Bonjour Olivier Cabanel,
Un article intéressant et même amusant, qui donne à réfléchir... Comme quoi se battre pour obtenir des salaires égaux est une excellente chose, mais si ce n’est que la partie immergée d’un iceberg, la remise en question doit aussi être ailleurs... Sans vouloir changer la langue en espérant que les mentalités suivront, ce qui ne sera sûrement pas le cas, car je pense qu’il ne sert à rien par exemple de modifier l’appellation caissière pour la remplacer par hôtesse de caisse, je crois qu’il y a des choses que l’on pourrait en effet revoir, sans parler du simple fait d’arrêter de traiter une femme de morue ou de thon, ce qui peut changer beaucoup de choses dans les relations entre les hommes et les femmes. Sinon, à part ça, je crois que la « pouf » est l’abbréviation de poufiasse, et n’a
pas grand chose à voir avec le pouf. Ca n’excuse rien évidemment.
Dans votre article, certains féminins viennent effectivement de l’histoire de la langue, mais d’autres termes sont récents ou argotiques, comme ceux cités plus haut, et trahissent donc un vrai mépris de la femme.
Quant au permanent et à la permanente, je suis un peu réservée. La permanente est l’appellation d’une coiffure, certes, (une coiffure qui tient de façon permanente) mais en quoi cela est-il misogyne ou dégradant, comme féminin de « permanent » ?
Je crois qu’il vaut mieux à la limite garder le vocabulaire tel qu’il est, du moins s’il n’est pas insultant, et se pencher plus sur la façon dont les femmes sont considérées et traitées au quotidien. Imaginez par exemple une jeune femme célibataire faisant appel à un plombier et pas une plombière
), les plombiers ne sont pas tous des arnaqueurs évidemment, mais il y a plus de chances que le « professionnel » laisse entendre à sa cliente que tout est à changer, quand il ne s’agit que de changer un joint, ou augmente très, très légèrement le devis...
Aligner les salaires des hommes et des femmes ne dépend que d’une loi, qui a certes été difficile à obtenir, et cela dépend aussi des femmes de la faire respecter (nous avons malheureusement peu d’exemples de collègues masculins protestant auprès de leur patron que leur collègue féminine gagne moins qu’eux), mais faire changer les mentalités profondes est bien plus dur à obtenir. J’espère que votre article y contribuera.