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Jason 16 février 2009 18:53
Jason

Mais, mon cher Monsieur, le protectionnisme bat son plein, et personne ne respecte "les règles" comme vous les appelez. Le 14 février sur Avox, article de Laurent Pinsolle sur le même sujet.

Il semble que les députés n’ont même pas réfléchi à la question et se posent en arbitres du monde. Ca fait bien, on joue les gros bras, on pérore à tort et à travers, et tout le monde leur emboîte le pas. C’est la République des oies.

Au risque de me répéter, voilà ce que je pense de la phraséologie ambiante :

Il règne en ce moment une confusion de la pensée de la part des décideurs politiques, économiques et financiers, et des entrepreneurs, bien sûr. Les mots qui coupent court à tout débat ou qui ne reposent sur aucun concept précis et vérifiable deviennent de plus en plus abondants. On notera entre autres : global, globalement, mondialisation, systémique, international, protectionnisme, liberté du commerce ; et sans doute quelques autres.

Ce genre de vocabulaire a le mérite de faire appel à l’inconnu, à l’invérifiable, bref à des généralités vides de sens. La responsabilité, la causalité que l’on souhaiterait trouver à la source de faits socio-économiques disparaîssent au profit d’un ailleurs théorique émanant de forces obscures, incontrôlables, hors des frontières et des continents, et venant échouer dans la cour "des autres". Il y aurait alors dans l’air une sorte de déséquilibre mystérieux, capricieux, et bien sûr imprévisible.

Brave gens, la solution est ailleurs, nous rabâche-t-on, ne me demandez surtout pas de pointer le doigt vers les subventions aux produits agricoles (blé, sucre, cotton, etc ;), aux matières premières, ou aux soutiens financiers divers aux industries (mais souvent nécessaires parce que les autres en font autant) de la part des états, sans parler des labyrinthes fiscaux avec leurs niches douillettes. Le protectionnisme est bel et bien là, parmi nous, mais, de celui-là, on ne parle pas.

Ne serait-il pas plus utile de parler de produits particuliers, de pratiques frauduleuses diverses, de contournements des accords commerciaux, du "loan dumping", de corruption, de pillage et autres belles actions discrètes accomplies au nom de la liberté du commerce ?

Ma question : protectionnisme de quoi ? Qu’est-ce que la passoire France aurait à protéger ? Ses automobiles, ses avions, et surtout son élite ouvrière syndicalisée au niveau de qq pourcents des salariés. De quoi parle-t-on ? Fermons les frontières, et les SDF et tous les laissés pour compte du gâchis ambiant seront sauvés. C’est de la pure imposture !





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