Réponse de Danielle Porte : Réponses aux questions posées par le colonel
Mourey.
« Pourquoi refusez-vous de voir le contour ovale de l’ancienne
muraille oppidumique avec sa citadelle… » « Pourquoi ne voulez-vous
pas voir le fossé décrit par César dans le fossé mis au jour par les
archéologues de Napoléon III en avant et au pied de l’oppidum, d’une
rivière à l’autre ? »
Si le rempart d’Alise avait réellement existé, il me semble que les
défenseurs d’Alise s’en réjouiraient, tandis qu’ils déplorent encore
de n’avoir à se mettre sous la dent que quelques mètres de murus
gallicus (à supposer même qu’il soit « gallicus » : F. Creuzenet,
Historia, 77, 2002, établit que les deux tronçons de murus « gallicus
» sont en fait gallo-romains, et que le troisième remonte à l’Âge du
Bronze).
Ce murus gallicus est typique des villes du IIème av. J.-C., tandis
que les remparts d’Alésia « métropole religieuse de toute la Celtique
» selon Diodore de Sicile (4, 19, 1-2) doivent remonter à l’époque
d’Hercule, i.e. aux siècles de la guerre de Troie, et ressembler aux
murs des villes grecques archaïques, Tirynthe, Argos, Mycènes ; être,
donc, constitués de dalles cyclopéennes.
Pour ce qui est du « grand fossé d’arrêt » de Napoléon III, il est
situé à une distance variable du reste des retranchements (partout à
plus de 600 m) alors que selon César il doit être à 120 m (400 pieds),
distance conforme à ce qu’implique la portée des machines de guerre
romaines. Pour minimiser l’écart entre la réalité d’Alise et les
chiffres de César, on a transformé les 400 pieds (400 fois 29,6 cm) en
400 pas (400 fois 148 cm). Mais c’est une correction moderne ad locum,
faite en désespoir de cause.