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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Une brève histoire de l’avenir de Jacques Attali

Une brève histoire de l’avenir de Jacques Attali

Dans son dernier livre, Une brève histoire de l’avenir, à la fois fascinant et dérangeant, Jacques Attali déroule l’histoire des soixante prochaines années du monde. Dans une brillante synthèse, historique, politique, sociale, économique, écologique, scientifique et technique, il reprend certains grands thèmes de ses livres précédents, et notamment Les trois mondes, Lignes d’horizon, Fraternités ou L’homme nomade, pour nous plonger dans les racines du passé afin de discerner les branches porteuses de notre avenir.

Le premier tiers du livre constitue une des plus étonnantes histoires « co-évolutive » des civilisations humaines jamais écrite : de l’ancienne Egypte aux dynasties chinoises, en passant par le Bassin méditerranéen, le Moyen Age européen, l’Inde ou le Moyen-Orient, il met en perspective les trois ordres qui conditionnent le développement des sociétés humaines : l’ordre rituel (religieux), l’ordre impérial (militaire) et l’ordre marchand (contrôle de l’économie). Etape par étape, en suivant les « cœurs » du monde (Bruges, Venise, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Boston, New York et Los Angeles), il décrit l’implantation de la démocratie de marché, la naissance du capitalisme, la mondialisation, l’influence croissante d’Internet et des objets nomades dans les relations sociétales et dans les nouvelles formes de travail.

Mais progressivement, il se projette dans un avenir de plus en plus inquiétant, marqué par ce qu’il appelle « l’hyperempire » (l’extension de la démocratie de marché, avec ses règles impitoyables, allant jusqu’à la marchandisation du temps et du corps), « l’hyperconflit », (le choc armé de politiques, de cultures, de religions, entre des Etats ou des groupes se déclarant incompatibles, en lutte pour le contrôle des flux financiers, de l’énergie ou de l’eau). Des groupes puissants représentés par les mafias, les cartels, les « entreprises pirates », les « criminels en col blanc », s’appuyant sur « l’hypersurveillance », au détriment des règles de base de la vie privée et de l’éthique de la vie en société. De ce champ de bataille réel et virtuel des prochaines années Jacques Attali fait émerger la lueur de l’espoir.

Son livre se termine sur des options de construction positive et responsable de leur avenir par les humains, rassemblées dans ce qu’il appelle « l’hyperdémocratie ». Certes, on pourra dénoncer le caractère utopique, ou trop optimiste de cette vision à long terme. Certes, une collection de mots ne fait pas une politique globale, en particulier lorsque certains d’entre eux dénotent une certaine ambiguïté idéologique (comme « transhumanisme » ou « gouvernement mondial »). Mais les bases de la construction de ce grand futur sont jetées : réseaux solidaires, démocratie participative, « entreprises relationnelles », ONG, micro-crédits, intelligence collective... Encore faudra-t-il qu’au-delà des luttes de pouvoir et de l’égoïsme de chacun, les hommes prennent conscience de leur communauté de destin avec une nouvelle forme de « sagesse » pour référence principale. Alors « se dessinera, au-delà d’immenses désordres, la promesse d’une Terre hospitalière pour tous les voyageurs de la vie ».

Extrait de la conclusion de Brève histoire de l’avenir de Jacques Attali (Fayard)

« L’élection présidentielle à venir sera l’une des dernières occasions d’orienter l’histoire de l’avenir. Beaucoup préféreront débattre de questions mineures.

Beaucoup, à gauche comme à droite, pourront encore, le temps d’un sursis, choisir consciemment de ne rien faire, de ne même pas parler de ces enjeux. Ils préféreront discourir sur la grandeur de la France, sans rien faire pour essayer de la maintenir ; agiter les menaces qui pèsent sur elle, en se contentant de gérer le déclin à la petite semaine, tout en renvoyant les choix diffi­ciles à leurs successeurs.

De fait, à l’échelle de leurs petites vies, ce serait un parti pris raisonnable : la France est assez riche pour sombrer lentement.

Les Français devraient tirer, dès maintenant, les conclusions de cette histoire de l’avenir, de ses ressorts, de ses menaces et de ses potentialités. Ils devraient en déduire que, plus le temps passe, moins la politique aura les moyens d’influer sur le réel, et qu’il est encore possible, pendant quelques années, d’éviter le désastre, de tirer notre épingle du jeu par la mise en œuvre d’un programme d’urgence néces­saire, quelle que soit la majorité politique à venir.

Je n’entends pas détailler ici l’ensemble des réformes qui s’imposent. Ce sera le rôle des candi­dats aux prochaines élections présidentielles et légis­latives. J’entends seulement donner les principes qui devraient tous les guider. Ces réformes tournent autour de deux idées : rendre à l’avenir ce qu’on lui a pris ; permettre au pays de tirer le meilleur de l’avenir.

Permettre au pays de tirer le meilleur de l’avenir

Ces réformes qui découlent de toute l’histoire de l’avenir, racontée dans les chapitres précédents, s’organiseront dans six directions, énoncées ici sans ordre de priorité.

Promouvoir les technologies de l’avenir : la recherche universitaire et industrielle devra se voir attribuer des moyens beaucoup plus importants, en particulier dans les domaines des nouveaux maté­riaux, des économies d’énergie, des véhicules hybrides, des piles à combustible, de l’utilisation de nouveaux carburants, des énergies renouvelables, des nanotechnologies, des autosurveilleurs, de l’ubiquité nomade et de l’urbanisme.

Créer une société équitable  : il faudra organiser une mobilité équitable du travail, par un véritable statut rémunéré de tout chercheur d’emploi ; réfor­mer profondément les services publics, pour les amener à servir en priorité les plus démunis ; pour être équitable avec les générations ultérieures, il faudra retarder l’âge de la retraite d’au moins six ans, y compris pour les salariés du secteur public, à l’exception des salariés exerçant des métiers pé­nibles ou dangereux pour autrui (ce qui, compte tenu de l’augmentation de l’espérance de vie, permettra à chacun de ceux qui travailleront en 2007 d’avoir devant eux autant d’années de retraite que ceux qui quittèrent leur dernier emploi en 1988) ; il faudra tenir compte de l’espérance de vie dans le calcul des cotisations et des pensions. Il fau­dra enfin accepter le principe de l’entrée sur le terri­toire de plusieurs centaines de milliers d’étrangers par an - et pas seulement d’étrangers détenant des diplômes. Pour réussir leur intégration, il faudra lancer une ambitieuse politique scolaire, culturelle et urbaine. Il faudra faire du logement social une priorité ; mettre en œuvre, en faveur des minorités dites visibles, une discrimination positive tempo­raire de sept ans, et limiter à la même durée l’ins­tauration de la parité hommes/femmes, autre forme de discrimination positive.

Renforcer l’efficacité du marché : il faudra mettre le pays en situation d’ubiquité nomade, c’est-à-dire construire les réseaux de communication - ports, trains, aéroports, réseaux de fibres optiques, infra­structures urbaines - nécessaires à la phase à venir de la neuvième forme ; mener une bataille frontale contre tout ce qui peut réduire la mobilité (drogues, alcool, obésité) ; promouvoir le goût du travail, de la concurrence, de l’effort, de la curiosité, de la mobi­lité, de la liberté, l’aspiration au changement, au neuf ; favoriser les nouvelles entreprises, en particulier dans les domaines de la santé et de l’éduca­tion ; réduire la fiscalité du capital et de l’épargne, inciter à faire fortune par son travail ; favoriser la concurrence dans les services ; réduire les barrières à l’entrée de nombreuses professions ; mettre en place des systèmes de veille technologique ; attirer les investissements étrangers, en particulier dans les technologies de l’ubiquité nomade, de la santé et de l’éducation, des entreprises relationnelles ; donner une meilleure place aux plus innovants des agents publics ; réduire et simplifier les structures adminis­tratives, en particulier en fusionnant régions et départements.

Créer, attirer et retenir une classe créative : il faudra doubler la dépense moyenne par étudiant, regrouper les universités, favoriser leur autonomie de gestion, encourager leurs relations avec le secteur privé ; faire en sorte que l’origine sociale ne pèse plus sur la réussite universitaire ni sur l’accès aux fonctions de responsabilité ; réformer le collège ou tout se joue ; développer les capacités des étudiants à transformer leurs savoirs en richesses concrètes ; donner une deuxième et une troisième chance à ceux qui auraient échoué dans leurs études ; mener une très ferme politique de sécurité intérieure ; promouvoir la qualité de la vie sociale et culturelle dans les pôles de développement pour y attirer des élites venues du monde entier. La promotion de l’esthétique urbaine, industrielle, sociale, sous toutes ses formes, sera fondamentale.

Renforcer les moyens de l’influence et de la souveraineté : il faudra faire de la promotion mondiale de la langue française, et de sa défense en France, une priorité majeure ; doter l’armée de moyens de surveillance et d’intervention rapide ; concentrer l’aide au développement sur les pays qui le mériteront par les efforts qu’ils auront déployés pour se doter d’institutions démocratiques ; définir une politique claire de développement de l’Europe de l’Est et de la Méditerranée, régions dont dépendra, dans le prochain demi-siècle, la sécurité de la France. Il faudra aller vers la limitation des transports individuels et une gestion plus rationnelle de l’eau, de l’énergie, des déchets et des ressources de la mer. L’énergie nucléaire restera nécessaire.

Faire naître l’hyperdémocratie : la France aura tout intérêt à aider à la naissance de l’hyperdémocratie (forme ultime de la démocratie à la fois planétaire et participative) qui protégera ses valeurs et son existence même. Elle devra donc proposer la création d’instances de gouvernance mondiale disposant de ressources propres, évoquées au chapitre précédent, en particulier par la fusion du G8 et du Conseil de sécurité. A l’échelle européenne, elle devra inciter à la mise en place d’un véritable gouvernement continental, doté de compétences politiques, militaires et sociales - et pas seulement, comme aujourd’hui, éco­nomiques et monétaires. Elle devra faire comprendre à ses partenaires que l’Europe est la mieux placée pour créer le premier espace d’harmonie relation­nelle de la planète. L’État français conservera pour lui-même toutes les compétences nécessaires à l’inté­gration sociale, à la promotion de la langue, de la culture, de l’éducation ; il devra favoriser, fiscale­ment, financièrement, la constitution d’entreprises relationnelles de toute nature (des partis, des syndi­cats, des ONG, des associations, des réseaux coopé­ratifs réels ou virtuels, en particulier dans les activités d’éducation et de prévention). Il faudra développer la démocratie participative, en particulier régionale, et organiser des espaces urbains et virtuels pour que s’ y rencontrent ceux qui ont envie de se rendre utiles et ceux qui peuvent offrir des occasions de l’être. Cette démocratie participative aidera à faire surgir des citoyens à la fois intégrés et fidèles à leurs commu­nautés. Des citoyens capables de donner à la France les moyens de trouver la meilleure place dans l’his­toire de l’avenir.

Immense chantier dont chaque élément consti­tuera, à lui seul, une réforme majeure, en France comme ailleurs.

Si les futurs dirigeants de notre pays apprennent à comprendre les lois de l’histoire et analysent claire­ment les trois vagues de l’avenir, ils sauront faire en sorte qu’il soit encore possible de vivre heureux en France et d’y mettre en œuvre un idéal humain fait de mesure et d’ambition, de passion et d’élégance, d’optimisme et d’insolence.

Pour le plus grand bénéfice de l’humanité. »


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133 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 novembre 2006 11:14

    Bonjour Joël de Rosnay,

    Intéressant article qui mérite plusieurs lectures pour une réaction appropriée, mais aussi d’entrer dans le livre d’Attali.

    Pour l’instant, juste une remarque. Cette idée d’un développement des société sur la tripartition entre trois ordre est primordiale. J’avais tenté d’écrire une Histoire, ou plustôt une triple Histoire, avec évidemment une reconnaissance des travaux de Dumézil qui le premier a su analyser ce schème, notamment dans la mythologique védique avec Mitra-Varuna, Indra et les deux jumeaux Natasya, sorte de panthéon miroir de toute Civilisation.

    Et ma conviction est que ce schème n’est pas obsolète et encore opérationnel dans notre monde dont le problème majeur est la technique


    • Marsupilami Marsupilami 21 novembre 2006 11:37

      Excellente présentation de ce bouquin d’Attali, que je vais lire.

      @ Bernard Dugué

      La tripartition des sociétés (il vaudrait mieux dire LES tripartitions, car il en est de multiples) est effectivement une structure fondamentale et les travaux de Dumézil passionnants. Sur ce sujet, un texte intéressant.


    • peu importe (---.---.10.209) 21 novembre 2006 12:09

      marsu, arrête un peu. T’es un facho de première. Et en plus t’es lâche si t’as pas le cran de l’admettre. Y’en a marre de voir tes commentaires écoeurants d’intolérance sur agoravox au nom de la liberté d’expression. Merci de ne pas me censurer


    • Josew (---.---.25.142) 21 novembre 2006 12:19

      + 1.

      Comme pour Frèche, certains écrivent ou racontent des choses assez indéfendables et ensuite réfutent leurs propres déclarations sous prétexte qu’ils n’ont pas de carte officielle du FN : tout cela n’est pas très sérieux...

      Pour ce qui est d’Attali et de son bouquin, on assiste un peu à un Hyper-enfoncement de portes ouvertes lorsqu’il écrit que la France et le Monde devront développer une nouvelle forme de démocratie adaptée à la mondialisation...

      Mais bon ce genre de verbiage à 2 balles plait dans les hautes sphères où chacun aime à se faire mousser mutuellement, et visiblement ça doit certainement rassurer le quidam avec ce côté cocorico Bleu Blanc Rouge un peu nauséabond : la France va inventer l’hyperdémocratie, dormez tranquilles mes chers compatriotes...

      Bref, des grosses ficelles avec de belles boites bien vides.


    • Marsupilami Marsupilami 21 novembre 2006 12:25

      @ Peu importe & José W

      Vous êtes de vulgaires diffamateurs et pollueurs de fils. Et si je vous traite de gauchistes décérébrés, c’est pas de la diffamation, mais la stricte réalité.


    • Midrate (---.---.251.170) 21 novembre 2006 12:27

      Jusqu’où agoravox ne descendra-t-il pas avec de tels rédacteurs fachos et de mauvaise foi ?


    • Josew (---.---.25.142) 21 novembre 2006 12:35

      Désolé mais je n’ai diffamé personne en disant que Frèche et certains autres notamment sur Agoravox soutiennent des thèses peu défendables et ensuite reviennent sur leurs dires sous prétexte qu’ils ont une carte du PS, de l’UMP ou même du PCF (Grémetz par exemple n’est pas en reste de déclarations à connotations très sulfureuses).

      Tout cela sème le trouble dans l’opinion publique (Ségo et Sarko y sont allés de leur couplet) et cela favorise Le Pen, les électeurs préférant en effet au final l’original à la copie.

      Si vous appelez cela du gauchisme décérébré, c’est votre droit, personnellement j’appelle cela de la lucidité.

      A noter que je n’ai jamais voté pour l’extrême-gauche et qu’il y a de bonne chances que je vote pour Bayrou (éminent gauchiste), Bové (certes il n’est pas à doite ni à l’extrême-droite contrairement ce que veulent faire croire certains médias) ou Hulot (un autre gauchiste sans doute) :

      Mais vu depuis votre positionnement idéologique, tout ce qui est à gauche de Villiers est certainement un « gauchiste décérébré ». smiley


    • peu importe (---.---.10.209) 21 novembre 2006 12:40

      dommage marsu, je suis centriste parce que j’ai compris qu’il faut de tout pour faire un monde, pas comme toi apparemment. en tout cas ca fait plaisir de voir que je suis pas le seul a en avoir marre de voir tes posts affligeants. Débat clos pour moi, continue a te lacher si ca fait du bien a tes pulsions animales.


    • Marsupilami Marsupilami 21 novembre 2006 13:00

      @ José W

      Donc mes excuses pour t’avoir traité de gauchiste. Figures-toi que moi aussi je vais peut-être voter Bayrou et que jusqu’à présent j’ai toujours voté socialiste (sauf une fois au 2e tour des présidentielles d’il y a cinq ans, où j’ai voté pour supermenteur).

      @ Peu importe

      Ton jugement m’importe peu.


    • Garland (---.---.125.71) 21 novembre 2006 13:07

      Marsu machin

      Mais vous pensez vraiment qu’on se préoccupe de ce que vous avez voté ? Vous êtes mégalo ou vous parlez depuis votre nombril ? Taisez-vous.


    • DEALBATA (---.---.166.140) 21 novembre 2006 13:13

      Il faut de tout mais dans le bon ordre.


    • tal (---.---.242.35) 21 novembre 2006 15:26

      @ par peu importe (IP:xxx.x7.10.209

      Facho ?! Non nuance, celui dont vous parlez est plus probablement un inconditionnel des Finkielkraut, Bruckhner et consorts.Style « new intelligentsia » à gémométrie déculpabilisante...variable ! faut pas tout mélanger... smiley

      Bah !Iln’est pas si méchant que cela...Un peu grande gueule,aimant les formules à l’emporte pièce et volontiers goguenard,avec un petit penchant( qu’il partage avec son comparse Panama) à manier l’injure dès qu’il est en difficultés, mais tant que ça ne se limite qu’à ça... smiley

      @ Josew :

      Je partage le point de vue exprimé dans votre : 21 Nov.2006-12:19

      Pour revenir au sujet, je n’ai pas lu le bouquin d’attali.Le seul ouvrage de cette illustre éminence grise, pas dépourvu de matière, qui me soit passé entre les mains est « Verbatim », une simple compilation évennementielle agrémentée de quelques observations (rares) qui engagent très peu l’auteur...

      Il doit être plus à l’aise dans cet exercice.


    • T.B. T.B. 22 novembre 2006 00:37

      L’avenir d’Attali ? J’espère que c’est en prison qu’il le passera et le plus tôt sera le mieux. Là il aura peut-être le temps de trouver l’inspiration.

      Attali est un escroc et il faut être un aliboron pour apprécier sa plume. Il se contredit sans cesse et se donne des airs pénétrés de grands penseurs naviguant seul dans les hautes sphères de l’esprit. C’est du n’importe quoi. Et c’est surtout un voleur ... protégé par une bande de voleurs, de droite à gauche, parce que les français sont des moutons qui laissent faire en votant pour les mêmes usurpateurs à chaque élection. (Vive la démocratie directe).

      http://www.denistouret.net/constit/Attali.html

      Aliboron ; l’âne de Lafontaine qui se prenait pour un esprit supérieur. (Cependant, l’âne l’animal est bien plus intelligent que le blaireau moyen).


    • T.B. T.B. 22 novembre 2006 00:55

      Attali ? C’est un Paul Loup Sulitzer qui aurait fait l’ENA. (Content de ma définition)

      En plus, les 2 amis se connaissent : ils ont tous deux été mis en examen dans l’affaire Falcone.


    • T.B. T.B. 22 novembre 2006 10:45

      Puisque vous aimez ma prose (-18) (-15), j’ai encore une petite histoire à vous raconter.

      Notre brillant économiste à qui vous devez une concurrence encore plus impitoyable de la part de la population active des pays d’Europe de l’Est vu qu’il a détourné, en partie, les fonds destinés à relever leurs niveaux économiques (la Berd). Donc, notre brillant économiste fut invité pour la ènième fois sur un plateau-télé. Là il s’agissait de la très écoutée émission « C dans l’air ». Question qui lui fut posée « mon cher Jacques, pensez-vous que l’argent du Tsunami a été intégralement versé ? ». C’est à lui qu’on pose ce genre de question, rien que ça j’ai failli avaler mon café de travers. Réponse du grand penseur au fait des grands dossiers du monde géo-politico-économico-environnemento-philisophico-stratégiques, petite bouche en rond pincée « voui, je ne puis assurrer qu’il n’existe pas quelques dérives, cependant bien marginales ». Ben voyons ...

      Alors, ça vous a plu ? (si oui, j’en ai d’autres)


    • DEALBATA (---.---.166.140) 21 novembre 2006 11:54

      Tant qu’il y aura des gens qui croiront que l’humanité devra son salut à la technologie, à la démocratie et au marché sous toutes ses formes et même en les aménageant jusqu’où il est possible, ceux-là seront leurs propres exécuteurs testamentaires dont les utopies stipulées auront servi à creuser leurs propres tombes politiques, sociales et culturelles. Le plus terrible dans tout cela, c’est que le constat du développement de l’humanité sous forme de castes allant du spirituel vers le temporel ne leur donne même pas une vague idée des conséquences de l’inversion de celles-ci dans la modernité. Ils continuent obstinément à se donner l’illusion que les ingrédients de la réussite du monde sont plus importants que la compréhension, l’ordre et l’application de la recette elle-même.


      • Stravos (---.---.132.162) 21 novembre 2006 12:03

        Article interressant, mais Attali est-il vraiment l’auteur du livre en question ? Je me souviens qu’Attali avait pillé un livre de Junger et rencontré par la suite quelques problèmes... Apparemment, le fait d’avoir exercer de hautes responsabilités est un sésame... Je ne lirais pas ce bouquin, car je n’aime pas les plagiaires. C’est une question d’éthique.


        • UGH (---.---.29.92) 21 novembre 2006 12:20

          Je te recommande, monsieur le sceptique, le blog de J Attali : http://www.attaliblog.com/index.php/ Cet homme a des propos intéressants et je vais lire son livre.


        • Stravos (---.---.132.162) 21 novembre 2006 17:38

          Apparemment toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ! J’attend qu’on me réfute ! Personne d’assez couillu ? Tous des lâches !? Mr Attali est un plagiaire, pour au moins une de ces oeuvres... Plagiaire d’« Ernst Junger » qu’il a oublié de citer et dont il a recopié des pages entières sans une erreur de virgule... Du bon boulot ! Si vous ne me croyez pas, allez consulter les archives des grands quotidiens, celà a remué l’opinon à l’époque (fin des années 80 ou début des années 90, je ne sais plus trop, mais je sais que les faits sont avérés !). Mr Ellie Wiesel aurait d’ailleurs traité publiquement J.Attali de plagiaire... Pourquoi je remue cette merde ? Parceque la vérité, si déplaisante soit-elle, est toujours bonne à dire... Je ne conteste pas d’ailleurs qu’il soit une « grosse tête », mais celà ne lui confère aucun droit à piller les oeuvres des autres. Pour un écrivain, le plagiat est une tache indélébile qui jette la suspicion sur le reste de son oeuvre (marrant d’ailleurs qu’un type aussi intelligent ne le sache pas).

          PS : désolé d’être aussi cinglant, mais le plagiat littéraire est un péché irrémissible. Je ne comprend pas que tant de bonnes consciences s’assoient dessus... Le plagiat, c’est de la triche et le plagiaire est un tricheur. Il n’y a rien de plus à en dire. Sinon que ce tricheur veut faire la morale au reste des gens ou se permettre de lui donner « sa » vision du future ?? C’est peut-être con de ma part, mais j’ai plus d’estime pour un facho qui ne plagit pas, que pour une « bonne conscience » qui triche ! Car avec des « maîtres tricheurs », si intelligents soient-ils, ce sont les plus nobles idées qui courent le péril d’être discréditées ! La triche, c’est la pire des choses qu’on puisse faire à un idéal... Dommage qu’il y ait si peu de gens pour s’en rendre compte... On se prépare ainsi des lendemains qui déchantent...


        • fouadraiden fouadraiden 21 novembre 2006 18:29

          salut stravus,

          pas besoins d’allez chercher dans les poubelles.il suffit de tendre l’oreille ou le nez...


        • monteno (---.---.179.94) 21 novembre 2006 19:16

          @stavos

          Oui tu as raison J. Attali a publié des pages sans citer que leur auteur était différent de lui...Mais qui s’en souvient aujourd’hui ? Mais de même que Hitler peut dire des choses justes comme 2 + 2 =4 , un plagiaire, même si suspect, peut aussi être un véritable auteur créatif et interessant !

          Que montre ce plagiat passé ? Que J. Attali a tellement admiré ce qu’il a lu chez Junger, qu’il aurait voulu l’avoir écrit lui-même : quel hommage au fond ! Cela montre aussi que J. Attali a des faiblesses, et qu’il peut transiger avec la vérité.

          Mais pourquoi ne pas vouloir penser que cet ’incident d’éthique’ a ’vacciné’ Attali de refaire la même faute pour le restant de sa vie ? On peut en effet imaginer que quelqu’un qui cherche à être reconnu comme un essayiste et un penseur de notre temps, traine comme un boulet tellement encombrant cette faute, qu’il n’est pas prèt à la recommencer !


        • fouadraiden fouadraiden 21 novembre 2006 19:38

          salut

          dire 2 et 2 font 4 et dire ecoutez je vous explique les regles de l’addition ....c’est tout différent.le type nous explique 3000 ans d’histoire,faut pas charier.


        • erdal (---.---.242.88) 21 novembre 2006 12:28

          C’est vraiment une personne hors norme, mais il surestime la valeur de la population française dans l’iquibité nomade. De plus, force est de constater que la volonté des français à une ouverture du monde pour oeuvrer vers une harmonie n’est pas à l’ordre du jour. Comme c’est une personne qui survole la masse, sa pensée bien que sincère est déconnecter par rapport au terrain. Mais, il semble que cela ne lui echappe pas (en parlant des souverainistes).

          Est qu’il sous estime ce phénomène ?

          erdal


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 novembre 2006 12:54

            Je viens de lire la conclusion d’Attali qui indéniablement, est notre Fukuyama français, à couper le souffle, car il n’est pas question de fin de l’Histoire mais de suite de l’Histoire.

            Il se prend pour le nouveau Hegel (ou Kojève), à prétendre connaître des lois de l’Histoire et se placer comme Pythie pour 2007, en s’invitant au débat politique sur la base d’un traité de science fiction accordant trop d’importance à mon sens aux technologies. Il faut que les électeurs lisent son livre dit-il mais je n’ai pas trouvé dans ses propos matière à élaborer une stratégie de réformes.

            par contre, l’idée de départ reste majeure, la constitution tripartite


            • Demian West (---.---.227.174) 21 novembre 2006 13:00

              Bernard Dugué,

              Cessez donc de vous rendre ridicule en tentant d’en dire à Attali qui a fait l’histoire, quand vous la subissiez seulement. Ce qui est certainement raison de votre dérive droitière.

              Demian West


            • DEALBATA (---.---.166.140) 21 novembre 2006 13:08

              Ok avec vous Bernard, ça résume un peu ce que j’ai écrit plus haut. Je suis toujours fasciné par ces hommes dont « l’intelligence » est supérieure à la moyenne et qui font, somme toute, une bonne analyse mais dont les conclusions et les extrapolations, dirait-on, leurs ont été dictées par une sorte de cecité neuronale. Ont-ils peur des conséquences de leur propres analyses ?


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 novembre 2006 13:37

              @ Démian, vous êtes une vraie girouette, méfiez-vous, vous pourriez donner du grain à moudre à ceux qui voudraient vous empailler mais tenez bon, demain vous quitterez l’influence du Scorpion ce qui, en bon sage sagitérien, donnera de l’élan à votre plume mais n’en faites pas trop, certains vous rêvent entre le goudron et les plumes

              @ Dealbata, j’avais émis des critiques similaires sur les propositions de Bounan après son panorama historique. Analyser et proposer des solutions ne peut se faire que si on voit les vraies questions. Connaître les lois du Présent et non pas de l’Histoire, c’est mon conseil pour Joël et Jacques


            • fouadraiden fouadraiden 21 novembre 2006 15:08

              à benard,

              au fait, j’ai des apriori sur ce genre d’auteur mediatique quand je l’entends ,sur un ton de professeur,nous expliquer ce que les philosophes allemands avaient fait avant lui ,avec d’ailleurs ,toutes les elucubrations d’usage.

              mais je voudrais savoir que vaut ce genre de livre aupres des gens dont c’est le metier,j’oserai dire les historiens ?

              il ya une piste pour juger de ce genre d’intellectuel,ce qu’attali n’est evidemment pas, c’est simplement la propension à vouloir communiquer ces idées à un public incapables de les juger, un peu comme les deux freres ’bognanof’ ou je sais pas quoi...

              il nous dit qu’il ya des lois passées et donc necessairement à venir...mais ça veut dire quoi ?

              je rappelle à tous qu’attali a tenté d’ecrire un livre sur MARX,ce qu’il a fait.

              je vous laisse deviner le dergré de pertinence philosophique de son marx chez les gens qui reellement on étudié marx....proche de 0.

              j’espère qu’avec son ouvrage les romanciers de science fiction y trouveront un intéret...


            • fouadraiden fouadraiden 21 novembre 2006 15:27

              resalut bernard,

              tu penses qu’il se prend pour hegel ou sartre ?

              je pense qu’il aura facile ,son concurrent est bhl,c’est dire le niveau de la pensée mediatique.le bal des mediocres et des imposteurs.


            • DEALBATA (---.---.166.140) 21 novembre 2006 15:28

              « Connaître les lois du Présent et non pas de l’Histoire » L’histoire nous sert à comprendre le futur : C’est en comprenant qu’avec l’avènement de l’homme dans celle-ci, nous avons une idée de la fin de celui-ci. Tout à commencé par état d’observation de l’être puis a été suivi par une auto-identification qui a abouti à cette boursouflure de l’ego. La fin sera vécu de manière inverse, c’est à dire par une libération, une délivrance de cet ego qui emprisonne l’humanité. Quant à la loi du présent, elle est éternelle, c’est la loi de l’être.

              Hic et nunc.


            • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 21 novembre 2006 13:05

              Salut Joel

              Désolé pour P@py, ce mec ne passe pas

              Voir :

              http://www.humanite.presse.fr/journal/1993-07-17/1993-07-17-680769 http://www.lexpansion.com/art/6.0.118353.0.html

              .. et la suite dans Google avec ces mots clefs : Jacques attali et le scandale de la berd

              Lui et les donneurs de leçons dans son genre m’irritent fortement ( j’suis poli )

              Désolé si c’est ton copain !

              @+ P@py


              • (---.---.37.70) 21 novembre 2006 14:00

                On ne présente plus Attali. Cet homme à une puissance de Pensée peut commune, du fait de sa maîtrise stupéfiante des mathématiques et de Karl Marx. D’ailleur il s’est fait renvoyer de la BIRD, sous le prétexte ridicule d’avoir dépensé l’argent de la banque pour décorer en marbre son bureau, le couloir de celui-ci, tout l’immeuble. Ce qui prouve son génie, car les génie sont toujours incompris par les gens mesquins. Or donc Attali vient de sortir un livre puissant, fruit de ses nombreuses nuits blanches, de son labeur intellectuel quotidien auprés de Marx, du souvenir de ses discussions avec F.Mitterand sur l’économie.

                Jacques Attali « La voie Humaine - Une nouvelle utopie sociale-démocrate ».

                Dans ce livre, J. Attali expose les conséquence de la victoire peut être à venir du Néolibéralisme : Marché tout puissant, transformation de l’être humain en esclaves consommateur décérébré au profit d’une classe dirigeante, puis pour finir, la guerre. (Attali prédit une société de marché à l’américaine où priment la déloyauté, la cupidité, l’obésité et l’inégalité, étape vers une société de marchandises où l’on ferait commerce de tout : corps, idées, passeports, sentiments, services... En réponse, certains développeront des « totalitarismes éthiques » au nom du retour à une certaine « pureté », par tous les moyens, y compris terroristes. C’est évident)

                L’intérêt de ce livre est de proposer un autre modèle politique qui refuse cette guerre inévitable, et est basé sur la démocratie, et où l’on mesure ce que chaque action d’un être humain apporte au collectif : Se former apporte à la société, c’est donc une activité rémunérée, chanter dans le métro apporte à la société, c’est donc une activité rémunérée, braquer une banque apporte à la société (assurance, emploi, installations, service de sécurité), c’est donc une activité rémunérée etc...

                Ce serait l’Etat, et donc les fonctionnaires qui seraient chargé de fixer les baréme d’évaluation et de controler leur application par les citoyens. Pour simplifier, on simplifira le nombre de biens pouvant être légalement introduit sur le « marché ». Il faut revenir à l’essentiel. Une planification impérative s’impose pour éviter l’anarchie du marché et que certains s’enrichissent au détrimant des autres. A l’heure ou des millions de gens en Afrique pourraient mourrir de la polution de l’Europe, il nous faut apprendre à vivre frugalement dans l’abondance.

                Jacques propose aussi la gratuité des biens essentiels (nourriture, logement, connaissance, santé) pour rendre sa liberté et sa dignité à l’homme : « il faut que des choses et des services échappent aux marchés, cessent d’être échangés contre de la monnaie ; il faut que du travail ne soit plus vendu, mais devienne libre et volontaire, créateur à la fois de richesse et de plaisir pour celui qui l’accomplit comme pour celui qui en bénéficie. » Bref, le travail serait optionel.

                Mais l’idée principale de son livre réside dans la constatation que, dans une société développée, contrairement aux autres, c’est le temps dont dispose chaque être humain qui importe. Or le néolibéralisme veut coloniser ce temps pour la consommation marchande, pour la société de marché, pour nous faire consommer des Macdo, du Mozart, du Proust, des médicaments, des bagnols, bref, pour nous aliéner, nous décérébrer, nous rendre complétement débile et dépendant face à la toxine libérale.

                « il faut que des choses et des services échappent aux marchés, cessent d’être échangés contre de la monnaie ; il faut que du travail ne soit plus vendu, mais devienne libre et volontaire, créateur à la fois de richesse et de plaisir pour celui qui l’accomplit comme pour celui qui en bénéficie ». C’est merveilleux. C’est d’ailleur tout à fait ce pour quoi nous autres fonctionnaires nous nous batons depuis toujours. Etendre ce systéme à toute la Société, à toute l’Europe, qu’elle idée géniale !

                « Pour renforcer la démocratie face au marché et inviter les citoyens à exercer leurs droits face aux clients, il faudrait pouvoir remettre en cause le principe de la délégation de pouvoir, la représentation, et aller vers une démocratie directe, permanente, sur mesure, en tous lieux, dans toutes les organisations publiques ou privées ou familliale où des décisions collectives doivent se prendre ; en y associant tous ceux qui y sont concernés ou non, citoyens ou non, soit parce qu’ils y habitent, soit parce qu’ils y travaillent, soit parce qu’ils en sont les usagers, soient parce qu’ils seront d’une façon ou d’une autre affectés par leur devenir. »

                C’est donc un nouveau droit que Attali veut donner a l’Homme, celui de décider à la place du marché, pour les autres, ce qui est bien pour eux ou pas. Plus de limite à la démocratie ! Fin du pouvoir du capital ! Fin du pouvoir du client ! Fin surtout des patrons ! Car celui qui posséde (ou qui paye pour posséder) n’aura pas plus de droit que les autres sur ce qu’il posséde ! C’est donc à un contrôle social par le social de l’économie que nous convie Attali, dans la Démocratie.

                « chacun doit avoir les moyens [...] de l’apprentissage, de la curiosité, du savoir en soi [...] »

                Chacun devrait avoir le Droit d’être Cultivé, d’être Diplômé, d’être Intelligent.

                Jacques Attali, La voie humaine (Fayard, impr. 2004) ISBN 2-213-61934-4.

                C’est un livre rare, car stimulant, et trés intelligent, de Gauche, évidement, et proposant que je vous invite à lire.

                Un site a été créé pour discuter de ce livre. J. Attali semble intéressé, bien qu’il ne soit pas intervenu. Il a par contre autorisé de large citations de son livre.

                Je pense qu’il y a enfin matière à rêver d’un projet politique à court, moyen et long terme. Mais, quelque soit la justesse et la faisabilité de ses arguments, il n’en reste pas moins qu’il est de plus en plus nécessaire de construire un projet de Société. Il nous faut un nouveau trip de Gauche. Une frange importante du Peuple de Gauche (FO, LCR, Verts, PCF) est désormais consciente qu’il est nécessaire de trouver autre chose que le chemin actuel, qui nous conduit vers la catastrophe. Le libéralisme, ca sera pire que le nazisme. Oui, relevons nos manches pour batir une nouvelle Utopie Socialiste ! Construisons un monde Anti-libérale et Solidaire, celui de demain !


                • Antoine Diederick (---.---.224.2) 23 novembre 2006 00:22

                  @(IP:xxx.x75.37.70) le 21 novembre 2006 à 14H00

                  J’ai lu votre post replié.

                  Quoique je n’adhère pas totalement à ce que vous écrivez, je retiens ceci : « Le débat de société ».

                  Malheureusement nous ne l’aurons pas, ni à gauche, ni à droite....

                  C’est l’urgence qui va remplacer la méditation et la réflexion, le changement qui va remplacer les attentes....

                  Et ce changement personne ne peut encore le définir...mais tous autant que nous sommes nous en aurons l’inquiétude car il est en route....il est là....mais est-ce celui de la prédiction ou un autre ?


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 novembre 2006 14:14

                  En conjonction avec le contexte technico-social, se déplacent les lignes de front des débats intellectuels. Le freudo-marxisme de Marcuse est passé de mode, entraînant dans sa chute Althusser, mais aussi les mystiques de la gauche prolétarienne, tandis les nouveaux philosophes se sont chargés de dénoncer les totalitarismes de l’est, ramenant dans un moule fédérateur les fascismes et les socialismes étatiques scientifiques qui ne sont que les deux faces des modèles politiques technico-oligarchiques. Il fallait renouveler l’idéologie et la réadapter aux nécessités individualistes des classes issues du baby-boom. L’entreprise est donc réévaluée, ainsi que l’argent et la bourse. Un new-deal est proposé aux classes productives.

                  L’un des ouvrages les plus significatifs fut écrit par Jacques Attali qui dans Les trois mondes use subtilement des nouvelles théories systémiques et notamment de la théorie des fluctuations que Prigogine se propose d’élaborer. Si on interprète attentivement les conclusions d’Attali, on comprend qu’il nous propose une nouvelle utopie, et on ne sera pas étonné de voir l’association moderne entre conceptions scientifiques et idéologie. Au siècle des Lumières, Newton était lié au culte de la Raison. Le 20ème siècle voit se propager le culte de l’invention des formes, lié a la théorie des structures dissipatives revisitée en théorie des fluctuations, du joyeux chaos qui ravit les âmes et les fascine en leur montrant en ligne de mire l’invention de la vie, des comportements, des utilisations d’objets. C’est la réforme du situationnisme que l’on hybride au mode de production économique.

                  “La subversion exige la séduction : pouvoir parler de non-violence, de création, de tolérance, de parole, faire l’apologie de la disparate, du complexe, de l’invention de la négation de soi (souligné par moi) (...) jouer au parasite, vider tout de sens, et non dire autre chose : car rien ne peut être entendu avec les langues du temps, qui récupèrent tout en un dérisoire combat pour le contrôle de l’ordre (...) dévoyer la culture jusqu’à son cauchemar, jusqu’à la nausée de la fascination” (Attali, TM-362)

                  On remarque ici un point commun entre la pensée de la nature et la pensée du social. Si pour Prigogine la physique du devenir doit se substituer en tant que paradigme fédérateur à la physique de l’être, pour Attali, la langue ne peut fixer l’être (pris comme Ordre), et donc elle doit épouser les contours du temps, parler plutôt que subir. Le propos d’Attali révèle la hantise de l’immobilité classique, tout comme le physicien est hanté par les équations classiques où le temps devient réversible tandis que tout y est ordonné depuis la nuit jusqu’à la fin des temps. Éviter l’équilibre thermodynamique, éviter la mort de d’individu dit Attali, la mort de l’homme sans dieu qui risque de se complaire dans un consumérisme passif. Pour cela faisons circuler les flux, faisons circuler la parole, ouvrons-nous aux autres, subversion et invention, contre réversion et stabilisation. Fuyons l’immobilité et vénérons le chaos organisateur. Sacrifions le moi au profit du partage social. Il faut séduire l’autre et pour cela montrer qu’on est inventif, qu’on sait danser tel un paon, en brandissant un éventail d’objet, de gadgets, un feux d’artifice de paroles, dans un perpétuel Las Vegas ou tout ce qui est acquis doit être rejoué, remisé dans le joyeux chaos socio-économique que le pouvoir tente de manager. Du point de vue idéologique, cela ressemble à une Réforme post-moderne du communautarisme socialiste hérité de Saint Simon et des utopistes du 19ème siècle. Au lieu qu’un pouvoir organise la mise de l’individu dans l’ordre collectif produisant le social, son affectation comme cellule de la société se transformant, son incorporation dans le corps social, un new-deal fut proposé par Attali. Ici, tout le monde produit, tout individu est autonome, et surtout, pas de contrôle centralisé, ni de contrainte physique. Le jeu des fluctuations est un jeu de séduction, et le pouvoir ne doit plus s’imposer mais séduire, et de cet ensemble social naît un corps social ordonné mais non figé car en perpétuelle invention.

                  La philosophie scientifique de Prigogine joue un rôle éminent en s’accordant avec l’esprit du fluctuationnisme social. Elle se substitue au matérialisme dialectique et prend l’apparence d’un matérialisme auto-organisateur. Le conflit est remplacé par la séduction ; les contradictions de la matière deviennent les fluctuations et le tour est joué. Au niveau microscopique, l’opérateur entropie symbolise le temps qui invente. On tire de la mécanique quantique ce qui est nécessaire et on oublie l’essentiel (superposition des états). Opérateur, voilà le maître mot, tant dans la physique statistique que dans le nouveau socialisme scientifique. À partir des années 80, on invoquera les opérateurs boursiers qui gèrent les flux monétaires, les tour operator qui gèrent la circulation planétaire des individus, et les nouveaux opérateurs en tous genres, opérateurs de saisie informatique, nouveaux entrepreneurs et bien sûr le calcul et ses opérations indispensable pour les maîtres du technocosme etc...

                  “Vouloir la mort de l’Ordre pour attendre librement la destination de l’homme, vouloir vivre la seule vie pour ne pas être un objet mort (...) alors l’homme pourra inventer l’homme (...) et répondre à la seule question qui vaille encore d’être inlassablement posée : Qui vive ?” (Attali, TM-364).

                  Telle est la conclusion des méditations post-modernes d’Attali. On note trois points essentiels. Premièrement, la hantise de l’Ordre qui est interprété classiquement comme structure figée avec son pôle opposé qui lui aussi est figé, mais selon les canons de la thermodynamique où la seconde loi montre l’évolution vers l’informe, l’instructuré, l’homogène (qu’un contresens classique interprète comme désordre). Deuxièmement, un humanisme post-bourgeois et post-marxiste où l’homme s’invente librement en jouant avec les fluctuations, l’échange, admirable homme qui grandit en faisant circuler un peu de lui même, et donc en se marchandisant, tel un quantum formel humain que l’on distribue au tout venant, tandis que les objets sont aussi distribués dans les centres commerciaux. Post-modernité et mort de Dieu. L’homme qui fut le singe de Dieu, selon l’expression consacrée de Bakounine, devient le singe de l’homme. Et en s’accrochant à la branche anthropologique qui produit de l’entropie et surtout de l’anthropie, l’homme parcours l’arbre du collectif et s’auto-invente, pour aller où ? Nul ne le sait. Une destination indéfinie, qui surfe avec la complexité indéfinie des structures dissipatives. Et à la fin, une question “Qui vive”. Un philosophe averti tel que Bakhtine aurait tout de suite détecté le signe de la décadence, du déclin bourgeois (remplacé par le technicien contemporain). Lui qui soulignait à juste titre que lorsque la question du vivre prend l’ascendant, c’est mauvais signe. Qu’il s’agisse du vouloir-vivre de Schopenhauer, ou du vivre freudisant du début du siècle. Vivre ! n’est-ce pas le maître mot d’une piètre pensée d’un de nos philosophes les plus médiatisés ?


                  • (---.---.157.210) 21 novembre 2006 14:21

                    Dugué,

                    Il manque quatre ou cinquante pages à vos mémoires que vous venez de balancer et qui aggravent votre cas et notre digestion. Lâchez-nous un peu et passez à autre chose.


                  • DEALBATA (---.---.166.140) 21 novembre 2006 14:45

                    Pas mal ! Et je retiens surtout la notion d’opérateur qui est le symbole de la quantification qui caractérise la modernité s’opposant en cela de front à la qualification des sociétés traditionnelles. Après être passé par la phase du matérialisme, voici donc la phase de la fluctuation de l’ego qui s’auto-devient. Aboutissement logique de cette pensée individualiste, hégémonique et proéminente dont les esprits modernes se gavent pour nourrir leur ego jusqu’à étouffer la moindre petite parcelle d’être qu’il leur reste.

                    Vivement hier.


                  • La Taverne des Poètes 21 novembre 2006 14:28

                    Tant que des gens croiront au devenir de l’Humanité et aux chances de la France, il y aura de l’espoir. L’humanisme est ici bien défendu. Quelques réserves :

                    - Dans les 3 ordres de la société qui oeuvrent pour le développement, Attali ne parle pas de nos amis paysans. Un choix pour articuler son argumentation je pense.

                    - Le titre de l’ouvrage fait penser à « Désirs d’avenir » ainsi que la phrase « Il faudra organiser la démocratie participative en particulier régionale... ». On s’attend donc à ce qu’il se déclare prochainement pour Ségolène Royal.

                    - Mais on sait qu’il est aussi ami de Sarkozy (il le confirme sur son blog) : à le lire « Mener une très ferme politique de sécurité intérieure », on peut nourrir des craintes sur l’adverbe « très » qui ne se justifiait pas : « ferme » suffit. Et l’ajout du mot « juste » eut été de bon aloi". Un clin d’oeil à son ami Nicolas ?

                    - L’affirmation « Plus le temps passe, moins la politique aura les moyens d’influer sur le réel » est exacte. Et c’est pourquoi, il faudra désormais compter sur la société civile et les citoyens de bonne volonté pour agir sur la part des choses améliorable.


                    • La Taverne des Poètes 21 novembre 2006 14:33

                      « D’optimisme et d’insolence » : Aujourd’hui l’optimisme est une insolence.

                      A propos d’Attali et de ses idées sur les nouvelles technologies, voir mon article de ce jour (hasard de la programmation sur Agoravox) où je relate qu’Attali avait tenté auprès de Mitterrand de développer dans les années 80 le futur Internet et la numérisation des livres pour donner à la France une avance considérable, oui mais voilà...


                    • René Job (---.---.131.23) 22 novembre 2006 16:00

                      @ La Taverne des Poètes

                      « Le titre de l’ouvrage fait penser à »Désirs d’avenir« ainsi que la phrase »Il faudra organiser la démocratie participative en particulier régionale...« . On s’attend donc à ce qu’il se déclare prochainement pour Ségolène Royal. »

                      Il a déjà choisi de fait. Il fait parti de son staff, discrètement.

                      « Mais on sait qu’il est aussi ami de Sarkozy (il le confirme sur son blog) : à le lire »Mener une très ferme politique de sécurité intérieure« , on peut nourrir des craintes sur l’adverbe »très« qui ne se justifiait pas : »ferme« suffit. Et l’ajout du mot »juste« eut été de bon aloi ». Un clin d’oeil à son ami Nicolas ?"

                      Normal, ils feront la même politique. Ségo/Sarko feront la même chose présentée dans deux emballages distintcs. çà occupera les esprits.

                      Pendant qu’on se grattera la tête : une Homme ou un Femme ?

                      Eux nous placeront le programme en cours de prépération chez Madame Parisot. Programme issue d’une vaste enquête sur les entreprises françaises. Une enquête dont les résultats étonneront fort peu.

                      On discutera autour des propositions présentées par Parisot. Elle aura gagnée. Dans tous les cas, elle obtiendra ce qu’elle veut puisque ce qui se décidera, le sera dans ses thématiques à elle, dans son vocabulaire et dans un périmètre d’intérêts précis.

                      Pendant ce temps : une Homme ou un Femme ? pour discipliner et mettre de l’ordre.

                      On a, plus que jamais, besoin d’ordre, assurément. Mais je crains que ce ne soit qu’un prétexte.

                      Grenouilles ou Libellules ou Abeilles...ou Fourmis ?

                      Réponse : des bancs de petits poissons à pêcher appelés « citoyens ».


                    • Philippe Astor Philippe Astor 21 novembre 2006 14:53

                      Je me fiche pas mal de savoir que tel commentateur est gaucho ou que tel autre est facho et finalement, c’est avec le sourire et un certain soulagement que j’accueille le commentaire de l’inanérable Demian West, toujours barré dans son délire pédantesque, mais qu’il faudrait inventer s’il n’existait pas, tel Godot. smiley

                      Plus sérieusement, j’ai lu le bouquin d’Attali et je le trouve édifiant. Peu importe, en définitive, qu’il soit plagiaire ou non, et qu’il ai piqué notamment la première partie de son livre, sur les trois piliers du développement des civilisations humaines, à tel ou tel. Je partage l’avis de Joel de Rosnay : elle est très étonnante et la grille de lecture qu’elle fournit est très intéressante.

                      Précision : je ne crois pas qu’Attali soit un plagiaire ; Je pense seulement qu’il dispose d’une formidable capacité à synthétiser, de manière très intelligible et très intelligente, les idées des autres et certainement aussi les siennes.

                      Pour en revenir à son ouvrage, il a au moins cette vertu de m’avoir mis dans un premier temps très mal à l’aise, passé l’euphorie d’avoir eu le sentiment, dans la première partie, d’avoir une lecture limpide et éclairée de l’histoire des civilisations humaines. Pourquoi ? Parce les scénarios qu’il décrit pour l’avenir (hypercapitalisme et hyperconflit, notamment) sont proprement effrayants.

                      Cela dit, si on avait prédit à un français moyen ce qu’il adviendrait du XXième siècle en 1906, certainement qu’il aurait eu toutes les raisons de rester incrédule ou de se tirer une balle dans la tête. Quoiqu’à la réflexion, des millions de gens ont vécu très heureux pendant ce siècle, et nombre de ceux qui ont été frappés par le malheur ont néanmoins vécu des vies qui valaient d’être vécues. Ce qui permet donc de relativiser les choses. A un ami qui s’inquiétait, au récit que je lui faisais de ce livre, de l’avenir de ses enfants, j’ai répondu qu’au moins avaient-il la chance de ne pas être nés au Darfour, en Afghanistan, ou dans n’importe quelle autre région déshéritée du monde.

                      Avec une dizaine de jours de recul, je trouve que ce livre est porteur à la fois d’une grande lucidité et de beaucoup d’espoir. Lucidité, parce que loin de prédire l’avenir, Attali nous fait toucher du doigt la manière dont il se dessine déjà, en puissance, dans le présent : capitalisme sauvage des fonds d’investissement privés, mainmise croissante des compagnies d’assurance sur le devenir de chacun, conflits déjà latents pour le contrôle des ressources naturelles (eau, énergie, etc.), hyperterrorisme, hypersurveillance de plus en plus organisée (on peut de moins en moins naviguer dans des zones grises au sein de nos sociétés), perspective des coûts faramineux (1000 milliards de dollars par an à l’horizon 2030 selon les plus récentes estimations) qui seront occasionnés par les changements climatiques et les désordres et déréglements sociaux, migratoires et géopolitiques qu’ils ne manqueront pas d’occasionner, fuite en avant de la recherche technologique et scientifique (nanotechnologies, OGM, cellules souches, etc.) sans véritable garde-fou politique ou sociétal, et j’en passe.

                      Tout cela est déjà inscrit en puissance dans le présent, de même que l’espoir de voir se développer dans le même temps des formes d’intelligence collective, de démocratie en réseau, d’économie solidaire, de gouvernance mondiale, etc.

                      Ainsi donc, tout le mal et tout le bien qu’on peut souhaiter à l’homme au cours du demi-siècle à venir est déjà inscrit dans le présent. C’est ce que nous montre avec beaucoup de clairvoyance Attali, quelques soient ses inspirateurs directs ou indirects. Aucun d’eux, que je sache, n’a déjà pondu la somme qu’il vient de pondre.

                      Les enseignements que je tire de la lecture de son livre, c’est qu’on est très loin de regarder la réalité en face, qu’on se nourrit encore de beaucoup d’illusions, quelles que soient nos convictions politiques, qui restent, dans nos pays riches, somme toute très nombrilistes, y compris chez ceux qui se gargarisent de solidarité et de dénonciation des injustices.

                      Rien n’est écrit, encore moins dans le bouquin d’Attali. Mais une chose est sûre : l’hypercapitalisme, l’hyperconflit et l’hyperdémocratie sont déjà là, même si la majorité d’entre nous refuse de s’en rendre compte. Et c’est de notre capacité à en tirer quelque chose de bon au bénéfice de l’humanité tout entière que notre avenir dépend.

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