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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Prague Inter (21/08/1969) Le telefoničko sonne : « un an après, quelle (...)

Prague Inter (21/08/1969) Le telefoničko sonne : « un an après, quelle normalisation ? »

Ceci est une rétro-parodie

« Bonsoir à tous et toutes, vous écoutez Radio Prague Inter(national) en français, et ce soir, 21 août 1969, au Telefoničko sonne nous allons débattre de la situation de notre pays, un an après les douloureux événements. »

« Bonsoir, Fabianka Sintesova, nos auditeurs francophones seront, j'en suis sûre, enchantés d'apprendre que la Tchécoslovaquie est retournée à la normalité après toutes ces violences dues aux Pactexiters et autres salopettes bleues qui ont entaché la construction du socialisme et durablement affecté notre économie. »


« Tout à fait Klaroučka Servanova, et pour débattre de quelle forme doit prendre la normalisation pour les années à venir, nous avons invité Janoš Petř Filiuk, professeur à l'Institut de géopolitique de Bratislava et actuel trésorier de la Slovensko-Česko-Sovietska Fundacia ; Bernhardt Heinrich Levski, philosophe, à qui l'on doit cet admirable poème en l'honneur de notre nouveau président Gustav Husak et ce magnifique film sur la guérilla angolaise dans sa lutte contre l'impérialisme et le colonialisme, choppe d'or au festival de Karlovy Vary ; Erik Zamourček, éditorialiste dans le quotidien Politikaro, pour qui l'Allemagne revancharde et sudétiste est source de tous nos maux actuels ; Karolina Foutřeštova, responsable de la Commission pour le repérage et l'empêchement des actes contre-révolutionnaires du Comité Central du Parti Communiste Tchécoslovaque (PCT) ; Cedaric Volapůk, nouveau maire de Prague, non inscrit, et enfin František Behrů, secrétaire général du Parti Démocrate Socialiste (PSD) et vice-ministre des eaux tchèques et des forêts slovaques... »

« Camarade Bernhardt Heinrich, un mot sur les Pactexiters, pour nos auditeurs étrangers qui ne seraient pas au fait des menaces actuelles... Pssst, Bernhardt : votre chemise est déboutonnée... »

« Non, non, c'est normal, c'est la dernière mode rive droite de la Vltava : chemise en chancre d'Haïfa et veste en velours Bloebeat, par tous les temps, qu'il pleuve des antisémites, qu'il vente des antisionistes ou qu'il gèle des conspirationnistes. Donc, vous me demandez de parler de ces personnes ignobles qui remettent en cause notre appartenance au Pacte de Varsovie  ?! Que dire de plus ? Cette phrase se suffit à elle-même et c'est un spécialiste, votre serviteur, qui parle en connaissance de cause. Dans tous les cas, il faut les empêcher de nuire et d'abord leur couper le micro où qu'ils soient. Heu... non, pas tous les micros : ceux qui se trouvent dans les pots de fleurs nous sont bien utiles. Je voulais dire les micros de la radio et de la télé. N'oublions pas qu'ils ont l' outrecuidance de donner des interviews aux médias étrangers sans en référer au Ministère de l'Information ! C'est proprement scandaleux. La chienlit qui règne dans ce pays depuis près de deux ans est insupportable. »

« On comprend votre saine colère et on la partage bien entendu. Il n'est pas question ici de remettre en cause notre appartenance au Pacte de Varsovie, ni au Conseil d'Assistance Économique Mutuelle (CAEM), qui nous ont apporté paix et prospérité. Il faudrait être fol en Bohême pour envisager une telle idée ! Nous allons seulement permettre aux auditeurs d'émettre des critiques de bonne foi et d'éventuellement proposer des petits accom... changements dans la construction du socialisme. Nous sommes tous ici d'accord pour lutter contre la corruption et les comportements antisociaux, n'est-ce pas ? Klaroučka ? »

« Merci Fabianka de ce rappel moral salutaire. Tout de suite, un premier appel... bonsoir !? »

« Bonsoir, c'est Pavla de Brno. Ma question s'adresse au camarade Filiuk. Ici, dans mon quartier où tout le monde soutient les salopette bleues, on voudrait bien savoir quand donc les troupes soviétiques quitteront le pays. Parce que les Östallemands, les Hongrois et les Bulgares y sont déjà rentrés chez eux, alors que... » 

« C'est une excellente question ; camarade Filiuk, est-il prévu un plan de retrait, un Sovieticus Interromptus ? Où en sont les négociations bilatérales ? »

« Je rappelle à nos auditeurs, parce que cela n'est pas assez dit, notamment dans les médias étrangers, la plupart à la botte des Impérialistes et qui encouragent en sous-main les salopettes bleues comme chacun sait, que l'intervention salutaire du Pacte de Varsovie a été post-entubinée par le Parlement à l'automne dernier et que donc la présence de nos indéfectibles alliés est issue d'une décision tout ce qu'il y a plus de démocratique... »

« Nous sommes tous d'accord, bien entendu. Cependant, à l'inquiétude de notre auditeur, nous devons apporter des réponses ! Après tout, les forces armées étrangères, soviétique et américaine, s'étaient retirées d'un commun accord en décembre 1945. Rien d'impossible, non ? »

« Le gouvernement travaille à une esquisse d'ébauche de proposition de plan de retrait gradué pour l'automne 1972, peut être pour le printemps 1973. Encore faudrait-il que tous les membres du Pacte de Varsovie tombent d'accord. Selon le traité en vigueur, il faut un accord à l'unanimité. Je crois savoir qu'à Moscou, où notre ambassadeur tente de tapoter sur l'épaule du camarade Brejnev, on est plutôt optimiste ; cependant je ne vous cache pas qu'à Berlin-est notre demande insistante est très mal perçue.  »

« Je voudrais tempester ! »

« Oui, camarade Erik Zamourček ? »

« Je pense que nos camarades allemands n'ont toujours pas enterré leurs vieux démons. »

« Ah pardon, je vous coupe tout de suite, les revanchards sont du côté de l'Allemagne dite Fédérale, tandis que l'Allemagne Démocratique est notre indéfectible allié dans la lutte contre l'impérialisme sournois ! On ne peut pas faire l'amalgame ainsi ! »

« Je vous rappelle mon cher Janoš Petř que nous avons bien déportés près de trois millions d'Allemands il y a bientôt 25 ans, et on ne s'en porte pas plus mal ! »

« C'était une nécessité historique ; ne remuons pas les plaies, nous avons déjà bien à faire avec le processus de normalisation... Ne nous mettons pas à dos non plus notre pays-frère ; soyons convaincants, usons de persuasion pour qu'il ne bloque pas toute décision en notre faveur. Un autre Pacte de Varsovie est possible. »

« On est donc rassurés, un retrait semble en préparation, il suffit d'être patient. »

« Je tiens à souligner que le sujet du jour, qui vous a été fourni hier par telekopič, Madame Servanova, est la normalisation INTERNE. Revenons-y : Le dégraissage du PCT est bien trop lent. Il faudra encore nettoyer méthodiquement les partis satellites, l'armée, la police, les organisations syndicales et estudiantines, puis ensuite les administrations nationale, régionales puis locales, puis enfin les milieux artistique et littéraire... À ce rythme-là, et face aux milliers de contre-révolutionnaires et aux centaines de milliers de concitoyens irréfléchis en 1968 et aujourd'hui désorientés, disséminés dans tous les coins du pays et à tous les échelons, les réformes nécessaires et pourtant encore mal comprises par le peuple ne seront pas entamées avant 1972, voire 1973 !!! »

« Gustav, dès que possible, on renégocie les accords de Moscou. » « Ecoute Alex : d'abord on normalise, ensuite on verra... »

« Merci camarade Filiuk de rappeler l'ordre des priorités. On va tout de suite prendre quelqu'un d'autre. Bonsoir, vous êtes ? »

« 'Soir, M'sieurs, M'ames. C'est Josef de Prague. J'voudrais dire que moi j'veux bien le construire le socialisme, mais pour ça, y m'faudrait des chiens plus gros, parce qu'en ce moment ; ouais, j'ai oublié de vous dire : j'sélectionne des cabots de toutes races et je les revends si possible à leurs prop... heu... enfin je les revends, quoi. Des terriers saxons, des épagneuls de Silésie, des labradors de Pannonie... Ben, faut dire que ces derniers temps, y sont pas gros, nan M'ame. Alors de kiksé la faute, j'en sais fichtrement rien, du capitalisme ou du socialisme ?! Moi, si on me dit ksé la faute du capitalisme, alors j'dis d'accord. Mais pourquoi k'nos clébards y sont pas plus gros ? Eski mangeraient pas mal, desfois ? Moi j'pose la question. Z'avez entendu : j'y réponds pas, hein ! J'dis juste que pour choper la levrette de l'Oberleutnant, il m'en a fallu des croquettes... »

« Merci mon brave Josef, je crois que nous vous connaissons tous. Qui ne s'est jamais gratté le chef en vous apercevant au marché aux puces de Smichov et qui n'a jamais été attendri par ces petits chiots lovés dans de vieilles boîtes à chaussures Baťa... Erik, je vous vois vous agiter dans votre fauteuil, vous vouliez intervenir ? »

« Sans vouloir faire mon polemišt à deux couronnes, je rappelerai qu'on ne peut pas comprendre ce qui circule sur les marchés de la capitale ou de province si on ne comprend pas que nous sommes depuis des lustres soumis à une triple pénétration teutonne : par l'ouest, le nord et le sud (et, Dieu merci, par par l'orient, ce qui aurait été extrêmement douloureux). Je ne nie pas que les décolletés des Bavaroises ou les culottes des Tyroliennes ne soient pas alléchants sur les prospectus touristiques capitalistes ; mais ces fascicules colorés, que je caresse volontiers d'une main distraite entre un édito fracassant au Politikaro et un discours vindicatif au salon du communisme prêt à penser d'automne, ces papiers glacés quadrichromés cachent une réalité bien moins ragoûtante : la domination culturelle germanotartine et l'infitration des ploutocrates Rhénans. Pourquoi donc, à Smichov ou ailleurs, se vend-il plus de loulous de Poméranie que de chiens de berger slovaques ? N'est-ce pas là, sous nos yeux, la démonstration des analyses que je tiens depuis des années ? C'est à une véritable colonisation culturelle que nous assistons. Ça commence par les toutous à poils longs et ça finira par des minous coupés ras, vous verrez... »

« Nous connaissons vos opinions, camarade Zamourček. Mais je crains que nous nous soyions quelque peu éloignés du thème de notre telefoničko sonne de ce soir... Nous retournons au standard de Prague Inter, bonsoir, Madame ou Monsieur ?! »

« Le socialisme à visage humain n'est pas mort. Hum... Vous m'entendez là ? »

« Madame Dubčekova de Bratislava, vos experts en comitocentrologie savent-ils si mon mari pourra retrouver rapidement un poste dans la capitale ? »

« Cedaric Volapůk, vous souhaitez intervenir à ce sujet ? »

« Haheu... en tant que nouveau maire de la Capitale fraîchement élu, haheu je rends hommage au ci-devant camarade Dubček. J'irai volontiers assister à son incinér... haheu sa transmutation qui ne saurait tarder. Des sources bien informées haheu au Comité Central font circuler la rumeur d'un possible poste d'ambassadeur dans un pays lointain. Je prie pour qu'on l'oubl... haheu pardon pour qu'on n'oublie pas de lui expédier son salaire en haheu sacs de pièces de 10 halers. C'est un bon exercice de calcul quotidien ; haheu j'aime moi-même me rendre dans une boucherie d'État Sanzob et poser haheu mes pièces sonnantes et trébuchantes sur le comptoir pour me payer la tranch... haheu la tronche de la charcutière pragoise quand elle vide patiemment mes bourses avec ses doigts boudinés. J'avoue qu'on s'amuse comme on peut haheu dans la capitale. »

« Le cas du camarade Dubček me fait penser de rappeler à nos auditeurs que les formulaires d'autocritique concernant les prises de position irréfléchies lors des événements sont disponibles dans les postes, mairies, gares, librairies ; bref partout, n'est-ce pas, camarade Karolina Foutřeštova ? »

« Toutafé, Fabianka, on signale cependant des ruptures de stocks, notamment dans les casernes et les écoles... J'ai proposé au ministère du Plan Sexannual de les faire fabriquer en rouleau, ce qui permettrait un double usage et donc de faire de conséquentes économies. Ils ont trouvé mon idée plutôt fumeuse et m'ont demandé si je ne travaillais pas sans le vouloir pour le camp capitaliste. Je leur ai dit que certes non, mais que, tout en déboutonnant ma chemise à carreaux, j'avais plein d'autres idées comme de contrer les meutes contre-révolutionnaires en leur opposant le fier lumpenprolederbras indépassable du communisme et le ministre, après un long soupir, m'a répondu que non merci, et que décidément ils se passeraient de mes sévices ; tout du moins jusqu'au nouveau plan prévu en 1976. »

« Hum... Nous allons prendre un nouvel appel, bonsoir !? »

« Bonsoir, je m'appelle Karel Kappakap et je suis présentement dans la cabine téléphonique devant le K.R.U.Č. (Kantinsky Rab Univerzitskouj Českoslovendpis) de Pilsen. J'ai à la main gauche une bouteille d'essence soviétique rationnée, bouchée avec un torchon bulgare et à la main droite un briquet polonais... »

« Avant que vous nous expliquiez ce que vous faites à cette heure-ci dans cet équipage ésoterique alors qu'à votre âge, tous vos camarades sensés doivent être dans une taverne enfumée à siffler des pintes, je n'ai qu'une question : comment tenez vous le combiné ? »

« Je ne répondrai pas à cette question car elle n'intéresse pas vos auditeurs ! »

« Mais si, mais si ; nous, Tchèques, sommes absurdes, mais jusqu'à un certain point. »

« Ecoutez-moi, je veux ici dénoncer... »

« C'est incroyable. Je n'arrive pas à imaginer qu'on puisse téléphoner en levant le coude ! Comme quoi, on ne connaît jamais assez bien le peuple... »

« [voix grondante]...l'invasion... »

« Après s'être enfilé 5 ou 6 blondes, tout est possible, haheu.., croyez-moi... »

« [voix caverneuse]l'hypocrisie... »

« Et avec les genoux ? Emil Zatopek, le pourrait bien, lui ! »

« [voix sombre]...l'égoïsme... »

« Et si nous avions affaire à un agent impérialiste revanchard ? »

« [voix sanglotante]...la mesquinerie... »

« Elle est bien raide celle-là ! Et je m'y connais en liaisons dangereuses ! »

« [voix étouffée]la taxe sur le carburant ! »

« C'est la goutte d'Elbe qui fait déborder la Moldau ! On peut tout critiquer, d'accord : les moches cravates à pois au Comité central, les cheveux trop longs des soldats, les moustaches des secrétaires de mairie et les talons des serveurs de brasserie, ou peut-être l'inverse ; Mais dire du mal de nos camarades soviétiques qui nous arrosent de leur pétrole pas cher, ça non ! C'est indécent ! C'est du complotisme, même ! De l'antisocialosystémisme, j'ose le mot ! Sans l'Union soviétique, nous ne serions rien ! Ils nous ont sauvés en 1945, quand même ! Sans eux, nous parlerions tous allemand et ma femme chanterait toujours faux, d'accord, mais Wagner au lieu de Smetana ! »

« Pour une fois, camarade Bernhard Heinrich, je suis d'accord avec vous : l'Union soviétique et le Pacte de Varsovie nous protègent des impérialistes esclavagistes imbibés de Coca Cola et surtout des revanchards pangermanistes de derrière les Monts des Sudètes ! »

« Camarade Erik, j 'ai pour habitude de vous vouer aux gémonies dès que l'occasion se présente, mais aujourd'hui je vous remercie au nom de la construction du socialisme de défendre nos valeurs face à tous ceux qui conspirent contre la Tchécoslovaquie ; et ils sont nombreux. »

« [voix sur le retour]...C'est vous qui nous avez trahis, vous êtes des vendus !... »

« Chers auditeurs, la Vébé [Sécurite Publique] doit être déjà en route pour interpeller cet individu auditoirement déséquilibré ; d'ailleurs nous entendons déjà la sirène en tonalité e-moll caractéristique de Škodas, dotées d'une batterie hongroise kecsekszebyntsgag défaillante. »

« [voix sans issue]...personne ne m'arrêtera... »

« Nous coupons la communication en espérant que la police puisse résoudre cette énigme au plus vite. Je rassure les auditeurs et les habitants du quartier : nous savons tous ce que valent les briquets polonais Szlipcz. »

« Pas d'inquiétude, donc. Klaroučka, nous allons prendre un dernier appel au Telefoničko sonne... Oui Fabianka, et nous sommes avec... avec ? »

« Ici Patřik D. Hondič, en direct du dernier émetteur pirate dans les Monts de Metateveč. Camarades-citoyens, nous continuons le combat ! Dusse-t-il durer un quart de siècle, la Vérité vaincra ! Si vous écoutez ce message, c'est que vous êtes la Résistance ! »

« Coupez, mais coupez ! Ces propos sont intolérables ! »

« C'est fait, camarade Filiuk. Le 17e Bureau de la STB [Sécurite d'Etat] est déjà en train de rechercher la position de l'appel. Et ce ne semble pas être un nouveau pied-de-nez du dissident Fantoumaš qui a déjà conduit de nombreux Estebaks à la ruine de leur vie familiale ou de leur santé, après d'interminables course-poursuites derrière sa célèbre flying Tatra noire qui se tire plus vite que son ombre. »

« Mais qui est donc ce nouveau dissident, Karolina Foutřeštova ? »

« Nous le connaissons bien, Bernhardt Heinrich, bien qu'il n'ait aucune autorisation de dissider : Hondič était suivi depuis quelques temps par l'Observatoire de l'Antisocialisme et du Hooliganisme de notre camarade Rudolf Rajtak ; il est récemment passé entre les mailles du filet lors d'un récent nassage de salopettes bleues, Place Venceslas, mais ne vous inquiétez pas il est activement recherché par toutes les sécurités du pays ! Sa défenestration accidentelle n'est qu'une question de temps. En attendant, je conseillerais aux citoyens irréfléchis ou désorientés, n'habitant pas en rez-de-chaussée, de n'aérer qu'en cas d'extrême nécessité...nos brigades d'Estebaks sont de plus en plus nerveuses ; la boisson fournie gratuitement n'arrangeant rien. J'espère avoir été claire, camarade Klaroučka ! »

« C'est très clair. Ceux qui irréfléchissent trop bruyamment savent à quoi s'en tenir. Camarade František Behrů, Monsieur le vice-ministre, on ne vous a pas encore entendu, vous vouliez interlouper ou bien rester bouche coite jusqu'à la fin de l'émission ? »

« Je ne coiterai plus longtemps, Mademoiselleheu Klaroučka. L'élément antisocial que nous venons d'avoir en ligne ne trouvera pas plus refugeheu chez nous qu'ailleurs. L'horizon socialisteheu est indépassableheu et nous ne saurions tolérer ce genreheu d'individu au sein de notre collectivité ! Juste une dernièreheu remarqueheu : bien que depuis 1948 nous soutenions avec ferveur toutes les propositions et votions toutes les lois proposées par nos camaradeheus du PCT, nous au PSD, nous restons un parti autonomeheu ; tout comme nos camaradeheus du Parti Socialiste National. C'est important de le souligner. Je ne voudrais pas que les auditeurs étrangers aient l'impression que la Républiqueheu socialisteheu tchécoslovaqueheu ne soit pas une vraie démocratie populaireheu ! Je ne voudrais pas que l'on puisse dire que notre parlement n'est pas fonctionnel ; d'ailleurs, il n'a jamais aussi bien fonctionné qu'aujourd'hui ! Avec tous ces nouveaux députés, jeunes, bien mis et bien frangés, socialo-réalisteheus, ambitieuheux et farouchement décidés à reformer ce pays indécrottablement petit-bourgeois et réfractaireheu afin que le socialismeheu fonctionneheu enfin correctement ; nous sommes sur la bonne voie ! En marcheheu vers un progrès radieuheux ! »

« Ca sera le mot de la fin ! Merci à toutes et tous ! Et maintenant, écoutons une petite chansonnette douce-amère bien méritée, interprétée par notre idole nationale, Karel Gott et enregistré avec l'Orchestre symphonique de la Radio Télévision d'Etat, au Parafinium de Prague. »

Articles précédents :

Francois Asselineau à la matinale de France Inter (03/04/2019)

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/francois-asselineau-a-la-matinale-213995

Edouard Philippe au Téléphone sonne, France Inter (09/03/2019)

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/edouard-philippe-au-telephone-213291

Emmanuel Macron invité à la Matinale de France Inter (24/10/2018)

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/macron-invite-a-la-matinale-de-208843

Peut-on rire de tout ? Le Téléphone sonne, France Inter (18/11/2016)

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/peut-on-rire-de-tout-le-telephone-186650

La matinale de l'été (les attentats, ce que l'on sait), France Inter (15/09/2016)

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/la-matinale-de-l-ete-france-inter-184608

La Norvège, 22 ans après le non à l’Europe, Le téléphone sonne, France Inter (13/07/2016)

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/la-norvege-22-ans-apres-le-non-a-l-182766

Géopolitique II, Poutine et le Caucase, France Inter (11/04/2016)

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/geopolitique-ii-france-inter-179805

Boomerang - France Inter (22/03/2016)

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/boomerang-france-inter-179088

La Russie, le grand jeu dangereux, 7/9 de la semaine, France Inter (27/02/2016)

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/la-russie-le-grand-jeu-dangereux-7-178176

7/9 du dimanche, France Inter (8/02/2016)

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/7-9-du-dimanche-france-inter-177412

Sarkozy invité de la Matinale, France Inter (19/12/2015)

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/sarkozy-invite-de-la-matinale-175603

Valls invité de la Matinale, France Inter (24/11/2015)

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/valls-invite-de-la-matinale-france-174526

Géopolitique I, France Inter (27/10/2015)

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/geopolitique-france-inter-173390

 


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8 réactions à cet article    


  • Jean 30 novembre 16:34

    J’en pleur de rire, merci à vous


    • arax arax 3 décembre 19:31

      @Jean
      Bien heureux d’avoir pu égayer un moment de votre vie !  smiley


    • San Jose 1er décembre 12:20

      En septembre 1969 un habitant de Prague entre au commissariat de police :

       Un soldat suisse vient de me voler ma montre soviétique !

       Vous voulez dire qu’un soldat soviétique a volé votre montre suisse ?

       Aaaah ! Je n’ai jamais dit ça ! C’est vous ! C’est vous ! 


      • arax arax 3 décembre 19:35

        @San Jose
        Elle est excellente ! smiley Surtout qu’à l’époque, 99% des gens désapprouvaient l’intervention ; y compris dans la police et l’armée...


      • San Jose 1er décembre 13:57

        Quoi qu’il en soit, restons pragmatiques. 


        • nono le simplet nono le simplet 1er décembre 14:34

          à vue de nez, en parcourant tes articles, on n’est pas tout à fait du même « bord » mais j’avoue que cet article est superbe, franchement superbe ! bravo !


          • arax arax 3 décembre 19:42

            @nono le simplet
            Je ne sais pas trop de quel bord je suis, car je crois que la Terre n’est pas plate ! smiley
            En tout cas, merci, ça me fait chaud au coeur que quelques personnes par ici apprécient mon travail de déconstruction humoristique du service public radiophonique.


          • arax arax 3 décembre 20:13

            Petit jeu

            Dans cette parodie, retrouver :

            1. un « officiel » qui inaugure les chrysanthèmes
            2. un hommage à Hergé , facile  smiley
            3. un hommage à Goscinny
            4. un rappel sur les Traités européens
            5. un hommage à « Ma Patrie » de Smetana
            6. une allusion aux Femens
            7. une allusion au mode de « suicide » favori en Bohême

            Ceux qui trouvent gagneront le droit de rejouer avec des questions plus difficiles sur le Printemps de prague... :->

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