@L’Astronome
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Bonjour,
Le
salut se préoccupe d’abord de soi, tandis que l’humanisme est tourné
sur l’extérieur : deux attitudes souvent complémentaires.
Le
salut individuel n’exige-t-il pas une grande lucidité sur
soi-même ? Pour ce faire, la conscience peut-elle ignorer le monde
qui nous entoure ? Je ne le pense pas. Elle doit comprendre quelle
est notre place vis-à-vis des autres individus, et vis-à-vis du
reste du vivant, sans oublier le monde physique sans lequel toute
vie serait impossible.
L’humanisme « généralisé »
de Lévi-Strauss réconcilie notre apparente insignifiance avec les
grandes lois de fonctionnement du monde, car il met en évidence la
nécessaire solidarité que chacun doit montrer avec tout le vivant.
C’est une humilité/ modestie apprise qui aide à prendre conscience
du mode de fonctionnement réel du monde. Partant, chacun
devient un acteur dans une oeuvre globale, une pièce qui intègre
l’individu dans un groupe agissant dans un monde qui a un sens
cohérent avec les lois naturelles.
Je
ne vois donc pas de contradiction entre un humanisme généralisé,
par construction solidaire, et le salut individuel qu’il contribue
ainsi à faire émerger dans un monde porteur de sens.