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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’été léger > Manneken Pis et Jeanneke-Pis se rebiffent

Manneken Pis et Jeanneke-Pis se rebiffent

Mots clés : Belgique, Humour

Manneke Pis est un petit garçon nu ou vêtu à faire pâlir en voyant sa garde-robe, sous la forme d'une statue en bronze de 55,5 centimètres de hauteur. Il pisse tellement qu'il en devient une fontaine que les touristes aiment se prendre en photo devant moi. Symbole d'un gamin irrévérencieux, épris de liberté, capable de braver le qu’en-dira-t-on en « plus ancien bourgeois de Bruxelles ». Pour le Bruxellois, se réclamer de cette statue gentiment provocante contribua à l’élaboration d’une représentation de soi comme d'un être espiègle, moqueur, libre et doté d’un grand sens de l’humour.

Il y a aussi Jeanneke-Pis, moins connue qui pourrait lui faire la nique, mais qu'on habille jamais parce qu'on la garde derrière une grille bien cadenassée de peur qu'elle ne soit volée comme son homologue masculin.

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 La semaine dernière, sur Agoravox.fr, je présentais une version "dégraissée" de l'article "Nom d'une pipe".

J'avais pris contact avec l'auteure du livre "Nom d'une pipe", Nadine Monfils, Bruxelloise d'origine mais qui vit depuis 22 ans à Montmartre. 

Mon billet était envoyé sur ce forum fiançais pour lui apporter une publicité.

Pour moi-même, je ne l'aurais pas fait parce que je sais que ce billet n'aurait pas reçu beaucoup d'échos commentés. Sur mon site, j'introduis moi-même les compléments de l'évolution du billet en commentaire. J'ai bien aimé la formule d'un avoxien pour me définir "narcissiste de bon aloi" à la suite du référencement d'un ou deux billets en commentaire sur le forum. Sur Avox, on n'apprécie pas un journal personnel constitué de billets trop longs. 

Je me suis bien amusé avec Fifi brin d'acier, Bruxellois d'origine, actuellement en vacances prolongées, qui voguait sur le radeau français.  

Pas grave en soi, si cela ne dénotait l'imperméabilité des Français à tous les événements et faits qui se passent chez leurs voisins. 

Parmi la dose quotidienne d'informations et de lectures que je me farcis, je ne manque pas un passage plus ou moins rapide sur le forum Agoravox.fr.

Depuis sa naissance en 2005, j'y ai exercé les rôles de rédacteur, modérateur et ... commentateur. 

C'est dire que j'en connais un brin sur la manière de pensée française dans un forum virtuel, là où on ose écrire des choses à l'encre noir de ses nuits blanches.

J'avais pris contact avec Nadine Monfils, Bruxelloise d'origine, mais qui vit depuis 22 ans à Montmartre. 

Rien de stratégique dans ma conversation avec elle et elle m'excusera certainement pour en reprendre les grandes lignes.

Êtes-vous une voyageuse dans l'âme ? Aimez-vous l'exotisme dans vos voyages ? L'avion est-il pour vous, un des moyens de locomotion comme le tram ou est-ce très exceptionnel ou même interdit par une peur ?, lui demandais-je.

Les questions sont bizarres car je ne vois pas le rapport avec Magritte. Mais comme lui, je n'aime pas trop voyager, surtout maintenant avec toutes les paperasses. Je déteste les réservations via internet. Si je pouvais me faire téléporter ce serait bien. Aller dans certains pays me plait. Les trajets non. J'aime être chez moi à Montmartre. Et écrire", répond Nadine.

- Il n'y a, bien évidemment, aucun rapport avec Magritte. D'après ce que vous écrivez, René Magritte n'aimait pas les voyages. Si le voyage qui forme la jeunesse, il permet d'évaluer comment se résolvent les problèmes ailleurs. Georgette Magritte remet souvent son mari René sur les rails en lui insufflant un peu plus d'ouverture d'esprit et de réalisme. Le voyage est peut-être l'antidote de ses vacances quand on pense qu'à destination les juillettistes et les aoûtiens vont se retrouver sur une surface restreinte dans la foule. Son surréalisme existe dans ses rêves qu'il transpose sur ses toiles, mais c'est pourtant dans la vie réelle de tous les jours que la réalité ressort son nez de clown. Il faut parfois réactualiser l'écriture de Magritte par une autre voix du surréalisme. Sur Agoravox.fr, ne pensez pas avoir une foule d'idées qui en ressortiront.

Aucune réponse. Je continue mon questionnaire.

Elle ne connait pas trop les réseaux sociaux français.

- Question très courte mais qui nécessite une ou plusieurs réponses qui le sont moins : Pourquoi avez-vous quitté Bruxelles ? Que ce soit à Montmartre ou ailleurs, il y a un esprit français qui demeure et me dérange parfois. Montmartre, c'est Paris que vous le vouliez ou non avec seulement un esprit bohème en plus. 

- J'ai ma vision de Montmartre. J'y vis depuis 22 ans. Et Montmartre n'a rien à voir avec Paris. Je reste toujours belge.

La conversation s'est achevée à peu près ainsi.

J'aurais ajouté : La France, le pays des Droits de l'Homme, est aussi le pays des droits de l'Ohm, l'unité de résistance électrique et au modernisme. Frigide Barjot est le modèle du côté rétro de la France. La Belgique a une avance sur la France dans beaucoup de domaines. Pas étonnant que l'on voit Eric Zemmour sur la liste des présidentiables. "La France, le plus beau pays du monde" comme s'enorgueillit Stéphane Bern.

C'est ici que Manneken Pis et Jeanneke-Pis interviennent et se rebiffent.

Le couple Magritte joue au détective dans le livre de Nadine Monfils et il y a matière à se retrouver dans une série télé. Comme l'a été le détective, Hercule Poirot à partir de la littérature de Agatha Christie.

"Oui mais non" et "non peut-être", ce ne sont pas les seules marques de fabrique que nous partageons avec les frites. Le Bruxellois est un zinneke qui aime la zwanze. Oui, nous sommes "borderlines". En moins de 100 kilomètres de parcours, nous sommes déjà à l'étranger. 

Comme je l'ai souvent dit, mon site est un journal dans lequel j'aime me replonger bien plus tard dans le temps.

De guère lasse, j'ai envoyé en commentaire, une vanne, une blague belge. Elle n'a pas reçu de contre-expertise.

Sur Agoravox.fr, j'ai eu le temps de recueillir plusieurs constatations au sujet de la pensée française. Je n'y publie plus souvent mais je ne manque pas de lancer quelques bombinettes en commentaire.

Dans l'esprit français, il y a cette confusion ou cet amalgame entre les mots "patriotisme" à la belge et le "nationalisme" à la française qui m'est resté au fond de la gorge. 

Le chauvinisme demande plus de précision. Celui du belge est né en réaction au chauvinisme français.

 Lors des compétitions de foot de l'Euro, l'édito de Bertrand Henne disait "qui seum récolte le chauvisnisme (clic)" .

Geneviève Warland répondait à la question : "Sommes-nous devenus chauvins ? (clic)".

"Courrier international" donne la raison de notre susceptibilité quand les Français nous critiquent. Susceptibilité qui va même jusqu'à ne pas aimer les Français.

Oui, c'est vrai, j'avais écrit en 2008 au temps de Sarko "Ne m'appelez plus jamais France".

Il y a des rattachistes aux voisins du Nord et du Sud, les plus proches. Quand j'ai parlé de ce billet à l'un d'eux du côté francophone, il m'a été répondu que "ce billet était un torchon".

C'est presque anecdotique de ce côté. Tous les ans, Liège fête le 14 juillet. Cette année, cette fête s'est terminée et poursuivie par un déluge.

Bruxelles, souvent belgicaine, attend le 21 juillet pour faire la fête. 

Pour y trouver un boulot, il faut parler le français, le néerlandais et ... au minimum, un english globish.

Avec plus d'une centaine de nationalités à bord, pour garder l'église au milieu du village en communiquant avec ce globish quand on ne peut le faire avec les mains comme les Italiens ?

Pour faire du tourisme bon marché à Bruxelles, il suffit d'arpenter quelques rues de la capitale en écoutant les conversations en langues étrangères et en imaginant leur pays.

Ce 8 août est la commémoration de la catastrophe du Bois du Cazier en 1956 pour les Italiens qui venaient extraire le charbon des mines. Les Italiens ont été les premiers à s'intégrer dans la population belge.

C'est évident aussi que le Français ne connaît pas la politique belge. Il ne la comprend pas et il ne cherche même pas à comprendre. Pour lui, Bruxelles reflète la raison de sa haine de l'Europe alors qu'elle est le laboratoire de l'Europe avec l'UE et l'OTAN sur son territoire.

Trop compliquée l'histoire et la politique belges ?

J'ai souvent tenté d'apporter d'éclaircir le terrain de l'incompréhension. Il y a les émissions des "Quatre saisons" dont j'ai parlé qui pourraient donner des indices.

Si cela ne suffit pas, il y a aussi le livre de Wouter Verschelden "Les Fossoyeurs de la Belgique". 

Il a fallu dix mois à Alexandre De Croo, pour devenir Premier ministre du gouvernement Vivaldi après un "gros accord" entre les deux hommes forts Paul Magnette et Bart De Wever.

Ce fut une crise profonde de 662 jours après Michel Ier suite à des conversations, des accords secrets faits de serments coûteux et des promesses non tenues pour arriver enfin à un gouvernement minoritaire en pleine pandémie.

Deux grands à la tête du pays s'affrontent dans notre démocratie parlementaire. 

Bart De Wever, le conservateur pur jus, intelligent, latiniste convaincu, chef du Club séparatiste, non révolutionnaire pour obtenir l'autonomie de sa "Flandre".

Paul Magnette, le gauchiste académique, bloqueur du CETA entre le Canada et l'UE. 

"Cela vous dérangerait-il si nous gardions le nom Belgique" demande Paul Magnette à Bart de Wever.

 "Le Super Kern ? Ce n'est en réalité rien de plus que de s'occuper d'une bande de bambins" a dit Sophie Wilmes ex-Première.

Complexe, fédéral, régional, communautaire, "un pays inachevé ou à achever ?" écrivais-je en 2009. 

Je ne sais si j'ai pu, une nouvelle fois, clarifier la Belgique d'aujourd'hui. Pour combler le "Le chagrin des Belges" qu'avait écrit Hugo Claus en 1983.

Bruxelles est francophone à 86% mais se trouve en région flamande. Dans le jeu de quilles centrales, elle est plus une épine dans le pied de la Flandre qu'une valeur ajoutée.

C'est dire que l'humour et la parodie font partie des ingrédients de notre sauvetage avec l'autodérision, la forme principale de notre belgitude.

C'est sûr que Nadine Monfils ne suit pas l'humour décapant typiquement belge dans une cure de Cactus quotidiens à la radio que je ressors sur mon antenne et du Grand Cactus hebdomadaire à la télé dont on avait, hier encore, un exemplaire (clic).

Des humoristes belges sur France-Inter ou ailleurs retransmettent nos antidotes à la morosité et se payent quelques tranches belgo-françaises avec l'humour particulier à la belge. 

Et cela marche. Grâce à cet esprit fanfaron, il n'y a apparemment pas d'exode massif de Belges vers d'autres pays si ce n'est pour exporter nos expertises.  Il y a, en effet, une diaspora de Belges dans le monde est représentée par l'émission "Les Belges du bout du monde".

Il faut dire que le malaise et le mal-être français sont imprécis et profonds. Il est presque impossible à cerner et à l'exprimer dans les détails. Il reste stagner à la recherche de l'invincible étoile une fois sur un pied et une fois sur l'autre sans jamais trouver l'équilibre à cause de son système présidentiel.

J'avais apporté des différences notoires entre la Belgique et la France dans "Le désamour envers la politique et la science ?".

Dernièrement, sur Agoravox, je lisais le billet qui parle d'un éventuel passage à la VIème République française pour résoudre les problèmes du passe-muraille représenté par le Corona-pass qui oblige à présenter patte blanche si pas vacciné par la piquouse. La réponse donnée fut "on manifeste pour faire respecter notre droit le plus fondamental".

C'est le mal français qui semble bien plus fondamental.

Si chez nous, on devait avoir les mêmes réactions vis-à-vis du respect en Belgique et qu'on changerait de réforme de l'Etat, nous serions déjà à la version 136ème Point Bis si pas Point Ter. Le Bruxellois est bon-enfant. Il manifeste, aussi. A Bruxelles, il y a en moyenne une manifestation par jour pendant toute l'année à se farcir. A se farcir, parce que si les manifestations bloquent en partie la ville, quand ce sont les hauts personnages de l'Europe ou de notre monde qui viennent à Bruxelles se dégourdir les roues de leur voitures rutilantes, ce sont des embouteillages monstre.  

Observateur de l'évolution de la société Boris Cyrulnik va plus loin en suivant la ligne de son livre "Aux âmes et des saisons". "Il estime qu'on est passé de l'aristocratie de la force à celle du diplôme. Les filles plus vite matures et plus sérieuses que les garçons profitent de cette situation. Cela pourrait détrôner ces beaux mâles. La nouvelle hiérarchie sociale s'est enrichie par l'indépendance financière de la femme et le diplôme. Cela aggravé les inégalités et la détestation des élites personnifiée par Macron. Le bonheur facile a mené à la nausée en aspirant à la pureté des bonheurs difficiles dans le plaisir de la régression. Le fait de lire plus d'une page d'un trait, s'est transformé par des tweets. Le jeune de demain connaîtra au moins 6 métiers dans sa vie avec une formation continue et une anomie affective pour devenir parfois des self-made men. Les Belges sont devenus des virtuoses des débats entre Wallons et Flamands alors que les Français sont incapables de prendre la parole sans puer la haine. C'est inquiétant puisque les dictateurs sont élus démocratiquement."

Covid oblige, cette année, les Belges ont retrouvé leur pays en vacances pour éviter les problèmes de passage de frontières et à l'aéroport. Je peux pourtant dire que les nuisances du bruit des avions qui survolent la capitale en marinée, n'ont pourtant pas vraiment diminué. En voiture, la France est restée la destination préférée des Belges.

Les vacances sont toujours un moyen de tâter l'ambiance générale pendant un temps relativement court pour tout oublier dans l'ambiance du touristiquement vôtre. Pour un étranger, vivre en permanence en France, n'est pas le même topo et il ne s'y intègre pas aussi facilement. 

L'agent fait bien le bonheur. L'économiste Daniel Cohen était interrogé au suite de son livre "Le Français et l'argent". Cette relation est souvent équivoque, paradoxale et ambiguë dans un jeu de comparaison à somme nulle tout en générant du pessimisme. 

Le spectacle de la clôture des JO à Tokyo ont bien montré qu'il y a moyen de fusionner passé et futur, tradition et modernité avec respect et humilité. Macron n'a pas compris que l'on pouvait à la fois être modeste et résilient tout en saluant son interlocuteur.

Pas de doute, Macron vient d'un milieu aisé. Il a pensé sortir de cette ambiguïté gauche-droite et s'est planté à faire le grand écart.

Oui, il y a une folie française généralisée comme il y a eu une folie française avec le Didier Raoult à se fier à des bouées de sauvetage trouées. 

A l'époque, Coluche aurait pu faire un bon président français parce qu'il est passé à tous les stades intermédiaires de la pauvreté à la réussite financière.

N'est-ce pas une leçon principale pour les JO de 2024 à Paris ? 

Je dirais donc "Arigato" Tokio.

Deux manières pour exprimer nos différences se retouvent dans une très ancienne la pièce de théâtre "Le Mariage de Mademoiselle Beulemans".(clic) qui quand elle est programmée au théâtre des Galeries à Bruxelles, fait le plein avec tous les spectateurs qui connaissent à l'avance, les répliques par cœur.

Et une autre de GuiHome plus enjouée qui parle de Bruxelles (clic).

Allusion


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7 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 10 août 17:25

    Bonjour, l’auteur

    J’ai bien aimé la tonalité de ce billet, proche d’écrits plus anciens. Et merci pour les liens.

    A propos de Jeanneke-Pis, effectivement beaucoup moins connue que son homologue masculin, signalons qu’il existe également un Zinneke-Pis qui, comme tous les clébards, aime à lever la patte sur le mobilier urbain, ce qui montre qu’il n’est pas si zinneke que cela, un poteau métallique ayant nettement moins tendance à répliquer que la jambe d’un policier (à propos, comment dit-on flic en argot bruxellois ?).

    Personnellement, j’aime bien les Belges, leur humour et leur détachement des convenances (du moins lorsque l’on ne parle pas de Philippe et Mathilde, encore qu’ils soient moins chatouilleux sur le sujet que les Britanniques).

    J’aime tout particulièrement l’esprit des Bruxellois. Une ville qui possède autant de fresques murales consacrées à la BD et qui a eu pendant des années un Musée du Slip* ne peut pas laisser indifférent. smiley

    * Hélas fermé fin 2015. J’ai consacré un article à cette irréparable perte : Navrant : le Musée du Slip a fermés ses portes.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 10 août 19:05

      @Fergus bonsoir,
        On voit en vous un connaisseur. J’aime.
        J’ai envoyé cette première version de l’article sur Agoravox pour tâter le terrain. 
        Un pamphlet, bien sûr. C’est parfois nécessaire de remettre l’église au milieu du village, comme on dit chez nous.
        Il y a un film documentaire qui reflète cet esprit bruxellois qui s’appelle « Oui mais non ». Je n’ai plus que cet extrait

        Un petit musée du slip existe encore dans la rue Haute, dans les Marolles.
        Cela n’avait évidemment aucun rapport avec l’article, mais comme je dis souvent c’est un journal. 
        J’en ai fait des photos à cliquer 

        Quant aux BD sur les murs, je les ai rassemblées ici.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 10 août 19:15

      Demain parait sur mon journal la dernière version de ce billet. 



    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 13 août 08:26

      Je dédie ce billet à un ancien ami bruxellois du bout du monde, Alain alias Asterix qui en 2013 avait écrit sur Bruxelles 

      « Bruxelles ma belle, ce sont des mots qui vont si bien ensemble »

      et qui est décédé en février 2019 à Madagascar.


    • Xenozoid Xenozoid 10 août 17:28

      ah guy, que d’efforts

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