@ JK : votre discours sur la Famiglia a un profond relan rance. Pourquoi ne vous risqueriez-vous pas plutôt à conquérir votre public en présentant un visage + moderne de la nation, une nation impliquée dans le monde réel actuel, constatant avec pragmatisme la mondialisation des échanges, la multiplication des relations économiques et internationales et offrant à la France une vision de son avenir moins enracinée dans un passé (..) qui a montré dans la souffrance les limites manifestes de cette conception objective de la nation que vous défendez dans vos interventions ?
C’est notre avenir qu’il faut construire, cher Monsieur. Jean-Claude a peint une analyse relativement claire et pragmatique de la place d’un Etat nation aujourd’hui dans le concert de la vie continentale et internationale.
L’intelligence française serait à mon sens de contribuer - son savoir faire est mondialement reconnu dans certains domaines où elle excelle -, à l’épanouissement des peuples qui souhaitent coopérer activement avec elle à la construction du monde de demain. Et de s’y atteler dès à présent en agissant solidairement avec nos amis et voisins européens.
Je peux comprendre cet attachement profond aux valeurs du passé, au besoin de s’accrocher à une conception du rapport entre le peuple et la nation, de se sentir + rassuré avec des frontières bien définies et protégées. Beaucoup de nos concitoyens pensent encore comme vous. Et je le regrette.
Car les temps ont changé. Et si l’Etat nation, recroquevillé sur lui-même et sur des convictions anciennes et obsolètes, n’est plus la solution d’avenir pour le peuple français, il lui faut imaginer une vision adaptée, moderne et intelligente de son rapport au monde pour s’intégrer avec souplesse dans ce dernier, et offrir de surcroit au peuple français l’espoir de maintenir un niveau de vie décent pour les décennies à venir.
Il est indispensable que les Etats s’élevent à la hauteur de la puissance de l’économie afin de lui faire contrepoids et d’instaurer une forme nouvelle de régulation mondiale.
Cela n’est possible qu’à travers l’établissement d’une forme nouvelle de coopération entre les Etats et leur peuple. Une coopération intégrée, assumée et solidaire pour répondre aux exigences de l’économie et des mutations mondiales.