@ Mjolnir
« Ceci dit, si vous avez visiblement un certain recul par rapport à leur rôle, il n’en est pas de même pour tous les croyants. Chez les chrétiens que je connais, comme chez tous les croyants, la peur d’être puni en enfer existe toujours. (Même des réincarnistes prétendre qu’on est puni en se réincarnant dans un caillou) Le « conseil » est souvent considéré plutôt comme un ordre. Ca, c’est la critique de la pratique. »
Peut-être que certains croyants prennent ces conseils pour des ordres et y accordent une grande importance mais les paroles de ces conseillers n’étant pas « paroles de Dieu », elles ne sont pas prises pour des paroles de « vérité ». Même si pour les non-croyants cette notion de « vérité » associée à la religion est bien entendu remise en cause car nous n’avons pas de preuves matérielles de l’existence de Dieu.
« Dans le principe, c’est la moralisation de chaque chose et cette omniprésence des ordres religieux qui prétendent définir la morale que je critique : la morale n’a plus de sens si elle a pour source un impératif extérieur. Je parle d’impératif car ce « conseil » auprès des ulémas (ou des prêtres, etc) a un rapport avec le sacré, Leur « conseil » n’a pas la même valeur que celui qu’on prendrait auprès d’un ami, qui est notre égal, mais d’une instance supérieure. »
Je comprends, mais ce qui justifie la présence de ces ulémas auprès des croyants c’est le fait que la plupart de ces croyants n’ont pas les connaissances nécessaires pour faire un choix ou ils se croient incapables de les posséder, pour ceux qui sont analphabètes, qui manquent de culture, ceux qui n’ont pas les moyens et/ou le temps de s’instruire convenablement.
« Sur le choix, oui, il est évident qu’au final, le choix de nos actes nous appartient toujours. Choisir de laisser quelqu’un d’autre décider pour soi même, c’est encore faire un choix. Je voulais dire qu’il y a une certaine hypocrisie de compter sur un texte, un guide spirituel ou un « oracle » quelconque pour prendre une décision, on se donne ainsi l’illusion d’échapper à la responsabilité de ses choix. »
Ou alors c’est une volonté de se rapprocher encore plus de Dieu dans la crainte de Dieu en se fiant à des personnes qui seraient plus à même de comprendre son message et de le restituer au mieux aux autres croyants. Ce n’est pas forcément de l’hypocrisie mais plus un souci de bien faire. Si c’est une façon de se donner l’illusion d’échapper à la responsabilité de ses choix je ne crois pas que ce soit réellement fait de façon consciente. Peut-être que l’on se sent plus rassuré quand des personnes spécialisées dans l’étude des textes confirment nos propres interprétations et nos propres choix, quand ces personnes sont d’accord entre elles, quand ce n’est pas le cas il y a plus de place pour le doute et quelque part ça peut déstabiliser certains croyants dans leur pratique religieuse mais ça ne les protègent pas de leurs responsabilités. Encore une fois les croyants ne suivent pas pour la plupart aveuglément ces conseillers car ils ne sauraient être tenus complètement responsables de nos choix au cas où l’on commettrait un péché, la décision finale nous revient. Pour ce qui est du détachement par rapport aux textes en ce qui concerne les musulmans c’est assez difficile comme je l’ai déjà dit à cause du caractère sacré de ces textes et du principal texte qui est considéré par les musulmans comme étant la parole directe de Dieu.