Siatom, puisque vous apprécier, je me permet d’ajouter le début de mon texte
Depuis quelques temps, me voici avec un chat
j’ai bien peur que ce soit lui qui me possède
C’est un animal étrange
Maitre des choses et des lieux
Que dire de lui, je suis bien embête
Une tête, des pattes, une queue
Me voici bien sot pour décrire cette comète brillante
Je n’ai que de pauvres mots
Des épures d’astronome
Regardant par un trou de serrure
La lune en haut des arbres
J’ai beau tourner autour de lui pendant des heures
Pas la moindre défaillance, la plus petite imperfection
C’est un nombre premier indivisible
Un cercle parfait, une pyramide d’egypte
Faite de poils soyeux et de souplesse
Une énigme dans laquelle personne n’a pu entrer
Même les pharaons, à force de le regarder en vain
Donnèrent à manger leur langue au chat
Quand il dort on dirait un bouddha de porcelaine
Ses yeux jaunes sont deux puits de ciel muet
Qui lui a appris cette sagesse infinie ?
lui qui ne connait rien aux livres
Et n’a jamais lu Aristote, Platon ou Noé
Il fait plus de profit dans un bol de lait
Que dans tout Shakespeare et Homère réunis
Tant de facilité m’exaspère
Moi qui porte des lunettes, peine à apprendre
Et met partout des pense-bêtes
Pour me souvenirs de vérités molles
Et de morales incertaines
C’est un maitre d’école zen
Dans l’art de la toilette et du dépouillement
Rien que de le regarder faire me débarbouille l’esprit
Avec ça, corps élastique, doué en tout
Je suis sûr qu’il saurait faire du vélo du premier coup
Si seulement il daignait s’y mettre
Il faut le voir faire son yoga
Quand de sa patte arrière
Il se gratte derrière l’oreille
Mieux vaut renoncer alors à le suivre
Que de se démettre
Et c’est la leçon d’humilité du jour
Il est maitre des choses et du temps
Qui dort en ronronnant à ses cotés
Vraiment il faut voir comment les objets
Se mettent en quatre pour le satisfaire
Et se bricolent des genoux
Pour satisfaire ses bonds
C’est à peine si je les reconnais
Eux qui se cassent, se cachent
Et se dérobent entre mes mains
Voila qu’ils jouent à la nounou
Qu’ils lui racontent des blagues
C’est qu’il sait y faire
Entre caresses et mépris
Il installe où il veut ses lits
Il peut passer par le chas d’une aiguille
Et enrouler son sommeil d’étoile sur sa pointe aiguisée
Avec lui la dureté se dérobe
L’ogre se fait fée
Et le rocher amoureux se transforme en velours
Amitiés