanalyse comme thérapie me laisse dubitatif. Je la pense bien adaptée à la clientèle de Freud – la bourgeoisie viennoise – et à un type de pathologies bien déterminées – les névroses – mais je la pense limitée dans le traitement d’autres souffrances psychiques.

                         

                        Sur un autre sujet, que nous avions abordé en un autre fil passé : Jean Valtin.

                         

                         

                         

                         

                        gAZi bORAt

                         

                        Un commentaire d’époque d’H.G. Welles sur son livre "sans patrie ni frontières" :

                         

                        "An exciting, real book without a trace of unnecessary melodrama." —

                         

                         

                         

                         

                        ..et une information tirée de "La résistance allemande sous le nazisme" : Richard Krebs (véritable nom de l’auteur) a trahi et été retourné par la Gestapo. Il n’aurait pas joué le double jeu qu’il prétend dans son livre. La révélation a été tirée d’archives est-allemandes exhumées après la chute du mur..


                      • CAMBRONNE CAMBRONNE 22 mars 2008 18:56

                        Re salut Gazi

                         

                        Nos commentaires avaient disparu !

                         

                        d’accord avec vous . J’ai le bouquin de Valtin dans ma bibliothèque , un original , en papier qui pue . c’est un héritage de mon beau père ; Je vais le lire .

                         

                        Joyeuses pâques Gazi .


                      • Le Moralisateur Moustachu Masqué Le Moralisateur Moustachu Masqué 24 mars 2008 19:22

                        Merci JL pour votre article

                        Une question de la part de la buse que je suis : vous écrivez que Le monde selon Monsanto peut être visualiser sur eut être visualisé sur www.foxbghsuit.com seulement impossible de mettre la main dessus. Pourriez-vous me donner le lien complet SVP ? J’ai encore une amie qui vit en Angleterre qui ne l’a pas vu

                        Cordialement


                        • JL JL 24 mars 2008 19:50

                          Bonsoir le Moralisateur Moustachu Masqué : Des rediffusions sont prévues :

                          Lundi 31.3 à 3h00 (TNT) et Samedi 19.4 à 9h45 (TNT)

                          essayez ce lien

                           

                          www.arte.tv/lemondeselonmonsanto


                        • JL JL 25 mars 2008 13:37

                          @ Michel Maugis, votre post là, n’est-il pas un peu laconique ? Ce matin il y avait un excellent débat sur France Culture avec Frédéric Lordon et Yves Citton, autour de leur livre : "Spinoza et les sciences sociales : de la puissance de la multitude à l’économie des affects". 

                          De toute l’émission, il n’a pas été fait référence à Marx. A contrario, je crois pour le peu que j’en sais de l’une et de l’autre, qu’un débat sur la conception du monde selon Marx ne pourrait éviter de faire référence à Spinoza, pas plus qu’à Darwin probablemnt.


                        • JL JL 25 mars 2008 22:29

                          La forme et le fond ... Maugis, je préfère vous laisser, avec vos certitudes. Bonsoir.


                        • JL JL 24 avril 2008 10:04

                           

                          Les mots détournés, outil de propagande )

                          "La langue politiquement correcte contribue à l’édification d’un vaste discours anonyme qui discipline la pensée de tous, tout en faisant taire la singularité de chacun… Le pouvoir symbolique, c’est d’abord le pouvoir d’amener les dominés à prévoir et à décrire les choses comme ceux qui opposent des positions dominantes ont intérêt à ce qu’ils les voient et les décrivent. En d’autres termes : celui qui impose à l’autre son vocabulaire, lui impose ses valeurs, sa dialectique et l’amène sur son terrain à livrer un combat inégal." (


                          • JL JL 26 décembre 2008 08:25

                            L’égalité hommes-femmes selon la Halde : Si certains en doutaient encore, cette initiative de la Halde, devrait prouver définitivement le discernement et l’utilité de la "Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité", créée fin 2004 et présidée par l’ancien P.-D.G. de Renault M. Louis Schweitzer.

                            Secondée par la Cour de cassation et par la Cour d’appel de Paris, la Halde presse en effet le gouvernement de modifier le code de la Sécurité sociale, qui accorde actuellement aux femmes travaillant dans le secteur privé deux années supplémentaires d’assurance retraite par enfant.

                            La droite semble décidée à s’en prendre aux avantages destinés à contrebalancer la plus grande vulnérabilité économique des femmes, comme en témoigne l’amendement déposé par le sénateur UMP Philippe Marini, et adopté au Sénat le 8 décembre, qui prévoit de supprimer l’avantage fiscal accordé aux parents isolés même s’ils n’ont plus d’enfant à charge.

                            Le Monde Diplomatique 24/12/2008


                            • JL JL 11 janvier 2009 16:03

                              "La langue politiquement correcte contribue à l’édification d’un vaste discours anonyme qui discipline la pensée de tous, tout en faisant taire la singularité de chacun… Le pouvoir symbolique, c’est d’abord le pouvoir d’amener les dominés à prévoir et à décrire les choses comme ceux qui opposent des positions dominantes ont intérêt à ce qu’ils les voient et les décrivent. En d’autres termes : celui qui impose à l’autre son vocabulaire, lui impose ses valeurs, sa dialectique et l’amène sur son terrain à livrer un combat inégal…. Selon Philip K. Dick, l’instrument de base de la manipulation de la réalité est la manipulation des mots. Certains termes sont dépréciés ou sont connotés négativement : tout ce qui gravite autour du peuple par exemple, à un point tel que l’on serait tenté de croire que le changement de conjoncture politique et intellectuelle invite à voir dans le peuple le principal problème à résoudre et non plus une cause à défendre. Le recours à l’adjectif populiste permet de stigmatiser toute référence au peuple, un adjectif qui a par ailleurs perdu toute signification à cause de sa sursaturation médiatique... La novlangue, ce jargon des propriétaires officiels de la parole se compose de généralisations et d’expressions toutes faites et entraîne un appauvrissement sémantique qui lui-même induit un conformisme idéologique." (

                              Les mots détournés, outil de propagande )


                              • tanguy 11 novembre 2011 04:02

                                Voir aussi le « Dico de Novlangue »


                                • JL JL 2 juin 2013 12:39

                                  Pour prolonger cet article, j’ai pensé que ce texte que j’ai proposé en modération et n’a pas été retenu aurait sa place ici

                                  ’’ Humpty Dumpty :
                                  - C’est de la gloire pour toi !
                                  - Je ne comprends pas ce que tu veux dire par gloire, répondit Alice.
                                  Humpty Dumpty sourit d’un air dédaigneux,
                                  - Naturellement que tu ne le sais pas tant que je ne te le dis pas. Je voulais dire : c’est un argument décisif pour toi !
                                  - Mais gloire ne signifie pas argument décisif, objecta Alice.
                                  - Lorsque j’utilise un mot, déclara Humpty Dumpty avec gravité, il signifie exactement ce que j’ai décidé qu’il signifierait ; ni plus ni moins.
                                  - Mais le problème dit Alice, c’est de savoir si tu peux faire en sorte que les mots signifient des choses différentes.
                                  - Le problème dit Humpty Dumpty, est de savoir qui commande, c’est tout ! ’’

                                  Charles Dogson alias Lewis Carrol avait tout compris.

                                  Je propose ici cette hypothèse : La Perversion Narcissique est comparable à une maladie auto-immune en ce sens que le patient ne reconnait pas sa maladie ; et différente en ce sens que le malade soutient que c’est l’Autre qui souffre.

                                  Que le malade ne reconnaisse pas sa maladie n’est pas à démontrer, et le lien avec les maladies auto-immunes est peut-être à considérer à fronts renversés, le subconscient par exemple étant vu dans le rôle du système immunitaires (je ne m’aventurerai pas davantage sur ce terrain que je ne connais pas).

                                  Quand le malade soutient que c’est l’Autre qui souffre, il n’a pas tort, mais il ne s’agit pas de la même souffrance : On souffre d’une maladie, et on souffre moralement ou physiquement des conséquences induites par la maladie. Mais si dans les maladies classiques ces deux types de souffrances affectent un seul et même patient, en revanche la perversion narcissique les répartit dans deux types de souffrants : les malades et les victimes. Ce clivage est bien évidemment à mettre en parallèle avec la construction sur le mode clivé de la personnalité narcissique dont il est l’une des conséquences caractéristiques.

                                  Cette rupture de lien entre la réalité et l’imaginaire du pervers narcissique - inversion sur la désignation du malade - est la raison de la rupture du lien entre la réalité et son discours (le niveau symbolique) en même temps qu’il est la cause de ce que sa communication est impossible avec autrui autrement que dans un rapport de domination, ceci expliquant cela : dans un débat d’idée, quand il n’apparait pas comme étant ’’Celui qui sait’’ tel qu’il se le figure dans son imaginaire, et du fait qu’il est amené à bousculer le symbolique pour rétablir sa position de sachant, le pervers narcissique a recourt à toute sortes de stratégies pour faire taire son opposant. Il passe alors d’une stratégie basée sur les arguments d’autorité - il est le sachant - à une stratégie d’attaques ad hominem, et en dernier recours à une stratégie de menaces voire plus.

                                  Si d’aventure le PN se trouve en position de souffrir à cause de son affection, c’est indirectement et par effet boomerang, quand à l’instar du vampire exposé à la lumière, il est exposé à un discours qui révèle impitoyablement son image réelle, une image qui l’effraye, il se réfugie dans la victimisation : victime du discours de l’autre, il se pose alors en victime du porteur du discours.

                                  C’est du fait notamment de cette identification aux victimes que les plus manipulateurs d’entre les pervers narcissiques sont amenés à soutenir paradoxalement que les victimes des manipulateurs ont une intelligence supérieure à la moyenne. Ce faisant, ils séduisent les victimes authentiques, leurs proies, lesquelles s‘attachent à eux comme l‘otage à son ravisseur, le mot est ici parfait : l’otage comme le séduit sont littéralement ravis.

                                  Pour illustrer mon propos, je vais analyser ci-après deux exemples.

                                  Exemple 1. Un intervenant autoproclamé grand chasseur de manipulateurs écrit à l‘auteur d‘un article qui a généré une grande échauffourée : ‘’Merci pour avoir laissé ce « dialogue de sourd » se poursuivre jusqu’à sa conclusion, car nous avons là un bel exemple d’erreur d’interprétation. »

                                  Exemple 2, ce même grand chasseur de manipulateurs, écrit sous un autre fil conflictuel : « Les ‘expérimentations’ qui ont été menées ces derniers jours ont été très riches d’enseignement et rejoignent votre article ».

                                  Maintenant pour conclure, quel sens pouvons nous donner à ces allusions à des expérimentations pour qualifier des articles qui ont rencontré de fortes oppositions et qui ont été marqués par la diabolisation récurrente des opposants autant que par les éloges indécents d’excès prodigués aux alliés ?

                                  Ceci : n’ayant pas pu venir à bout de ses opposants l’auteur de ces allusions a changé de stratégie, et sur le mode de la célèbre formule de Cocteau a déclaré implicitement, c’est le sens du mot expérimentaions : « puisque ces choses là nous dépassent, feignons de les avoir organisés ».

                                  Les autres manipulent, lui se livre à des expériences ! Nuance. Son imaginaire est préservé et sa face est sauvée, en dépit du Symbolique qui en a pris un sacré coup.

                                  Pour illustrer cette manière de maltraiter le Symbolique, cette belle citation extraite d’Alice au pays des merveilles est ce que j’ai trouvé de plus pertinent :


                                  • antitroll antitroll 2 juin 2013 19:38

                                    super ton lien que t’as mis sur le fil de karol. 

                                    vas pas encore croire que karol c’est moi, hein ?

                                    on va pouvoir tchatcher tranquille ici, sans troller les auteurs.

                                    pas mal ton article, comprends pas pourquoi les modérateurs en ont pas voulu.

                                    tu sais c’est qui, les modérateurs ?

                                    t’en fais pas partie ?

                                    tu leur as fait quoi pour qu’y te bloquent comme ça ?

                                    je suis resté un peu sur ma faim pour la citation à la fin ; tu l’as oubliée ?

                                    je comprends pas pourquoi t’écris plus d’articles.

                                    rien depuis février 2011, et qu’à la place tu te ridiculises à commenter des articles qui valent pas le dixième de ceux que tu pourrais écrire.

                                    bon, moi, ce que j’en dis, c’est juste pour te faire plaisir.

                                    ici t’as anathémisé personne, alors je suis sympa avec toi.

                                    juste y faut que je te dise, faut que t’arrêtes de me prendre pour monsieur rebel que tu détestes : le seul point commun que je vois entre lui et moi, c’est son coté anarchiste.

                                    avec monsieur bur k, anarchiste avoué par son article sur les chefs en démocratie, on dirait qu’y se connaissent bien tous les deux.

                                    ça se voit qu’ils aiment pas les chefs, c’est pour ça que moi, je les aime bien tous les deux.

                                    alors quand tu lui parles de l’autorité, une de tes marottes préférées, à monsieur rebel ça lui passe à cent pieds sur la tête.

                                    des fois on dirait même qu’y sait pas de quoi tu parles ; ou alors y fait semblant.

                                    ah oui, un truc aussi, change les infos que t’as mis sur ton cv : c’est plein de trucs qui se retournent contre toi.

                                    t’as personne proche pour te conseiller ?

                                    parce que là, apparemment t’en as pas conscience, mais pour un bon tourneur de mots, c’est du gâteau, et pour toi, ça te revient en pleine gueule.

                                    moi j’aurais bien écrit des articles, mais mon sérieux déconne trop.

                                    par exemple, je suis allergique aux majuscules.

                                    je trouve que ça fait prétentieux. 

                                    y en a qu’en foutent partout, des majuscules, si t’es observateur tu remarqueras le délire d’orgueil chez ces auteurs-là.

                                    au temps de molière, dans ses vers c’était pas pareil, c’était le Grand Molière… tiens, du coup je te la mets la majuscule, et même deux. 

                                    je suis fan de molière, pas toi ? l’école des femmes, tartuffe l’imposteur, l’avare, psyché, le dépit amoureux, don juan, etc… en fait, toute son œuvre.

                                    des fois je me demande pourquoi les grands savants de l’âme humaine font pas référence à molière ; moi, y m’a tout appris là-dessus, avec honoré de balzac aussi, sa comédie humaine, véritable bible de l’âme humaine.

                                    bon, c’est plus de cent bouquins à se farcir, mais ça vaut vraiment le coup.

                                    moi ça me va, je lis très vite, parait que c’est à cause de mon handicap.

                                    super, ici on va être tranquille pour apprendre à se connaitre.

                                    j’espère que ton amoureux philou, il est pas jaloux… s’il te surveille, on va le voir débarquer ici avec son coran. 

                                    lui, je sais que tu l’aimes bien, du moins t’as fait une alliance d’opportunité avec lui, mais prends garde, sa mentalité est celle du serpent. 

                                    toi aussi un peu des fois, mais t’es tellement transparent que ça se voit moins. 

                                    la prochaine fois je te parlerai d’un jeune philosophe qui m’inspire : 

                                    alexandre jollien, et son dernier ouvrage, « petit traité de l’abandon ». 

                                    enfin, sauf si t’aimes pas ce bonhomme (quand il était gamin, les psys l’avaient déclaré débile mental). 

                                    à plus. 

                                     

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