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5A3N5D 12 avril 2008 13:30

Au passage, je fais ma petite pub : la notion d’accusatif est justement essentielle en Eo, puisqu’il est marqué (finale en -n), ce qui permet éventuellement une inversion de la structure courante sujet-verbe-complément, c’est un des aspects de ses qualités propédeutiques qu’on nous accuse parfois d’exagérer. C’est en tout cas de cette façon que mes enfants ont compris le COD, car tout ce qui n’est pas du COD est du complément de précision, dont la fine description qu’on en fait en français aurait davantage sa place à l’agrégation de français qu’à l’école primaire,

J’en arrive à me demander ce qu’on apprend aux enfants à l’école dite primaire.

Pour distinguer le COD, j’ai enseigné et les enfants (CM1-CM2) ont compris, sans grosses difficultés les deux notions suivantes :

1°) Le COD ne peut pas être supprimé de la phrase sans que celle-ci perde totalement son sens : c’est donc un complément essentiel par opposition aux compléments circonstanciels (qui ne font qu’apporter des précisions.)

Un exemple : Papa épluche des pommes de terre pour aider maman. 

Supprimer "des pommes de terre" rend la phrase incompréhensible ===> complément essentiel.

Supprimer "pour aider maman"  ne fait pas perdre tout son sens à la phrase ===> complément circonstanciel.

Ces notions sont tout à fait accessibles à des enfants de 10 ans.

2°) Il en est de même pour la voix active et passive, permettant de déterminer à coup sûr si un complément est "d’objet direct" ou non.

Apprendre une langue pour ses qualités propédeutiques revient à inverser les rôles : ce n’est pas la langue étrangère qui doit permettre l’apprentissage de la grammaire française, mais l’inverse. Même dans le cas précis du latin, la connaissance de la grammaire française est indispensable a priori. Le latin ne joue un rôle que dans la consolidation des acquis. Le rôle propédeutique revient donc au français et non à la langue étrangère, sauf à opérer un sérieux glissement de sémantique.

Je ne suis qu’un pauvre petit instit de campagne à la retraite, et je n’ai pas eu la possibilité de faire des études supérieures : pas de licence, de maîtrise ou d’agrég. Je suis profondément chagrin de lire qu’on puisse se délester sur les profs de collège, voire de fac, du soin de faire acquérir ces notions basiques (COD/COI) à des enfants. L’école n’est décidément plus ce qu’elle était. Il faut dire que l’enseignement actuel consiste à remettre à plus tard toute étude qui demande un effort. Ô tempora ! Ô mores ! Le claquage de synapses, c’est douloureux !



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