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lyago2003 30 mai 2007 00:19
lyago2003

Si la victimologie est définie comme l’étude des victimes d’infraction pénale, quelle peut être sa finalité ? Peut être une meilleure connaissance des victimes, connaissance sociologique, connaissance psychologique. Peut être un souci de prévention des crimes en informant les victimes potentielles des attitudes à adopter ou à bannir. Peut être le développement de prises en charge spécifiques pour aider les victimes à dépasser leur traumatisme. Certainement pas un partage des responsabilités, au sens pénal du terme, entre le prévenu et sa victime !

Je me souviens des temps héroïques où des femmes, courageuses, ont porté plainte pour viol et qui, parce que cette infraction n’avait pas vraiment droit de cité dans les commissariats et les prétoires, étaient accusées d’avoir provoqué leur agresseur - qui n’était qu’un homme à la vitalité irrépressible - qui devaient justifier de la normalité de leur sexualité, qui se voyaient reprocher une vie dissolue dès qu’elles comptaient plus de deux amants dans toute leur vie. Pourquoi la victime d’une agression à caractère sexuel devait-elle, devrait-elle encore, justifier son comportement, sa moralité, sa santé psychique, pour être pleinement entendue comme victime d’infraction pénale ? pour ne pas avoir à partager la faute, la culpabilité ? pour ne pas voir la condamnation de son agresseur subordonnée à sa pureté ou à un prétendu bénéfice secondaire ? Pourquoi devrait-elle justifier d’un comportement qui, par ailleurs ne saurait constituer une excuse légale atténuante ?

Vraiment, les seules choses à examiner dans un prétoire, restent l’existence des éléments constitutifs de l’infraction et l’imputabilité des faits au prévenu.

Sur les condamnations aujourd’hui plus sévères pour les auteurs d’infraction d’ordre sexuel que pour les auteurs de meurtre...

Non, on ne tue pas par amour, on tue pour n’avoir pas dépassé le développement affectif d’un enfant de 5 ans.

Et puis, s’il est vrai que les meurtriers récidivent moins que les violeurs, la protection de la société d’un individu potentiellement dangereux, justifie, peut être, la longue peine des violeurs d’autant que certains ne se vivront jamais comme fautifs.

Et si juger n’était pas punir ? Et si juger était avant tout reconnaître que cet acte est socialement inacceptable et qu’il a porté préjudice à la personne qui l’a subi ? Et si juger, c’était dire, avant tout, à la victime qu’elle obtiendra réparation pour cet acte et protection pour l’avenir ? Et si l’institution judiciaire n’avait pas à se préoccuper du traitement futur du criminel ? Si ce traitement était dissocié et conçu, dans le cadre de la peine prononcée, avec l’aide des sciences humaines et sociales ? Mais les moyens manquent, alors on emprisonne ! Et pour ne plus faire le jeu d’une idéologie sécuritaire, on rêve de dépénalisation et de déjudiciarisation !

Avant le procès on juge de la dangerosité du prévenu à la lumière de toute antériorité (au risque de sombrer dans l’équivalence complexe), après le procès, on oublie la réalité d’un passage à l’acte pour donner sa chance au condamné.

Sur l’injonction thérapeutique... Et si on posait le problème de l’injonction thérapeutique non comme une obligation de devenir « normal », mais par rapport à la dangerosité du criminel (ou du futur libéré) et aux moyens de la prévenir ? Alors, il s’agit plus d’un contrat passé entre la justice et le prévenu, contrat que la justice délègue à un professionnel du soin, qu’un contrat thérapeutique. Alors, les psy, toute obédience confondue, ont à se questionner sur les démarches et les règles déontologiques à mettre en oeuvre dans le cadre de ces interventions judiciaires...

Et puis, pourquoi calquer absolument cette injonction thérapeutique sur le modèle de l’intervention psychothérapique ? Pourquoi transformer une injonction de justice en démarche psychothérapique ? Pourquoi ne pas la penser comme une mesure parfaitement libérée de tous modèles antérieurs ? Si l’injonction thérapeutique était utilisée, non comme une obligation d’engager une démarche de soins, mais comme l’obligation de prendre des mesures personnelles pour respecter les critères de la vie en société, d’autres perspectives d’intervention s’ouvriraient alors.

Alors, la prison ferme n’est plus la seule façon de punir, de contraindre les auteurs d’actes pénalement répréhensibles. Alors la prison peut devenir le lieu de la conclusion de ces contrats de retour à la société civile.



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