@ Rosemar
Excellente décision prise par Manuel Valls , l’une des premières décisions intelligentes de ce nouveau gouvernement.
En effet, en langue française, le tutoiement d’un inconnu est une marque de mépris, voire une insulte brutale ( comme lorsque un automobiliste irascible déclare d’un ton peu amène au chauffeur livreur qui lui bouche le passage « tu vas la dégager de là, ta putain de caise » ! ) .
Il est d’autant plus regrettable que Vincent Peillon n’ait pas décidé de rétablir le vouvoiement au sein de l’éducation nationale.
Pour avoir fait ma scolarité primaire avant 1968, il y avait, au cours de la scolarité, une subtile progression :
- à l’école maternelle, l’institutrice nous appelait par notre prénom et nous tutoyait,
- à l’école primaire, nous étions appelés par notre nom de famille et tutoyés,
- à partir de la sixième au collège, et jusqu’en terminale, les professeurs nous appelaient par nos noms de famille précédés par « Monsieur » ou « Mademoiselle » ( par exemple : « Monsieur X, veuillez aller au tableau s’il vous plaît » , ou bien « Mademoiselle Y, si vous vouliez bien cesser vos bavardages » )
A partir de la rentrée 1968/69, il y eut quelques profs qui se mirent à tutoyer les élèves et à les appeler par leur prénom, profs que l’on appelait à l’époque les « profs sympas » ( le terme « cool » n’avait pas encore été popularisé ). Il s’avéra très vite que ces profs tutoyeurs pouvaient donner d’aussi mauvaise notes que les autres, que les élèves avaient beaucoup plus tendance à déconner pendant leurs cours que pendant les cours des profs vouvoyeurs, et que les profs tutoyeurs avaient beaucoup plus de mal à rétablir l’ordre dans leurs classes que les profs vouvoyeurs !
A cette époque, le vouvoiement au collège, ainsi que l’utilisation du « Monsieur » ou « Mademoiselle » signifiait à l’élève qu’on le considérait déjà comme un jeune adulte en formation, avec l’esprit de responsabilité qui était censé aller avec ce nouveau statut.
Moyennant quoi, la discipline était beaucoup plus respectée que dans les collèges actuels, et l’apprentissage du savoir s’y faisait beaucoup mieux ...